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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 06:42

 

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La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

 

 

La maison "Alp. Camille jeune" est considérée, à la fin du XIX°, comme tenant  la première place de l'industrie de la sellerie, réputation qui perdurera jusqu'au début du XX° siècle.

A l'origine, cette maison parisienne fut créée, en 1826, par M. Essminger, puis reprise, en 1856, par Monsieur Trousselle qui s'associat, en 1871, avec Alphonse Camille.

La maison devint alors "Trousselle § Camille jeune".

C'est en 1881, lorsque Alphonse Camille resta seul aux commandes de l'entreprise, que celle-ci commença son ascension jusqu'à devenir une des premières concurrentes de la renommée industrie anglaise. Elle la supplanta même dans de nombreux pays. Dès 1892, elle était un leader en France et distribuait ses fabrications dans de nombreux pays d'Europe ainsi qu'en Amérique du Sud, l'Amérique Centrale, les Antilles, l'Orient ou l'Extrème Orient,...

 

 

Cliquer sur les vignettes pour les agrandir.

Harnais en  paire, selle de voyage, selle orientale, selle de gala réalisés en 1892 par "Camille jeune"Harnais en  paire, selle de voyage, selle orientale, selle de gala réalisés en 1892 par "Camille jeune"Harnais en  paire, selle de voyage, selle orientale, selle de gala réalisés en 1892 par "Camille jeune"
Harnais en  paire, selle de voyage, selle orientale, selle de gala réalisés en 1892 par "Camille jeune"

Harnais en paire, selle de voyage, selle orientale, selle de gala réalisés en 1892 par "Camille jeune"

 

Il est à noter que "Alp Camille Jeune" commença son activité dans une période très propice. En effet, la guerre de 1870 fut un échec cuisant pour l'armée française, ce qui entraîna son affaiblissement et sa désorganisation.

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
Selle militaire "Camille jeune" (source "panthéon de l'industrie" Juin 1892)

Selle militaire "Camille jeune" (source "panthéon de l'industrie" Juin 1892)

 

Dès la fin de la guerre, l'esprit de revanche fut trés vif et la troisième République se fit un devoir de réorganiser et de rééquiper l'armée. Le cheval était à l'époque un élément clef de la puissance militaire dans la cavalerie et l'artillerie mais aussi dans l'intendance. Ce marché de la sellerie militaire donna un coup de fouet à la maison "Alp Camille jeune". L'entreprise  fournit plus de 40000 harnachements complets au gouvernement français. Ces commandes lui permirent d'accéder aux marchés militaires de nombreux gouvernements étrangers.

Nous vous présentons maintenant quelques exemplaires de ces harnachements miltaires, en commençant par un produit phare de la maison; le bât pour mulets.

Bien que présentant les mêmes caractéristiques de base, priviliégiant le confort de l'animal, la facilité de chargement et la solidité, chaque bât était spécifique à une ou plusieurs utilisations.

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Le bât ne servait pas seulement au transport des fournitures, hommes ou blessés, mais aussi au transport des armes et de leurs munitions. Certains modèles pouvaient également s'adapter à la traction.

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

En ces périodes de colonisation, "Alp Camille Jeune" fabriqua aussi des bâts correspondant à des animaux plus exotiques comme ces harnachements pour dromadaires.

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Elle fournit également plusieurs harnais adaptés aux différents modes d'attelage, utilisés dans les armées; de l'artillerie à la voiture d'ambulance. 

 

 

Harnais de voiture en flèche et en poste pour voiture de transport et d'ambulance.

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Harnais d'artillerie

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Les harnachements de cavalerie sont également une force de la maison.

 

 

Selles de cavalerie

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

La capacité de fabriquer en masse est assurée, en 1892, par une équipe de 150 ouvriers dont 30 femmes. La maison est remarquée pour la solidité, la qualité et  la trés grande variété de ses productions.

Pour ses réalisations civiles et miltaires, "Alp. Camille jeune" fut d'ailleurs médaillée à de multiples occasions et Alp. Camille a été invité comme Jury à de nombreux concours.

1883, Amsterdam, médaille d'or; 

1884, Nice, membre du jury, hors concours ; 
1887, Hanoï, médaille d'or; 

1887, le Havre, membre du jury, hors concours; 
1888, Barcelone, membre du Jury, hors concours 

1889, Paris, membre du jury, hors concours

1889, Paris (exposition collective militaire), 
médaille d'or; 

1890, Londres, membre du jury, hors concours; 
1891, Moscou, vice-président de la cI. XXV. 

1893, Batavia, médaille d'or

1893, Chicago, concours cheval de la légion d'honneur

1895, Amsterdam, diplome d'honneur

1900, Paris, 2 grands prix, 2 médailles d'or.

1902, Hanoi, grand prix.

Sur cette période, les salariés de l'entreprise ont reçu 6 médailles d'or, 7 médailles d'argent et 9 médailles de bronze.


Ce qui a surtout contribué à faire connaître cette maison en France et à l'étranger, c'est la réalisation d'un riche album colorié, diffusé dans toutes les parties du monde, et contenant pas moins de 120 planches. "Alp, Camille Jeune" y fait figurer: des articles d' équipements militaires de toutes sortes, différents types de harnais (- de luxe, de travail avec leurs pièces détachées), ainsi qu'un trés large panel de selles et autres produits de sellerie. Il est difficile de dater ces catalogues car il étaient constitués d'une jaquette comprenant des planches numérotées. La maison enlevait, rajoutait ou modifiait ces planches suivant les spécificités de production de l'année en cours. Seul, le livret de tarification annuel permet donc de dater ces catalogues en nous indiquant seulement que les éléments présentés étaient encore en vente à l'année du livret. Cela nous donne par contre aucune information sur la date de création du harnachement.

Cette pratique perdura lorsque, dans les années 1900, Alp. Camille s'associa avec son fils;  la maison devint "Alp Camille § Fils". Voici quelques-unes de leurs réalisations civiles, extraites de ce catalogue.

