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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 16:43

 

« Roulez carrosses » à Arras:

Une grande réussite.

 

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Ce coupé de la présidence de la République clôture l’exposition « Roulez carrosse » .Il a été construit vers 1880 par Georges Ehrler, carrossier attitré de Napoléon III et l’un des plus fameux carrossiers parisiens du XIX° siècle. Ce coupé de ville et de gala est « un exemple représentatif de la perfection formelle et technique atteinte par la carrosserie française à son apogée au cours de la seconde moitié du XIX° siècle »-Jean Louis Libourel-. Il est le témoignage du haut niveau de l'industrie de la carrosserie française et de ses artisans; charrons, menuisiers, sculpteurs, peintres vernisseurs mais aussi soyeux, tapissiers, brodeurs, passementiers, bronziers ciseleurs, doreurs miroitiers, serruriers,...


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Ce coupé s'intègre dans un ensemble d'environ 80 oeuvres; tableaux, carrosses, harnais, traîneaux..., provenant, pour l'essentiel, des collections du musée du château de Versailles. Elles sont toutes d'une valeur artistique et historique inestimable comme ci-dessous, la berline de baptême du duc de Bordeaux.


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Habituellement "stockées" dans des locaux peu accessibles au public, leur présentation pour 18 mois à l'abbaye Saint Vaast à Arras  va vous permettre de les découvrir ou redécouvrir. Cette visibilité dépend, bien sûr, de la qualité de leur présentation, de la façon de raconter leur réalisation, leur histoire et celle de leurs illustres occupants. Ici,  la muséographie est à la hauteur des oeuvres présentées. Les centaines de personnes, réunies le 16 mars à Arras pour le vernissage de l’exposition, ont été unanimes pour reconnaitre l'extrème qualité de l'écrin qui recevait cette collection. 


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La rencontre paradoxale de la ville natale de Robespierre avec des symboles de la monarchie absolue est une très grande réussite. L’espace créé par la muséographie répond aux attentes du visiteur, qu’il soit néophyte ou passionné par l’histoire, le patrimoine hippomobile, l’art,…

Je dois vous avouer en être sorti avec une simple impression de grand bonheur. Cette exposition ne se décrit pas, elle se ressent, elle se vit.

Ce magifique évènement est le résultat du travail des équipes du musée des Beaux-Arts d'Arras, de celles du musée des Carrosses de Versailles, des commissaires de l'exposition; Béatrix Saule, Jean-Louis Libourel, Hélène Delalex, du scénographe de l'exposition; Frédéric Beauclair,... Aussi, avant de vous présenter quelques points forts de l'exposition, je vous propose de leur donner la parole:

 

 

N'oublions pas les travailleurs de l'ombre qui ont assuré, sous l’autorité du restaurateur Daniel Bouchard, la préparation des oeuvres et, si nécessaire, leur restauration. Voici un film sur le travail effectué par l'un de ces artistes, Laurent Hissier de l'atelier de dorure du château de Versailles.

 


 

Ce film est l'un des documents présentés sur le site dédié à l'exposition; www.versaillesarras.com, auquel vous pouvez accéder en cliquant sur ce lien: link. C'est un véritable centre de documentation.Vous pourrez y découvrir films, documents, diaporama,…et suivre au quotidien les différents évènements qui animeront la vie de l'exposition.

Un rapide survol en image de l'exposition vous permettra d'apprécier la qualité des oeuvres et de leur présentation. 

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Huile sur toile de Christian Bourgeois et Jean Baptiste Detret. Elle représente la rencontre de Napoléon I° avec le prince primat de la fédération du Rhin et fait partie d'une vingtaine d'oeuvres représentant des carrosses lors de moments historiques.


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Chaises à porteurs datant du XVIII°,  qui servaient dans les cours et jardins du chateau de Versailles mais aussi dans les apprtements. Sont présentées: Chaises à porteur de la maison du roi, aux armes de France et de Navarre, dites à; "Décor de marine", "Aux armes de duchesse", 


P1030260 Depuis Louis XIV, la cour s'offrait le plaisir d'un sport d'hiver trés particulier; la course de traineaux dans les allées enneigées du chateau. Ces traîneaux étaient de véritables oeuvres d'art. C'est l'ensemble de l'exceptionnelle collection de traîneaux de Versailles qui vous est présentée: "Traîneau du patineur", "Traîneau à la tortue," Traîneau à deux places dit des jeux chinois", "Traîneau au léopard", " Traîneau à la sirène", "Traîneau au roseaux",


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     "La cornaline"  et une autre voiture présentée,"La victoire", ont été acquises par Napoléon I à l'occasion de son mariage  avec Marie Louise. 


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      Intérieur du carrosse du sacre de Charles X


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En premier plan; la petite calèche qui aurait appartenu au dauphin Louis Charles, futur Louis XVII (1785-1795) et en arrière plan la petite berline de promenade du dauphin Louis Joseph Xavier de France (mort de la tuberculose en 1889), premier fils de Louis XVI. 

 

Les organisateurs ne se sont pas contentés de mettre en valeur les tableaux, voitures,.. venant des seules collections exposées à Versailles. Ils nous proposent également des objets venant d'autres musées et des pièces, comme les harnais d'apparât, qui jusqu'alors n'avaient jamais été présentées au public.


Panneau de la porte du carrosse de Louis XVI.

En 1794,  la Convention Nationale décida de la destruction " de tous ces restes impurs de la tyrannie" et en particulier de "La voiture dite du sacre(...), monstrueux assemblage de l'or du peuple et de l'excès de la flatterie". De cette voiture, dont l'histoire complexe est particulièrement bien  décrite par M Wackernagel dans le catalogue de l'exposition, il ne reste que ce panneau de porte.


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  Il est le seul vestige d'un ensemble réalisé par un peintre peu connu: Jacques Chevalier. La peinture représente Louis XVI en triomphateur romain avec, à ses pieds, les vertus cardinales, l'abondance, la justice, et la vigilance.

  

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Harnais et panneaux peints intégrés à la présentation du carrosse dit du sacre de Charles X :

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Ce carrosse initialement ébauché pour Louis XVIII fut achevé pour le sacre de Charles X. Il fut par la suite modifié sous Napoléon III et participa à la cérémonie de baptême du prince impérial. A cette occasion, sa transformation avait été confiée au carrossier Georges Erhler. Celui-ci ne se contenta pas de modifier les peintures d'origine. IL les préserva et les remplaça par de nouvelles décorations. Ces panneaux d'origine sont habituellement conservés au palais de Tau, à Reims. Mis à disposition de l’exposition, ils sont pour la première fois exposés aux côtés du carrosse, ce qui vous permet de découvrir la différence de la décoration entre 1825 et 1856. 


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Les panneaux originaux métalliques, datant de 1825, sont l'oeuvre du peintre doreur Gautier et du peintre Claude François Delorme. Voici le détail du panneau arrière où deux putti soutiennent la couronne au dessus de deux C enlacés en feuilles d'acanthe.


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 Le décor, réalisé en 1856, se compose des armes impériales et anges portant les armes.


 

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Le carrosse est présenté attelé " à la française" avec  huit chevaux.

 

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 Les trois premières paires sont menées en grandes guides  par un cocher, la dernière paire est conduite par un postillon monté sur le cheval de gauche.


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Ces harnais ont peu servi  et depuis ont été conservés dans des caisses. Ils ont donc gardé leur fraîcheur d'origine. "Tous ces harnais sont en cuir ou maroquin rouge. Toute la bouclerie est double, ciselée et dorée, et toutes les piqûres, droites ou à dessins sont en soie blanche". Les guides sont en soie. Comme ce carrosse a servi sous deux régimes, il a été choisi, pour l'exposition, d'équiper les chevaux de droite avec des harnais  aux armes de France et ceux de gauche avec des harnais aux armes de Napoléon III.


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La visite se termine en attelage dans les jardins de Versailles grâce a un superbe film   issu de la collaboration du musée de Versailles et du haras du Pin. Des images superbes soutiennent cet excellent outil pédagogique.

 Cette exposition est vraiment incontournable. En plus de sa qualité, elle représente un espoir pour que les collections qui "dorment" dans nos musées soient enfin accessibles à nos concitoyens. La grande fréquentation de cette exposition est indispensable pour que ce frémissement aboutisse à une véritable politique de sauvegarde de l'ensemble de notre patrimoine hippomobile. 

 

Texte et photos : Figoli

Bibliographie

Cette exposition s’accompagne  d’un catalogue, extrêmement bien documenté intégrant une partie des recherches réalisées pour l'organisation de cet évènement. Vous y retrouverez les signatures des plus grands spécialistes français et européens.

-Catalogue "Roulez Carrosses!" ed. Skira Flammarion (39,90 €)

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Cet ouvrage se doit d'être présent dans la bibliothèque de tout amateur.

-Connaissance des arts a édité un N° hors série "Roulez Carrosses"(9 €)

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-Arts et techniques de la dorure à Versailles.de Daniel Sievert et Laurent Hissier éd Vial.

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Site de documentation de l'exposition: link


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 Berline "La victoire"

 

Liens avec les articles du blog sur la collection du musée des carrosses de Versailles.

La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.

Musée des carrosses de Versailles.1 Traîneaux

Musée des carrosses de Versailles 2; Char funèbre Louis XVIII

Musée des carrosses Versailles 3: Les berlines de Napoléon

Musée des carrosses de Versailles 4:Berline du duc de Bordeaux 

 Musée carrosse Versailles 5: Carrosse du sacre de Charles X.

