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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 22:10

 

L'attelage en 1911/1.

 L'écurie de Monsieur le Baron Empain.

 

Au fait de son développement à la fin du XIX° siécle,  l’attelage sportif  voyait avec la concurrence de l’automobile, de l’aviation, son importance diminuer rapidement dans les toutes premières années du XX°  siècle. Les deux images qui suivent sont assez symboliques de ce passage de la traction animale à un monde mécanisé.

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Photo symbolique d'un changement de monde  publiée dans le sport illustré du 08 janvier 2011 

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 que l'on retrouve sur cette autre photo surprenante d'un avion survolant  des chevaux au travail.

 

Pour mieux comprendre cette évolution mais aussi  les formes de résistance de l’attelage sportif, nous vous proposons  de feuilleter  la revue 'Le sport illustré' sur l’ensemble de l’année 1911.  Dans une première partie, nous vous proposons un article sur une des dernières écuries de service, celle du baron Empain. Dans une deuxième partie, nous vous présenterons l’évolution de l’attelage sportif au travers de différents articles sur  les concours hippiques, les activités de chasse à cour,....

Voici donc de grands extraits d’un texte de C. Lecte publié dans la rubrique: « Les grandes écuries de service » du Sport illustré du 09 Avril 1911:

« L’écurie de M le Baron Empain » 

« Beaucoup de personnes s’étonneront probablement en lisant le titre de cet article.

Comment, diront elles, il existe donc en France de  grandes écuries de service ?

L’automobile n’a donc pas complètement détruit tout amour du cheval, même du cheval de voiture ?

Au contraire même, dirons nous, l’engouement pour l’automobile a opéré une sélection parmi les propriétaires de chevaux et si on attelle moins qu’autrefois, ceux qui attellent encore le font par amour de l’art et attellent beaucoup mieux.

La qualité des chevaux n’a pas baissé non plus et les voitures de loueurs mises à part, celles qu’on voit circuler actuellement sont attelées avec des chevaux meilleurs et plus beaux que ceux d’autrefois.

Il faut cependant bien reconnaître que si l’on attelle aussi bien, si ce n’est mieux, qu’il y a quelques années, le nombre des propriétaires de chevaux a considérablement diminué ainsi que celui des grandes écuries méritant une mention spéciale. Ces dernières, si on excepte les écuries de chasse, de courses et de concours hippique, qui sont à proprement parler des spécialités, sont devenues fort peu nombreuses.

Parmi celles-ci, une des plus importantes est incontestablement celle de M le Baron Empain, 50, rue de Lisbonne, à Paris, dont nos lecteurs ont pu admirer souvent les beaux équipages au concours hippique.

Rien qu’en 1910 l’écurie a remporté deux prix extraordinaires et deux premiers prix, ce qui est déjà un  fort beau résultat, mais si l’on songe que quatre chevaux seulement ont été engagés dans les prix de classe, le résultat parait simplement merveilleux….

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Concours hippique Paris 1911


                    -Suit la généalogie de ces chevaux, tous d’origine trotteuse-


Pas un animal n’entre chez M Empain sans avoir fait ses preuves ; actions et vitesse sont demandées pareillement et obtenues, ce qui ne surprendra personne quand on saura que les chevaux sortent de chez le célèbre marchand Roy. Celui-ci les livre à M. Empain à l’âge de trois ou quatre ans, à peine débourrés et le dressage est toujours fait à la maison par le piqueur qui ne veut laisser ce soin à personne. Les chevaux sont dans un état merveilleux de bonne santé et d’entrainement, du principalement à l’excellente hygiène à laquelle ils sont soumis et qui consiste surtout dans une très grande variété dans la nourriture, afin d’exciter l’appétit, dans une aération parfaite et dans un travail très régulier qui est donné tous les jours, quelque temps qu’il fasse à tous les sujets sans exception.

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La disposition des bâtiments diffère un peu de ce qu’on a l’habitude de  voir dans les autres écuries. Ici, pas de cour centrale vitrée comme cela se présente presque partout ailleurs. Les écuries sont contigües à l’hôtel particulier de M. Empain, aussi l’architecte a t il du tenir compte de cet état de choses.

La façade dont il est facile de se faire une idée en se reportant à la photographie ci jointe, forme comme une espèce de cloître ou d’abri qui remplace avantageusement la classique cour vitrée.

Quand on pénètre dans la cour de l’hôtel, les écuries se trouvent à gauche, puis la salle d’astiquage qui sert également pour la préparation des aliments cuits dont il est fait grand usage, la sellerie et enfin la remise.

Ces écuries contiennent douze chevaux, dont trois de selle, la plupart de race normande comme nous l’avons dit…. »

 

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-suit la présentation des écuries-

«… Un calorifère à eau chaude permet d’avoir une température toujours égale. Les écuries sont très sèches (il n’y a pas de goutte de buée au plafond) et en même temps très aérées, résultat obtenu au moyen d’une forte prise d’air ménagée dans la toiture. C’est la perfection ou du moins ce qu’on est convenu d’appeler la perfection, car il est probable que dans quelque temps on aura trouvé de nouveaux perfectionnements dont nous ne nous doutons pas en ce moment.

Une ouverture invisible pratiquée dans le plafond et communiquant avec la chambre du piqueur logé au dessus permet à celui-ci de jeter un coup d’œil de surveillance sur ses pensionnaires à toutes heures du jour et de la nuit.

Quand nous aurons dit que les murs et les plafonds sont peints au ripolin et lavés tous les jours et qu’un compteur amène l’avoine du grenier et la distribue dans l’écurie même, nous aurons dit tout ce que l’on peut dire sur cette écurie modèle.

La sellerie contient un nombre considérable de harnais,  selles, aciers, trompes de chasse, de coach, de tandem, etc., et est très  joliment ornée de gravures sportives.

 

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Les voitures sont au nombre de dix, parmi lesquelles un fort beau coach… »

-suit la description  d’un local spécifique pour les automobiles à l’écart des écuries-

"...Le service est assuré par un nombreux personnel placé sous les ordres d’un piqueur, et qui comprend en outre deux cochers dont un premier et un second cocher et quatre palefreniers. Les couleurs de l’écurie sont vert  et blanc. Voir et constater que  subsistent encore en France l’amour du cheval et les traditions de bon ton et d’élégance dont nous fumes autrefois si fiers, et à si juste titre, sera toujours la plus grande satisfaction qui puisse être donnée à un véritable homme de cheval. »

 

C Lecte

Dans la seconde partie, nous décrirons les types de voitures et chevaux utilisés en 1911, les innovations comme la course d’endurance pour coachs,...

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commentaires

Prudencio Hernandez 15/08/2014 21:44

Ce tre bonne