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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 09:05

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Le traineau du père Noël.


Texte : Figoli


A Julie


Depuis les temps les plus anciens, l’homme suivit attentivement les mouvements du soleil tout au long de l’année. Il ponctuait cette observation par des fêtes. Devenu sédentaire et cultivateur, le moment où les jours commençaient à s’allonger était, pour lui, symbole du renouveau de la nature.

Les Romains fêtaient ce renouveau en rendant hommage à Saturne, le dieu des semailles, entre le 17 et le 24 Décembre. C’était une fête pleine de chants, de danses et de vins. On offrait des cadeaux : du miel, des gâteaux,… de l’or. Les maisons étaient décorées de houx, de lierre, de gui.

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 Nous ne nous étendrons pas sur le dévoiement de ces « saturnales » qui devinrent plus tard symboles de réjouissances effrénées et d’orgies.

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Le jour du solstice d’hiver représentait donc le jour de la renaissance du soleil « Natalis » qui se déclina beaucoup plus tard en Noël. Jules César, dans sa réforme du calendrier, situe le solstice d’hiver le 25 décembre. 
La fête du solstice d’hiver, jour de la renaissance du soleil et donc de la terre, fut récupérée par les chrétiens qui estimaient que Jésus « Christ soleil » ne pouvait être né que le jour du solstice soit le 25 Décembre.  Il faudra attendre le calendrier grégorien pour que le solstice tombe le 21 décembre, d’où ce décalage entre le « Noel solaire » et le « Noel chrétien. »

Mais point de rennes et encore moins de traineaux dans notre histoire, me direz-vous ! Soyez patients et remontons le temps jusqu’en 270, où naquit Nicolas de Myre, qui devint évêque de la jeune église catholique.   
Selon la légende, il fut décapité par les romains le 6 décembre, et de son cou aurait jailli une fontaine d’huile. Canonisé, son huile sainte, garantie de guérison pour toute maladie, fit la fortune de nombreux …« pieux escrocs ».
 
 Au XII° siècle, un chevalier, revenant de la croisade, exporta ce culte, plus quelques saintes reliques osseuses, vers le Nord de la France. Ce culte évolua et donna naissance à la légende de St Nicolas récompensant les enfants sages dans la nuit du 5 au 6 Décembre ; les petits diables étant laissés aux bons soins du père fouettard. Malgré la condamnation des adulations de St Nicolas par la réforme, les hollandais choisirent de conserver cette fête nommée « Sinterklaas » dans leur langue.


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Ils emportèrent avec eux cette coutume en immigrant vers les Etats Unis, où elle devint « Santa Klaus. »

Au fil du temps, les familles chrétiennes trouvèrent plus appropriés que cette fête des enfants soit associée à la naissance de Jésus et Santa Klaus ne fit plus ses visites dans la nuit du 5 mais dans celle du 24 décembre. Le père fouettard disparu de l’histoire et n’inquiéta plus les enfants.

C’est au XIX siècle, qu’apparut notre traineau. Paradoxalement, c’est un pasteur américain qui en est l’inventeur. C’est en 1821, en effet, que Clément Clarke Moore, pasteur de son état, écrivit un poème pour ses enfants en hommage au bon « Santa Klaus ». Il y fit disparaitre le père fouettard, et dota le brave homme d’un certain embonpoint, d’une crosse en sucre d’orge,…mais aussi d’un traineau attelé à huit rennes.

Mais chut…, enfants sages que vous êtes, asseyez vous autour de la cheminée, avec la petite Julie, et écoutez la belle histoire de Santa Klaus.

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C'était la nuit avant noël
Dans toute la maison
pas une créature ne bougeait, pas même une souris
Les chaussettes étaient pendues à côté de la cheminée avec soin,
dans l'espoir que saint Nicolas serait bientôt là
Les enfants étaient blottis endormis dans leurs lits,
et des visions de sucreries dansaient dans leurs têtes;
Et maman avec son mouchoir et moi mon bonnet de nuit,

venions juste d'embarquer pour un long sommeil d'hiver
Quand du coté de la pelouse s'éleva un tel vacarme,
Que je sautais de mon lit pour voir ce qui se passait,
Vers la fenêtre, je me précipitais en un éclair
J'ouvrais violemment les persiennes et me penchait par dessus la fenêtre
La lune sur le blanc de la neige nouvellement tombée
Donnait aux objets en dessous l'éclat de la mi-journée,
Quand, qu'est ce qui apparût devant mes yeux éberlués ?
Un minuscule traîneau et huit petits rennes.

Avec un vieux petit conducteur, si animé et si rapide.
Je sus aussitôt que ça devait être Saint Nicolas.
Plus rapide que les aigles ses coursiers arrivèrent
Et il sifflait et il criait et il les appelait par leurs noms.
Maintenant Fonceur, Danseur, maintenant, Caracoleur et Renard !
Allez, Comète, allez Cupidon ! Allez, Tonnerre et Eclair !
En haut du porche ! En haut du mur !
Maintenant foncez ! foncez ! foncez !

Comme les feuilles mortes qui fuient devant l'ouragan
Et lorsqu'elles rencontrent un obstacle, montent vers le ciel,
Ainsi vers le haut de la maison les coursiers volaient,
Avec le traîneau plein de jouets et Saint Nicolas aussi.
Et alors, dans un pétillement, j'entendis sur le toit
Le bruit caracolant de chaque petit sabot.
Comme je m'appuyais sur ma main et était en train de me retourner ;
En bas de la cheminée, Saint Nicolas arriva d'un bond.
Il était habillé tout en fourrures, de la tête aux pieds,
Et ses habits étaient tout salis de cendres et de suie ;
Un Baluchon de jouets étaient jetés sur son dos,
Et il ressemblait à un colporteur qui vient d'ouvrir son paquetage.

