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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 09:27

 

 

Fils de Vulcain, les maréchaux-ferrants

    
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N’attendez pas qu’ils forgent encore des bijoux pour les nymphes, ni les éclairs de Jupiter, mais des ailes aux pieds de vos chevaux, vous le pouvez.
 
Sans remonter aussi loin dans le temps, regarder le maréchal travailler dans les lueurs d’enfer de sa forge, marteler et l’enclume et le fer rougeoyant afin de lui donner sa tournure et l’adapter à la forme du pied, puis le chausser dans d’épaisses volutes de fumée est toujours un évènement, un rituel, un spectacle prenant… et pour en plaisanter, comme l’a dit Jules Renard, oubliant les bœufs, les ânes, les mules, les poneys, les zèbres et autres… :« Le cheval est le seul animal dans lequel on puisse planter des clous ».
 
Cet article est un hommage à Jean-Louis Boileau, maréchal-ferrant à Gleizé près de Villefranche sur Saône, qui ferre encore à l’aube de sa quatre-vingt deuxième année… chez lui, et seulement pour ceux qu’il distingue…
Jean Louis Boileau ancien compagnon du devoir, dont le savoir permet de marcher droit aux chevaux qui, parfois, ont des pieds en souffrance ou en défaut d’aplombs. Dans son antre de la couleur du fer, une verrière inonde de soleil son talent et celui de ses maréchaux.
Je vous invite à venir y rêver.

Jean Louis Boileau, 82 ans, à l'ouvrage
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 Fer en alu breveté par Jean Louis Boileau, s'agrandissant
avec la pousse de la corne et évitant à celle-ci de couvrir le fer.
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Vieilles chaussures qui ne valent plus un clou… 
  
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Il existe 1700 maréchaux-ferrants en France actuellement, qui ferrent, bon an, mal an, environ, 175000 chevaux. 90% sont à leur compte.
Leur activité, de sédentaire qu'elle était, ainsi que ces photos vous le montrent, est devenue itinérante. Elle demande une grande forme physique, une grande habileté manuelle, une forte résistance à la chaleur et un bon relationnel avec les chevaux.
Cette activité ne dure que 15 ou 20 ans et se termine avec des douleurs dorsales qui obligent ces artisans, ces artistes… souvent, à travailler le fer ensuite, autrement. Une dizaine de femmes, en France pratiquent actuellement. Le maréchal-ferrant doit posséder une véritable science en hippologie et travaille fréquemment en collaboration avec le vétérinaire. Il doit également être disponible pour intervenir rapidement, non seulement pour un cheval déferré, mais pour divers soins, et encore assurer les permanences sur les terrains de concours.

 
 Texte et photos:   Julie Wasselin
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  Monument à la maréchalerie.
 

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commentaires

rene.geauphre 06/05/2012 17:09

Remarquable ! Félicitations pour votre article, il démontre un savoir-faire, un savoir être. Pour moi, ce métier mérite toute mon attention, tout mon respect.Je ne peux qu'applaudir...Un grand
merci !