Les commentaires ont été, quant à eux, retrouvés dans une tarification de 1898, malheureusement incomplète, de "Alp Camille jeune".

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Harnais pour voitures de travail et de service

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Harnais de voiture de place: garniture nickel ruban, boucles simples, collier verni ouvert du bas, attelles tirage à violon et à olives, traits avec mains d'olive, boucleteaux dans le bas de boucles jonc vernis, sellette 1/2 vernis, à mancelle, avec porte brancard fer verni, panneaux treillis noir, reculement et barre à fourche, le tout en cuir simple monté à fourreaux,mors allemand étamé, crochet de rènes"

La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Nous avons largement présenté ce harnais à colliers métalliques, utilisé par la Compagnie générale des omnibus, dans l'article:

 

"Collier metallique dit aussi élastique"

 

Harnais de poste

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Paire harnais de poste: cuir noir à la Daumont, bricoles avec tabliers, trait corde enveloppé cuir, selle de poste avec étrivières et étriers, bride avec oeillères vernies, fronteaux à clous et à blaireau, grelottières queue de renard, mors omnibus polis, garniture cuivre nickel"

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Paire de harnais de poste: cuir fauve, bricoles à tabliers, mantelets de poste, traits cordes, grelottières, queues de renard, mors allemands,embouchures fixes étamées, garniture cuivre nickel."

 

Harnais spécifiques à des types de voitures.

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Harnais cabriolet: cuir simple monté à foureaux, collier verni, attelles ordinaires, traits rivés, 18 lignes avec boucleteaux dans le bas, sellette 1/2 vernie, panneau serge, reculement à barre à fourche, oeillères vernies, panurges à la sous-gorge, frontal verni"

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Paire harnais d'Omnibus: garniture jonc vernie, colliers à système, traits à crochets dans le haut et chaines dans le bas, reculement barres croisées, surdos de milieu, longues croupières bouclant aux colliers, guides simples, brides sans oeillères, mors omnibus étamés."

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Harnais de tapissière; doublé, bombé à fourreaux, collier verni, attelles tirages à violon et à olives, sellette vernie à coulisse, panneau serge, reculement à la fermière, guides simples, bride à oeillères vernies, panurges au dessus de la tête; frontal à lame, cocardes pleines sans mors, grelottières à blaireau"

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Harnais de luxe:

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Harnais à bricole

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Harnais cabriolet, cuir jaune à bricole, barre doublée, le reste cuir simple, le tout monté à foureaux, sellette d'une pièce panneau serge; bride avec panurges à la sous-gorge, frontal à un jonc, cocardes pleines.Garniture jonc, bouclerie à talon." 

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"

"Paire harnais cuir noir à bricoles: mantelets vernis à troussequins, panneaux serges, traits à crosse fixes, reculement barres à fourches, le tout doublé plat, monté à passants, brides avec panurges au dessus de tête, fronteaux vernis, cocardes pleines."

 

SU

Harnais paire pour 2 roues

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

La maison "Alp.Camille jeune" (plus tard Alp. Camille § Fils" fournissait donc des équipages complets mais vendait également au professionnels de la sellerie toutes les pièces nécessaires à la réalisation de leurs propres harnachements; colliers, passants, bouclerie, arçons... 

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Nous terminons cette présentation par quelques modèles de selles.

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

 Un des facteurs de la puissance industrielle de "Alp.Camille jeune" (et plus tard de Alp. Camille§Fils) fut la propriété de nombreux brevets qu'elle avait déposés ou dont elle avait acquis l'exclusivité comme, dans les années 1890, le brevet d'origine autrichienne de la selle, réputée incassable; "Gelle Keen".

"Il serait trop long de vous dire tout le bien que je pense de la selle Gelle Keen. Voici ce qui résume ma pensée: toutes les qualités sans défauts"

- James Phillips, maître de haute école-

Dans les années 1900, la société "Alp Camille § Fils" obtiendra, quant à elle, le monopole de la vente des selles Ellimac.

 

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Comme nous l'avons vu, la sellerie militaire a été un des facteurs du développement de l'activité de cette grande maison mais elle le fut également pour de nombreux autres selliers. En 1918, il restait encore sur Paris une trentaine de maisons capables de répondre aux besoins qualitatifs et quantitatifs des armées. La maison Camille, en tant que telle, n'apparaît plus sur les listings. Il reste, certes, une société  "Combes- Camille", impasse Jean Bausire, dont je n'ai trouvé pour l'instant aucun lien avec la maison "Alp. Camille § Fils".

La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

 

Texte:

Patrick Magnaudeix

(Figoli)

Documentation:

 

"Une grande maison de sellerie parisienne". Panthéon de l'industrie de Juin 1892

Catalogue "Alp. Camille et fils" 

Catalogue "Alp. Camille Jeune"

Tarif des salaires "Syndicat général de la sellerie"

 

Collections Fabre et Magnaudeix

D

 

Informations supplémentaires.

 

Nous complétons cet article par quelques informations sur les conditions de travail des salariés de ces selleries de type industriel.

En effet, la production de masse de ces entreprises, travaillant pour les armées, nécessitait une organisation particulière et un personnel hautement qualifié, aux compétences diversifiées; coupeurs, apprêteurs, confectionneurs, selliers, mécaniciens, maillocheurs, ...

Le barème de paiement, établi par le Syndicat général de sellerie de 1918, nous donne quelques informations sur les modalités de paiement des salariés.

La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Bien que tardif, ce barème met en évidence deux types de paiement:

- à l'heure

On note la large différence de salaire entre hommes et femme puisque, en moyenne, les femmes gagnaient 25% de moins que les hommes. 

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"

4

- à la tâche

Les travaux liés à chaque tâche étaient trés précisément déterminés. 