 

 

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 Modèle présumé du carrosse du sacre de Louis XVI

 


 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:31

                                                 

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                                         Calèche construite par Ehrler

 

 

Nous relayons et soutenons aujourd'hui une démarche initiée par François Vanaret. Elle vise à faire inscrire la carrosserie française au patrimoine mondial. Je lui laisse la parole.


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Passionné d'art et d'automobile depuis toujours, j'ai découvert la CARROSSERIE FRANCAISE grâce à ma fréquentation du Concours d'Elégance de Bagatelle, à Paris dans les années 90. Je me suis interressé presque exclusivement à cette haute couture automobile française qui "habillait les autos comme les jolies femmes".J'ai ainsi découvert que beaucoup de carrossiers les plus prestigieux avaient débuté leur activité dès le milieu du XIXème siècle par la construction de voitures à chevaux. Ces dynasties de créateurs vont rapidement faire école et faire de Paris et de la France le berceau incontesté de la création de carrosseries de luxe. Ces carrossiers ont largement contribué à l'invention de l'Automobile et pour expliquer leur apport il n'est pas possible de dissocier leur activité automobile de celle de leurs débuts comme carrossiers hippomobiles. 
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Mes recherches  depuis 15 ans dans ce domaine m'ont convaincu de la nécessité de faire reconnaitre cet art au patrimoine international, d'où ma démarche auprès de la Fédération Française de l'Automobile d'Epoque par l'intermédiaire de son président Claude DELAGNEAU qui a inscrit cette demande à l'ordre du jour de l'assemblée générale de la FFVE (reconnue d'utilité publique) lors de RETROMOBILE debut février.

 

François VANARET
(Voir son site en cliquant sur ce lien:link)

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CARROSSERIE FRANCAISE

 

POUR LA RECONNAISSANCE

 D'UN PATRIMOINE

 

 

        En août 2011, une AVION-VOISIN AERODYNE remporte le "Best of Show" lors du Concours d'Elégance de PEBBLE-BEACH; en août 2010, une DELAGE carrossée par DE VILLARS obtenait la même récompense.

Dans tous les grands Concours d'Elégance internationaux, depuis plusieurs décennies, les automobiles de collection carrossées par des ateliers français sont toujours classées parmi les plus belles voitures du monde, elles suscitent un intérêt constant parmi des  collectionneurs esthètes conscients d'aquérir, de restaurer et de présenter de véritables œuvres d'art.


 

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La perfection d'un dessin de Jean BUGATTI, d'une TALBOT-LAGO "goutte d'eau" ou d'un roadster DELAHAYE 135 par FIGONI & FALASCHI sont reconnues, de même que la pureté des lignes des DELAGE, BENTLEY ou PEUGEOT DARLMAT dessinées par Georges PAULIN, d'un roadster MERCEDES SS par Jacques SAOUTCHIK ainsi que des innombrables créations de KELLNER, LABOURDETTE ou CHAPRON. Tant d'autres carrossiers français, connus ou oubliés, peuvent aussi figurer dans le panthéon de la carrosserie française. Tout ces créateurs sont issus d'une longue lignée d'artisans d'art installés en France depuis le XVIII ème siècle ( MÜHLBACHER s'installe à Paris en 1797) ou ils vont créer carrosses et voitures pour l'aristocratie et les cours royales du monde entier : BINDER carrossier du Roi en 1826, MÜHLBACHER créé des carrosses pour l'empereur NAPOLEON III, expose à PHILADELPHIE en 1876 puis à CHICAGO en 1883; Joseph ROTHSCHILD s'installe à Paris en 1838, au même moment ce seront Georges KELLNER, Jean Baptiste LABOURDETTE puis les fils de Jean Baptiste BELVALETTE qui s'installeront dans la capitale française. N'hésitant pas à se former aux techniques de construction et à la mécanique en Angleterre, ces précurseurs vont  établir la prédominance et le savoir faire de la Carrosserie Française et accompagner la naissance de l'automobile en habillant les premiers chassis motorisés créés par Amédée BOLLEE, PANHARD & LEVASSOR ou DE DION BOUTON. Ces grands créateurs vont prendre part à la renommée du grand luxe et de l'élégance française aux côté des grands couturiers de la mode, de malletiers et décorateurs, dont le savoir-faire fait partie de notre patrimoine. L'apogée de ce mouvement fut l'apparition des grands Concours d'Elégance  dans les années folles où seront présentées des automobiles d'un luxe et d'une finition exceptionnels, que ce soit dans le style classique ou avant-gardiste avec le mouvement aérodynamique des années trente; il faut noter ici que le terme "concours d'élégance" est utilisé en français dans le monde entier.

Au moment où (enfin!), l'Automobile a eu les honneurs d'une présentation dans un musée aussi prestigieux que Les Arts Décoratifs à Paris en 2011, où la présence à RETROMOBILE 2012 de quelques uns des chefs d'oeuvre de la collection de l'esthète californien  Peter MULLIN fut couronnée d'un succès sans précédent, et où il est annoncé pour le prochain Concours d'Elégance de PEBBLE-BEACH un plateau en l'honneur du carrossier français SAOUTCHIK, j'ai envie de croire que le moment est venu d'inscrire la Carrosserie Française au patrimoine de l'humanité.

Il est démontré que l'engouement pour l'automobile de collection génère une activité économique croissante, que ce soit au niveau du marché lors de ventes aux enchères ou dans le domaine de la restauration et de l'entretien. Un important travail reste à faire dans le domaine historique pour identifier et faire connaitre notre patrimoine et les hommes qui l'ont créé.

Pour conclure il me semble que les acteurs français  du design actuel ne seraient certainement pas insensibles à une reconnaissance d'une tradition française dans cet art, et qu'aujourd'hui où l'automobile doit faire face à de nouvelles containtes de règlementations tant techniques que liées à l'environnement, la notion de plaisir et d'esthétisme peut s'appuyer chez nous sur une longue tradition d'élégance et de créativité.

 

 

François VANARET, février 2012

 


 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:50

L'exposition "Roulez Carrosses" marque le début d'un partenariat entre le chateau de Versailles et la ville d'Arras. Vous trouverez une vidéo de présentation à la fin de l'article Musée carrosse Versailles 5: Carrosse du sacre de Charles X.

L'exposition regroupera 76 oeuvres réparties sur 1000 m2. On y trouvera six véhicules hippomobiles; carrosse du sacre de Charles X, voitures du cortège de mariage de Napoléon, char funèbre de Louis XVIII mais également chaises à porteur, harnachements, traineaux, tableaux et sculptures.

 

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Les oeuvres seront mises en scène au moyen d'une muséographie innovante. En fin d'exposition, un film panoramique vous permettra d'embarquer dans un carrosse et de vous promener dans les allées du jardin du chateau de Versailles.

 

Informations complémentaires:

Musée des beaux arts d'Arras 22 rue Paul Doumer 62000 Arras

Tel.03 21 71 26 43

Site: link 

Site officiel du chateau de Versailles:

link

 

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Panneau de porte du carrosse ayant servi pour le mariage de Louis XVI prêté par le musée Jurassien

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 17:33

Carrosse du sacre de Charles X.

 

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Carrosse du sacre de Charles X ( photo musée des carrosses de Versailles)

Ce monument d’architecture et de carrosserie de 4T5* tonnes a une histoire très marquée par les méandres politiques post révolutionnaires. La volonté de marquer le retour de la royauté par un sacre, de transporter le roi dans un carrosse somptueux, symbole du retour aux anciennes valeurs, remonte aux débuts de la première Restauration. A son arrivée en mai 1814, Louis XVIII, face à la complexité politique liée à la Révolution et à la chute de l’empire, mit en place une monarchie constitutionnelle. Elle se caractérisait par la création de deux Chambres, la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, la liberté de culte,… Trés rapidement cependant, il entama une radicalisation du pouvoir royal et envisagea d'organiser son sacre. Bélanger, qui avait organisé l’entrée du roi à Paris, écrivait  en mai 1814: « le retour de nos bons princes appelle l’auguste cérémonie du nouveau sacre…, cérémonie que je suis destiné à diriger, encore une fois j’espère » En novembre 1814, une avance de 100000 frs avait été faite au brodeur Dallemagne pour la commande d’habits et d’ornement de dais et du  trône pour le sacre. Différents articles de l’époque annonçaient le sacre pour la belle saison de 1815. Ce retour vers l'ancien régime s’affirma symboliquement par l’abandon du drapeau tricolore pour le drapeau blanc. Cette nouvelle orientation fut mal accueillie par la population et favorisa le retour aux affaires de Napoléon.                                                                             La défaite de Napoléon à Waterloo signa la fin des cent jours et le retour de Louis XVIII.

Instruit par sa première expérience, Louis XVIII va essayer de mener une politique modérée sans renoncer pour autant à se faire sacrer à Reims. Il ne semble pas qu’un nouveau projet de sacre fut envisagé au début de la deuxième Restauration. Ceci est sûrement du aux difficultés politiques internes et externes, aux contraintes budgétaires liées, entre autres, à l’énorme indemnité de guerre due aux vainqueurs. C’est le 10 décembre 1818, dans son discours d’ouverture des Chambres que Louis XVIII annonça sa volonté d’organiser son sacre.

