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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 16:07

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Musée des carrosses de Versailles.

Traineaux

Nous avons publié dernièrement un article   La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.        présentant la collection du Musée des carrosses de Versailles à son origine. Le bâtiment qui l’abritait, construit par l’architecte Questel, était situé prés du Trianon. La création de ce musée est l’œuvre de Louis Philippe. Après la révolution, il ne restait plus aucune des 2000 voitures royales et princières qu’abritaient les petites écuries et remises annexes sous Louis XVI.

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     Ce détail de l' entrée de la princesse Isabelle de Parme à Vienne ( peint par M. Van Meytens 1695-1790 ) comme cette esquisse ci dessous du carrosse de mariage de Louis XVI vous donneront une idée du faste et du nombre des carrosses dans les cours Royales et Princières à la veille de la révolution. 

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 Louis Philippe a fait l'acquisition, et a rassemblé dans ce musée, des voitures qui avaient un intéret historique comme les berlines du mariage de Napoléon 1°, le carrosse du sacre de Charles X,... Le local a été détruit et la collection a été transférée en 1985 à la Grande Ecurie. Actuellement, cette collection n'est accessible au public que 4 jours par an. Nos amis d'Arras auront la chance de voir quelques pièces de la collection lors de l'exposition organisée en 2012. (Vous trouverez plus d'informations dans cet article Versailles s’exporte alors que Compiègne… court toujours après son devenir.      et sur ce dossier de l'exposition link.)

 

Cette collection du Musée des carrosses de Versailles présente des voitures de grande qualité, maintenues dans un état exceptionnel de conservation. Nous allons vous la présenter dans différents articles dont le premier traitera des traineaux.

 

 

TRAINEAUX

 

Les seuls véhicules datant de la première partie du XVIII° siècle sont les traîneaux. Ils semblent avoir tous appartenus aux collections royales. D’après l’inventaire des traîneaux royaux, réalisés en 1797, certains proviennent de la « petite écurie ». A Versailles, cette écurie abritait, sous l’autorité du premier écuyer, les voitures ainsi que les chevaux d’attelage et de service. A la cour de France, les traîneaux étaient gérés par le service des menus plaisirs qui avait également la responsabilité des décors de théâtre. Ce n’est donc pas sans raison que ces traîneaux furent fabriqués dans l’esprit de ces décors, en employant des techniques similaires comme, par exemple pour certains, l’utilisation de carton bouilli.

Ces traîneaux  furent utilisés en France, dès la fin du XVII° siècle, dans des courses dont la mode provenait des cours nordiques. A cette époque, les hivers étaient plus rudes que maintenant et des courses étaient couramment pratiquées dans les allées du parc de Versailles, sur le grand canal pris par les glaces,… Ce sujet a été abordé dans les articles Traineaux...jeux et oeuvres d'art. (1° partie) et Traineaux…jeux et œuvres d’art 2° partie     

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Détail de " l'eau" par Claude Deruet 1588-1660 

Le Mercure de France de février 1729 nous donne une idée de la splendeur de ces évènements :

« Le Marquis de Beringhen, premier Ecuyer du Roi, marchait à la tête sur un grand traîneau tiré par quatre chevaux pour frayer le chemin… S.M. suivait immédiatement sur un magnifique traîneau dont le cheval avait un riche caparaçon bordé de grelots d’argent…La beauté des chevaux qui vont au grand galop, la richesse des harnais et des caparaçons, le bruit des grelots, les étendards de diverses couleurs flottant dans les airs, la magnificence des traîneaux peints et dorés avec beaucoup de goût, de formes agréables et toutes différentes…tout cela joint au son des fanfares ».

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Ces traîneaux  sont des œuvres de pure fantaisie ou la nature prenait une place prépondérante dans la décoration et l’ornementation. Certains prenaient la forme d’animaux ; chien, loup, tortue, dont le corps évidé servait de siège au passager. Une sellette fixée à l’arrière permettait au cocher de mener l’équipage. Ses pieds étaient protégés par des chaussons de cuir. Voici les pièces conservées au Musée des carrosses du château de Versailles.   

-« Le traîneau au léopard »

 

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Ce traîneau, construit en France, date des années 1730. C’est une pièce de grande taille. La caisse, en forme de léopard, est garnie de velours de soie jaune.

 

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Le corps de l’animal  est peint au naturel. Les brancards, se terminant par une tête de loup, sont rouges et or.

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-« Le traîneau aux roseaux ».

 

 

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A l’inverse de la pièce précédente, ce traîneau est très léger car son décor en relief est construit avec la technique du « papier mâché ».

Fabriqué vers 1840, il appartenait aux écuries royales de Louis XV. Il fut également utilisé par Napoléon 1° puis fut abandonné en mauvais état dans les réserves du château jusqu’à maintenant. Les chocs subis lors de son utilisation avaient laissé des déchirures à plusieurs endroits. La tapisserie en velours avait souffert des atteintes de la poussière et présentait également plusieurs déchirures.    

 Il a été restauré par Christopher Augerson. La remise en état proprement dite a été précédée d’une recherche sur son histoire et de différentes analyses chimiques de pointe qui ont mis à jour les techniques de fabrication du papier mâché et de la polychromie, utilisées  à l’époque. « Il a été découvert pas moins de quinze couches de peinture, dorure, glacis et vernis qui ont permis de protéger le traîneau des intempéries. »

Ce traîneau en forme de coquille est orné d’éléments de relief végétaux et marins. Les brancards se terminent en coquille. Il est décoré à la feuille d’or et à l’aventurine (paillette métallique) sur un fond coloré. Si l’usure du temps lui donne actuellement un aspect marron, les analyses ont montré qu’il était à l’origine peint en vert et bleu turquoise. De même, le velours gaufré était bleu avant de déteindre en vert.

 

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 -«Le traîneau à la tortue »

 

 

tortue

 

La caisse, en bois peint et doré, représente une coquille supportée par une tortue. Ses brancards se terminent en volute et sont dotés d’anneaux permettant de fixer les bâtons reliant le traineau au cheval. Elle est garnie de velours vert frappé.

 

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 - "Le traîneau aux jeux chinois"

 

 

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Il a été construit en France vers 1735. Sa caisse en bois à deux places, en forme de gondole, est soutenue par un motif sculpté de flots et de têtes de dauphins. Elle est peinte de figures et paysages exotiques et garnie de velours de Gênes à trois couleurs. Ses brancards se terminent en forme de volute.