 

La sellerie "Alp. Camille jeune"
La sellerie "Alp. Camille jeune"

 

Un dernier détail:

 

Dans les années 1890-1900, quelques soient les types de paiement, les journées de travail allaient de10 à 12 heures de travail. Dans les années 1850, donc à l'époque où l'entreprise était gérée par M Trousselle, les journées avaient une amplitude de15h avec une pose repas, ce qui correspond à 13-14heures travaillées..

Voici, en exemple, le livre du personnel, datant de 1848, du sellier carrossier Ronzier de Bourges. Ce document souligne l'application généralisée de ces amplitudes horaires au secteur de la sellerie et de la carrosserie en spécifiant que les journées de travail commençaient à 5h et se terminaient à 20h.

 

Extrait livre du personnel Sellier carrossier Ronzier à Bourges 1848. Fond Ronzier -collection Patrick Magnaudeix-

Extrait livre du personnel Sellier carrossier Ronzier à Bourges 1848. Fond Ronzier -collection Patrick Magnaudeix-

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 08:56

N'hésitez pas à consulter les 1200 articles, vidéos,albums... de ce blog que vous trouverez classés dans "thèmes favoris" sur la colonne de droite et sur la barre d'accueil.

 

Comment faire le bon choix de harnais pour atteler une voiture ancienne? C'est une . question délicate. Les harnais anciens qui arrivent jusqu’à nous, mis à part certains harnais historiques, sont du début du XX° siècle ou ont subi moultes modifications. De plus, ils ne correspondent pas obligatoirement au type de voiture que nous voulons atteler. Donc, faire réaliser une copie du harnais ayant appartenu à son arrière grand- père n’est pas la meilleure solution.

De fait, à chaque époque, les modèles des harnais étaient dépendants :

                      - des connaissances techniques ; le traitement des cuirs, l’évolution du roulement des  voitures,…

                      - de la conformation des races de chevaux utilisées suivant les types de voitures et les périodes.

                      - des types d’équipages. Ex : poste, classique, Daumont, gala,…

                      -de l'utilisation, donc de la qualité recherchée. Ex : pour maison de maître, location, entreprise,... 

                      - et, bien sûr, des modes esthétiques du moment qui pouvaient même avoir de l'influence sur l’ajustement du harnais au cheval. 

Les règles de choix peuvent donc être multiples et nous vous proposons, pour vous aiguiller, de feuilleter des catalogues de sellerie  du dernier quart du XIX° siècle. Etant donné que les utilisateurs faisaient réaliser leurs harnais selon leurs choix esthétiques et la spécificité de leurs chevaux, (donc de façon différente des propositions des catalogues), nous complèterons ces dessins par des photos d'époque.

Aprés vous avoir présenté les harnais d'attelage à un cheval, à deux chevaux nous vous présentons les harnais d'équipages à quatre chevaux.

 

Harnais à quatre chevaux

 

 

Avant de vous présenter les attelages à quatre du dernier quart du XIX°, nous allons, pour le plaisir des yeux,  faire un retour en arrière en vous présentant brièvement des harnais  à plusieurs rangs datant du XVIII° siècle dont voici un élément daté de la moitié du XVIII°.

 

A noter la différence de bouclerie entre la face interne ou externe du harnais.(collection privée)
A noter la différence de bouclerie entre la face interne ou externe du harnais.(collection privée)
A noter la différence de bouclerie entre la face interne ou externe du harnais.(collection privée)

A noter la différence de bouclerie entre la face interne ou externe du harnais.(collection privée)

Les brides pouvaient, en plus de leur riche décoration, être ornées de différents éléments comme, nœud à l’oreille, gland à côté de l’œillère, aigrette sur le dessus de la tête.

Les embouchures utilisées sont variables mais moins nombreuses que dans les époques précédentes.

 

Harnais à quatre chevaux

Les harnais montés à bricole peuvent sous Louis XV avoir des montages divers. Pour des raisons esthétiques certaines parties du harnais sont souvent multipliées. Les harnais étaient faits « de cuir blanc bordé ou noir, ou de maroquin, de drap de velours, de Roussi etc… » -Garsault- La bouclerie était ouvragée.

Harnais à quatre chevauxHarnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevauxHarnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevauxHarnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevauxHarnais à quatre chevaux

Les attelages de cérémonie d'une grande partie du XIX° seront des versions simplifiées de  ces harnais tout en gardant une bouclerie domptueuse et certaines décoration; aigrettes, glands,...

Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais du carrosse du sacre de Charles X (premier quart du XIX°)

Harnais du carrosse du sacre de Charles X (premier quart du XIX°)

Nous allons vous présenter maintenant les harnais usuels du dernier quart du XIX° siècle; en premier, les harnais de catalogues des années 1870,1880; Léné, Guinard,... Les harnais proposés par Léné et Janson, selliers harnacheurs en 1878 (édités par le GDC), sont accompagnés d'une présentation; type de véhicule et de cheval auxquels ils sont destinés, description technique de chaque pièce les composant,.. Nous complèterons cette présentation de quelques précisions puisées dans" l’art d’atteler" de Faverot de Kerbrecht.

Pour chaque type de harnais des photos d’époque vous permettront de noter quelques différences entre les harnais des catalogues et ceux utilisés au quotidien.

 

 

Attelage à quatre en grandes guides

 

Harnais à quatre chevaux

Chevaux de devant légers et élégants, ceux de timon grands et biens membrés. Cet attelage, difficile à conduire, peut être appliqué aux calèches, landaus vis-à-vis à huit ressorts mais plus spécialement au mail-coach, grands breaks-omnibus, chars à bancs et enfin à toute voiture dont le siège est très élevé.

 

Brides

Harnais à quatre chevaux

 

Œillères en cuir verni, modèle à la hache ; frontaux en cuir verni avec chaines ; panurges mobiles à crochets, montées sur chaine ; muserolles mobiles montées sur anneaux ; mors en acier à échelons, branches à losange. Les têtières, les sous gorges, les sous-barbes, et les plats de rênes sont en cuir simple non piqué.

