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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 12:36

 

Les écuries Impériales de Vienne

Cet article fait suite à l’article : Les écuries Impériales de Vienne 1 : Présentation, cavalerie

Chapitre 2 : Harnais, voitures et équipages

 

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 « Les harnais qui sont employés lors du couronnement du souverain et dans les circonstances exceptionnelles, sont en velours rouge avec passementerie et bouclerie dorées ; la crinière et la queue des chevaux sont tressés avec des ruban rouge et or terminés par des glands aux même couleurs. Au milieu de la sellette, une aigle autrichienne, aux ailes déployées d’assez grande dimension, domine l’ensemble ; les boucles des guides, placées de chaque côté, sont, comme elles, très finement ciselées et surmontées de la couronne impériale. Les plates longes, au nombre de trois pour tous les chevaux, sauf pour les chevaux de volée qui n’en ont qu’une, sont comme les bricoles et les traits recouverts de plaques dorées dont la ciselure est aussi très soignée. Enfin chaque cheval porte sur le haut de la tête, un énorme panache de plumes blanches. Ce harnais, d’une  très grande richesse, parait lourd quand on le voit porté par un seul cheval ; mais quand les huit chevaux qui composent l’attelage du grand carrosse de gala sont réunis deux par deux, tenus en mains, ou conduits par un piqueur à cheval – les  chevaux de timon et ceux de volée sont dans ce cas, chacun des quatre autres est tenu par un piqueur à pied,-- l’ensemble est très imposant. Le tout s’harmonise bien à très grande allure.

Les piqueurs portent une livrée de velours noir, brodée sur la poitrine et les coutures des manches de larges tresses d’or.   - La maison d’Autriche a pour couleur, on le sait, le jaune et le noir. -- Ils ont pour coiffure une toque de velours noir relevée d’une visière jaune, avec une touffe de plumes jaunes et noires. Les hommes montés portent la botte ; Les autres piqueurs et valets de pied  qui entourent le carrosse, -ils sont trois de chaque côté-  ont la culotte courte en velours noir et les bas de soie blancs, avec souliers et jarretières à boucles d’or ciselé ; L’épingle de la cravate en or également est aux armes impériales.


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Le carrosse, d’une très grande richesse, avec panneaux peints très finement en vernis Martin, et surmonté d’une couronne impériale, est chargé de cuivres dorés, un peu lourds sans doute, mais convenant bien à l’ensemble, du plus pur style rococo ; il est, cela va sans dire, garni à l’intérieur, de velours et de passementeries de soie. Comme dans les carrosses de l’époque Louis XV, il n’y a ni siège pour le cocher ni plate forme pour les valets de pied à l’arrière. Le poids de ce carrosse est de 3500 kilos, mais, peu importe, on ne marche jamais vite les jours de gala. Il a servi à l’impératrice Marie-Thérèse pour toutes ses fonctions officielles ; il a depuis toujours été employé pour le couronnement de l’empereur. Il est dans un parfait état de conservation, comme le sont d’ailleurs les traineaux et carrosses de promenade qui ont servi à la célèbre impératrice.

On n’attelle à huit chevaux que les voitures des souverains ; jamais on n’en met plus de six à celles où montent les archiducs. Il n’y a pas je crois, de Cour en Europe où l’étiquette soit plus rigoureuse et plus scrupuleusement observée qu’à la cour d’Autriche : on en aura une autre preuve un peu plus loin.

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Les carrosses de gala des princes impériaux sont fort riches encore, bien qu’ils soient beaucoup plus simples. Ce sont de grandes berlines, à caisses noires, aux roues noires à rechampis jaunes, avec des baguettes de doré, aux ciselures  fines, à la partie supérieure et autour des glaces, très larges naturellement ; à chaque coté devant et derrière, une lanterne surmontée de la couronne impériale. Les housses du siège sont en velours noir, timbré  des armes impériales en or avec passementeries et franges noires et or, les lanières destinées aux valets de pied qui se tiennent sur la plate-forme de l’arrière, sont brodées aux mêmes couleurs. L’intérieur est garni de satin blanc ; enfin les armes de la maison d’Autriche, ciselées sur d’épaisses plaques de cuivre doré, sont placées sur des panneaux, accostées en divers endroits de couronnes impériales.

Les six chevaux attelés à ce carrosse de gala portent des harnais noirs, avec colliers couverts de cuivres ciselés. Les sellettes sont, en particulier, très chargées ; le cuir disparait presque entièrement sous de larges plaques de cuivre doré portant de grandes boucles surmontées de la couronne, mais l’effet d’ensemble répond, ici encore, tout à fait au but proposé. On attelle aux berlines de gala six chevaux ; les deux premières paires sont conduites par le cocher, les chevaux de volée par un piqueur monté. La livrée est, comme pour le carrosse de l’empereur, noire avec larges broderies d’or sur la poitrine, aux coutures, aux manches et aux poches, avec culotte noire et bas blancs ; mais le cocher est coiffé d’un « Lampion » noir à plumes blanches et les deux valets de pied portent le tricorne de même couleur. Deux autres valets se tiennent à pied, à hauteur des deux chevaux du milieu, mais pour la parade seulement, puisqu’ils conduits par le cocher. Seuls les limoniers portent un reculement.