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Le siège du cocher repose sur une troisième traverse. A noter la présence des  chaussons de cuir de Russie qui assurent la protection des pieds du cocher.

 

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-« Le traîneau au patineur »

 

 

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Ce traîneau a été utilisé au début du règne de Louis XV jusqu’à l’époque de Napoléon III. Les traces laissées par cette longue histoire ont nécessité des travaux de restauration-conservation confiés à Christopher Anderson, assisté de la chimiste Sylvie Demailly et, pour les tissus, de Patricia Dal Pra.

Les sculptures sont d’origine et ont un style qui le fait dater entre 1815 et 1825.

 

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Il s’agit de sculptures d’ornement ; roses et entrelacs sur les brancards  et de figures : une chimère à la proue, un triton soutenant le siège du cocher et un dragon ailé à l’avant.

 

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L’analyse des peintures a montré que ce traîneau avait été remis en état, ou redécoré, plusieurs fois. Les restaurateurs pensent qu’il a subi 6 époques d’intervention comprenant chacune diverses actions successives. Il semble qu’à l’origine les parois de la caisse marouflée n’avaient pour polychromie qu’une feuille d’or appliquée sur toute leur surface.

 

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  Schéma de l'hypothèse de la polychromie originale par C. Augerson (Revue Coré)

 

 Les peintures de paysages d’hiver sur la caisse ont donné son appellation au traîneau et datent de  la quatrième époque d’intervention.

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 La revue Coré n° 11 présente une étude très détaillée de toutes les périodes d’intervention sur la polychromie. Feuilles d’or, d’argent s’intercalaient avec glacis, peintures aux multiples pigments…

 

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  Siège du cocher et détail du tissu

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  -« Traîneau à la sirène »

 

 

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Datant des années 1740, il se compose d’une caisse de bois en forme de conque, enrichie de guirlandes de fleurs et d’une sirène à la proue.

 

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 Celles-ci sont sculptées et dorées. L’extrémité des brancards en forme de tête de triton est percée d’un orifice permettant de placer la fourche recevant les guides. Elle est garnie de velours vert gaufré.

 

 

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Texte : Figoli

Photos: courtoisie et Figoli

Documentation :Coré N° 11 »conservation du patrimoine hippomobile »,  « Musée carrosses » de Béatrix Saule,…

 

Voir les autres articles sur le Musée des Versailles.

La collection du musée des voitures de Versailles en 1851.

Musée des carrosses de Versailles 2; Char funèbre Louis XVIII

Musée des carrosses Versailles 3: Les berlines de Napoléon

 


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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 20:17

 

 

COMMUNIQUER ET APPRENDRE AVEC LES TECHNOLOGIES DIGITALES DES MUSEES...

 

 

“Prendere il legno” Tout Apprendre sur le carrosse, au Museo della Carrozza à Macerata

  il museo

de Rosaria Cicarilli et Giuliana Pascucci Musei Civici de Palazzo Buonaccorsi
 

Le seul véritable voyage,... , ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux,... (Marcel Proust)

 

Ces dernières années, il a y eu une croissance importante de  l’utilisation de technologies digitales pour permettre aux musées de communiquer soit sur place avec des écrans, soit on-line par la création de sites web de plus en plus populaires, captivants et performants.  A l’avenir, on se demande quels pourraient être les changements ou les évolutions suite à l’utilisation croissante des technologies digitales. 

Cette question a été le moteur principal qui a animé le projet du nouveau Musée de la Voiture inauguré à Macerata en décembre 2009, dans le décor suggestif de l'Immeuble Buonaccorsi avec l'idée spécifique de penser et de faire le musée comme un "atelier", un "laboratoire" qui alimente les émotions, les connaissances et les expériences de la société.

   

Fondé en 1962, le point fort du Musée de la Voiture de Macerata  est constitué par le groupe inestimable de voitures sportives, harnais et selles donnés par le fondateur Pieralberto Conti et par d'autres voitures ayant appartenues à différentes familles de la région des Marches.

 La nouvelle présentation met en valeur les capacités attractives et les centres d'intérêt avec l'emploi de technologies à la pointe du progrès comme le vidéo-projecteur et l’écran tactile. Dès l'entrée le visiteur est accueilli par le piétinement des chevaux sur le parquet en bois de chêne, suivi par le bruit de la voiture. C'est une invitation à la visite et en même temps une sonnette d'alarme pour attirer l'attention du visiteur sur la fonction originale de l’ample hall, capable d’amortir les bruits.

À l'intérieur du musée quelques écrans, sur le thème du voyage, augmentent le pouvoir de narration des différentes sections. Il en résulte une meilleure situation communicative grâce à l'usage de flux informatifs hétérogènes, véhiculés par différents supports. Le musée devient une machine à raconter, et réussit à unir la forme et le fonds, invitant à découvrir le territoire en carrosse.

 

touch screen

 

Les écrans tactiles apportent des informations sur chaque véhicule exposé : à côté de la légende, les écrans montrent graphiquement grâce à trois images en couleurs, les caractéristiques techniques et mécaniques, qui distinguent les roues, les suspensions et la caisse. Ils donnent une description de l’évolution historique du modèle accompagnée d’un glossaire qui permet d’identifier chaque composant par son  vrai nom.

 

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Les visiteurs, grands et petits, demandent souvent s’ils peuvent monter sur les voitures.

Dans le nouveau musée la réponse est affirmative naturellement, mais la solution adoptée est résolument inattendue.  Par une petite  marche, pas très pratique, vous montez sur une voiture unique constituée par une caisse courbée et bombée suspendue sur des ressorts qui, à travers un système ingénieux de vidéo projection synchronisée,  permet de faire revivre l'émotion d’un voyage.

 

virtual carriage

 

Il est possible de choisir de nombreux parcours dans l'arrière-pays des Marches selon la carte choisie qui doit être introduite à l’endroit prévu.  

 

postcard for the virtual carriage

L'atmosphère devient amusante : pendant que vous faites un retour dans le temps, vous pouvez vous laisser porter par l’imagination vers "ce voyage" que fit Cendrillon et son prince, vers le bonheur, un chemin cadencé par le piétinement des chevaux et la magie d'un rêve enfantin.

Rideaux fermés, vous partez enfin et, sous la poussée d'une première forte secousse auxquelles succèdent beaucoup d’autres suivant de type de route que vous parcourez, vous entreprenez un voyage bercé par le balancement de la voiture et le doux grincement du fer contre le bois.