Les brides des timoniers ont, placé sur les têtières, des clefs à quatre doubles.

Harnais à quatre chevaux

Martingales, à contre sanglons prenant aux colliers, les plaques en cuir verni montées sur anneaux. Dans l’extrémité de ces martingales passent les sangles.

Colliers en cuir verni, cintrés et renversés en arrière, légers à leur partie supérieure ; attelles enveloppées de cuir verni ; grands boucleteaux montés à chapes fixes sur les tirages des attelles.

Mantelets, de trois pièces en cuir verni, modèle à poire, dont les mancelles soutiennent les grands boucleteaux ; sangles à quatre boucles. Les mantelets de timon plus étoffés ont des crochets à quatre, portant clefs.

Traits des chevaux de volée, fixés aux palonniers par de faux mousquetons en acier et bouclant dans des boucles à crampons

Traits des timoniers fixés aux paumelles de la volée et bouclant dans les boucles à crampons des grands boucleteaux de même que les reculements.

Surdos, découpés à poire avec porte-traits de dehors en cuir verni.

 

Reculement, avec barres à fourches découpées et porte-traits dont ceux de dehors en cuir verni.

Guides :

Guides à quatre passant dans les clefs des crochets à quatre et dans celles des têtières, puis dans les clefs des mantelets et les anneaux de guide des chevaux de devant.

Guides des chevaux de timon, passant dans les clefs de leurs mantelets.

 

Harnais à quatre chevaux

Ces quatre harnais sont montés à fourreaux quadrillés. Les cocardes, les chaines des frontaux, les panurges et les chaines sur les brides, les anneaux de guide des attelles, les boucles des grands boucleteaux, les crochets, les clefs et les croissants des mantelets, ainsi que les clefs de têtière et celles de crochets à quatre des harnais de derrière, sont en fer forgé en maillechort, plaqué en argent, ou bien en cuivre. Ces harnais sont ornés de tête de renards ciselées, sur les cocardes, les pièces vernies, les surdos et les barres à fourche

Voici de la même période deux autres harnais à quatre à grandes guides du sellier Guinand.

Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux

Vous trouverez dans l'article "Harnais à deux chevaux", des précisions sur l'ajustement des harnais tel que le préconise Faverot de Ferbrecht. Voici les informations spécifiques qu'il apporte sur l'utilisation des harnais à quatre en grandes guides.  

Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux

Nous concluerons la présentation de ce type de harnais par des photos de l'atelier photographique Delton.

Duc à quatre poneys mené par Mme Mussard. Delton 1867

Duc à quatre poneys mené par Mme Mussard. Delton 1867

Phaeton Duc à dame mené par Mme Rita del Erido. Delton1900

Phaeton Duc à dame mené par Mme Rita del Erido. Delton1900

 

Attelage à quatre de poste

Harnais à quatre chevaux

Chevaux percherons, gris-pommelé, ceux de derrière un peu plus forts. Attelage pour char à bancs, omnibus, et en général toute voiture contenant un grand nombre de places, mais sur lesquelles il ne doit pas exister de siège pour le cocher, puisque le menage se fait par postillons. Equipage de grande maison, propice aux longs parcours, chasses, courses, etc.

 

Chevaux de devant

 

Harnais à quatre chevaux

Brides, en cuir noir gras, ainsi  que tous les cuirs de cet attelage ; œillères, coins de devant arrondis, sans tôles à ,l’intérieur ; fronteaux garnis de clous en métal et bordés de blaireau ; grelottières bordées de blaireau semblable et garnies de grelots et clochettes ; mors dits allemands en fer étamé. Sous ces brides, des licols de même cuir avec alliances en métal et longes contournant le cou des chevaux. Longe de main placée au dernier banquet du mors du cheval de main, et rênes de porteur placée de même sur le mors de l’autre cheval et dont l’extrémité repose sur la selle.

Bricoles ou poitrails en forte vache grainée, et rempliées. Sous ces bricoles, tabliers en cuir noir très souple afin d’éviter les froissements d’épaules qu’elles occasionnent souvent. Dessus de cou supportant les bricoles.

Mantelets (sur le cheval de main), à poire, sans tôle à l’intérieur et dont les mancelles soutiennent les grands anneaux de bricoles.

Harnais à quatre chevaux

Selle de poste (sur le cheval porteur), en fort cuir jaune avec plaque de pommeau et contour de trousquin en métal ; sangles et étrivières en cuir noir ; étriers en fer verni noir ; tablier de postillon en veau jaune enroulé sur le devant de la selle ; fouet de postillon en veau blanc ; porte-traits montés sur des anneaux d’ailerons.

Croupières, passant dans la chape de croupière de la selle et dans celle du mantelet et montées sur culerons rempliés.

Surdos, sur le cheval de main avec porte-traits.

Traits, en corde noircie, montés d’un bout sur la volée et de l’autre bout garnis d’œillets contournés en métal, lesquels sont reliés aux grands anneaux de bricoles par des boucleteaux.

Chevaux de timon

Harnais à quatre chevaux

Les harnais identiques à ceux de devant, mais avec chaînettes de timon prenant dans les anneaux de bricoles ; reculement à barres simples croisées, montés sur anneaux avec courroies de reculement, reliant ces anneaux à ceux de la bricole.

Ces quatre harnais montés à passants ordinaires formés. Toute la bouclerie sans exception, en cuivre. Les grelots et clochettes des grelotières, en cuivre fondu. Chiffres unis sur les œillères et les mantelets.

 

 

Ce tableau de Condamy et cette photo de Delton nous montre ce type d'attelage en mouvement.

Tableau de Condamy

Tableau de Condamy

Poste du Prince Rafziwill. Delton 1906

Poste du Prince Rafziwill. Delton 1906

Une autre manière d'atteler en poste avec un seul postillon semble avoir été à la mode au début du XX° siècle.