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Les voitures de demi-gala sont beaucoup moins chargées de cuivre, tout en ayant encore fort grand air ; à quatre places avec six grandes glaces sur les côtés et les armes impériales ciselées sur les panneaux des portières, elles n’ont que deux lanternes et ne sont attelées que de deux chevaux. Les housses du siège, les courroies de derrière, toujours aux mêmes couleurs, ont des galons et les franges moins larges et plus sobrement dorées. La livrée des hommes est la même, comme coupe, mais les broderies sont moins larges et beaucoup moins nombreuses. A la poitrine, un large passepoil seulement   couvre la ligne des boutons et il n’y a sur les manches que des cercles dorés de distance en distance, rien aux poches ni aux parements. Les harnais ont toujours leur bouclerie ciselée, un tapis noir brodé d’or sous la sellette, mais les plaques dorées sont beaucoup moins nombreuses. La différence est très accentuée, comme il convient d’ailleurs ; l’équipage est simplement très cossu.

 

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            Il en est de même des autres équipages de la cour et des voitures du service ordinaire de l’empereur, daumonts, voitures de chasse ou simples coupés. Ces dernières ont toutefois cela de spécial qu’à côté du cocher, se trouve presque toujours un chasseur ou heiduque, en livrée verte, avec buffleterie blanche, épaulettes et tricorne à plumes. Pour le cocher, la livrée est bleue au chapeau galonné d’argent.

 

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Victoria de chasse de S.M. L'Empereur (Chevaux de Lippiza)

            Enfin l’étiquette ayant tout prévu, on voit aux écuries de la cour deux chars funèbres ; le premier en bois noir sculpté, est exclusivement réservé aux souverains ; le second en acajou, reçoit la dépouille mortelle des archiducs. Les chevaux attelés au char de l’empereur ou de l’impératrice portent seuls également des harnais noirs, qui sont presque partout recouverts de crêpe ; pour les archiducs, les harnais sont en cuir rouge. Il est, il me semble,impossible de porter à de plus extrêmes limites les exigences de l’étiquette....

 

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            Le personnel des écuries est très nombreux. En dehors de sa direction, il comprend :

144 cochers

70 piqueurs

58 valets de pied

15  heiduques

57 palefreniers

73 selliers et hommes de service.

 

Tous sont logés aux écuries, où ceux qui ne sont pas mariés sont, s’ils le désirent, nourris par la cantine ; des réfectoires sont installés à cet effet au dessus des écuries des carrossiers. …»

 

S.F. TOUCHSTONE

Sport universel illustré des 24 Novembre et 1 Décembre 1900

 

Nous espérons que la précision de cet article vous aura donné une idée  de  l’ampleur et la qualité des  écuries et équipages des chefs des grands empires européens de cette époque.

 Notes de Figoli:

 Nous terminerons cet article par les photos de quelques voitures citées et  encore conservées à Vienne. (Source: Fiches techniques "Carriages Europa"

 

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Ce grand carrosse à huit glaces fut construit vers 1730-1740, par un carrossier non identifié, pour l'empereur  Karl VI. Il a été plusieurs fois remanié. Les peintures des panneaux ont été réalisées par Franz Xavier Wagenschoen en 1763. Initialement attelé à six chevaux, il fut attelé à huit chevaux à partir de 1851

 

 

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Commandée par l'empereur Franz Joseph, cette berline de demi-gala à été construite à Vienne par Karl Marius en 1865. 

 

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Ce coupé huit ressort a été construit par Cesare Sala de Milan en 1857. Initialement acquis comme voiture ordinaire du couple impérial, il fut utilisé  à partir de 1872 comme voiture de cérémonie, dédiée au transport des membres de la famille impériale.


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Ce splendide coupé huit ressort à 5 glaces était utilisé par les membres de la famille impériale lors des manifestations officielles. Il a été construit par Cesare Sala de Milan en 1857.

 

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Cette voiture de cérémonie à huit ressorts a été construit par le carrossier viennois Karl Marius en 1865. Les quatres lanternes ont été fabriquées par Ludwig Kowarsch.

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Caleche à la Daumont construite par Cesare Sala de Milan en 1857. Elle était attelée à six chevaux et conduite à la "Daumont" par des postillons; "Jockeys"

 

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Victoria à la Daumont construite par les ateliers viennois Ludwig Laurenzi § Comp. en 1853 Elle était attelée à quatre ou six chevaux conduits à la "Daumont"

 

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Voiture funéraire construite en 1876-1877 par les ateliers de la cour impériale avec différents intervenants extérieurs. Elle était utlisée pour les obsèques de la famille impériale.

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