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La presse

Leurs doigts d’aciers qui nouent la ficelle avec la dextérité d’une main rendent hommage aux génies de la mécanique qui conçoivent les outils agricoles.
Une merveille, un travail de fée.
C’était un bonheur de l’entendre ahaner au côté du vieux Mac Cormick,
rouge de fatigue, et de la voir avaler à grandes lampées les andains de
foin que l’on guidait à la fourche vers sa bouche aux dents de guinguois.
De marcher derrière elle sous le soleil, dégoulinante de sueur, les
cheveux relevés et arrimés de quelques épis de blé, afin d’aligner les bottes de basse densité qu’elle excrétait poussivement.
La presse est en passe de disparaître.
Complexe, fragile, elle tombe en panne souvent.
Les pièces se font rares, et rares, ceux qui se donnent la peine de
réparer.
Faire les foins à la presse, c’était aussi… défier la pesanteur en
montant les bottes à la fourche sur le char, et l’équilibre, en les rangeant dessus.
Retourner à la ferme, les balancer sur le monte-bottes, quand il
voulait démarrer, les grimper et les ranger au “ fouano “ sous les toits, en croisant les
rangées après les avoir aspergées de gros sel, chaque fois, afin que l’herbe ne fermente et ne chauffe pas.
Puis, ivre de fatigue et saoulée de l’odeur enivrante de la coumarine,
redescendre au pré jusqu’à la nuit, recommencer, en priant pour qu‘il ne pleuve pas.
C’était bon. C’était interminable et épuisant, mais on n’était jamais seuls, toujours au moins deux ou trois. C’était intense, enfin… j’aimais ça.



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