Malgré cette annonce officielle de son sacre prévu pour 1819, celui-ci n’eut jamais lieu.

 En voici l’explication donnée en 1837 par Ch. Siret.

« Il s’était répandu un bruit populaire sous le règne de Louis XVIII ; on disait que le clergé s’était refusé à sacrer le roi tant que Napoléon vivait encore. C’était un vieux conte……… La vérité est que Louis XVIII avait toujours été trop souffrant pour se prêter à la cérémonie du sacre : On y avait songé plusieurs fois ; l’annonce officielle en avait même été faite en 1819, mais on avait laissé ce projet, les souffrances s’étant agrandies »

Cependant la préparation de la cérémonie incluant la construction d’un carrosse royal était engagée depuis 1814. D’après les recherches de Wackernagel dans "Der franzosische kronungwagen 1696-1825", il y eut trois propositions de plan pour ce véhicule. Le premier projet fut dessiné au début de la première Restauration par J.B Perez. Le second, proposé en 1816 par Antoine Carassi, ne fut jamais réalisé. Le troisième projet, conçu par Percier dés 1814, commença à être mis en œuvre en 1816 mais il fut remisé, non terminé, en 1818. Seule les structures de la berline et de sa caisse étaient terminées.

 A la mort de Louis XVIII, son frère prit le pouvoir sous le nom de Charles X. Pour cet ultra qui avait poussé son frère vers la radicalisation, se faire sacrer à Reims était symboliquement et politiquement incontournable.

Pour les cérémonies du sacre de Charles X, Percier modifia son dessin d’origine. La berline, initialement construite pour Louis XVIII, fut ressortie de sa remise et achevée par les différents corps de métier. Voici le dessin de la berline, conservé au musée de Tau à Reims, que l'on va nommer, noblesse oblige, le carrosse du sacre de Charles X,


Percier Fontaine pour sacre de Charles X 11

 

et un détail du tableau de Louis Lejeune sur l'entrée dans Paris, au retour de Reims, le 6 Juin 1825.

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Pour essayer de se faire une idée de la voiture avant sa modification et son ornementation aux armes de Napoléon III, par Ehrler en 1853, nous allons accompagner les photos suivantes d'extraits de factures des artisans étant intervenus entre 1819 et 1825.

 (Les passionnés trouveront ces documents de facturation dans le livre  de Wackernagel ou dans les annexes du livre "Les fêtes royales sous la restauration" de F Waquet.) 

La structure construite entre 1816 et 1818 fut modifiée par le sellier carrossier       Daldringen comme le détaille ces extraits de facture datée du 26 Juillet 1825.

"...Supprimé l'ancienne corniche coupée sur place, fourni une corniche neuve et les 4 chapitaux,...ajusté le corps fourni le fond de la caisse, les planches des parcloses, les deux jalousies des portes avec leur garniture....et rapporté beaucoup de morceaux à différents endroits...." 

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La décoration et l'ensemble des sculptures ont été réalisés par Roguier dont cette magnifique ornementation du timon.

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Décoration de la tête du timon

Voici la description, à partir de la facture non precisément datée du sculpteur, de quelques ornementations d'origine des différentes parties de cette berline. A noter un langage poétique, spécifique de l'époque, auquel nous ne sommes plus habitués.


 Avant train :

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Gros plan de l'avant train et de la coquille (La planche de bois inclinée sur laquelle reposent les pieds du cocher était en forme de coquille au XVIII° siècle, d'où le nom).

            "...La coquille composée d'un caducée et bonnet de mercure, enveloppé de branches d'olives pour exprimer la douceur des négocitions et de cornes d'abondances trés ornées, fruit de la paix qu'elles procurent et entourées de lauriers avec des rosettes qui continuent les montants et encadrent le tout ainsi que la moulure poussée autour de la planche et ses ornements, pour ce... 850 Fr."

"Trophée de guerre sous les sièges, composé du bouclier de minerve, de la tête de méduse, sur le devant surmonté d'un casque à oreilles, panaches et deux cuirasses antiques garnies de sabres, javelots et touffes de laurier travaillés tout au tour; pour ce...1000Fr"

 

Sculptures du train arrière:


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  "Entretoises ou moutons composés de chimères ailées à corps de femme, culottes en larges ornements trés riches avec triples enroulements par devant dont elles tiennent un revers avec les deux mains;trés riche et trés soigné..."


Roues:


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"Les petites à dix rayes en forme de balustre, sculptées devant et derrière, le moyeu sculpté à trois ornements deux devant et un derrière avec soin et régularité et rosette ajoutée par derrière."

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Les garnitures intérieures ont été réalisées par le sellier carrossier déjà cité;     Daldringen "sellier carrossier des équipages de sa majesté".

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 Le pavillon et la moquette datent de 1853. Pour le reste, la décoration me semble,sous réserve, être proche de celle d'origine "Le tout en velours de soie cramoisie doublée en marceline assortie et garnie de franges, or fin...."

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Dessus strapontin amovible, longe cocarde et gland de parade

Mais il est possible que des pièces ait été changées, "La façon de l'intérieur faite entièrement sur cartons et chassis s'enlevant à volonté,..."

Les peintures que nous voyons actuellement ne sont pas celles peintes à l'origine par Delorme  dont il fait la description dans sa facture.

"Ces peintures se composent de douze enfants ou génies ailés dont quatre vêtus d'une dalmatique en velours violet, doublé d'hermine, ornée de fleurs de lys...supportent d'une main les armes de France et tiennent de l'autre un étendart fleurdelisé..."

 

 Dans les jours précédent le sacre, une foule de voitures de toutes espèces "amenèrent la musique de la chapelle du roi, l'argenterie, le mobilier précieux de la couronne, les officiers du roi chargés de présider aux dernières dispositions...."Le carrosse et les autres voitures de la cérémonie avaient également été amenés sur place. C'était une organisation toute militaire, comme le montre ce plan de la ville, réalisé par le ministère de la guerre à cette occasion.

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L'ensemble des équipages et régiments était stationné dans  un camp spécialement monté pour l'occasion.

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 Pourtant le roi faillit ne pas arriver à son couronnement. Parti de Compiègne, il fit escale dans la ville de Fisme. Le matin du 27 mai, le  carrosse, enveloppé dans une toile pour le protéger du temps maussade, avait été amené à Trinqueux, à une petite demi heure de route de Reims.  Au moment de partir de Fisme pour se rendre au rendez vous à Trinqueux, un accident se produisit.

"Mais tout à coup, un accident grave répandit les plus vives alarmes. Au moment du départ de Fismes, une grande détonation des batteries de l'artillerie de garde, dont le bruit fut doublé par un eccho trés sonore, effraya tellement les chevaux de la voiture où étaient les comtes de Cossé et Curial, que ces chevaux prirent le mors aux dents et entrainèrent avec eux dans un ravin profond la voiture, les quatre voyageurs,...  Les huit chevaux de la voiture du roi, effrayés à leur tour, s'emportaient déjà..."

Mais comme en firent une légende ses affidiés, "La providence sauva le Roi"

"Le Roi venait de dire à son fils; nous allons verser...Mon père, répondit le dauphin avec sang froid, un grand danger nous menace, mais la providence est là" 

Arrivé saint et sauf à la halte, Charles X monta dans le carrosse.

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Cinq arcs de triomphe "pavoisés de drapeaux et oriflammes aux  chiffres et armes du roi" ponctuaient le trajet.

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Préfets et maires avaient rassemblé la population sur le trajet. Enfin le roi entre dans la ville, au "milieu des acclamations du peuple, au son des cloches et au bruit de l'artillerie"    

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Le carrosse fut utilisé une deuxième fois, le 6 juin 1825, pour entrer à Paris, au retour du sacre.    

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 Tableau de Louis Lejeune représentant l'entrée de Charles X à Paris sous l'arc de triomphe de la porte de la Vilette. 

Contrairement au triomphe qui avait accueilli Louis XVIII et l'ensemble des Bourbons à leur entrée à Paris en 1814, le peuple  le reçut avec une grande froideur mêlée d'incompréhension;

 "Le petit peuple pensait qu'il s'était allé faire nommer évêque à Reims"  

 

En 1853, le carrosse fut sorti du petit Trianon où il était remisé et confié à la maison Ehrler pour servir au sacre dont rêvait Napoléon III. Sa restauration ainsi que la réalisation de plusieurs autres voitures avaient été commandées à la maison Ehrler comme l'indique "Le mémorial d' d'AIX" du 17 novembre 1953

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Détail du tiroir de marchepied intégré dans la guirlande

 

L’aspect actuel de cette voiture date donc de cette époque.

P1020782-1L'essentiel des sculptures réalisées par Roguier a été conservé.

Les modifications concernent le rajout d'un aigle en bronze sur l'avant train, le retrait des fleurs de lys de la galerie, remplacées par des aigles aux angles supérieurs de la caisse,...

Le couronnement en bois sculpté est d'origine avec pour modification le remplacement de la couronne royale par la couronne impériale et sur les médaillons le remplacement du chiffre du roi par un N.

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Les peintures ont été refaites et représentent les armes impériales, allégories et anges portant des armes,...

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Au niveau des garnitures, la housse du siège du cocher, le ciel et la moquette ont été changés et marqués  du N impérial.  

