Vendredi 5 mars 2010
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Soleil levant sur la robe de Falone
ILS NAISSENT EN ROBE DU SOIR
Dédié à Eve
Souvent à la pleine lune... ils nous viennent d’un monde qui s’élabore
dans l’eau.
Boules duveteuses, en grandissant ils se parent de soie.
Il ne tient plus qu’à l’homme de révéler leur splendeur gainée de la
poussière
et de la boue dont ils aiment à se protéger.
Les chevaux.
Sous l’étrille, le bouchon, la brosse douce et la laine ils tombent le
masque et
accrochent soudain la lumière, envahissant nos veines d’une coulée d’or
en fusion.
Bai cuivré, dans un flamboiement de soleil poignardant la forêt, plus
rousse que
les fougères en hiver, la robe étincelante de celle que j’aime...
caresse et crispation dans mes entrailles.
Douce chanson que le nom des robes dont ils se parent... les chevaux.
Flaxen mane, crinière de lin.
Alezan brûlé.
Crème, café au lait.
Bai cerise, noir pangaré, cap de maure... des noms qui font planer.
Ardoise, aubère mille fleurs, fleurs de pêcher.
Isabelle, rouan, louvet.
Blanc porcelaine... gris truité, gris tigré.
Corne blonde, corne noire, sabots vernis, sabots pies.
Balzanes herminées, ventres de biche, reflets argentés, miroités.
Nul besoin de grand couturier.
Nul besoin non plus de grand bijoutier....
L’étoile en tête, le cheval en naît couronné.
Robes à traînes enrubannées, crinières tressées, rasées,
regards fatals de khôl cernés.
Incroyables chevaux qui poussent la courtoisie à ne pas être plus beaux
que leurs femmes... et qui s’en vont dans la lenteur, tout en se
balançant,
indifférents, provocants, se donnant à qui sait le leur demander.
Quand l’hiver impose sa loi, robes de fourrure ternies, vibrisses et
cils cristallisés,
fugitifs dans la brume, ils s’échappent et nous font croire que nous
avons rêvé.
Coeur serré.
Julie Wasselin
Farmous et Figoli,
humbles merens, ont orné leurs robes de roux et de lumière rien que pour le plaisir de Julie.
Par figoli
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Publié dans : Au plaisir des mots
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