Ses yeux - Comme ils étincelaient ! Ces fossettes comme elles étaient joyeuses !
Ses joues étaient comme des roses, son nez comme une cerise !
Sa drôle de petite bouche était remontée comme un arc,
Et la barbe de son menton était aussi blanche que la neige;
Il tenait serré le bout d'une pipe dans sa bouche,
Et la fumée encerclait son front comme une couronne ;
Il avait un large visage et un petit ventre rond,
Qui tremblait quand il riait comme un bol de jelly.

Il était potelé et rebondi, un sympathique petit elfe;
Et je ris quand je le vis malgré moi ;
Un clignement d'yeux et un hochement de tête,
Et aussitôt, il me fit savoir que je n'avais rien à craindre ;
Il ne dit pas un mot, mais alla directement à son travail,
Et remplit toutes les chaussettes ; puis il se tourna d'un bond,
Et portant ses doigts à côté de son nez,
En me saluant, en haut de la cheminée, il grimpa ;
Il sauta sur son traineau, siffla sa troupe,
Et ils s'envolèrent au loin comme la fin d'un éclair
Mais je les entendis s'exclamer alors que je ne les voyais plus

JOYEUX NOEL A TOUS, ET UNE BONNE NUIT A TOUS

                                                                        Clément  Clarke Moore
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Mais là ne s’arrête pas notre histoire!


En 1863, le caricaturiste Thomas Nast, illustrateur du journal New Yorkais « Harper’s illustrated Weekly, relooka notre bonhomme. Il l’affubla d’un costume rouge avec une fourrure blanche et encercla sa « bedaine » d’un large ceinturon. Il lui attribua comme fonction, en cette période de la guerre de sécession, la tache de réconforter les soldats nordistes.

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Au cours des années qui suivirent, Nast dessina ainsi des centaines de pères Noel. Son image s’inscrivit progressivement dans l’inconscient collectif américain.

Plus tard, Nast  décida que l’antre du père Noel se trouvait au pole Nord.

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En 1885, l’écrivain Georges Webster donna au père Noel une allure joviale et débonnaire qui fut transcrite en dessin sous le pinceau d’Haddon Sundblum.

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Cette image « porteuse » ne pouvait qu’intéresser les publicitaires qui l’utilisèrent dans les « réclames » de plusieurs entreprises, que ce soit pour des cycles, des pneumatiques,…
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 La plus connue est bien sûr, à partir de 1931, « Coca Cola ». Il fallait faire boire la chimique mixture en plein hiver.

Coca-Cola-Art MakeItReal Santa1

 

 Ce fut cette marque qui, dés 1930, lança la carrière internationale du père Noël…dont vous connaissez la suite.


Ainsi se termine  mon conte de Noël.


Mais que vois-je ? Une grosse larme coule sur la joue de notre petite Julie.

Ne pleure pas, car, malgré toutes les dépravations commerciales qu’il a subi, le père noël existe bien. Il est caché tout au fond de notre cœur et est le lien avec  ces vieilles fêtes de la renaissance du soleil, donc quelque soient nos croyances, … un hymne à l’espoir, au renouveau et à la vie.


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Mais le traineau du père Noël me direz-vous? Bien sûr, sa représentation s’appuiera sur la forme des modèles utilisés au XIX° aux Etats Unis.
               
 Si Coca Cola utilise le plus souvent un « albany double siège »,


albany two seat sleigh

 

le traineau de type « portland » est largement popularisé par les différentes autres iconographies.

portland cutter par rosebero


 

Et comme je suis sûr que vous avez été sages, que les chevaux sont bien au chaud dans leur écurie, Figoli, en cadeau, vous propose de monter sur le traineau du père Noel et d’aller à la rencontre de tous ces traineaux dans l'album: traineaux-americains traineaux-americains

Pour vous accompagner dans cette grande promenade, je vous propose de retrouver l’esprit des antiques  saturnales en écoutant Jacques Dutronc.

 

 
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commentaires

Julie Wasselin 18/12/2016 08:45

Merci Cher Patrick pour cette poésie…
Ici, en Bourgogne, pendant très longtemps et encore récemment, il n'y avait que le Père Janvier.
Et la fête avait lieu au changement d'année.
Joyeux Noël et bonne année à vous !

midolu 17/12/2016 14:05

Tout et encore plus ! Instructif et toujours aussi bien documenté, comme tous les articles ici ! Merci et compliments pour ce cadeau !
Beau Noël pour vous tous !

Mam'Âne 17/12/2016 09:21

Magnifique, surprenant, passionnant, tendre ... superbe article ... comme tous ceux présentés dans vos pages et dont je suis très gourmande ! Merci pour la possibilité de partager vos articles, immense générosité ! *Joyeux Noël et Bonne Âne'ée *

Julie Wasselin 21/12/2009 13:06


Nous avons tous beaucoup de chance d'avoir un merveilleux Père Noël nommé Patrick et je ne crois pas me tromper en résumant ainsi le sentiment de tous les "accros" à son blog.
Alors joyeux Noël, cher Patrick, et surtout, merci !