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Cependant, le Pape refusa de se déplacer à Paris pour participer au sacre ce qui amena Napoléon III à annuler la célébration. Mais l'empereur eut l'occasion d'utiliser le carrosse en une autre circonstance, lors du baptême de son fils. Le carrosse participa donc au cortège qui traversa Paris, le 14 juin 1856, pour amener le prince impérial sur les fonds baptismaux de Notre Dame. 

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 Voici le carrosse qui arriva à Notre Dame dans un cortège de douze carrosses tractés par pas moins de 96 chevaux.

Le parrain était le Pape Pie IX qui se fit représenter par le cardinal-légat Patrizzi. La marraine retenue était la reine d'Angleterre qui, étant de religion protestante, fut représentée par la reine de Suède. Ce baptème fut tellement somptueux qu'il fit dire à Napoléon III :

"Un tel Baptème vaut bien un sacre"

 

Le carrosse fut remisé dans le bâtiment du petit trianon

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dont il ne sortit que pour sa restauration par les services du château et son transfert dans le musée actuel.

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      Restauration des soupentes réalisée, à l'époque, par Daniel Bouchard.

Les conditions de conservation dans ces anciennes écuries ne sont pas les meilleures au niveau des changements thermiques hygrométriques. Cette situation, bien que partiellement traitée, a limité, entre autres causes, l'ouverture au public. Ainsi, le musée n'a été ouvert qu'un seul jour en 2011.

Heureusement, vous pourrez, à partir du18 mars, voir une partie de la collection à Arras dans de trés bonnes conditions. Dans le cadre d'une politique d'ouverture de ses collections aux régions, le musée de Versailles met à disposition de la ville d'Arras le carrosse du sacre, huit autres voitures et différentes autres pièces dont de superbes harnais.

 


 Le carrosse du sacre est actuellement préparé pour cette manifestation.

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Photo du début du démontage des sculptures du carrosse du sacre et de celui du baptème du Duc de Bordeaux

Elles sont nettoyées et remises en état dans l'atelier de dorure de la petite écurie de Versailles et seront remontées directement à Arras. 

Alors, n'hésitez pas et rendez-vous, à partir du mois de mars, à Arras où vous pourrez admirer ce carrosse et les autres pièces dans le cadre d'une muséographie de trés haute qualité.

Vous aurez toutes les informations sur l'accés à cette exposition en cliquant sur ce lien: link


 Texte: Figoli

*Le poids est actuellement estimé à 4T-4,5T mais le chiffre de 13000 livres est noté dans certains documents d'époque.

Photos: Figoli, musée des carrosses de Versailles, courtoisie. 

Documentation: En complément de la bibliographie présentée dans les différents articles précédents.

"Précis historique du sacre de sa majesté Charles X" de Ch. Siret.

"Relation complète du sacre de Charles X" de M Darmang.

"Der franzosiche krnungwagen 1696-1825" de Wackernagel.

Différents livres titrés "Histoire de la restauration" par les auteurs; Lamartine, Rosenwald, Nettement, Vieilcastel.

"Histoire de Napoléon III" de Mulois.

.....

 


 


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Voir les autres articles sur le musée des carrosses de Versailles:

La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.

Musée des carrosses de Versailles.1 Traîneaux

Musée des carrosses de Versailles 2; Char funèbre Louis XVIII

Musée des carrosses Versailles 3: Les berlines de Napoléon

Musée des carrosses de Versailles 4:Berline du duc de Bordeaux


 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 15:46

 

Berline de baptême  du duc de Bordeaux

 Baptème duc de Bordeaux

Nous avons déjà noté qu'il ne reste sur notre territoire que peu de voitures ayant appartenue aux différentes maisons royales. Le nombre de celles ayant été utilisées par des rois ou princes est encore plus restreint. Paradoxalement, le représentant de la royauté dont on a conservé le plus grand nombre de vestiges hippomobiles ne fut roi que quelques jours, sous le patronyme de Henri V.                                                          Il naquit sous le nom de "Duc de Bordeaux" et nous allons vous présenter, au détour de l’histoire de son curieux destin, les différents véhicules qui lui ont appartenu .

« Quand Henri naquit, le jour de Saint Michel, ne disait-on pas que l’archange allait mettre le dragon sous ses pieds? Il est à craindre, au contraire, que l’épée flamboyante n’ait été tirée du fourreau que pour faire sortir l’enfant du paradis terrestre, et pour en garder contre lui toutes les portes »-Chateaubriand-

Son père le duc de Berry, fils cadet du Comte d'Artois futur Charles X, proche des ultras, est assassiné dans la nuit du 13 au 14 février 1820 par Louvel, qui voulait ainsi éteindre la race des Bourbons. La duchesse de Berry, enceinte à la mort de son mari, accoucha sept mois et demi plus tard d’un enfant « posthume », Henri duc de Bordeaux. Cette naissance troubla la succession au trône de France. Une protestation, attribuée à l’époque au duc d’Orléans, parue même, dés le lendemain, dans le "Morning Chronicle". Le duc d’Orléans la démentit rapidement et reconnut la légitimité du duc de Bordeaux. Le 29 septembre 1820, cette naissance, pour éviter toute contestation, fut entourée de multiples précautions. Madame de Coutant, la gouvernante, demanda  à deux factionnaires de la garde royale de venir dans la chambre de la duchesse pour attester la légitimité de l’enfant princier. La duchesse de Berry refusa de se séparer de l’enfant avant que le duc d’Albufera ne l’eut vu de ses propres yeux.

Cet « enfant du Miracle » tel que l’appela Lamartine, fut l’objet de toutes les attentions. On ne compte plus le nombre d’odes écrites pour sa naissance. Voici l’hymne qui lui fut dédié au moment de son baptème.

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Un autre exemple de cet engouement est le château de Chambord qui lui fut offert à cette occasion par un groupe de royalistes, d’où le nom de comte de Chambord qu'il portera ultérieurement.

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Ce baptême se devait d’être somptueux et le carrosse créé à cette occasion vous donnera une idée du faste qui entoura cette cérémonie. Cette berline à sept glaces, construite en 1821, a coûte environ 50000 F. Elle était décorée d'une ceinture de bronze dorée et ciselée. La caisse était peinte aux armes royales de France et de Navarre et ornée de chérubins.

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Dessin de Delorme:Armes de France et de Navarre

Elle nous apparaît actuellement sous un aspect différent puisqu'elle fut repeinte et ornée des insignes impériaux  pour le mariage de Napoléon III, en 1853 .(Le commentaire ci dessous de Hugues Legrand nous indique que ces modifications ont été confiés à la maison Ehrler pour 25000 F).Elle fut, par la suite, utilisée pour le baptême du prince impérial,

 

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et par le sultan Abdul-Aziz pour l'Exposition Universelle de 1867.

 

Description de la voiture actuellement conservée au musée des carrosses.

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Cette berline, aux brancards à col de cygne et à ressorts en C, pèse 4 T.

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Elle offre 4 places plus 2 sur des strapontins. Attelée à 6 chevaux, son service était assuré par 6 personnes; un postillon, un cocher, 2 garçons d'attelage et deux valets de pied.

 Des amours, bouquets et  armes impériales sont peint sur une caisse fod or.

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La galerie est décorée d'aigles et de médaillons en bronze doré. Aux quatre angles de la caisse, des sculptures en bois doré représentent des caryatides.

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    Les roues sont dotées de frettes en bronze.

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Les portières sont équipées de glaces coulissantes et les marchepieds sont encastrés dans des tiroirs.

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L'intérieur est en satin blanc et passementerie rouge, bleu et or.

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Le pavillon d'impériale a été brodé par les demoiselles de la Légion d'honneur.       

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Revenons à l'existence du duc de Bordeaux et à ses différents équipages.

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Nous ne nous étendrons pas sur les différentes polémiques liées à son éducation, mais noterons qu’il fut très choyé et reçut en cadeau plusieurs modèles réduits de voitures attelées :

Cet équipage (conservé au musée Carnavalet), offert par Louis XVIII en 1824, a été réalisé dans les ateliers du joaillier A.Giroux. Les chevaux sont des sculptures de nacre et la berline faux landau a des marchepieds qui peuvent se déployer.

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Petite  calèche, construite aux environs de 1828, pour le duc de Bordeaux et conservée actuellement au musée de Compiègne

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Ce musée possède aussi ce vis à vis qui lui est (sous réserve) également attribué.

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Le duc de Bordeaux n’a pas encore dix ans lorsqu’éclate la Révolution de 1830. Charles X, devenu en 1824 roi à la mort de Louis XVIII, abdique en sa faveur. Il devient alors l’héritier légitime du trône sous le nom d’Henri V. Mais, à la suite de différentes manœuvres politiques, c’est le duc d’Orléans qui prend le pouvoir sous le nom de Louis Philippe. Le duc de Bordeaux part en exil en Angleterre avec l’ensemble de la famille des Bourbons, puis à Prague. En 1844, il s’installe à Frohsdorf, en Autriche, où il mourra en 1883. Sa vie sera donc un long exil ponctué de nombreuses tentatives pour reprendre le pouvoir. Dés sa majorité en 1833, il « élève une protestation solennelle contre l’usurpation de Louis Philippe »

En 1848 il fait un geste de réconciliation avec la famille d’Orléans et signe, en 1852, un manifeste revendiquant ses droits au trône de France. Il précise à ses partisans qu'ils ne devront pas participer à la vie publique, s’abstenir de voter et de se présenter à des mandats électifs. Tout au long de l’Empire, il entretient des liens réguliers et clandestins avec les légitimistes. A la chute de Napoléon III, l’Assemblée nationale élue ne comporte que 240 républicains contre 400 royalistes, soutiens d’ Orléans et Bourbons confondus.