Break de chasse en poste française au marquis de Pomereu. Delton 1895.

Break de chasse en poste française au marquis de Pomereu. Delton 1895.

Coupé huit ressorts en grande poste du prince Radziwill. Delton 1906

Coupé huit ressorts en grande poste du prince Radziwill. Delton 1906

Char à bancs de chasse en poste à la Française lors d'une chasse à Rambouillet offerte par le comte Potocki au président Felix Faure

Char à bancs de chasse en poste à la Française lors d'une chasse à Rambouillet offerte par le comte Potocki au président Felix Faure

Chevaux de poste en grandes guides

Harnais à quatre chevaux

Chevaux blancs, percherons ; attelage de grande maison, dont le menage demande certaines aptitudes ; il peut être appliqué aux voitures de grande d’Aumont, mais plus spécialement aux mail-coachs, chars à bancs et à toutes voitures dont le siège est très élevé et avancé sur les chevaux de timon. 

 

Chevaux de devant

Harnais à quatre chevaux

Brides, en cuir gras ainsi que tous les cuirs de cet attelage ; œillères cuir arrondis devant, sans tôles à l’intérieur ; fronteaux ornés de clous en métal garnis de blaireau à la partie inférieure ; grelotières bordées de blaireau semblable et garnies de grelots et clochettes ; licols avec alliances en métal et longes enroulées sous les brides aux encolures des chevaux ; mors de poste étamés.

Brides chevaux de timon

Brides chevaux de timon

Bricoles ou poitrails, en forte vache grasse grainée, et rempliées ; ces bricoles sont supportées par des dessus de cou et maintenues aux mantelets par des courroies.

Mantelets, à poire, sans tôle à l’intérieur et dont les mancelles soutiennent de grands anneaux de bricoles ; sous ventrière bouclant à la partie inférieure de ces anneaux.

Croupières, passant dans les chapes de croupières des mantelets et bouclant aux culerons.

Surdos, simples formant porte-traits.

Traits en corde noircie, noués sur les entailles de la volée de timon et prenant aux anneaux de bricoles par des boucleteaux passant dans les œillets, garnis de métal, des traits.

 

Chevaux de timon

 

 

Harnais à quatre chevaux

Les harnais identiques à ceux des chevaux de devant, mais avec des chainettes de timon prenant dans les anneaux des blanchets de bricoles ; et, en remplacement des surdos, des reculements à barres simples croisées avec porte-traits placés sur les anneaux ; les traits semblables aux précédents, mais noués aux pommelles d’avant train.

Guides à quatre, en cuir simple passant dans les clefs centrales des mantelets de derrière, dans les anneaux de têtières des mêmes harnais, dans les clefs des mantelets et les anneaux de bricoles des harnais de devant.

Guides des chevaux de timon,, même cuir, passant dans les clefs de mantelets et les anneaux de bricoles. 

Ces harnais sont montés à passants ordinaires formés ; ils sont ornés de chiffres unis sur les œillères et mantelets.

 

Voici en photo un modèle avec des bricoles de poste classiques.

 

Harnais à quatre chevaux

 

Harnais de grande Daumont

Harnais à quatre chevaux

Chevaux de devant légers et élégants, ceux de timon grands et bien membrés. Attelage riche et fastueux, de grande maison, pour calèches, landaus et vis-à-vis à huit ressorts, avec coffres détachés devant et derrière.

 

 

Chevaux de devant

Harnais à quatre chevaux

Brides, œillères en cuir verni, modèle à hache ; fronteaux et cocardes en soie de deux couleurs ; panurges montées sur entre deux fixes ; rênes à panurges, muserolles mobiles montées sur anneaux ; mors en acier, branches à la Wellington, avec barrettes ; filets à panurges en acier ; italienne placée en dehors du cheval de main ; longe de main au même cheval et rênes de porteur au cheval porteur.

Brides chevaux de timon

Brides chevaux de timon

Martingales, à contre sanglons, prenant aux colliers avec plaques en cuir verni montées sur anneaux. Dans l’extrémité de ces martingales passent les sangles.

Colliers, en cuir verni, cintrés et renversés en arrière, légers à leur partie supérieure ; attelles, plaquées en plein, sans anneaux de guides ; grands boucleteaux montés sur les tirages d’attelle par des chapes fixes.

Selle et mantelet. Selle sur le cheval porteur, garnie d’étriers, étrivières, sangle, fausse sangle, et fouet de Daumont. Mantelet sur le cheval de main.

Croupières, l’une passant dans la chape de croupière de la selle, l’autre dans celle du mantelet, toutes deux bouclant au culerons.

Surdos, modèle découpé  à poire, avec porte-traits dont ceux de dehors en cuir verni.

 

Chevaux de timon

 

Harnais à quatre chevaux

Brides, Italienne,, longe de main, rêne de porteur, selle et accessoires, fouet, mantelet et croupières, identiques à ceux des chevaux de devant.

Chainettes de timon, en cuir prenant aux colliers.

Les boucles à crampons des grands boucleteaux, masquées par les quartiers de selle, sont à pitons forgés à même.

Reculements, avec barres à fourches et porte-traits, dont ceux de dehors en cuir verni.

Traits, fixés aux paumelles de la volée et bouclant dans les boucles à pitons de même que les reculements.

Traits de Daumont, reliant les chevaux de devant à ceux de timon, montés sur mousquetons, lesquels s’accrochent aux pitons des grandes boucles et vont boucler dans celles des grands boucleteaux de devant. Ces traits sont soutenus dans leur étendue par les porte-traits de devant et par ceux de derrière, placés sur les grands boucleteaux, prés des chapes fixes.

Ces harnais, dont ceux de derrière plus étoffés, sont montés à fourreaux quadrillés ; ils sont ornés d’écussons et couronnes ciselées sur les œillères, les martingales, les hausse-cols des colliers, les mantelets, les surdos, les barres à fourches et les porte-traits.  

