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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 16:33

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                          Extrait tableau allégorique de Deruet 1588-1660 « L’eau » conservé au musée d’Orléans

 

Traineaux … jeux et œuvres d’art .(1° Partie)


Texte: Figoli
Documentation: H.B.P-Figoli

C’est bien connu, le temps est inconstant. Le climat des 17° et 18° siècles n’a rien à voir avec celui de notre époque. Un exemple, pourrait on imaginer, de nos jours, d’utiliser le  grand canal du château de Versailles comme piste de courses de traineaux ?

Et oui ! La neige et la glace caractéristiques de la petite période glaciaire qui sévit en Europe de 1550 à 1850 ne furent  pas sans influence sur la modification des moyens de transport pendant les dures périodes d’hiver. Le traineau était donc d’un usage courant, bien sûr dans les pays du nord et de l’est de l’Europe, mais aussi plus au sud comme en France.

Mais, si le véhicule changeait, il restait construit dans l’esprit de l’époque et respectait le décorum à la mode de chaque cour.

La cour de Louis XIV est, bien sûr, l’exemple type de la surenchère dans le luxe et l’ostentation. Cette mode se retrouvait dans les carrosses aux caisses surchargées de sculptures, de dorures, ornementées de peintures et garnies à l’intérieur de soies passementées d’or et d’argent, tapissées de velours…       Les lourds carrosses n’étaient plus utilisables durant les longs hivers. Les grands de l’ancien régime reportaient leurs  goûts dispendieux sur les traineaux.

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                                                                Deuxième extrait du tableau « l’eau » de Deruet.

Cette image donne une bonne idée de la recherche artistique  aussi bien dans la qualité de la création des voitures, de leurs sculptures, que des harnais.   Nous pouvons constater également la recherche de prouesses sportives qui pouvaient, comme nous le voyons au premier plan, mal se terminer.

Nous allons vous présenter quelques traineaux provenants de différents pays et différentes époques.



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                            Dimensions : 2m de longueur,1,17m de hauteur, 1,2m de largeur. Conservé au musée de Leek.,

Ce traineau, d’origine hollandaise, daté de 1682  était utilisé pour la promenade et plus généralement pour les loisirs. L’extérieur est orné de décorations en bois sculpté et doré. Les peintures s’inspirent des motifs traditionnels de la ville frisonne de « Hindelopen » Les armoiries de la ville de Hindelopen incluant la date de 1682 sont peintes à l’arrière du traineau.

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                 Traineau animalier :  Dimensions : 2,25 de long,1,50 de haut, 1m de large. Conservé musée de leek

Datant de 1700, c’est une sculpture en bois polychrome représentant un cheval ailé avec queue de poisson et sur l’arc un bonhomme de mer (sorte de sirène au masculin) Les trois symboliques de la terre de l’air et de l’eau sont donc intégrés dans ce traineau. Le dessous du traineau date de 1800 et est bien moins ouvragé.

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                   Traineau Diane :  Dimensions : longueur 1,74, hauteur 1,48, largeur 0,85. Conservé musée de leek.

Ce traineau de 1760 était initialement la propriété du roi Guillaume 1°. Il est décoré par une sculpture de Diane, la déesse de la chasse. Elle est accompagnée de chiens sur le bas de caisse. L’ensemble est peint en doré et polychrome. L’intérieur est garni de velours florentin jaune et rouge.


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                                    Dimensions :longueur 1,65, hauteur 1,13, largeur 0,98m Conservé au musée de Leek

Ce modèle  de 1780 est plus stylisé. Il est décoré à l’extérieur de peintures  polychromes. A noter à l’arrière droit le système de freinage à ressort.

Les deux traineaux  suivants, dits de Carrousel, appartenaient à la cour de Vienne.

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     Dimensions : 3,4m de long, 1,14m de haut, 1,1m de large. Conservé au musée Wagenburg

Ils étaient utilisés lors des « courses » de traineau, organisées dés le 17° siècle à la cour de Vienne, dans le cadre « des journées de traineaux ».
 Voici une courte description de ces manifestations d’hiver très prisées par la population. Elles ressemblaient plus à une parade qu’à une course telle que
nous le concevons de nos jours. La famille impériale et les membres privilégiés de la noblesse sortaient pour un grand défilé depuis la cour du château vers les sites principaux de la ville. Les hommes qui menaient le traineau, étaient assis sur un siège attaché à l’arrière de l’habitacle, alors que les dames étaient assises dans le siège du traineau. Tout ce monde était habillé de ses plus beaux atours. La composition des équipages et l’ordre des traineaux étaient décidés par tirage au sort.
Ces deux traineaux, datés de 1750 pour le premier et estimé entre 1725 et 1789 pour le second, sont des exemples remarquables de l’apogée de la tradition des traineaux baroques en Europe centrale.