 

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En 1871, le comte de Chambord peut revenir en France et s’installe en son château de Chambord où il prépare son futur couronnement. Il passe commande, à la maison Binder, de plusieurs voitures, devant le conduire à Paris pour son sacre.

La commande à la maison Binder est décrite dans "Le comte de Chambord"  de Georges Nouvion et Emile Landrodie publié en 1884 (Extrait aimablement communiqué par J.P. Binder)

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Cinq voitures sur les six sont conservées au chateau de Chambord. 

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Mais devant sa rigidité, dont son refus de garder le drapeau tricolore, et après de nombreux conflits politiques, c’est la République qui est instaurée définitivement en France en 1875.      

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Les voitures  ne feront donc pas le voyage à Paris et resteront définitivement à Chambord, où elles sont toujours conservées après avoir été restaurées.   Y resteront également le trône, la couronne et la main de Justice qu'il avait commandés, en 1873.

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    Le comte de Chambord, quant à lui, rentre à Frohsdorf où il terminera sa vie le 24 août 1883.

Les odes de louanges qui ont accompagné sa naissance furent remplacées par des pamphlets et des chansons triviales dont la plus connue est celle du duc de Bordeaux. Cette dernière inspirera Brassens dans sa fameuse Venus Callipyge.

 

 

 

Texte: Figoli

Photos: Figoli et courtoisie. 

Documentations:citées dans les articles précédents


Autres articles sur le musée de Versailles.

La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.

Musée des carrosses de Versailles.1 Traîneaux

Musée des carrosses de Versailles 2; Char funèbre Louis XVIII 

Musée des carrosses Versailles 3: Les berlines de Napoléon

et l'album.

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Cette reprise, dans les journaux, de la gravure du baptème n'est pas suffisante pour affirmer l'utilisation de la berline à l'inauguration de l'Exposition universelle de 1855.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 13:45

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Capture de la dormeuse de Napoléon à Waterloo

Exposition : La berline de Napoléon

Le mystère du butin de Napoléon

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« Au soir de la défaite de Waterloo, (le 18 Juin  1815) Napoléon, convaincu par ses généraux de se retirer donne l’ordre aux derniers carrés de la garde de se replier, et doit se résigner à quitter le champ de bataille à cheval. Des quatorze voitures de sa suite, neuf seulement rentrent à Paris. Immobilisées dans un gigantesque encombrement au moment de passer le pont sur la Dyle à l’entrée de Genappe, les cinq voitures restantes, ainsi que d’autres véhicules et fourgons, tombent aux mains des prussiens. S’organisent alors parmi les soldats et officiers un pillage en règle et une prise inespérée, celle des deux voitures personnelles de l’empereur»

La première est une dormeuse :

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L’un des officiers prussiens, le major Von Keller s’approprie la dormeuse et son contenu. Il la cèda la même année au prince régent d’Angleterre, le futur Georges V qui lui-même la cède au collectionneur William Bullock. Celui-ci en fera un objet de foire et l’exposera à travers toute l’Angleterre.

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En 1842, la voiture rejoint la salle Napoléon du musée Tussaud de Londres.

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Elle brulera dans l’incendie du musée en 1925. Ces quelques dessins vous donnerons une idée de son organisation intérieure.

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La deuxième est un « Landau  » :

« Le feld-maréchal Blücher l’envoie, fort endommagé, à son épouse au château de Kriblowtz prés de Breslau. Il s’en servira par la suite pour certains de ses déplacements. En 1973, le comte Blücher von Walstatt, descendant du Maréchal, décide d’en confier la conservation au musée National de Malmaison »

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Construite par Getting en 1812,

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elle avait servi à Napoléon lors de la campagne de Russie.

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       Devant, un soufflet en cuir  permet au passager d'allonger ses jambes. A noter également la fixation originale du siège du cocher.

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Voici d’autres photos de la voiture avant sa restauration.

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Ce landau vient d’être restauré pour  être présenté sous le nom de "Berline" dans une exposition organisée par le musée de la légion d’honneur du 7 Mars au 8 Juillet 2012.

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Le public pourra découvrir la voiture de l’empereur pillée au soir de l’ultime défaite et le butin (contenu dans les différentes voitures capturées), reconstitué : les effets de campagne de Napoléon (chapeau, redingote, nécessaires, argenterie…),

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Dessin vous permettant de visualiser l'emplacement des différents objets entreposés dans la dormeuse

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mais aussi, pour la première fois exposées en France, ses décorations personnelles, prêtées de façon exceptionnelle par le musée historique de l’état de Moscou.

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Bijou de l'ordre de Saint André de Russie de Napoléon 1°,attribué le 9 Juillet 1807 trouvé dans ses bagages à Waterloo.-Musée historique d'Etat, Moscou-

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 Bijou de l'ordre de l'éléphant du Danemark de Npoléon 1° attribué le 18 Mai 1808 trouvé dans ses bagages à Waterloo.

 

A l’occasion de cette exposition un livre sera publié en Mars 2012 chez Albin Michel.

Sous la direction de Jean Tulard, plusieurs auteurs retracent :

            -L’histoire rocambolesque du « butin de Waterloo »

            -Le mode de vie et la stratégie politique de l’empereur : Napoléon ou l’art de la décoration.

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 En attendant l'ouverture de l'exposition et l'édition de cet opuscule, vous trouverez des informations sur ces deux voitures dans les articles en lien sur les sites:

I§B Whips avec un article de Max Terrier de 1972:link

Tradition Fahrkrunst avec un article et une bibliographie de Hans Bert Paggen:link

Documentations et photos

Dossier presse Musée de la légion étrangère,

Tim Vanden Borre, Hans Bert Paggen, Henri Baup, Figoli,...

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:56

 

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N'ayant pas les moyens financiers de remettre aux normes les bâtiments abritant les collections, la municipalité de Vonnas s'est vue contrainte de fermer définitivement l'accès au public du musée des Attelages de la Carrosserie et du Charronnage.

Elle désire cependant sauvegarder cette mémoire des métiers de la carrosserie et recherche actuellement une association ou un musée qui pourrait présenter toute ou partie de la collection au public.

Voici ses intentions présentées dans son bulletin municipal:

 

Le musée municipal des attelages a fermé définitivement ses portes.

La commune recherche des musées ou des associations susceptibles de pouvoir accueillir les véhicules hippomobiles, propriété de la commune, en dépôt ou à titre de prêt par la mise en place d'une convention.

Contacter la Mairie pour toute proposition 

Tél 04 74 50 02 48

ou par courrier adressé à M le Maire : Mairie de Vonnas BP12 01540 VONNAS

ou par e mail : mairie@vonnas.com .


Ce musée ne se contentait pas de présenter les voitures hippomobiles mais avait la volonté de sauvegarder le savoir-faire des métiers de la carrosserie et de les rendre accessibles aux plus jeunes. Cette fermeture est donc d'autant plus dommageable et nous espérons que le relais recherché par la municipalité pourra être trouvé. 

 

Il nous semble important de soutenir cette démarche en vous donnant quelques informations qui permettront aux structures désireuses de les accueillir de mieux apprécier l'intéret de ces collections.

 

La spécificité de cette collection réside en la présentation de trois ateliers complets:

Le charron forgeron  

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Le forgeron marechal ferrant.  

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Le sellier

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Sont également exposées les réalisations de ces artisans au XIX° et début du XX° siècle:

 

 

Des véhicules ruraux:

 

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- de travail:

camions, pompe à incendie, traîneau de médecin (muni d'une cage pour transporter les poules qu'il recevait comme salaire),...

 

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Voitures de maître et de sport:

Omnibus, berline, phaétons, coupés, coupés, drag,...  

 

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Texte: Figoli

Photos: Julie Wasselin et photos de courtoisie

 

 

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:03

Musée des carrosses Versailles :

 Les berlines du mariage impérial

 

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  Détail de l'huile sur toile de Etienne Théophile Garnier rprésentant le cortège du mariage De Napoléon et de Marie Louise.(Représentation allégorique avec des chevaux dorés!!)

 

Ces voitures sont le symbole de la volonté de Napoléon 1° de créer une dynastie. Ne pouvant avoir d’enfant de Joséphine, il lui annonça, le 30 novembre 1809, sa décision de divorcer.

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Humblement Joséphine a signé à l’ombre du paraphe de son illustre mari qui aura soin de la garder sous sa protection jusqu'à la fin de son règne..

 Ce motif est spécifié dans la notification de divorce par Joséphine elle-même: « Je dois déclarer que, ne conservant aucun espoir d’avoir des enfants qui puissent satisfaire les besoins de sa politique et l’intérêt de la France, je me plais à lui donner la plus grande preuve d’attachement et de dévouement qui ait jamais été donné sur la terre……..l’un et l’autre sommes glorieux du sacrifice que nous faisons au bien de la patrie ». Si Napoléon semble lui aussi marqué par ce divorce d’état « Nous divorçons, Dieu sait combien une pareille résolution a coûté à mon cœur »,  il mena rondement son remariage. Comme le tsar tergiversait pour lui laisser épouser sa jeune sœur, il annonça dès le 7 février 1810, soit moins d’un mois après l’annulation de son mariage religieux avec Joséphine par l’officialité de Paris, son alliance avec Marie Louise, archiduchesse d'Autriche, fille de l’empereur François roi de Bohème et de Hongrie. Le 11 Mars, Berthier représentait  Napoléon à Vienne pour le mariage par procuration avec l’archiduchesse Marie Louise. Napoléon se donnait la possibilité de créer sa dynastie mais aussi s’inscrivait-il d’une certaine sorte dans la continuité dynastique de la royauté « Je me donne des ancêtres ». Par cette union, Marie Antoinette et Louis XVI devenaient, certes à titre posthume, « ses grands oncle et tante ».

