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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 18:55
 
LES CARROSSES DU QUIRINALE
 
 
 Nous remercions nos amis de l'association "Gruppo Italiano Attachi" de nous avoir offert et traduit ce superbe article parru dans leur journal Notiziaro de Mars-Avril 2011. Remerciements également à l'auteur  Mario Fennochio et à la traductrice Monique Badiou.
 
 
 
Copia (2) di Attacchi notiziario anteprima 2 2011
 
(NOTIZIARIO del Gruppo Italiano Attacchi)
 
 
LES CARROSSES DU QUIRINALE
 
 
Texte : Mario Fenocchio - Traduction:  Monique Badiou
 
quirinale
 
Passionnés comme nous le sommes par les attelages, nous ne pouvions pas nous empêcher de visiter et de décrire, dans les grandes lignes, les beautés qui aujourd'hui sont conservées au Quirinale. Nous parlons, en particulier, d'une collection que le monde nous enviera sûrement toujours, de centaines voitures et de leurs accessoires.
Ce que nous n'écrirons pas ici, vous devrez le savourer en personne, directement à Rome et croyez-nous, ça en vaut la peine.  Pour se mettre un peu dans l’ambiance du XIX siècle et situer l'usage de ces fabuleux carrosses, nous devons tout de suite préciser que, depuis toujours, voitures et chevaux sont des instruments de présentation, de défi, de jalousie, du paraître, pour montrer sa puissance et ses richesses. Ainsi donc, on élève ou on achète des chevaux d'allure et de carrure provenant de tous les coins du monde:  Oldenburg, Lipizzan, Gelder et Gelderland, Hanovre, Olstein, Frison, Percheron.
Durant toutes les guerres de ce siècle –dont les combats sont du même genre-, il a été fait un ample usage d'animaux de trait, de somme, de selle; c’est pourquoi les écuries regorgeaient de chevaux pour pouvoir y choisir les sujets à utiliser. Par exemple, la maison régnante italienne  pouvait à l'époque disposer de 5000 à 6000 chevaux dont les exemplaires allemands étaient un peu plus cher que des autres.
Selon l'événement, le spectaculaire s’obtenait de manières différentes: avec les panaches colorés, le bicorne des palefreniers et des hommes de peine et, très important comme toujours, le décor et les accessoires des harnais; ils étaient toujours à collier, avec la plus grande abondance possible de pendentifs et breloques au monogramme de la maison (royale ou de toute façon noble) de métal noble et d’excellente  facture.  Un élément important était sûrement la sellette sur lequel le bronzier appliquait crochet et clés passe-guides dont la couleur et la forme ont été reprises sur les parties métalliques de la voiture, poignées et impériale. Les palonniers sont de style anglais, bien sûr pour les deux berlines, alors que l’usage du « stricco » est de tradition piémontaise.
Il est évident que pour créer le luxe de cette « presque théâtralité » et obtenir en même temps un instrument pratique pour le transport, il est nécessaire de recourir à de nombreux professionnels, qui à l’époque, exerçaient en véritables catégories professionnelles spécialisées aujourd'hui perdues:  selliers, forgerons, maréchal-ferrant, peintres décorateurs, bronziers, palefreniers, chefs d’écurie, entraîneurs, menuisiers, couturiers, brodeuses etc.
 
« BERLINGOTTO » ROYALE.
 
berlingotto
 
Pour parler de cet ancien attelage,  nous devons imaginer un cortège pré nuptial qui arrive à Novare, à l’époque frontière d'état, pour recevoir l'archiduchesse d’Autriche Maria Teresa de Habsbourg Este, que S.A.R. Vittorio Emanuele Duc d'Aoste entend épouser. Une série de voitures d'aristocrates, une foule de valets, de palefreniers, d’hommes de peine et autres voitures pour le transport du nécessaire accompagnent cette voiture pour ce premier voyage qui deviendra historique. Ce fut la présentation au monde de ce « Berlingotto », doré et avec des peintures, œuvre unique et belle à regarder sous tous les angles. Pour ce coupé raffiné et unique, avec de riches sculptures sur tous les montants pour représenter les vertus, il convenait au moins un attelage à quatre ou à six chevaux, non seulement pour le poids  mais aussi pour la distance.
 
L’EGYPTIENNE
 
Copia di egiziana
 
Le duc Carlo Felice de Savoie voulut offrir un carrosse à sa femme Maria Christina de Bourbon à l'occasion du carnaval de Turin.
En 1819 les auteurs du projet  ont recours au monde des divinités anciennes et à la mythologie égyptienne : ils projettent et ils réalisent un ensemble qui a pour sujet le temple de la déesse Iside. Menuisers, tailleurs et peintres décorateurs s’emploient à imiter le temple avec splendeur  en construisant les colonnes, les chapiteaux, l'architrave pour soutenir un toit lourd et riche.
Le temps passe et la voiture change d'usage, elle est modifiée en voiture pour les événements funèbres de la royale maison de Savoie ; c’est celle que nous pouvons admirer aujourd’hui.   Il y a deux documentations historiques sur son usage, en  1849 pour le transport du cercueil de Carlo Alberto et en 1900, pour les funérailles du roi Umberto 1° de Savoie ; nous trouvons également la documentation  du don de cette voiture, par Vittorio Emanuele I à son épouse Maria Teresa de Habsbourg Este.
 
BERLINE dite "DES ÉPOUX" ou "DE MARIA TERESA"
 
berlina degli sposi
 
La voiture dite "de Maria Teresa" ou aussi "des Époux",  date de la Restauration : elle fut réalisée en 1817 pour les noces de Carlo Alberto prince de Carignano avec Maria Teresa de Habsbourg- Lorraine. Comme il convient pour cette somptuosité, l'intérieur est richement embelli de soie, de satins, de cordons, d’étoles et de velours cramoisis. Plus tard, la berline "des Époux" sera utilisée pour les noces de Vittorio Emanuele II et pour celles d'Umberto I.
     
TELEMACO (Télémaque)
 
Copia di telemaco
 
Tout d'abord, Vittorio Emanuele 1° offre cette berline à sa femme Maria Teresa de Habsbourg Este pour le retour de la maison de Savoie à Turin, ensuite, elle est utilisée en 1842 dans le cortège pour les noces de Vittorio Emanuele II avec Maria Adelaide d'Autriche et en 1868, pour l'entrée solennelle du cortège nuptial d'Umberto et de Margherita de  Savoie à Florence. Ce qui cependant  rend cette berline unique et extraordinaire, c'est la peinture précieuse réalisée par  Vacca qui représente le voyage de Télémaque et de son ami fidèle Mentor, à la recherche du père Ulysse.  
 
Copia di telemaco Carr-02063816
 
Vous trouverez toutes les informations sur ce musée en allant sur le site du musée: link
 
 
En avant goût de votre prochaine visite, suivez la foule dans les allées du musée.
 

 

 

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commentaires

Julie Wasselin 11/06/2011 08:41


L'être et le paraître… insondable prétention des hommes…
De nos jours, c'est moins beau, mais il y a davantage de chevaux !!