 

 

Par les fenêtres avant, arrière et latérales, vous voyez défiler le paysage, de petites agglomérations urbaines, des églises, des réserves naturelles, des parcs et des monuments, pendant qu’un cocher fait résonner son récit aussi sympathique que loquace, vous vous imaginez conduisant la paire de chevaux, contrôlant la voiture du haut du siège.

Ce personnage imaginaire au timbre de voix familier suscite la curiosité et l’attente, en racontant les us et coutumes, les légendes des lieux, en se laissant aller même à quelques citations classiques, mais toujours reformulées par la sagesse populaire. Ensuite le carrosse s’arrête pour laisser les chevaux se restaurer et pour permettre aux voyageurs d’admirer le territoire. Après le nouveau départ, le cocher continue son récit jusqu’à ce que le grincement du frein annonce la fin du voyage.  

 

inside the virtual carriage

 

Alors les rideaux qui obscurcissaient l'intérieur de la voiture se rouvrent, l'expérience magique et virtuelle se termine ; le touriste retourne à l'intérieur du musée. Le bagage de curiosité chatouillé par l'expérience peut pousser le visiteur à approfondir le parcours, en consultant l’écran tactile et peut s’organiser un "voyage" réel.

L'installation multimédia favorise et développe la connaissance du patrimoine historique artistique et environnemental du territoire des Marches en adoptant un point de vue original:  celui des voyageurs en carrosse et de ceux qui fréquentèrent nos rues avant l'avènement des moyens de transport modernes.

Par exemple, vous pouvez faire le voyage de Palazzo Buonaccorsi à castello di Caldarola en passant par la vallée de Chienti, continuant par la route des manoirs ou descendre la vallée de Potenza pour arriver à l’abbaye du haut Moyen Age de Rambona.

Le visiteur est impliqué au niveau émotionnel dans un voyage d'exploration multimédia à travers un court-métrage animé et un feuilleton télévisé, qui permet de découvrir et d'approfondir les aspects de vulgarisation et didactiques. 

A ces technologies, réalisées exprès avec l’intention de recréer les mouvements et les sonorités des déplacements avec cet ancien moyen de transport, est assigné le devoir de mettre en continuité directe le carrosse et le territoire environnant visité pendant le voyage.

      

Avec l’attention particulière que le Musée accorde à son public, il y a sur le site (cfr. www.maceratamusei.it link), en plus de divers laboratoires documentés par une photogallery (actuellement en cours de mise à jour), une insolite boîte à jeux, “Baule di giochi” . Conçue initialement comme un simple entrepôt pour des activités ludiques et récréatives, au cours de cette première année, elle est devenue source pour le déroulement d’ultérieures d’activités didactiques, y compris pour des enseignants dans le but de renforcer l’expérience vécue dans le musée.

 

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Pour les plus jeunes, il y a une série d’instruments, dont 5 cubes placés le long du parcours, sous forme de plaisantes énigmes et une petite brochure illustrée distribuée gratuitement, dans le but d’approfondir les curiosités suscitées par la visite.

 

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Le Musée prend l’aspect d’un véritable médiateur en mesure non seulement de conserver et de transmettre le savoir d’une culture à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un code interprétatif à l’autre, mais aussi de faire cross média.

Les nouveaux médias ne se différencient pas seulement par le seul support technologique, mais parce qu’ils reformulent les procédés de transmission, fondant une nouvelle modalité de faire et de penser le musée. Il a aujourd’hui de nouveaux yeux, c’est un pont technologique entre la valorisation des contenus et l’interaction indirecte entre l’autre et soi.

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Nous remercions le journal Notizario de nous avoir fait connaitre le muséo Della Carroza de Macérata et son intéressante muséograhie. 

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 10:21

 

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Nous vous proposons  un document exceptionnel qui présente avec de rares détails techniques et historiques la première collection du musée de Versailles. ll s’agit d’un large extrait  d’un article de« L’illustration, journal universel » N) 455 du 13 au 20 Novembre 1851 signé L Rosier. Il nous apporte un éclairage intéressant sur la modestie de l’ensemble de nos collections actuelles. Il est également riche de nombreuses informations qui nous n’en doutons pas vous intéresseront.

« Musée des voitures historiques à Versailles. »

« …Voici que des hommes de goût ont eu la louable pensée d’ajouter aux richesses matérielles, amassées à grand frais dans les somptueuses galeries de Versailles, une très curieuse collection de voitures de différentes époques. Si ce nouveau musée était destiné uniquement à faciliter une excursion agréable dans le domaine de l’histoire, nous pourrions nous borner à annoncer simplement l’ouverture de cette exposition ; notre tâche de chroniqueur serait remplie ; mais il se recommande par un mérite moins frivole, et cela nous engage à entrer dans quelques détails.

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            Nous devons exprimer d’abord le regret que cette collection soit tout à fait incomplète, et qu’elle ne renferme pas au moins un plus grand nombre d’objets d’une date plus ancienne. Malheureusement le temps ne nous a rien transmis en ce genre des époques reculées de notre histoire. Les révolutions politiques d’un autre côté ont fait disparaitre des objets qui auraient pu nous être conservés sans l’aveugle vandalisme qui s’attache toujours à proscrire jusqu’aux muets souvenirs d’un régime tombé. On comprend de quel intérêt serait au point de vue de l’histoire des mœurs une collection des différentes voitures en usage depuis les premiers temps de la monarchie Française. Il serait facile de suivre les progrès de la civilisation dans les changements successifs que le goût a apportés dans la construction des voitures. Il y a certainement, des mœurs des anciens francs à nos mœurs présentes, aussi loin que du Carpenton ou chariot à quatre bœufs qui, au rapport de Grégoire de Tours et d’Eginhard, servait à nos anciens rois, à la riche et magnifique voiture qui a servi au sacre de Charles X. Cette collection, impossible à former par les motifs que nous avons déjà énoncés, existe cependant à l’état de gravure, et nous engageons les curieux à consulter le savant ouvrage de Gizrot (Die wagen und Jahrwerk der verschiedenen Voelker des miltelalters und der neusler Zeilen munich 1830.)sur les voitures et rouages des différents peuples au moyen âge et dans les temps modernes, ainsi que les attelages, guides et ornements employés pour les animaux de trait et de selle.