Le mariage religieux se devait donc d’être somptueux. Napoléon avait, entre la fin 1809 et début 1810, commandé 50 voitures, destinées à ses invités pour former un cortège montrant la grandeur de la France aux cours étrangères et au peuple parisien.

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 Intégrale de la peinture de Garnier.

Pour lui-même, il utilisa le carrosse qu’il avait fait construire pour son sacre en 1804 et qu’il avait donc déjà utilisé en compagnie de Joséphine.

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Vue du carrosse lors du sacre en 1804

 Ce carrosse a disparu mais nous pouvons nous en faire une idée en regardant les différentes iconographies qui nous sont restées. (avec les réserves habituelles liées aux choix artistiques des peintres)

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   Départ des Tuileries

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Arret Hotel de ville (représentation de 1895)

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Carrosse lors de son utilisation pour le mariage avec Marie Louise.

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Dessin du Carrosse lors du mariage de Napoléon avec Marie louise en 1810

Les voitures du cortège avaient été commandées à plusieurs carrossiers parisiens de grande renommée : Chilbourg, Deloche, Devaux, Guetting et Rasp. La décoration extérieure des voitures avait été confiée à Gautier. Toutes ces voitures avaient des caisses et des trains sculptés et décorés de bronze dorés. Les neuf voitures retrouvées à ce jour ne sont pas peintes mais dorées à la feuille d’or sur l’ensemble de la caisse, ce qui leur a permis de garder leur éclat.

Une de ces voitures est conservée dans une collection privée au palais de Caccia di Stupinigi.

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Une autre « La Cybèle » est conservée au musée vivant du cheval à Chantilly. Les grandes écuries étant en travaux de restauration, le public ne pourra revoir cette voiture qu’à partir de 2014. « La Cybèle » avait été retrouvée et achetée par Napoléon III. A la chute de l’empire, elle resta comme les autres voitures dans les écuries du Louvre. En 1881, à la création, par Gambetta, du ministère des beaux arts, les voitures furent déplacées des remises. L’Impératrice Eugénie put alors reprendre les voitures et harnachements qui lui appartenaient. Elle offrit  « La Cybèle » à Henri d’Orléans duc Daumale qui l’entreposa avec toutes ses collections au château de Chantilly. Il fit don de l’ensemble du château et de ses collections à l’Institut de France sous réserve que celui-ci en fît un musée.

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      La cybèle à Chantilly

Les sept autres berlines, qui avaient été rassemblées par Louis Philippe dans des locaux spécialement construits au Petit Trianon, ont été transférées au Musée des carrosses. Leur décoration actuelle est quelque peu différente de leur état initial.  En effet, certaines ont été réutilisées par Napoléon III pour transporter les invités lors de son mariage en 1853 et pour le baptème du prince impérial en 1856. Elles ont été restaurées lors de ces remises en service. S’il est certain que les tapis écarlates et certaines housses de siège (ces housses étant protégées, vous ne pouvez les voir que sur quelques photos) datent de la restauration commanditée par Napoléon III, il est difficile d'identifier les autres modifications extérieures, en particulier au niveau des peintures.

Chaque berline portait un nom et certaines gardent cette inscription sur le devant. Elles sont de deux types; berlines simples et berlines présentant l’aspect de landaus. Les deux faux landaus présents à Versailles sont l’Améthyste et la Cornaline. De fait il s’agit de berlines classiques assez légères et qui n’ont pas de capote repliable mais sont "décorées en landau".

L’Améthyste

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Elle pèse, comme la Cornaline, 2T5 et possède 3 glaces. Caisse dorée ornementée aux armes et chiffres impériaux. Les panneaux de custode sont peints d'un vernis noir et ornés de faux compas en cuivre doré. La suspension est dotée de soupentes en cuir noir.

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La Cornaline

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     Elle présente les mêmes caractéristiques que l'Améthyste mais est dotée de quatre glaces, celle de devant étant en deux parties.

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L'intérieur est fait de drap de laine et satin ivoire, galons et glands jaunes.

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Les caisses des  berlines sont entièrement  dorées à la feuille d’or. S’il semble que les housses de siège et tapis écarlates datent de la restauration soit, il est plus difficile de déterminer l’époque des décorations des caisses. Il est cependant possible que les bouquets floraux,  qui reprennent une mode italienne de décoration des berlines d’apparat à la fin du XVIII°, soient d’origine.

Une caractéristique à toutes ces voitures est la richesse et la qualité des sculptures que l’on peut ici admirer sur l’avant-train de la Topaze

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 et l’arrière-train de la Turquoise. Les ressort en C et les soupentes sont recouverts de maroquin rouge .

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Les « mains de laquais », comme ici ceux de la Victoire fixées en haut de la caisse par des crampons, sont en passementerie.

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Ces voitures ont pour nom :

L’Opale :

On lui décerna, jusqu’en 1975, un passé historique totalement erroné. Elle était présentée comme la voiture ayant ramenée Joséphine au château de La Malmaison après son divorce, le 16 décembre 1809, et elle n’aurait pas donc pas participé, par élégance, au cortège du mariage. Cette histoire est fausse car le carrossier Devaux n’avait pas encore construit l’Opale quand Joséphine revint à Malmaison. D'aprés Bernard Chevalier, cité par Yann Deniau, "La mauvaise réputation de l'Opale lui venait de la pierre fine qui lui avait donné son nom, cette pierre étant censée porter plus ou moins malheur".

Pourtant, cette voiture  était entreposée au musée de Malmaison et présentée dans les catalogues comme la berline du retour de Joséphine jusque dans les années 1960.

Extrait du catalogue de 1911 :

« Voiture Opale qui a ramené l’impératrice à Malmaison après le divorce, le 16 décembre 1809. Cette voiture a servi sous Napoléon III pour la communion du petit prince »

 La vérité est de fait moins poétique. A la création du musée de Malmaison, son conservateur Jean Ajalbert ne disposait que de faméliques collections. Il chercha à les étoffer en faisant appel  au Mobilier National et à différents autres musées. Le conservateur de Versailles lui proposa le « carrosse de Joséphine » qui était conservé au musée du Trianon.

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Arrivée de l'Opale à la Malmaison en un bien modeste équipage

La porte d’entrée de la remise de Malmaison, trop basse, fut démontée et remontée ce qui empêchait de sauver la voiture en cas d’incendie.

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L'Opale avant qu'elle soit "murée" dans sa remise 

Dans les années 1970, le nouveau conservateur de Malmaison s’aperçoit de l’erreur commise sur l’histoire de l’Opale.

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L'Opale à Malmaison

L’arrivée, en 1975, du landau berline, capturé par Blücher à Genappe et cèdé à la France par ses descendants, modifia son avenir. Par manque de place, elle fut rapatriée dans les locaux du Trianon puis, avec l’ensemble de la collection, elle rejoignit le "Musée des carrosses de Versailles". Malheureusement, l’Opale a souffert de la qualité de stockage et d’entretien de Malmaison et les motifs polychromes ont disparu.

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 l'opale

Pesant 2T8 environ, c'est une berline à sept glaces dotée de persiennes à la vénitienne.

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L'intérieur est en drap rouge et satin plissé avec des passementeries rouge et bleu

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Le plafond d'impériale est en drap brodé

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La Brillante

Berline à sept glaces, toutes coulissantes. Elle pèse environ 3T. L'intérieur est en satin blanc boutonné, avec un plafond en drap rouge brodé. Galons, franges et glands; rouge, or et bleu.

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La Topaze

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Berine à sept glaces, pesant trois T5. Caisse à fond d'or. Ceinture peinte d'une guirlande de fleurs et galerie d'impériale à décor de palmette en bronze doré.

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La Turquoise  

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Berline à sept glace d'environ 3T. Glaces de portières coulissantes avec marchepieds encastrés à tiroir extérieur. Frettes à embout décoré en bronze doré.

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La Victoire

L'imposante victoire lourde de 3T5 accueille 6 passagers dont deux sur strapontin.Marchepieds encastrés à tiroir intérieur.

 

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 LA VICTOIRE

Bouquets de fleur et guirlande décorent la ceinture alors que les armes impériales ornent les panneaux avant et arrières ainsi que les portières

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la victoire

L'intérieur est en velours blanc boutonné. Galons, franges à torsades, boufettes et glands bleu céleste sur fond d'or.

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Vous pouvez voir l'ensemble des photos en consultant l'album  

      musee-Versailles 2 Berlines Napoléon musee-Versailles 2 Berlines Napoléon

 

Texte: Figoli

Photos: Figoli et courtoisie

Bibliographie:

"Visite du Musée des carrosses" de Béatrix Saule

"Voitures chevaux et attelage" sous la direction D Roche

"Les voitures de la maison impériale" de Y Deniau

.........

Vous pouvez consultez les autres articles sur l'histoire et les voitures du musée de carrosses de Versailles:

La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.

