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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:52



Les haies


Fin août, une heure avant la nuit, chaque soir, quand l’haleine solaire se fait douce et que les collines s’empourprent au loin, gantée de cuir et le sécateur à la main, elle taille les haies.

De la pousse annuelle, elle libère les rubans électrifiés qui, par magie, contiennent les chevaux dans le pré.
Une fois l’an, afin que passe le broyeur, il lui faut tout démonter.

De ces clôtures modernes qui enlaidissent les haies, on pourrait estimer l’usage superflu… mais qui a vu un poney dévorer sa bouchure, puis ensuite la traverser, ne dort vraiment bien qu’en ayant fait ce choix.

Si les chevaux craignent le pincement du courant, la ronce meutrière et ses mûres exquises, l’aubépine jolie, le tendre sureau, l’épine vinette, les troènes, la viorne et les noisetiers, eux, s’en fichent pas mal… c’est à croire d’ailleurs que ça les encourage à se multiplier.

Derrière elle, en file indienne, les chevaux font le tri.
La feuille de noisetier, surtout, dont ils n’osaient pas approcher la lèvre, a leur faveur, et les nouzilles sous la dent craquent et se laissent croquer.

C’est l’heure obscure où les mouches cessent de les tyranniser.
La dominante, la jument, pose alors sa tête lourde contre son épaule, et, de la paume de ses mains dégantées, elle frotte doucement les yeux clos…

“C’est bon, hein, ma chérie… tu ne peux pas le faire tout seule, ça… ” ?

Puis d’un pas lent, balayant l’air de ses crins, la jument s’éloigne et s’en va dormir à la belle étoile.




 

Julie Casau-Wasselin

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commentaires

Michel meton 02/11/2009 09:41


A Falone, sans aucun doute!!

Avant même que de voir votre signature, je savais qui avait écrit cela. Ce ne pouvait être que vous!!!!

Amitiés.

Michel