Ce n’est donc pas la faute des personnes préposées à la formation du musée des voitures historiques, si leur collection a d’importantes lacunes. Outre les causes que nous avons assignées à la perte des anciens carrosses d’état, il en est une autre qui n’a pas peu contribué à la dispersion d’un grand nombre de ces voitures. Jusqu’au règne de Louis XVI, les règlements pour la maison du Roi attribuaient, à la mort de celui-ci, au premier écuyer, les dépouilles de la petite écurie, qui comprenaient le service des chevaux de selle, des carrosses, calèches, chaises roulantes et chaises à bras, comme ils réservaient au grand écuyer dans le même cas la propriété des chevaux de guerre, de chasse et de manège, avec tous leurs harnais. Cette coutume, renouvelée des usages de la chevalerie, a eu pour effet de faire passer en des mains étrangères des richesses qui figureraient aujourd’hui avec  avantage dans le nouveau musée. Un de nos amis qui a voyagé dans les états barbaresques, nous assure, et nous ne l’avançons que sur sa parole, avoir vu à Maroc et à Tunis de très riches carrosses de l’époque de Louis XIV et de Louis XV, employés au transport des morts d’une grande condition, et il ne met pas en doute, d’après l’examen des élégantes peintures qui décorent ces voitures, et qui n’ont aucun rapport avec le destination de celles-ci, que ces carrosses n’aient autrefois appartenus aux équipages de nos maisons royales.

Un embarras d’un autre genre est venu compliquer la formation du musée. La plupart des objets qui devaient entrer dans le catalogue n’avaient aucun indice précis qui les rattachât à tel ou tel personnage historique. Ils étaient ensevelis depuis longtemps dans les magasins du garde meuble, et avant de les comprendre dans la collection, il a fallu élucider les origines avec la scrupuleuse exactitude d’un généalogiste et d’un antiquaire. Ce travail a été conduit avec une sagacité remarquable, et grâce à ces savantes recherches, il ne reste plus aucun doute sur l’authenticité de chacune de ces reliques.

Les voitures forment la partie la plus riche et la plus intéressante de cette exposition. Elles sont au nombre de cinq, et portent chacune un nom, suivant l’usage de la maison du roi. La Victoire, le moins riche de ces équipages, est une voiture de l’empire. Elle a figuré au sacre de Napoléon, comme voiture de suite, et porté les grands dignitaires du palais, qui marchaient en avant du cortège. La caisse est dorée et d’une belle forme. La garniture intérieure, en drap blanc, rehaussée d’ornements verts n’est pas très bien conservée. La Turquoise est de la même époque et a servi dans la même cérémonie. Elle est garnie intérieurement de satin blanc avec agréments verts ; la caisse en est également dorée et décorée de guirlandes de fleurs. La Topaze est une voiture d’une très grande richesse. La tenture et les sièges sont en velours blancs avec ornements verts et filets d’or. Cet équipage, dont les panneaux sont couverts de délicates peintures, était celui de la reine Hortense à la cérémonie du sacre de Napoléon. Le Baptême est un carrosse du même modèle et du même style que les précédents. Il n’en diffère que par un luxe de broderies or et soie semées dans le ciel de la tenture qui est de velours blanc. Une draperie de soie blanche se déploie sur le fond de la voiture et autour de la glace de devant. Cette voiture a servi à la cérémonie du Duc de Bordeaux, qui eut lieu le 1° Mai 1821 à Notre –Dame. Elle contenait outre le jeune prince, Mademoiselle, sa sœur, madame la comtesse de Gontaut, gouvernante des enfants de France, et la marquise de Sereste , sous-gouvernante. Un débat s’est élevé au sujet de la voiture le Baptême. On a dit qu’elle avait été construite tout exprès pour la circonstance, contrairement à l’avis de contemporains qui affirment qu’elle avait appartenu précédemment à l’impératrice Marie-Louise, et qu’elle n’a subi aucun changement de décoration. Cette opinion est appuyée sur une conformité parfaite de construction avec les précédentes voitures. Le strapontin qui, dans les précédents carrosses, existe dans les épaisseurs des portières, a été recouvert dans le Baptême, mais on peut apercevoir la saillie malgré la tenture. Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur un sujet aussi épineux ; nous dirons seulement qu’une discussion raisonnée des hommes très compétents qui ont été appelés à se prononcer sur l’authenticité de cette voiture, l’attribuent d’abord à l’impératrice.

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Le Sacre est une voiture monumentale : c’est, à n’en pas douter, le chef d’œuvre le plus parfait et le plus riche de la carrosserie française. Elle a servi au sacre de Charles X, et a été construite sous les ordres de M. le duc de Polignac, premier écuyer du Roi, et sur les dessins de Percier, par Daldrigen, qui a fourni le train et les garnitures. La menuiserie a été faite par Ots. Les peintures sont de Delorme, élève de Girodet ; les sculptures de Roguier ; les bronzes d’ornement, ciselés par Persilli, sont sortis des ateliers de Denières, la dorure appartient à Gauthier, peintre des équipages du Roi ; les broderies par Delalande, et la passementerie par Gobert. L’exécution de ce magnifique carrosse a demandé deux ans de travail. La caisse est d’un aspect agréable ; elle est arrondie en dôme à la partie supérieure, et, dans sa partie inférieure, posée sur quatre cornes d’abondance, d’où sortent quatre caryatides en bois qui supportent le dôme. Quatre belles figures de Renommées, assises sur l’impériale, soutiennent un double écusson qui porte les initiales royales. De belles moulures forment une élégante galerie autour de la caisse. Le fond est tendu de velours cramoisi semé de roses et d’étoiles d’or. Les écrous et les essieux sont recouverts par quatre têtes de lion en bronze doré. Le siège du cocher, supporté par deux chimères, est d’une éblouissante magnificence et couvert de broderies et de riches crépines en or. Les peintures de la caisse représentant des sujets allégoriques sont exécutées sur des tablettes de cuivre dorées au feu. Enfin, le marchepied est à lui seul un chef d’œuvre de serrurerie. Il se replie sur lui-même par sept plis et rentre dans le double fond de la caisse en glissant sur une coulisse comme un tiroir de meuble. On évalue à cinq cent mille francs le prix de construction et d’ornementation de ce superbe carrosse, et cela ne nous étonne nullement. Nous devons rappeler que le carrosse du sacre de Louis XVI qui fut mis en pièces par le peuple pendant la révolution, n’avait pas coûté moins de douze cent mille francs, et si on pouvait juger de sa magnificence par le dessin qui nous est resté, on peut affirmer qu’il n’avait ni la richesse ni l’élégance de la voiture de Charles X. Il ne paraît pas même que la voiture du sacre de Napoléon qui fut dépecée en 1815, après la rentrée de Louis XVIII, pût être comparée à celle-ci. On peut conjecturer cependant qu’elle a dû coûter une somme énorme, si l’on en juge par les dépenses excessives qui furent faites à cette occasion, et qu’on évaluait à trente ou quarante millions ; prodigalité qui paraîtra monstrueuse, surtout si l’on se reporte à ces temps de simplicité où un roi de France qui s’appelle Saint Louis pouvait se faire sacrer avec faste et donner des divertissements au peuple avec une somme de quatre cent trois mille livres ! Les harnais pour l’attelage à huit chevaux qui conduisait le Sacre sont un magnifique échantillon de sellerie ; ils sont en maroquin rouge piqué de blanc. Deux chevaux postiches, attelés au Sacre, rendent l’effet de ce riche harnachement, que complète un superbe chanfrein de plumes et de velours à broderies d’or. On voit encore le costume des hérauts d’armes, en velours violet aux fleurs de lis d’or sur la poitrine.