Musée des carrosses de Versailles.1 Traîneaux

Musée des carrosses de Versailles 2; Char funèbre Louis XVIII

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 08:48

  villa verdi- dedica di GV

 

 

LES VOITURES DU MAÎTRE… 

 

"Cette profonde quiétude m’est de plus en plus chère. C’est impossible … que je trouve pour  moi où vivre avec plus de liberté … » Giuseppe Verdi

 

À S.Agata di Villanova sur l’Arda, (dans la province de Piacenza), on peut visiter la Villa Verdi, la villa musée qui fut la propriété de l’illustre Giuseppe Verdi, où il écrivit de la musique, où il reçut peu mais des hôtes sélectionnés, où il donna la preuve de son talent d'architecte et d'exploitant agricole. C’est de là qu’il dirigea ses exploitations agricoles et qu’il distribua une partie de sa fortune, autour de chez lui, en finançant hôpitaux, asiles, refuges, maisons de repos dans l’esprit du bienfaiteur magnanime.

 Dans cette auguste demeure il se trouve encore aujourd'hui 5 voitures, (mais il reste  traces des autres) avec leurs harnais relatifs:  deux Landaus, un Coupé, un Phaéton, une Victoria et un Milord, toutes ayant appartenu au maître. Ce sont des éléments essentiels à l’intérieur de cette demeure historique : la restauration de ces voitures fut rendue possible grâce à un accord entre la famille Carrara Verdi, héritier du grand musicien et encore habitant la Villa, la Province et la Société des Autoroutes Centropadane. La restauration, réalisée par Ettore Aspetti, se termina en 2002, .  

 

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  Les cinq voitures, gardées aujourd’hui  comme c’était l’usage dans la remise de la Villa, sont un élément réellement intéressant pour préciser quelques aspects de la biographie de la personnalité extraordinairement riche de Verdi, musicien mais aussi grand exploitant agricole et philanthrope capable de laisser un signe profond dans la vie de sa terre natale.

Quelques voitures, comme le très beau Phaéton adapté aux rues en mauvais état, que Verdi conduisait personnellement pour diriger l'activité de ses domaines agricoles, qu'il visitait régulièrement, et pour traiter les affaires relatives à ses produits agricoles aux marchés de Piacenza et Cremona et la Victoria, destinée à l'héritière Maria Filomena, nous parlent du Verdi "de la campagne."

Les autres voitures, les deux Landaus, utilisés pour les déplacements dans les alentours et pour les trajets fréquents à la Gare de Fiorenzuola pour prendre le train pour Milan, sa seconde résidence, mais surtout l’ultra chic Coupé pour les grandes occasions comme les soirées au théâtre ou les rencontres de représentation, nous parlent surtout du Verdi musicien et de sa vie sociale.

 

APRÈS LA RESTAURATION LES 5 VOITURES REVIENNENT À LA VILLA VERDI.

 

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La restauration, quand se fut possible de type préservation,  a concerné l’assainissement, la réparation et l’intégration des bois, pour la plus grande partie des bois de la zone (tilleul, peuplier, sapin, noyer, hêtre provenant de la France, peuplier). 

Pour les parties en fer il s'est agi d’ôter la rouille, d’appliquer de l’anti- rouille et  de réparer, y compris les lanternes toutes originales. 

Pour les cuirs, intérieurs et extérieurs, au-delà au démontage, le changement des parties irrécupérables, en ayant soin de rechercher les matériaux appropriés, il s'est agi de recoudre les parties ou de consolider les vieilles coutures.

Pour les tissus des intérieurs, après une recherche indispensable des matériaux, des tissus, aux passementeries, à la moquette, aux tapis, il a fallu restaurer, recoudre, réparer.

La phase concernant les couleurs a demandé l'indispensable fixation de l'existant, les stucages, la nouvelle couche de peinture finale dans le respect de la couleur originale.

Les parties mécaniques de chaque carrosse ont évidemment demandé une attention particulière, réalisant une restauration complète par démontage, graissage et remontage.

C’est le Landau Givannardi qui a demandé l'intervention la plus importante compte tenu des conditions détestables dans lequel il est arrivé : les deux capotes en bois ont du être restaurées, alors que la Victoria Guardiani était en assez bonne condition.

 

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Landau (Givannardi –Reggio), : spartiate, mais élégant;  teinte bleue, deux capotes en cuir noir comme cassette et éventail, intérieurs en cuir capitonné noir avec des tissus bleu et des passementeries, galons et cordons pour le soir ou pour les occasions importantes. Adapté à la mi-saison.

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Landau (Casali-Cremona) : plus élégant;  soufflets et cassette en cuir noir;  intérieur en soie travaillée avec des fleurs, ton sur ton violet. Utilisé le jour, pendant la belle saison, y compris par une dame pour se montrer en public.

     

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Phaéton (Morelli –Milan) : pratique pour les déplacements de service, adapté aux routes de campagne;  utilisé le jour, capote en cuir noir, blason sur la caisse, intérieur de couleurs claires.

   

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 Coupé (Cesare Sala – Milan) : la réputation du constructeur suffit pour qualifier ce magnifique « bois » ultra chic, des grands soirs, indispensable pour la réputation du propriétaire. Sièges en peau, noir avec des finitions en tissu bleu.

 

Victoria, (Guardiano & Albini – Cremona): déjà moderne;  petit « bois », unique de la série avec une Plaque, (permis délivré par la mairie pour transporter des personnes), couleur dominante verte avec un filet, intérieur en tissu vert, capote et cassette en cuir. Pour la belle saison.  

 

 

Texte et photos de Ettore Aspetti

 

 

La Villa Verdi, avec son grand parc, est aujourd’hui transformée en musée, elle a été maintenue en état, comme au temps du Maître et c'est la meilleure clé pour comprendre l'esprit immortel du génie et de l'homme qu’était Verdi. Elle fait partie d'un ensemble de musées qui concerne toutes les zones de Verdi et qui comprend : Le Musée National G. Verdi, la Maison Barezzi, le Théâtre Verdi et la Maison Natale ; une visite s’impose à l'occasion du 150° anniversaire de l'unité de l'Italie dont Giuseppe Verdi est le symbole depuis toujours. Pour plus de renseignements : www.villaverdi.org 

 

 

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Cet article a été édité dans la revue Notiziario d'Octobre 2011. Nous les remercions de nous l'avoir traduit et envoyé.

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 19:58

 

         CHAR

 

 

Musée des carrosses de Versailles 2;

 Char funèbre de Louis XVIII

 

 

Comme nous l’avons décrit dans l’article La collection du musée des voitures de Versailles en 1851. , la collection du Musée des carrosses de Versailles était présentée dans un local spécifique situé prés du Trianon. Sa réinstallation aux grandes écuries, en 1985, amena les conservateurs à faire une étude exhaustive de l’ensemble des voitures. L’état d’un des véhicules, de type corbillard, posait tout particulièrement question, aussi bien par son état de conservation que par le manque d’information sur son origine. amg939

Le char funèbre avant sa restauration

 

Ce char funèbre, en mauvais état, se trouvait constitué de différentes pièces détachées. Pouvait-il être présenté au milieu des voitures, carrosses berlines, au vécu chargé d’histoire? Curieux mystère de la volonté humaine, il est devenu un des fleurons du musée. C’est grâce au travail de recherche et de restauration, mené par M Daniel Meyer, conservateur en chef du musée de Versailles, et son équipe, que ce phénix, si l’on peut dire cela d’un tel véhicule, renaquit de ses cendres.

"C’est à partir de l’examen de la voiture, de ses marques d’origine; M.R. 1790 comportant la couronne royale surmontée de trois fleurs de lys, et de l’observation d’un dessin à la plume de Chasselat montrant  la translation du corps de S.M. Louis XVIII à St Denis, que Monsieur Roland Bossard, documentaliste au Musée National des chateaux de Versailles et de Trianon, identifia ce char funèbre comme étant celui du dernier Bourbon mort aux tuileries" -cf.Les funérailles de Louis XVIII de Pascal Moreaux-.

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Dessin à la plume de Chasselat

     

 

Le char avait conservé les sculptures de quatre divinités ailées supportant le dôme et réalisées pour le char funèbre de Louis XVIII. Ce fut une des raisons qui amenèrent le conservateur à faire le choix de restaurer le char avec la décoration utilisée pour les obsèques de Louis XVIII. Ce choix a été conforté par l’existence d'archives, factures, devis,... sur cette réalisation. Différents éléments d’origine de la décoration avaient été conservés et pouvaient donc servir de modèle comme le drap de présentation et le drap du corbillard (Mobilier national à Paris).

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Détail du drap de présentation: velour de soie noir, grande croix moire de 65 cm, galon d’argent. Côté du drap ; satin blanc crême imprimé de 4 armoiries.

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Le drap de corbillard : drap de laine blanche, grande croix; gaze d’argent, galon d’argent. Côté du drap satin crême, imprimé comme le drap de présentation.

La restauration mise en place en collaboration avec les spécialistes des ateliers des musées nationaux, débuta en 1987. Elle concernait les sculptures et la fabrication de la couronne du dôme d’après un dessin de Hittorff.

