Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 16:19

 

 

Paris sous la neige…

 en 1879

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La télévision, en ce neigeux mois de Novembre, nous inonde d’images de voitures accidentées, poussées sur le bas côté,... Que de plaintes sur les services publics, de personnes voyageant seules dans leur voiture,....reprochant aux autres de n'avoir pas pris les devants face aux intempéries. Pas un seul journaliste pour leur expliquer que des milliers de "nigauds" avertis, eux aussi, seuls dans leur voiture, bloquaient le passage des chasses neiges.

Alors je me suis demandé comment cela se passait à l’époque de la traction animale, à une époque ou les intempéries avaient une "autre allure" ; quelquefois jusqu'à un mètre de neige à Paris. Je laisse à votre réflexion cet article, sur la neige à l'époque du cheval roi,  de l’Univers Illustré du 12 Décembre 1879, signé (cela ne s’invente pas) B.B. 

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« La ville de Paris a pris sous l’énorme couche de neige, qui s’est étendue depuis une quinzaine de jours sur toute sa surface, un aspect tout particulier.

 Nos boulevards, nos promenades, les champs Elysées, le bois de Boulogne sillonnés d’ordinaire par les équipages et les cavaliers, voient apparaitre en nombre relativement considérable les rapides véhicules spéciaux aux villes septentrionales. Le traineau a désormais droit de cité à Paris, et nous en avons rencontré quelques uns de fort remarquables.

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 Du reste à part le plaisir de se montrer sur ces originales voitures, à part la rapidité et la commodité de ce moyen de locomotion, il faut bien le dire, on a presque été obligé de renoncer aux voitures habituelles.

 Les malheureux fiacres ont eu à subir les tribulations les plus extraordinaires, et un de nos plus amusants  dessins consacrés à « Paris sous la neige », celui qui nous montre une voiture en détresse, est en même temps l’un des plus vrais. Vingt fois en une journée, il nous a été donné de voir ce tableau.

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 Heureusement, l’administration de la ville de Paris a fait les plus grands efforts pour opérer le mieux et le plus promptement possible le déblayement de nos voies publiques. Le nombre de tombereaux employés à ce travail est de prés de quatre mille, et un des principaux points de rassemblement de ces voitures est sur la place du Carrousel, à laquelle elles donnent, l’aspect le plus pittoresque et le plus mouvementé.

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Ces tombereaux sont conduits, les uns après les autres, sur les berges de la seine, et c’est là qu’on opère, d’une façon expéditive, leur déchargement direct dans le fleuve.

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Si le dégel ne vient pas en aide à l’administration, le nettoyage des rues de Paris menace de durer un certains temps. On a calculé, en effet, que la superficie des rues, places et squares étant de 14 millions de mètres carrés et la hauteur de la neige étant de 50 centimètres environ, il s’agissait d’enlever  sept millions de mètres cubes de neige. Chaque tombereau contenant un mètre cube, il faudrait  donc  sept million de voyages de tombereaux pour tout enlever !

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Espérons que la température qui est plus douce au moment ou nous vous écrivons, viendra faire fondre à la fois la neige, et les craintes des pessimistes, en dépit du désespoir que cela causera aux gamins, à qui ce temps glacial permet de faire de si belle « glissades » sur les bassins de nos jardins publics. »

B.B.

Vous vous rendez compte ? Cinquante centimètres de neige à Paris et des journalistes qui se contentent de décrire la situation! Pas d'appel aux alertes rouges, noires écarlates,...pas de scoop bien sanglants, rien qu'une analyse de la situation.Celà s'appelle du journalisme je crois??? Bien que pour moi le 19° siècle ne représente en rien le bon vieux temps, cette petite confrontation de deux époques me semblait intéressante à vous proposer.