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Plusieurs traineaux de formes très variées reportent les souvenirs vers la fin du XVIII° siècle. Un de ces traineaux d’une construction bizarre est monté sur une tortue ; il est attribué au dauphin, père de Louis XVI. Le siège de derrière est supporté par un petit dauphin. On remarque encore deux ou trois conques marines et une corbeille à deux places avec siège en velours de Hollande. Les peintures qui décorent ces traineaux sont d’une grande finesse. Nous citerons en particulier les deux charmants médaillons à la manière de Watteau, représentant une scène de patineurs et une femme en traineau poussée par un patineur ; ce sont deux ravissants petits chefs-d’œuvre.

Ces voitures se rapportent évidemment aux règnes de Louis XV et de Louis XVI. On peut se rappeler, en effet, avec quel engouement on s’adonna alors à ce genre d’amusement. Un contemporain, qui fut valet de chambre perruquier de Madame Dubarry, a consigné dans des mémoires, restés inédits, que cet amusement fut porté à un tel point que bientôt les cochers manquèrent pour cet exercice, qui demande une grande expérience et une habilité particulière. On se disputait les cochers, et on vit quelques uns payés sur le pied d’un premier commis. Le même historien rapporte encore que Madame Dubarry, qui habitait alors Luciennes depuis la mort du Roi et voulut se donner pendant l’hiver 1778 l’agrément des courses en traineau, enleva à M. de Vergennes, qui revenait de son ambassade de Suède, un cocher très expert ; ce qui lui coutâ la bagatelle de 4000 livres.

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Les chaises à porteurs sont une véritable curiosité. Signalons d’abord les chaises aux armes de France que l’on a eu le tord de vernir et de restaurer, et qui ont appartenu à Madame de Maintenon. Elles rappellent par leur simplicité et leur le peu d’ornementation les formes sèches et le caractère austère de l’ancienne maitresse de Louis XIV. Une de ces chaises d’un goût charmant et émaillé de ravissantes peintures, a appartenu à Marie Leczinska, épouse de Louis XV. Les autres à l’exception d’une qui porte des armes étrangères, ont appartenu à la cour de Louis XVI, ce que témoignent les armes de France et de Navarre dont elles sont blasonnées.

Une chaise à bras d’un autre genre et d’une époque toute récente est celle qui servait à Madame Adélaïde, sœur de Louis Philippe, pour monter et descendre les escaliers dans les dernières années de sa vie ; elle est en maroquin rouge et d’une extrême simplicité.

A voir la coquetterie de ces chaises à porteurs, on se prend à regretter que l’usage s’en soit perdu. On sent que les femmes y devaient avoir une grâce infinie. Cette mode était si générale au XVIII° siècle que les porteurs ou bricolliers, comme on les nommait alors, stationnaient sur les places comme nos cochers de fiacre pour l’usage du public. Les personnes de distinction avaient leurs chaises comme leurs voitures, et nous voyons par les comptes de la maison du Roi que la reine, le comte de Provence et le comte d’Artois avaient dans leurs écuries quatre porteurs de chaises. Nous croyons devoir faire remarquer à ceux qui seraient tentés de compulser ces comptes, qu’ils ne doivent pas confondre avec les porteurs de chaises les porte-chaises d’affaires lesquels exerçaient un office tout à fait privé dans la maison de la reine et des princesses, office toujours dévolu à des femmes.

Il nous reste quelques mots à dire de la sellerie orientale, véritable merveille de luxe. Lorsque Aladin demandait au génie de lui conduire un cheval du prix d’un million avec le harnais et la bride, il se proposait une de ces fantaisies que lui seul pouvait se permettre. Les beys de Tunis et de Tripoli, le Roi de Fez, l’empereur du Maroc, quand ils avaient des présents à offrir à l’empereur, n’avaient pas à leur disposition, comme l’esclave de la lampe merveilleuse, une profusion de pierreries et l’or à foison, mais ils avaient certainement des ouvriers non moins habiles, et qui savaient tirer un parti miraculeux des matières qu’ils employaient. Il ne se peut rien de plus somptueux et de plus bizarre de dessin et de broderie que ces princes barbaresques envoyaient en cadeau à l’Empereur. Napoléon qui aimait le faste, ne négligeait aucune occasion de produire en public ces richesses. On sait avec quel luxe il avait habillé la compagnie des mameluks qui faisaient partie de sa garde. Dans les revues d’apparat, il voulait que ces housses et ces harnais servissent aux principaux officiers de ce corps. On croit même que deux de ces équipements ont appartenu à Roustan, son fidèle mameluk.

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Trois selles historiques donnent un grand prix à cette collection ; ce sont les selles de Louis XVI, du premier consul et de Charles X. Elles sont toutes trois en velours cramoisi avec housses et chaperons brodés d’or. Les deux premières sont d’un vieux modèle ; mais celle de Charles X, la même qui a servi à son entrée à Paris au retour de Reins, est d’une élégance moderne. Elle a été travaillée par Lucot, qui a laissé un nom connu dans la sellerie, et n’a pas coûté moins de 27000 francs ; elle est enrichie de crépines d’or d’une très grande beauté. Nous croyons cependant qu’elle n’est pas très complète, et qu’une partie des broderies que l’on remarque dans le dessin original manque aujourd’hui sans qu’on puisse savoir pourquoi elles ont été retranchées.

