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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 07:14
Tandem de Marc Matthys

Tandem de Marc Matthys

 

À l’ombre des ombrelles en fleur…

 

 

Les ombrelles enrubannées,les anciennes, les authentiques, celles qui s’évasaient en froufrous, le pommeau d’argent blotti dans une main gantée de crochet ou de fine peau, les ombrelles censées protéger des regards et du soleil des teints résolument diaphanes, tout comme les éventails et les voilettes coquines,les  séduisantes ombrelles ont sombré dans l’oubli.

On en voit parfois traverser quelques peintures impressionnistes, décorer un salon, faussement abandonnées sur un coussin de velours, où prenant l’air en compagnie de l’indispensable tuba, serrées de près par un lot de cannes et de parapluies dans l’osier suspendu à la gauche d’un coach, d’un park-drag, ou de quelques voitures élégantes et prestigieuses d’un temps passé…

 

Le coach de Toni Bauer

Le coach de Toni Bauer

Le parapluie, souvent noir comme un enterrement se veut chic et british. C’est un grognon pourtant… dégoulinant, capricieux par grand vent, ce n’est pas étonnant qu’on l’oublie si souvent. Parfois il veut faire jeune et se la joue à rayures, il tente l’écossais et même les pois… il n’en reste pas moins qu’il est l’abri bienvenu des gouttes de pluie, mais toujours le souvenir d’un contretemps, d’un mauvais temps.

Comme le jour et la nuit, il est le contraire de l’ombrelle et son irremplaçable complément.

Si vous tendez l’oreille, lors d’un pique-nique, lors d’une sortie d’attelages de tradition, remisés dans leur panier vous les entendrez peut-être se chamailler.

- Mon cher, vous froissez mes dentelles, poussez vous donc un peu ! Encore heureux qu’il n’ait pas plu,car vous m’inonderiez ! Souvenez-vous… comme un vieil homme incontinent, ça vous est déjà arrivé !

- Eh bien ma chérie, vos rubans ne vous adoucissent pas le caractère… sans doute le soleil vous a-t-il frappé trop fort sur la tête, vous devriez faire moins de chichis, parce qu’en cas de pluie vous seriez tout à fait inutile, alors que moi, je peux servir par n’importe quel temps… et toc !

Mais pour réconcilier ce petit monde, les anglais, dont l’humour a toujours le mot de la fin, ont depuis longtemps fait cesser les querelles en fourrant nos protagonistes antagonistes dans le même panier… il n’y a plus ni ombrelles, ni parapluies, mais seulement des « umbrella ».

 

Julie Wasselin

 " À l'abri des ombrelles en fleurs "
 " À l'abri des ombrelles en fleurs "

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