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Traineaux…jeux et œuvres d’art 2° partie
Texte: Figoli
Documentation: H.B.P.,Figoli.
Suite de l'article Traineaux...jeux et oeuvres d'art.
(1° partie)
Bien sûr, ces chefs d’œuvres de sculpture, de peinture, ne pouvaient être attelés qu’à des chevaux de grande qualité dotés d’harnachements s’apparentant aux voitures.
Les modes étaient différentes suivant les cours, mais l’on retrouve toujours la recherche du luxe et du paraitre comme le montre ces différentes représentations :
Traineaux attelés datant de 1609 dessinés par GE l’Achneys
Traineaus 1750
Les dessins suivants, édités en 1817 par le carrossier Ginzrot qui travailla en Alsace puis à Munich,
montrent la recherche dans les couleurs pour des traineaux et voitures.
Ces traineaux participaient à toutes les festivités comme les défilés, les mascarades. Ces mascarades prennent leurs racines dans les pratiques antiques des fêtes liées à l’arrivée du printemps et autres saturnales et bacchanales…Il est difficile de se repérer dans ces différentes festivités. Elles se présentent sous des formes variées et différentes suivant les populations et les régions.
Elles prennent, dans les cours, une allure somptueuse, mettant en œuvre toutes les formes artistiques, dont la poésie, le théâtre et, bien sûr, la musique.
Je vous propose donc d’accompagner votre lecture par cette musique de Khatchatourian intitulée "Mascarade":
…….
Dessin défilé lors d’une mascarade en hiver au duché de Wurtemberg
Ces fêtes se croisaient et s’interpénétraient avec carrousels et autres amusements équestres.
L’hiver était ainsi animé par des loisirs équestres de toutes sortes. Bien sûr, on ne pouvait jouer aux courses de maniabilité qu’étaient les jeux de palet, présentés à la fin de l’article Les tribulations d'une quille de mania .Cependant d’autres jeux équestres comme carrousels, courses de bague, courses de tête, continuaient même en hiver, mais d’une façon différente, en utilisant par exemple des traineaux. Avant d’aller plus loin, nous allons resituer leurs origines.
Ces différents jeux venaient des pratiques anciennes d’entrainements guerriers, issus du moyen âge, comme la
quintaine, la course de bague,… Une variante en était la « course de
tête ». Cette activité trouve ses sources chez les allemands. Ils étaient en guerre contre les turcs qui avaient la fâcheuse habitude de couper la tête de leurs ennemis. En conséquence, les
chevaliers avaient l’habitude de s’exercer à un entrainement appelé « course des têtes de turc et
de maure ». Ils essayaient d’enlever des têtes factices à la pointe de leur épée pour s’entrainer à recouvrer, des mains des ottomans qu’ils combattaient, la tête de leurs camarades que ces
féroces ennemis emportaient avec eux. Cet entraînement, devenu jeu, s’introduisit plus tard en France, en Espagne,… Très répandu dés le 17° siècle, sa pratique s’élargit à l’utilisation d’armes diverses.
tableau course de tête
Vous trouverez une étude très complète des ces jeux d’exercice dans le livre « La quintaine, la
course de bagues et le jeu des têtes » de Lucien Clare, édition CNRS. Nous vous joignons en documents
img705
img706
img707
img709 une description des courses organisées dans le cadre des
carrousels. Elle est extraite de « Art de la cavalerie ou la manière de devenir bon écuyer » écrit par Saunier, en
1756.
Ces jeux d’hommes furent ouverts plus tardivement aux femmes, qui purent participer aux courses de bagues et de tête à partir de 1820.

Ce dessin vous montre l’adaptation des courses de tête en hiver. L’enjeu de cet « assaut » est
de ramasser le plus de têtes et de bagues dans un temps donné. Ce temps est scandé par les tambours que l’on distingue au fond à droite.
Voici quelques traineaux utilisés au Wuttenberg conservés au musée de Stuttgart.

Mais les jeux de cour pouvaient aussi être très pervers. Les courtisans se « battaient » pour être au plus prés du monarque. Alors pensez à l’honneur qui était fait au courtisan autorisé de monter sur le traineau du roi. Mais attention, ils pouvaient en mourir …de ridicule.
Le traineau que nous allons vous présenter est conservé au musée de Stuttgart. L’invention en revient,
semble-t-il, à la cour de France, car il a gardé son nom français de « traineau à vexer ». En fait, cet étrange engin était couvert de couvertures et peaux qui cachaient la perverse
mécanique.
Et quand la mécanique était enclenchée le courtisan, rengorgé de l’honneur qui lui était fait, se retrouvait tout seul abandonné au milieu de la piste par son roi. Cela pouvait alors devenir le
début de sa mort sociale

Traineau à vexer
La transformation des relations sociales entrainée par la révolution Française va modifier l’utilisation des traineaux. Les traineaux de parade deviennent des traineaux de loisirs plus légers, plus spacieux et confortables. Ils étaient menés, de l’intérieur, par le propriétaire ou, devant, par un cocher, le siège arrière devenant le siège du groom. En voici quelques exemples :
Traineaux d'origine allemande fin XIX de la collection Lohner





Des harnais de formes plus apurées, garnis de montages de grelots et clochettes trés sophistiqués, équipaient les chevaux

Mais la recherche de l’ « élégance baroque » était toujours de mise dans certaines cours comme le montre cet ensemble composé d’un harnais et d’un traineau de gala, datant de1878. Cet
ensemble fut fabriqué à la demande de Ludwig II, roi de Bavière, mécène de Wagner et soutien du courant romantique . Le traineau fut l’œuvre des
carrossiers Michael Mayer et Peter Meureur, les sculptures de Syrius Eberie.

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