Comme on peut le voir, la collection qui forme le nouveau musée n’est pas nombreuse, mais elle ne manque pas d’intérêt. Elle a surtout ce genre de mérite qui éclate aux yeux : la richesse. Terminons par un mot d’éloge de M. Questel, l’architecte du palais de Versailles, qui a su  approprier avec beaucoup de goût pour cette exposition une salle très convenable dans un nouveau bâtiment, construit exprès entre le Grand et le petit Trianon. Le nouveau musée ajoutera un attrait de plus au voyage de Versailles. L’administration du chemin de fer de la rive droite, qui se prête avec beaucoup de grâce aux plaisirs du public, a si considérablement réduit les places, que toute la population curieuse de Paris ne peut manquer d’aller se récréer du spectacle de ces éblouissantes merveilles, qui sont placées dans le silence de Trianon comme un songe brillant dans le sommeil. »

« L. Rosier. »

 

Documentation :

Collection personnelle Figoli.

Voir les autres articles sur le musée des carrosses

Musée des carrosses de Versailles.1 Traîneaux

Musée des carrosses de Versailles 2; Char funèbre Louis XVIII

Musée des carrosses Versailles 3: Les berlines de Napoléon

 

Quelques photos du musée avant son transfert:

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:43

Versailles s’exporte alors que Compiègne… court toujours après son devenir.

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                   Vue intérieure de la galerie des voitures historiques à Versailles en 1851

 

De légers frémissements semblent agiter positivement le monde de la muséographie hippomobile. Nous venons d’apprendre, qu’une partie du patrimoine hippomobile de Versailles  va être accessible aux habitants du Nord pas de calais, dans le cadre d’une exposition temporaire. Malheureusement plus habitués aux aumônes attribuées à la conservation de ce patrimoine, nous sommes surpris d’apprendre que cette action bénéficiera d’un financement du conseil régional d’environ 1,2 million d’euros.

Cette information est diffusée par le site du « Journal des arts »:  art clair.com . Dans son édition du 06 juillet 2011, il publie un article (dont je vous conseille la lecture complète sur ce lien : link) de Sophie Flouquet intitulé :

« Après le Louvre à Lens, le Nord pas de Calais offre Versailles à Arras »

Il y est fait état de la signature le 05 Juillet 2011, d’une convention décennale « liant désormais le château de Versailles à la ville d’Arras et à la région Nord pas de calais pour l’organisation de grandes expositions estampillées « Versailles » dans les locaux de l’Abbaye St Vaast. »

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Et surprise la première exposition concernera les voitures hippomobiles.

« La première exposition, présentée dès le 17 mars 2012 pour une durée de 18 mois et intitulée « Roulez carrosses ! », offrira ainsi à voir un « trésor méconnu de Versailles », selon Béatrix Saule, directrice du musée national de Versailles et de Trianon : sa collection hippomobile. Soit 80 pièces relatant cette histoire de la voiture à cheval, dont le clou sera les 9 neufs carrosses historiques déplacés pour l’occasion. « Ce sera la première exposition sur les carrosses en France a précisé la directrice du musée. Et d’insister : le palais de Compiègne détient une collection hippomobile plus importante, mais nous conservons les plus belles voitures ». Une manière d’insinuer que cette exposition artésienne viendra aussi constituer une – regrettable - concurrence au projet de refonte du musée de l’automobile du domaine de Compiègne (Oise).

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette heureuse initiative .Il est en effet important d’amener au plus prés des populations, ces magnifiques véhicules témoins du savoir faire technique et artistique des carrossiers français.

Nous n’osons craindre, comme il est écrit ci-dessus, que cette action puisse fragiliser le projet de déplacement et de préservation des collections de Compiègne. Au vu des engagements du ministre de la culture, nous espérons que les  collections du musée de la voiture bénéficieront, dans les plus brefs délais, d’une attention aussi soutenue de la part des services de l’état. Vu l'état de la collection et des batiments qui l'abritent, tout nouveau retard dans la mise en place d'une solution est innaceptable.

Figoli.

Nota : La complexité de la sauvegarde du patrimoine hippomobile est une longue histoire. La semaine prochaine nous vous présenterons un article de 1851 sur les difficultés rencontrées pour la constitution de la première collection de Versailles.

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 09:53
Tout amateur d'attelage ne peut visiter Vienne sans se rendre au musée du Wagenburg. Ce week end, lors de la journée portes ouvertes du 19 Juin, vous pourrez bénéficier de différentes manifestations mettant en valeur les collections.
 
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Des expositions spécifiques cotoient les expositions permanentes.
 

 

Ouvert toute l'année, le musée du Wagenburg est un lieu incontournable pour tout amateur de belles voitures.

 

En voici quelques exemples:

 

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 Voiture de caroussel de l'impératrice Maria Thérésia (1717-1780)

Les sculptures sont de Balthasar Moll.

 

 

img595                                         Berline de 1735 d'un constructeur viennois

 

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                                                                             Berline de 1750

 

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  Berline dont on pense qu'elle a été construite par Grosjean Paris à l'occasion du mariage de Napoléon avec Marie Louise

 

 

 

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 Victoria à la daumont de François Joseph construite en 1853 par

 Ludwig Laurenzi § Comp à Vienne

 

 

 

 Vous trouverez plus d'informations sur ce musée en cliquant sur ce Lien:

 

 link

 

 

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 18:55
 
LES CARROSSES DU QUIRINALE
 
 
 Nous remercions nos amis de l'association "Gruppo Italiano Attachi" de nous avoir offert et traduit ce superbe article parru dans leur journal Notiziaro de Mars-Avril 2011. Remerciements également à l'auteur  Mario Fennochio et à la traductrice Monique Badiou.
 