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Ange caryatide porteur de palme, symbole de l'espérance et de la résurrection 

 

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Détail du dôme restauré

     Elle put continuer en 1991 grâce à une convention de parrainage et de soutien financier, mise en place par la Société des amis de Versailles et les Pompes Funèbres Générales. Les PFG firent appels aux sociétés lyonnaises de Jais et Carrier-Feige-Renaud pour reconstituer et assembler avec les techniques anciennes; tentures, tapisseries, broderies, passementeries, …

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 Cette série de photos vous permettra d’apprécier la qualité et l’authenticité de cette restauration.        P1020817

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La réalisation de cette restauration s’est appuyée sur une recherche technique mais aussi historique. Ces différents travaux et autres documents nous permettent de vous présenter l’histoire de ce véhicule qui a participé du XVIII° au XIX° siècle à une dizaine de grands évènements historiques; de l’Ancien régime à la troisième République, en passant par l’Empire.

Nous savons déjà, par le marquage de la voiture présentée, qu’elle a été intégrée aux écuries royales en 1790. Ses caractéristiques techniques laissent à penser qu’elle fut à l’origine une imposante berline de voyage. Cette hypothèse est reprise par Béatrix Saule dans  "Visite du Musée des carrosses" : « A l’examen de sa structure, certains spécialistes avancent l’hypothèse du remploi d’une ancienne berline, dont les dimensions imposantes permettent d’évoquer celle de la fuite à Varenne ».

Ce qui est sûr, c’est que des écuries royales, elle intégra les équipages du premier empire. Paradoxe de l’histoire, cette « résurrection » se fit par sa participation aux obsèques d’un ancien apprenti teinturier, Lannes, devenu Maréchal d’Empire et Duc de Montebello.

Compagnon de route de Napoléon depuis la première campagne d’Italie, Lannes participa au coup d’état du 18 Brumaire et aux nombreuses guerres napoléoniennes. C’est un homme apprécié de l’empereur qui dira de lui:  

« Il était d’une bravoure extraordinaire. Il était sage et prudent, d’un sang froid imperturbable. Calme au milieu du feu, il possédait un coup d’œil sûr et pénétrant. Il était supérieur à tous les généraux de l’armée française sur un champ de bataille pour faire manœuvrer vingt cinq mille hommes d’infanterie…Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit ; mais l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre; je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant »

Lannes mourut à la bataille d’Essling, le 22 Mai 1809. Napoléon fit embaumer son corps qui fut transporté à Strasbourg. Ce n’est que le 6 Juillet 1812 qu’il lui organisa des funérailles grandioses.

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Mort du Maréchal Lannes par A.P. Bourgeois

A cette occasion, l’ancienne berline transformée devint le char funèbre du Maréchal et fut alors ultérieurement désignée sous le patronyme de « Grand Carrosse de Montebello » -cf. Les funérailles de Louis XVIII-

En 1820, le Duc de Berry, apparenté aux ultras et fils du futur Charles X, fut assassiné par un bonapartiste Jean Louis Louvel.

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Ses obsèques furent organisés avec une pompe imposante.

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Le char funèbre fut transformé par les architectes Lecointre et Hittorff, de l’administration des menus-plaisirs.

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Le cortège place Vendome

 Ils firent appel à de nombreux maîtres artisans dont le sculpteur Roguier et le carrossier Prelot pour réaliser les travaux dans les délais les plus brefs.

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En 1824, l’organisation matérielle des funérailles de Louis XVIII fut confiée à MM Hittorff et Lecointe. Le caractère exceptionnel qui devait être donné à ces funérailles les amena à faire embellir le char funèbre de la façon somptueuse sous laquelle nous pouvons l’admirer actuellement.

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 Il manque sur la voiture restaurée le manteau d'hermine de Louis XVIII conservé à la basilique de St Denis

La translation du corps du Roi, des Tuileries à St Denis, a été décrite par F Ribes, médecin ordinaire de l’hôtel Royal des invalides. Voici une synthèse de son récit: Le 24 septembre, le départ du cortège, d’environ 2,4 km de long, était annoncé par 101 coups de canon et la grosse cloche de Notre Dame de Paris, entrainant avec elle celles de toutes les églises de Paris. Le convoi était ouvert par les états-majors des corps d’armée, suivi des bataillons marchant au son des tambours voilés. Venaient alors les différents corps de garde de l’infanterie et de la cavalerie, les officiers généraux, la garde nationale, à pied et à cheval, et la députation des charbonniers et des forts des halles, dans leurs costumes traditionnels. Enfin, juste après les officiers de la maison du Roi, venaient les quatorze voitures de la famille royale. Elles étaient drapées de noir et portaient sur le siège et les portières le blason aux armes de la France. Chacune était attelée à huit chevaux recouverts de draperies noires parsemées de larmes dorées et argentées. La dernière voiture était le luxueux carrosse du Dauphin qui précédait lui-même le char funèbre. « Les huit chevaux qui le tiraient étaient couverts de caparaçons de deuil en velours; toutes les franges, galons et cordelières, de même que les larmes étaient en argent. Seuls les lys étaient brodés en or. »

Depuis cette date, les tentures, les décorations et le dôme furent souvent modifiés pour s’adapter aux cérémonies mortuaires auxquelles le char funèbre participa.

1830 Obsèques du dernier des princes de Condé.

Retrouvé pendu à l’espagnolette d’une fenêtre; suicide, assassinat, accident du jeu de la strangulation, on ne saura jamais ce qui a entrainé son décès.

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 1835 Obsèques du Maréchal Mortier.

Le maréchal d'Empire Mortier eut une longue carrière militaire et politique et devint même ministre de la guerre et président du conseil, sous Louis Philippe. Il en démissionna le 20 février 1835. Il fut tué avec onze autres personnes lors de l’attentat de Fieschi visant Louis Philippe.

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Dessin faisant partie d'une collection de dessins réalisés par des bagnards au XIX° Siècle

30 Juillet 1842 Obsèques de Monseigneur le Duc d’Orléans

Il est mort le 13 juillet lors d’un accident de voiture. Les chevaux de sa calèche s’étant emballés, il voulut s’élancer de la voiture pour l’arrêter et se brisa la tête sur le pavé. Cette mort inspira à son ami, Alfred de Musset, le poème  « Treize Juillet »

    800px-Funerailles de Ferdinand-Philippe 1842

 

1860 Obsèques du Roi Jérôme, frère de Napoléon1°.

Ce frère de Napoléon épousa, en 1807, la princesse Catherine  de Wurtemberg et fut, quelques jours plus tard, créé Roi de Westphalie par son frère. Avec la chute de l’empire il perdit son royaume et du se réfugier chez son beau-père. Il ne recevra le droit de rentrer en France qu’en 1847. En 1848, il fut nommé gouverneur général des Invalides, Maréchal de France en 1850 et président du sénat, en 1851. Avec le rétablissement de l’empire, il fut réintégré par son neveu dans le titre et les honneurs de Prince impérial. Il eut des obsèques à la hauteur de son tout nouveau statut.

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    Funérailles du Roi Jérome Estampe musée d'Orsay        

Voici deux représentations quelques peu différentes, extraites de journaux.    

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        Dessin provenant de "l'Univers illustré" Nous pouvons noter des différences entre les deux premières représentations et celle ci

1894 Obsèques de Sadi Carnot.

Sadi Carnot fut nommé président à la suite de la démission de Jules Grevy, mis en cause dans l’affaire des décorations. C’est au moment du vote des « lois scélérates », visant à réprimer l’agitation syndicale et anarchiste, qu’il se fit poignarder par l’anarchiste italien Géronimo Casério.

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Les trois photos suivantes sont attribuées, sous réserve par leur propriétaire, aux funérailles de Sadi Carnot:

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Ainsi le parcous de ce char funèbre a croisé la route de bien des destins et tragédies ; morts à la guerre, suicidaires, victimes d’assassinat,…Il fut ornementé aux marques des différentes familles royales impériales et pour finir de la République.  

Mais c’est sûrement les dernières funérailles auxquelles il participa qui furent le plus particulières.

 

1899 Obsèques de Félix Faure

La particularité de ces  funérailles provient ,en partie, de la personnalité même du président Félix Faure, plus connu par les circonstances de son décès (suite à un malaise survenu lors de galants ébats) que par son œuvre politique.

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L’abbé venu lui donner les derniers sacrements posa la question « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? » il lui fut répondu « Non elle est sortie par la porte de service »

Mais le plus surprenant est que ses funérailles furent précédées d’une semaine d’agitation et se conclurent par une tentative de coup d’état.

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Obsèques de Felix Faure

Ce coup d’état, plus que raté, fut préparé par la Ligue des patriotes et le nationaliste Paul Déroulède. A l’issue des funérailles, celui-ci pris le cheval du général Roget par la bride et adjura ce dernier de le suivre à l’Elysée « pour sauver la France et la République ». Le général le fit arrêter et cette affaire se termina par l’acquittement de Déroulède au tribunal.

La vieille dame rentra dans sa remise et il fallut attendre le déménagement du Musée des carrosses et la détermination de toute une équipe pour que sa place dans l’histoire fût reconnue.

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Texte: Figoli

Photos: Figoli et photos de courtoisie.

Bibliographie:

Visite du musée des carrosses de Béatrix Saule

Les funérailles de Louis XVIII de Pascal Moreau

 

.........

Voir les autres articles sur le musée des carrosses

La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.

  Musée des carrosses de Versailles.1 Traîneaux

Musée des carrosses Versailles 3: Les berlines de Napoléon

 

 

MAQUETTE

 

Maquette réalisée en France et exposée  à Houston aux états unis

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