Bouclerie, Les panurges des brides, les attelles des colliers, les boucles de chainettes, les boucles à crampons et les dais de traits, sont en fer forgé ou en maillechort, plaqué argent ou bien en cuivre. La petite bouclerie est entourée de cuir et vernie.

 

Voici la description de ce type d'attelage par Faverot de Kerbrecht.

 

 

 

Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux
Harnais à quatre chevaux

Voici quelques exemples de ces attelage d'exception.

Grande Daumont Comte de Lambertye. Delton 1866

Grande Daumont Comte de Lambertye. Delton 1866

Grande Daumont à Mme de Metterwick. Delton 1866

Grande Daumont à Mme de Metterwick. Delton 1866

Grande Daumont au prince Radziwill. Delton 1906.

Grande Daumont au prince Radziwill. Delton 1906.

Grande Daumont du président Sadi Carnot. Delton 1889

Grande Daumont du président Sadi Carnot. Delton 1889

Harnais à quatre chevaux
896. S M le Roi d'Angleterre Edouard VII accompagné du Président Emile Loubet aux courses à Longchamp

896. S M le Roi d'Angleterre Edouard VII accompagné du Président Emile Loubet aux courses à Longchamp

1896. Entrée à Paris de Nicolas II de l'impératrice accompagnés du président Felix Faure

1896. Entrée à Paris de Nicolas II de l'impératrice accompagnés du président Felix Faure

Patrick Magnaudeix

(Figoli)

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:09

 

Articles de voyage en 1896

 

Articles de voyage en 1896

 

A la fin du XIX° siècle, le chemin de fer a largement étendu son réseau et a détroné depuis longtemps la diligence; pour les grandes destinations mais également pour certains réseaux locaux. Le transport hippomobile se cantonne donc aux liaisons courtes vers les lieux non desservis par le réseau ferré. 

 

Sorties de gares avec les "Pataches", "Omnibus d’hôtels",.. équipés de leurs échelles pour monter les bagages.Sorties de gares avec les "Pataches", "Omnibus d’hôtels",.. équipés de leurs échelles pour monter les bagages.
Sorties de gares avec les "Pataches", "Omnibus d’hôtels",.. équipés de leurs échelles pour monter les bagages.

Sorties de gares avec les "Pataches", "Omnibus d’hôtels",.. équipés de leurs échelles pour monter les bagages.

 

 La bagagerie a du s'adapter à la multiplication des transbordements entre ces deux moyens de transports.Elle est plus solide fonctionnelle, et en même temps du fait de la "démocratisation" du transport, accessible à un plus large public. Elle est même vendue par correspondance comme vous allez le découvrir dans ce catalogue "Manufrance" de 1896.

 

Articles de voyage en 1896

 

Cette bagagerie est constituée:

 

-de malles spécifiques aux hommes, aux dames, aux types d'utilisations, mais aussi aux activités des utilisateurs.

Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896

 

-de sacs, valises,... 

Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896

 

-de trousses et nécessaires de voyage,...

Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896

 

-mais aussi de bagages pécifiques; étui à chapeau, protège parapluie, porte couverture ou plaid de voyage, caisse à chat,...

Articles de voyage en 1896
Articles de voyage en 1896

 

 Ce catalogue ne nous présente qu'une qualité de bagagerie destinée aux classes moyennes. Ouvriers et paysans se contentant, quant à eux, de baluchons et de valises en carton. Quand aux plus riches, les grandes maisons comme Vuiton leur proposent du haut de gamme souvent sur mesure. 

 

Articles de voyage en 1896

 

Vous avez pu le constater dans l'article "Tilbury démontable Vuiton et Morel" avec cette étonnante série de malles pour voiture démontable.

 

Articles de voyage en 1896

 

Texte:

Patrick Magnaudeix

(Figoli)

 

Documentation;

Catalogue manufrance, photos,... collection de l'auteur

 

 

Articles de voyage en 1896

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 07:48

La mule et l'attelage au joug "landais"

 

dans les landes de Gascogne;

 

2° "Le joug à collier"

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Nous vous avons présenté dans la première partie; "La mule et le joug landais dans les landes de Gascogne" 1° histoire", la mutation du territoire des landes de Gascogne. Il a connu, en quelques décennies, une transformation radicale de sa physionomie et de son économie; la disparition de landes marécageuses transformées en massifs forestiers de pins, la supplantation progressive de la traction bovine par la traction muletière et le remplacement des carts à traction bovine par les bros à traction muletière. 

Mules et boeufs attelés au carts (carts, kas)

Mules et boeufs attelés au carts (carts, kas)

Depuis les temps anciens, aux  côtés des carts, étaient utilisées des charettes à 2 roues, tractées également par des bœufs et appelées Bros. Au contraire des carts, voitures à quatre roues à la voie étroite de faible contenance versant facilement, les bros étaient adaptés pour circuler dans les dunes de sable d'où la généralisation de leur utilisation pour sortir la gemme et le bois des « pignadas ». 

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Le « bros »

 

L’intensification de la production forestière, le désenclavement des Landes opéré par l’arrivée des chemins de fer en 1854, la mise en place de réseaux routiers locaux liés aux chantiers d’assainissement et d’ensemencement, nécessitèrent l'amélioration de ces voitures qui devaient porter des charges de plus en plus lourdes. Un article du Sport illustré, de 1899, précise que les bros en pleine charge pouvaient peser de 2t5 l’hiver à 3t5 l’été. Les véhicules en eux-mêmes pesaient de 500 à 1000Kg.

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Les muletiers attelaient souvent deux bros à la même paire de mules, ce qui pouvait leur faire porter une charge de 4,5 à 5 tonnes. Nous verrons ultérieurement que ces charges vont fortement augmenter avec l'utilisation des pneumatiques "Michelin", en 1933.