 
 
Copia (2) di Attacchi notiziario anteprima 2 2011
 
(NOTIZIARIO del Gruppo Italiano Attacchi)
 
 
LES CARROSSES DU QUIRINALE
 
 
Texte : Mario Fenocchio - Traduction:  Monique Badiou
 
quirinale
 
Passionnés comme nous le sommes par les attelages, nous ne pouvions pas nous empêcher de visiter et de décrire, dans les grandes lignes, les beautés qui aujourd'hui sont conservées au Quirinale. Nous parlons, en particulier, d'une collection que le monde nous enviera sûrement toujours, de centaines voitures et de leurs accessoires.
Ce que nous n'écrirons pas ici, vous devrez le savourer en personne, directement à Rome et croyez-nous, ça en vaut la peine.  Pour se mettre un peu dans l’ambiance du XIX siècle et situer l'usage de ces fabuleux carrosses, nous devons tout de suite préciser que, depuis toujours, voitures et chevaux sont des instruments de présentation, de défi, de jalousie, du paraître, pour montrer sa puissance et ses richesses. Ainsi donc, on élève ou on achète des chevaux d'allure et de carrure provenant de tous les coins du monde:  Oldenburg, Lipizzan, Gelder et Gelderland, Hanovre, Olstein, Frison, Percheron.
Durant toutes les guerres de ce siècle –dont les combats sont du même genre-, il a été fait un ample usage d'animaux de trait, de somme, de selle; c’est pourquoi les écuries regorgeaient de chevaux pour pouvoir y choisir les sujets à utiliser. Par exemple, la maison régnante italienne  pouvait à l'époque disposer de 5000 à 6000 chevaux dont les exemplaires allemands étaient un peu plus cher que des autres.
Selon l'événement, le spectaculaire s’obtenait de manières différentes: avec les panaches colorés, le bicorne des palefreniers et des hommes de peine et, très important comme toujours, le décor et les accessoires des harnais; ils étaient toujours à collier, avec la plus grande abondance possible de pendentifs et breloques au monogramme de la maison (royale ou de toute façon noble) de métal noble et d’excellente  facture.  Un élément important était sûrement la sellette sur lequel le bronzier appliquait crochet et clés passe-guides dont la couleur et la forme ont été reprises sur les parties métalliques de la voiture, poignées et impériale. Les palonniers sont de style anglais, bien sûr pour les deux berlines, alors que l’usage du « stricco » est de tradition piémontaise.
Il est évident que pour créer le luxe de cette « presque théâtralité » et obtenir en même temps un instrument pratique pour le transport, il est nécessaire de recourir à de nombreux professionnels, qui à l’époque, exerçaient en véritables catégories professionnelles spécialisées aujourd'hui perdues:  selliers, forgerons, maréchal-ferrant, peintres décorateurs, bronziers, palefreniers, chefs d’écurie, entraîneurs, menuisiers, couturiers, brodeuses etc.
 
« BERLINGOTTO » ROYALE.
 
berlingotto
 
Pour parler de cet ancien attelage,  nous devons imaginer un cortège pré nuptial qui arrive à Novare, à l’époque frontière d'état, pour recevoir l'archiduchesse d’Autriche Maria Teresa de Habsbourg Este, que S.A.R. Vittorio Emanuele Duc d'Aoste entend épouser. Une série de voitures d'aristocrates, une foule de valets, de palefreniers, d’hommes de peine et autres voitures pour le transport du nécessaire accompagnent cette voiture pour ce premier voyage qui deviendra historique. Ce fut la présentation au monde de ce « Berlingotto », doré et avec des peintures, œuvre unique et belle à regarder sous tous les angles. Pour ce coupé raffiné et unique, avec de riches sculptures sur tous les montants pour représenter les vertus, il convenait au moins un attelage à quatre ou à six chevaux, non seulement pour le poids  mais aussi pour la distance.
 
L’EGYPTIENNE
 
Copia di egiziana
 
Le duc Carlo Felice de Savoie voulut offrir un carrosse à sa femme Maria Christina de Bourbon à l'occasion du carnaval de Turin.
En 1819 les auteurs du projet  ont recours au monde des divinités anciennes et à la mythologie égyptienne : ils projettent et ils réalisent un ensemble qui a pour sujet le temple de la déesse Iside. Menuisers, tailleurs et peintres décorateurs s’emploient à imiter le temple avec splendeur  en construisant les colonnes, les chapiteaux, l'architrave pour soutenir un toit lourd et riche.
Le temps passe et la voiture change d'usage, elle est modifiée en voiture pour les événements funèbres de la royale maison de Savoie ; c’est celle que nous pouvons admirer aujourd’hui.   Il y a deux documentations historiques sur son usage, en  1849 pour le transport du cercueil de Carlo Alberto et en 1900, pour les funérailles du roi Umberto 1° de Savoie ; nous trouvons également la documentation  du don de cette voiture, par Vittorio Emanuele I à son épouse Maria Teresa de Habsbourg Este.
 
BERLINE dite "DES ÉPOUX" ou "DE MARIA TERESA"
 
berlina degli sposi
 
La voiture dite "de Maria Teresa" ou aussi "des Époux",  date de la Restauration : elle fut réalisée en 1817 pour les noces de Carlo Alberto prince de Carignano avec Maria Teresa de Habsbourg- Lorraine. Comme il convient pour cette somptuosité, l'intérieur est richement embelli de soie, de satins, de cordons, d’étoles et de velours cramoisis. Plus tard, la berline "des Époux" sera utilisée pour les noces de Vittorio Emanuele II et pour celles d'Umberto I.
     
TELEMACO (Télémaque)
 
Copia di telemaco
 
Tout d'abord, Vittorio Emanuele 1° offre cette berline à sa femme Maria Teresa de Habsbourg Este pour le retour de la maison de Savoie à Turin, ensuite, elle est utilisée en 1842 dans le cortège pour les noces de Vittorio Emanuele II avec Maria Adelaide d'Autriche et en 1868, pour l'entrée solennelle du cortège nuptial d'Umberto et de Margherita de  Savoie à Florence. Ce qui cependant  rend cette berline unique et extraordinaire, c'est la peinture précieuse réalisée par  Vacca qui représente le voyage de Télémaque et de son ami fidèle Mentor, à la recherche du père Ulysse.  
 
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Vous trouverez toutes les informations sur ce musée en allant sur le site du musée: link
 
 
En avant goût de votre prochaine visite, suivez la foule dans les allées du musée.
 

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 09:24

     

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La Commission à la Culture a recommandé à la province de Groningen de mettre un terme au financement du Musée National Hollandais de Leek. Si cette proposition était menée à terme, le subventionnement s'arrêterait en 2013, ce qui entraînerait la fin de l'un des plus importants musées au niveau mondial. Ce musée abrite la plus grande collection au monde de voitures d'origine hollandaise. Parmi les trésors exposés à Leek, on trouve les chaises frisonnes somptueusement décorées de peintures parfois dorées ainsi que tous les types de voitures ayant circulé en hollande.  

