Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 17:05

Avoir des chevaux chez soi, partir en vacances et découvrir "le monde" avec ses chevaux, c'est vraiment le retour aux grands rêves de l'enfance et de l'adolescence!... mais combien y arrivent?
Cette rubrique est ouverte à ceux qui s'y essayent, de la petite ballade avec Paulo et la charette brinqueballante (pas trop quand même) de papy, aux voyages au long cour. C'est un chemin empli de plaisirs simples, de rencontres, mais aussi de beaucoup de contraintes et de débrouillardise...pour ceux, comme moi, qui ne sont point  arrosés par la corne d'abondance.


Textes; Figoli
Photos:Figoli et images de courtoisie


ATTELAGES  AU CHATEAU

                                                                                                     


En 2003, grâce à l'appui d'amis et de connaissances rencontrées au gré de nos pérégrinations précédentes, nous avons visité, pendant 10 jours,  au pas de notre cheval, les régions de Saumur et de Blois. Nous avons profité de cette escapade pour participer au concours de tradition de "Chambord»,  un moment vraiment magique que je vais vous conter;

Organisé à l'initiative de Paul de Brantes, ce concours de tradition est un des évènements clefs de la journée du patrimoine. Aprés un court voyage, nous pénétrons avec camion, remorque, « calèche », cheval,...par une des 6 trouées qui percent le mur de 32 km entourant le domaine de Chambord. La perle imaginée par François 1° est tapie au creux d'un écrin de 5440 ha de bois, lacs, étang, prairies,...

A peine le temps de jeter un œil sur le Château que l'équipe du concours nous prend en charge.



A tout seigneur tout honneur, Figoli est douché, promené, puis amené dans un boxe bien paillé. Deux jeunes filles chargées d'un lourd paquet de sucre nous demandent l'autorisation de caresser et gater notre Merens. Consigne leur est donnée de donner de façon trés parcimonieuse l'exquis carré blanc. Ces recommandations n'ont pas l'heur de plaire à l'intéressé qui d'un coup de tête m'expulse de son boxe.
C'est donc dans la bonne humeur que nos accopgnatrices nous conduisent vers le lieu de notre campement.

Quand on a des petits moyens il faut être débrouillard. C'est notre bétaillère qui va nous servir de camping-car. Beurk, dirons certains! Non, détrompez vous, nous ne couchons pas dans le fumier! Avant de faire monter mon équidé, je dispose un morceau de bache de camion sur le sol. Il est taillé pour pouvoir remonter d'une quarantaine de cms sur les cotés, La cuvette ainsi formée est emplie de sciure de bois .A l'arrivée il suffit d'enlever les plus grosses déjections puis de tirer la Bache hors du camion. Pour avoir un lieu complètement propre, ajoutez un lino à votre goût, un lit de camp de carpiste et vous avez une chambrette parfaite.


                                                                          
                                     



















                                                                      
Et voilà, changement de propriétaire


 

20 heures, notre installation terminée, il est temps de prendre contact avec nos plus proches voisins.


Pour ce moment primordial, un rite immuable doit être respecté; l'échange d'élixir.

Notre Sauternes fait bonne figure à coté des genevievres hollandais, malts britanniques,...

Cette « messe » peu orthodoxe certes, mais oh combien conviviale se termine tard dans la nuit.

 Esprits quelques peu embrumés, nous sommes tous heureux de retrouver Morphée.

 Ce juste repos est interrompu par une plainte profonde et angoissante. Mais quel est ce bruit?

                        Peut être l'ame de Léonard de Vinci, cet Italien que François 1° hébergea à Amboise tout prêt d'ici et qui  élabora les plans de Chambord, rode-t- elle dans les parages ? Ce vacarme serait il provoqué par une machine volante de son invention?

                        Ou alors serait-ce  le râle de fantomes, victimes du Maréchal de Saxe. Cet homme autoritaire avait la triste réputation de faire pendre à un orme du parc ses soldats récalcitrants.  Il avait en effet cantonné dans le parc deux régiments de cavalerie composés de Tartares, Valaques et Martiniquais. Les chevaux ukrainiens de cette armée originale avaient, eux, pour particularité, de se rassembler au son de la trompette.