Exemple de deux charrettes accouplées pour une seule paire de mules.

Exemple de deux charrettes accouplées pour une seule paire de mules.

Le "bros" est donc un véhicule extrèmement rustique et résistant.

C'est  un véhicule à deux roues; la hauteur de celles-ci varie de 1m40 à 1m70; les moyeux et les rayons sont en accacia, les jantes en chêne, protégées par un cercle de fer de 16 à 30 mm d'épaisseur. La voie (distance entre les deux roues) est à peu prés constante; 1m55-1m60. Ces roues, pour offrir moins de prise à l’effet adhésif du sable, l'été, et pour éviter l’embourbement, l’hiver, sont très larges: généralement de 10 à 12 cm mais pouvant aller jusqu’à16-18 cm. 

Les bandages très larges caractéristiques de ces voitures peuvent atteindre des largeurs exceptionnelles.
Les bandages très larges caractéristiques de ces voitures peuvent atteindre des largeurs exceptionnelles.

Les bandages très larges caractéristiques de ces voitures peuvent atteindre des largeurs exceptionnelles.

Voici des roues d'une largeur assez étonnante utilisée pour l'extraction des sables.

Voici des roues d'une largeur assez étonnante utilisée pour l'extraction des sables.

La partie utilisable du bros, dite cuve, peut avoir diverses contenances mais elle est souvent assez grande pouvant, par exemple, contenir, dans la longueur, cinq barriques de résine de 340 kg chacune.

Le timon appelé aussi aiguille, assez court;1,90-2m, est ferré en son extrémité. Les mules y sont fixées par le joug au moyen d’une cheville de fer. Fixé sous la cuve, il peut, suivant la dimension des roues, être droit, incliné ou coudé.

Voici le témoignage des derniers charrons constructeurs de "bros" du village de Soustons (recueillis, dans les années 1990, par Nicole de Senneville Sainte Marie dans son ouvrage "Les mules")

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

 

Le joug pour mules.

 

Depuis l’antiquité, les mules sont attelées en paire au joug pour les travaux agricoles, en particulier le labour; par exemple en Espagne.

« En quelques provinces d’Espagne, on emploie des mules au labourage; ces mules sont attelées au moyen d’un joug. A chacune des extrémités de ce joug sont fixés deux bâtons inclinés entre lesquels se place le cou de la mule »

-Traité de mécanique appliquée 1819-

L’encolure de l’animal est protégée par un coussin en forme de collier s’attachant par le bas. La perche de la charrue s’attache au milieu du joug

Deux jougs pour mules originaires d'espagne
Deux jougs pour mules originaires d'espagne

Deux jougs pour mules originaires d'espagne

Un autre type de joug à utilisation agricole est couramment employé pour les bovins mais aussi pour les mules. Il s’agit du joug dit: à cadre ou à fenêtre. Ce type de joug est également très ancien et Ringelman, dans « Génie rural » (1912), fait remonter son origine aux Macédoniens.

On le retrouve dans différents pays européens comme le montre ce joug d’origine roumaine conservé au musée de Tulcea.

joug roumain pour bovins

joug roumain pour bovins

Vous pouvez en voir ici un modèle très rustique du centre de la France avec ses  typiques coussins de protection de l'encolure.

Carte coll Ollivier Courthiade

Carte coll Ollivier Courthiade

Les différentes variantes de ce type de joug à cadre sont constituées de deux perches horizontales reliées par des montants en bois. Aux extrémités de ces deux traverses se trouvent deux orifices dans lesquels sont introduits deux barreaux en fer. Les barreaux extérieurs sont amovibles pour permettre le passage du cou des animaux par le côté. L’encolure de la mule est protégée par un rembourrage, sans attelles, en forme de collier se fermant par le bas

Dessin de joug à cadre et exemple de coussin.
Dessin de joug à cadre et exemple de coussin.

Dessin de joug à cadre et exemple de coussin.

Joug de mule à cadre conservé au musée de Lacaume dans le Tarn.

Joug de mule à cadre conservé au musée de Lacaume dans le Tarn.

Le joug à cadre était couramment utilisé dans des régions proches des Landes de Gascogne, tout particulièrement en Catalogne et dans le Roussillon, sous l’appellation de  « coran ». (Ces "corans" étaient également utilisés pour les chevaux en plaine ; région montalbanaise et nord toulousaine -O Courthiade-)

Ce joug à cadre relativement léger a des montants horizontaux aux formes arrondies.

Joug à mule de la région de Castres conservé au musée du Rouergue (Incomplet car sans anneau central)

Joug à mule de la région de Castres conservé au musée du Rouergue (Incomplet car sans anneau central)

Les modèles de « coran » étaient dotés d’un anneau métallique articulé, fixé aux traverses intérieures, permettant de centrer le joug et, de part sa mobilité, facilitant le tirage. 

modèle conservé au musée de Clions en Charente

modèle conservé au musée de Clions en Charente

Modèle d'une collection privée.

Modèle d'une collection privée.

Olivier Courthiade conserve, dans sa collection, un coran règlable dont la forme rectangulaire est semblable au joug landais mais qui est toujours équipé de tiges metalliques et non de mortaises (voir différence avec le joug landais sur la photo ci-dessous). Bien que plus évolué, il était toujours positionné sur des colliers trés rembourrés sans attelles apparentes. Cependant des attelles intérieures permettaient de le rigidifier.

Rembourrage en forme de coussin et coran réglable avec, derrière, un joug landais. Coll O. Courthiadec
Rembourrage en forme de coussin et coran réglable avec, derrière, un joug landais. Coll O. Courthiadec

Rembourrage en forme de coussin et coran réglable avec, derrière, un joug landais. Coll O. Courthiadec

Ce type de rembourrage, adapté à la traction agricole, n’était pas suffisant pour tracter de lourdes charges dans les pistes aux sables profonds des Landes. 