 

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 Ce musée est unique autant par l'ampleur et la qualité de ses collections que par ses techniques de conservation. Les réserves de voitures et de harnais sont abritées de la poussière et maintenues dans des conditions de température et d'hygrométrie constante.

 

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 Le musée dispose d'un local de traitement des bois contre les attaques des insectes et de locaux de restauration.

 

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Pour s'opposer à cette décision, une pétition a été mise en place.

Voici sa traduction en français:

 

"LE MUSEE NATIONAL D ATTELAGE DOIT RESTER!  

Le Musée d'Attelage est le chaperon du patrimoine culturel mobile national et du domaine historique de Nienoord. Après 53 années d'existence, le musée est sérieusement menacé dans sa survie. En effet, la Commission à la Culture a demandé à la Province de Groningen de mettre fin au subventionnement du musée.

 

PETITION 

Nous,

 

direction, staff, bénévoles, collègues, relations, visiteurs et établissements scolaires,

 

constatons

 

que le musée est menacé de disparition, après 53 ans d'existence, parce que la Commission à la Culture a recommandé à la Province de Groningen de stopper les subventions à partir de 2013 

 

et demandons

 

à la Province d'attribuer la subvention pour la période 2013-2016 au NRM (Musée National d'Attelage) pour la réalisation des projets en cours et la  conservation de ce musée d'attelage magnifique et indépendant.   "             

 

 

 

 

Nous sommes dans une période ou de nombreux gouvernement se désengagent de la sauvegarde du patrimoine hippomobile. La solidarité internationale est donc indispensable pour chaque situation.

Vous pourrez signer cette pétition en allant sur ce lien :link

Attentions vous recevrez une demande de confirmation PETITIE qui passera surement sur indésirable(. Vous complétez votre date de naissance et cliquez sur le bouton orange)

 

 

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Un petit clin d'oeil: Pour ne pas payer un nouvel impot à l'éssieu les hollandais avaient inventé ce type de voiture à patin (conservé à Leek)

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:20
      
Musée de
"l'Ecole Royale Andalouse d'Art Equestre"
      TJ caballos
                                    Cette école, dont la présidence d'honneur est assurée par le Roi d'espagne, est assez récente puisqu'elle a été fondée en 1973 par Don Alvaro Domecq Montéro dans la ville andalouse de Jerez de la Fontera. Elle a des objectifs multiples intégrant  la promotion de l'élevage, la formation aux métiers du cheval, la promotion des arts équestres sous toutes leurs formes. L'attelage, qu'il soit sportif ou de tradition, y a, bien entendu, sa place. Le menage à l'anglaise cotoie les pratiques espagnoles russes, hongroises,...
 
Atalaje 09 Jerez
Atalaje 03 Jerez
     
C'est un lieu vivant où les visiteurs peuvent assister au dressage de chevaux, à différents spectacles d'équitation et d'attelage,
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visiter les écuries et admirer les voitures anciennes dans le cadre d'une présentation de trés grande qualité.
   
   Présentation pleine page sur ce lien:link
 
 
      Vous aurez remarqué la modernité de la muséographie qui met en valeur cette collection. De multiples écrans permettent de découvrir l'histoire du cheval andalou et des techniques équestres. Nous allons vous  présenter quelques extraits de ces films.
 D'abord un film de vulgarisation général présentant l'histoire du cheval espagnol et des différentes formes d'attelage de l'antiquté à nos jours.
 
     
 Présentation pleine page sur ce lien:link
 
 
Museo enganche 09 Jerez         
En visitant la collection de voitures et de harnais, vous pourrez, bien évidemment, consulter des fiches d'informations en quatre langues sur leur histoire et leur spécificité, mais aussi les voir en mouvement. Dans les deux films suivants, l'école nous présente les différents types de harnais hongrois, anglais, espagnols, et leur utilisation. Puis, chaque type de voiture est présentée attelée.
 
Museo enganche 13 Jerez
 La première voiture présentée est une calèche de Mallet Paris 
   
 
présentation pleine page sur ce lien:link
       
Aprés la  reconstitution d'une expédition de chasse à tir en dog-car quatre roues, différentes voitures vous serons présentées:
cab français, araignée, duc panier, mylord, sociable, phaéton hongrois, phaéton Labourdette, break de chasse,..
Présentation pleine page en cliquant sur ce lien:link
Vous trouverez plus d'informations en allant sur le site de "l'Ecole Royale Andalouse d'Art Equestre": link 
       
    Si vous allez visiter ce magnique ensemble en Avril-Mai, vous pourrez découvrir l'ensemble de la culture hippique espagnole en assistant aux différentes ferias de Jerez , de Seville,...    
FERIA DE ABRIL 2010 (70)
 
  Vous y trouverez la plus grande concentration de voitures construites par les  carrossiers européens du XIX° siècle et, tout particulièrement, les grands noms français;Binder, Labourdette, Kellner,... Voir articles; Féria Séville 2011
                              
 
Et nous ne pouvions pas quitter ce lieu sans vous montrer quelques démonstrations de l'école d'équitation.
 
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Figoli.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 11:59

 

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Le livre tant attendu d’Andres Furger, sur la collection de Heinz Scheidel à Mannheim, va paraitre très prochainement.

Cette collection est la plus importante au monde. Elle est composée de voitures, de traineaux, de camions, de voitures d’enfants, de harnais, d’accessoires et de livres d’équitation. Ces voitures proviennent d’Allemagne et des différents pays européens. La collection présente des véhicules du XVIII° aux débuts du XX° siècle.

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Andres Furger a sélectionné et photographié certains de ces objets. Il nous les présente en les resituant dans leur contexte historique et géographique. La collection de Heinz Scheidel ainsi présentée par Andres Furger reflète de la grande diversité des véhicules utilisés en Allemagne et en  Europe.

C’est donc un ouvrage de référence qu’il vous est possible de réserver auprés des éditions Furger: link

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 21:16

 Haras de Hennebont

 

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Nous avons déjà édité plusieurs articles sur les collections de voitures de différents Haras. Nous vous présentons aujoudhui un article de l'association "Traits de savoie" sur le Haras d'Hennebont en Bretagne.

 

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Vous pourrez y avoir accés en cliquant sur ce lien:

 link

 

 

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N'hésitez pas à aller sur la page accueil de "Traits de Savoie". Vous y trouverez également de nombreux autres articles dont un, présentant une superbe collection de colliers de travail. 

 

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Collier Toulousain

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