Allons réveillons nous; ce n'est pas le bruit d'une harde en pleine charge, Non ce bruit est un appel plus sensuel, et romantique en même temps: c'est le brame du cerf.

L'appel d'un male à sa belle.

 



Bien que la nuit fut courte, nous avons hâte de visiter ce lieu exceptionnel. D'autant plus que nous avons reçu l'autorisation de parcourir le parc du chateau (certes, dans un espace limité) avec notre demi-tonneau. Je ne peux nommer le plaisir extraordinaire de se promener en un tel équipage dans un site aussi grandiose. Aussi je laisse la parole aux photos pour vous entraîner dans ce moment magique.



 















 


























La promenade aurait pu se prolonger toute la journée, mais il faut penser à préserver Figoli pour le concours du lendemain. Aprés avoir assisté à un spectacle équestre dans les anciennes écuries du chateau, nous entrons dans l'édifice. Je ne vais pas vous en faire la totale description. Je vais simplement vous entrainer dans un lieu, témoin d'un étrange moment historique, la salle des voitures. A l'intérieur trônent cinq  voitures du carossier Binder qui n'ont jamais été utilisées. En effet, en 1873, elles devaient servir au sacre du Roi. Aprés l'éffondrement du second empire, le royaume devait revenir à Henri d'Artois, comte de Chambord. Malheureusement pour lui,  la république eut gain de cause et les splendides voitures restèrent cloitrées dans leurs remises.








 La calèche et le carrosse Royal





































                                                                                 
La journée se cloture, au son des violons, par un sympathique diner aux chandelles.

Le lendemain les choses sérieuses commencent. Aprés une présentation moyenne, nous nous consolons en entamant le parcours dans le domaine de Chambord. Les premiers concurrents ont pu même entrevoir cerfs et sangliers.


 

 

 

 

 

 

 

 





 

 

 

 



L'aprés midi est consacré à la maniabilité ou s'affrontent une cinquantaine de voitures



















Et c'est sous l'oeil attentif et connaisseur de 6 gardes républicains à cheval que se déroule le défilé final.


















Ce concours fut pour tous les meneurs un moment inoubliable. Espérons que le chateau ouvrira de nouveau ses portes aux attelages. Alors en attendant, et, en hommage à Paul de Brantes aujourd'hui décédé, un dernier souvenir de Chambord à l'époque du comte d'Artois








Partager cet article

Repost 0

commentaires

Linka 29/12/2008 12:38

Bonjour, je viens de découvrir votre blog et même si je ne pratique pas l'attelage (je compte bien m'y mettre un de ces jours) je le trouve passionant. J'adore vos photos d'autrefois et vos articles sur les chevaux dans la vie quotidienne de nos temps anciens.Je lis et regarde tout ça avec beaucoup de nostalgie même si il est vrai la vie des chevaux n'était pas des plus facile. Je vous met en lien sur mon blog, si vous n'y voyez pas d'inconvénients.

figoli 29/12/2008 12:11

J'aurai peut être le plaisir de vous rencontrer à Azay le rideau.Mais en attendant n'hésitez pas à écrire sur ce Blog pour présenter vos expériences d'attelage ou simplement un moment de plaisir avec votre cheval.
Cordialement Patrick
PS je suis allé sur votre Blog; c'est super.

MONIQUE 28/12/2008 21:14

Bonsoir, à ma connaissance pas de concours prévu à Chambord en 2009, pour la tradition le premier aura lieu le 3 mai à Azay le Rideau. Superbe article, nous couchons de même façon, pas de corne d'abondance non plus, nous passons notre retraite à l'attelage(randos et qq tradition) Nous avons eu l'honneur de connaitre Mr de Brantes et avoir participer au festival du cuir à Chateaurenault, bonne soirée,
Monique