Texte et documentation de Figoli  

Par figoli - Publié dans : Histoire de l' attelage dans la vie quotidienne - Communauté : Histoire Géographie
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Commentaires

Autre sujet de réflexion : ce formidable caoutchouc qui était connu depuis longtemps et qui n'avait pas supplanté les bandages métalliques des voitures hippomobiles du dix-neuvième siècle… demandez donc aux anciens, n'a été utilisé qu'en 1939 pour leur garder les pieds au sec dans des bottes en… caoutchouc. Sans doute le genre de progrès que nous apportent les guerres, et qui leur évita enfin d'aller labourer derrière le cheval en… sabots.
Imaginons donc, par le passé, tous ces pieds gelés, car fort mal protégés, sans dresser au passage la liste les polaires et autres matières pétrolières qui ne nous empêchent pas de gémir, pauvres petits hommes que nous sommes… !
Commentaire n°1 posté par Julie Wasselin le 04/12/2010 à 11h15

Chère julie et Jean pierre, ne reculant devant aucun sacrifice , le service de documentation d'attelage patrimoine a éffectué d'épineuses (si j'ose dire) recherches sur cette délicate question d'antériorité.

Ce serait en 1853 qu'Hutchison aurait acheté les brevets de good year sur la vulcanisation pour entre autre, intégrer du caoutchouc dans la fabrication des bottes. Mais comme nous l'avons remarqué dans un précédent article,  la généralisation limitée de l'utilisation du caoutchouc  est liée à son coût qui en faisait un produit de luxe. Ceci explique surement son utilisation tardive dans nos campagnes. Quand au préservatif, nommé "redingotte anglaise" par casanova, la commercialisation de "capottes" à base de latex transformé aurait commencé dans les années 1870.(Avant cette décennie, cette petite "bourse datant de plus de 5000 ans " était faite en tissu de soie huilé, velours,... les plus étanches étant en intestin de mouton.) Mais Jean Pierre a raison car, d'aprés certains auteurs, les amérindiens, bien avant cette date, auraient utilisé le latex moulé étanchéifié à la fumée comme préservatif. 

Je vous laisse la main pour continuer ce brulant débat.

 

Réponse de figoli le 04/12/2010 à 16h52
J’ai bien aimé votre article, et son commentaire n°1 m’a amusé...

... de vous à moi, le latex ancêtre du caoutchouc, avant de protéger les pieds comme le dit JW, servait à protéger d’autres extrémités, bien plus sensibles mais masculines certes, et pas pour des ‘’bandages’’ de roues hippomobiles. Bien amicalement,
Commentaire n°2 posté par jean pierre le 04/12/2010 à 15h42
Je prends les affaires en main : amérindiennes peut-être, américaines sûrement. La Fayette avait doté, parait-il, son détachement de capotes anti-anglaises, indépendance oblige, par mesure prophylactique évidemment. N'est-ce-pas cher Figoli ?
Commentaire n°3 posté par Jean Pierre le 04/12/2010 à 17h31
Voyez où va se loger le protectionnisme…
Commentaire n°4 posté par Julie Wasselin le 04/12/2010 à 19h25
...il se loge sur les routes de France, chère Madame, comme l'a si bien décrit notre ami Figoli et Météo France surtout... Honni soit qui mal y pense.
Commentaire n°5 posté par Jean Pierre le 04/12/2010 à 21h09
Bonjour ,
Lorsqu'il y à de la neige , les chevaux ont des tapons de neige sous les pieds. Si le ferrure n' est pas équipée de système qui chasse la neige .
A la grande époque de l' attelage , les chevaux étaient ferrés comme maintenant , comment faisaient les cochers ?
Merci par avance de votre réponse .
Commentaire n°6 posté par Guy - ronay le 22/12/2010 à 19h28

Le problème des risques de glissade concernait les sols verglacés mais aussi les surfaces mouillées des pavés de bois, de l'hasphalte.Différents types de fer dentelés furent utilisés mais la seule solution efficace restait les crampons et les plaques souples.Je pense vous faire une brève présentation avec des dessins d'époque dans un prochain article.

Cordialement

Réponse de figoli le 22/12/2010 à 20h21
je pense vous faire une brève présentation avec des dessins d'époque dans un prochain article.

Merci par avance .
Cordialement . Guy-Ronay .
Commentaire n°7 posté par Guy - ronay le 22/12/2010 à 20h29

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