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                                    Dimensions : 3,30m de long, 1,30m de haut et 1m de large. Conservé musée wagenburg

Les corps en bois, sculptés en forme de coquille, sont fixés solidement sur des patins tellement ornés de sculptures que l’on peut à peine voir leur fonction technique. Ces deux traineaux sont entièrement plaqués en or.

La cour de Versailles n’était pas en reste.Comme nous l’avons vu précédemment, les courses de traineaux attelés à des chevaux ferrés à crampons étaient courantes à Versailles dés le XVII°.

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              Traineau "aux jeux chinois" datant de 1735 conservé au musée des carrosses à Versailles 
C'est une caisse à deux places ornementées de dessins exotiques avec le siège arrière posé en décalé sur une troisième traverse.

Mais les promenades pouvaient quitter allées et chemins et s’effectuer sur les bassins, canaux et lacs gelés avec des traineaux plus légers tel ce traineau "au patineur".

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                       Le traineau au patineur datant des environs de 1720. Conservé musée des carrosses Versailles

 Cette caisse en bois peinte avec des motifs et paysages d'hiver est ornée d'une sculpture de chimère et une de triton.Les garnitures intérieures sont en velours de soie vert-jaune.


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                                                            Le traineau aux roseaux datant des environs de 1740

Ce traineau "aux roseaux", en forme de coquille, est  orné d’éléments en relief. Ces décorations, inspirées des végétaux et de la mer, ont l’originalité d’avoir été fabriquées en papier mâché recouvert de multiples couches de vernis. Cette technique de l’utilisation du papier verni (mais alors gaufré, ou plié) fut utilisé au 19° pour la réalisation entre autre de cannage de décoration. Les couleurs d’origine étaient le vert et le bleu turquoise.

Fin 18°, la pratique des « courses » de traineaux était restée très présente dans les maisons royales hollandaises, russes, autrichiennes,… Par contre, cette mode s’était atténuée en France vers la fin du règne de Louis XV. La reine, Marie Antoinette, au souvenir des parties de traineaux de sa jeunesse, fit rechercher, dans les dépôts des écuries, les traineaux utilisés par Louis XV. Elle s’en fit construire quelques uns d’un goût plus moderne. Les princes en firent construire à leur tour et il y en eut rapidement un assez grand nombre.


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                         Dessin d’un traineau,  équipé d’une suspension à ressorts,  construit pour Marie Antoinette

« Le bruit des sonnettes et des grelots dont les harnais des chevaux étaient garnis ; la variété des formes de ces espèces de voiture ; l’or dont elles étaient toutes rehaussées, rendaient ces parties agréables » (Mémoires sur la vie privée de Marie Antoinette par Mme de Campan 1820)
                                                                          

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Grelot et sonnettes d'origine allemande                                                                    -BiqgIM-B2k---KGrHqIOKiYEsml0R3PeBLQM-iO6L--- 35

Si l’hiver était source de joie pour la noblesse, il était facteur de grande misère pour le peuple. A un point tel, que le Roi s’en ému. En 1776 : « Louis XVI, touché du triste sort des pauvres de Versailles pendant l’hiver, leur fit distribuer des charrettes de bois. Voyant un jour une file de ces traineaux ….menés par les seigneurs, il leur dit ces paroles remarquables(en leur montrant ses charrettes) :  Messieurs voici mes traineaux » (Madame de Campan; opus déjà cité)
Cette remise à la mode des traineaux se retourna contre l’ « Autrichienne » qui fut critiquée de toutes parts. Bien que les hivers suivant permirent également de tels ébats, la violence des propos amena la reine à arrêter ce type d’amusement.

Et oui, ces beaux traineaux ont quelque part une certaine responsabilité dans l’émergence de la révolution française… et la perte de leurs têtes pour les époux royaux.

Pour notre part nous ne pouvons qu’admirer les connaissances et le savoir faire artistique et technique des artisans de cette époque.

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                                                 Dessins de Traineaux de 1750 à la superbe suspension Carrossier Ginzrot

 Nous verrons dans la deuxième partie, la façon dont ces traineaux étaient utilisés, les jeux auxquels ils participaient.





                                                                    clochette

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commentaires

MG 15/01/2010 21:26


Bonsoir,
J'aime beaucoup votre blog... les articles sont riches, très bien illustrés et accompagnés d'agréables musiques.
C'est passionnant.
A bientôt.


Julie wasselin 14/01/2010 12:03


Quelle splendeur !
Quelle source de rêveries…
Merci Figoli de nous les faire partager.


hans Paggen 15/01/2010 11:00



Hier par Hans Paggen


excellent! quel travail et avec la musique tres professionnel merci. Hans