Le joug à collier landais, forme la plus évoluée des jougs à cadre, apporta la solution à ces nouvelles contraintes de traction, à partir des années 1840-50. Sa grande innovation réside dans le renforcement du joug mais surtout dans le remplacement du coussin de protection par un collier en bois.

Le joug à collier landais

 

Si le joug en lui même est, semble-t-il, une évolution du joug à cadre, le collier landais, quant à lui, est unique dans sa conception ( il existait bien, dans l'Isere, un joug à collier "la Couleulive" mais dont l'utilisation se limitait aux seuls travaux agricoles*).

Je n’ai pas trouvé de sources permettant de préciser l’origine de ce collier landais. Cependant, la forme homogène de ce modèle, dans l’ensemble des Landes de Gascogne, me fait penser qu’il s’agit d’un projet conçu par un commanditaire ou un groupe de personnes mais pas d’une adaptation progressive et complémentaire de différents utilisateurs. Toutes les informations sur cette origine seront les bienvenues.

 

Harnais landais complet. comprenant le joug, les colliers garnis de leurs protection en peau de mouton, et des licols.

Harnais landais complet. comprenant le joug, les colliers garnis de leurs protection en peau de mouton, et des licols.

Joug à collier landais présenté sur les mules d'Olivier Courthiade.

Joug à collier landais présenté sur les mules d'Olivier Courthiade.

Le joug

 

Ce joug de type à cadre, réalisé en acacia d’environ 7 cm d’épaisseur, est formé de deux pièces de bois, appelées "pelles", qui sont fixées par deux autres pièces de bois transversales; les "montants", eux-mêmes renforcés par deux tringles métalliques. Les deux « pelles » sont transpercées par des mortaises traversées par des courroies qui permettent de régler l’écartement des deux animaux. La pelle inférieure est dotée d’une plaque de frottement à l’avant où d’un crochet à l’arrière pour fixer la chaîne lors du débusquage ou la manipulation de troncs d’arbres. 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Pour la traction d’un véhicule, l’extrémité du timon passe et se fixe par une cheville en fer dans une pièce métallique dite « molade » ; ronde pour une utilisation de travail, ovale pour une utilisation de charroi sur les routes. Cette « molade » est articulée sur des coussinets de fer supportés par les montants. Cette articulation permet d’absorber, en partie, le mouvement de l’aiguille, facilitant ainsi le tirage.

Joug à molade ovale pour le charroi et joug de travail à  "molade" ronde
Joug à molade ovale pour le charroi et joug de travail à  "molade" ronde

Joug à molade ovale pour le charroi et joug de travail à "molade" ronde

Suivant la morphologie des animaux, ce joug de 25 à 30 kg se présente sous différentes tailles en largeur et en hauteur. 

 

Exemples de dimensions données en 1935 par le docteur Lagoethe dans son opus déjà cité.

Exemples de dimensions données en 1935 par le docteur Lagoethe dans son opus déjà cité.

Au cours de ses recherches, Olivier Courthiade a recensé pour ces jougs trois longueurs différentes suivant les travaux, quatre hauteurs différentes suivant la morphologie des animaux et donc la hauteur de leurs colliers.

 

Quelques modèles rassemblés chez Olivier Courthiade.

Quelques modèles rassemblés chez Olivier Courthiade.

 Le collier landais

 

A la différence du joug du Roussillon "coran" et autres modèles  de joug à cadre, le lourd joug landais ne se fixe pas sur d’épais « coussins » d’encolure mais sur de solides colliers en bois.

" Le collier est composé essentiellement de deux montants en bois avec un fort rembourrage et une fermeture inférieure avec crochet. Au sommet…, on y trouve une garniture en fer formant anneau ou « main » ; c’est là que passe la pelle supérieure du joug. " -Lagoethe-

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Les selliers landais donnent le nom de crémaillère à cette main.

Grace à l’amabilité et aux descriptions de Monsieur Hauquin, sellier spécialisé dans la fabrication du collier landais, nous pouvons vous présenter ce collier en détail.

Il est composé de deux bois fabriqués en vergne ou en platane dont les formes divergent suivant la morphologie de l'animal.

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Les deux montants sont liés, dans la partie supérieure, par la "crémaillère" fixée à l'aide de deux crochets, permettant ainsi d'assurer sa mobilité.

"Crémaillère" "Crémaillère"

"Crémaillère"

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Les bois sont protégés du frottement des pelles du joug par 4 plaques métalliques.Un crochet réglable ferme la partie inférieure du collier.

Position de la pelle dans la crémaillère.

Position de la pelle dans la crémaillère.

Un corps en paille est fixé dans le collier de bois

Outils et fabrication par François Hauquin du corps en paille
Outils et fabrication par François Hauquin du corps en paille
Outils et fabrication par François Hauquin du corps en paille
Outils et fabrication par François Hauquin du corps en paille

Outils et fabrication par François Hauquin du corps en paille

Ce corps de collier a un corps de paille d'un même tenant seulement plié en partie haute. Il se différencie des colliers classiques, entre autres bayonnais, dont la paille est cousue au sommet.

corps de collier bayonnais.

corps de collier bayonnais.

Le sellier finit le rembourrage avec de la bourre (poil de bovin récupéré au tannage) pour le coussin de protection de la crémaillère et du crin recouvert de toile de lin pour le collier. L'ensemble est protégé par une peau de mouton teintée en bleu, d'une largeur de 20 cm environ, qui peut se rouler par temps de grande chaleur.

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Sur certains colliers, on peut observer des tirants ou crochets permettant de fixer des traits. Les métayers attelaient, certes, au joug pour les gros travaux mais certains utilisaient les mules pour d'autres activités, entre autre avec des voitures à brancards. L'utisation du collier landais pour différents types d'attelages, et pas simplement au joug, devint ainsi un usage courant dans toutes les landes de gascogne.

Colliers landais à tirant pour chevaux et voiture de meunier attelé avec un collier en bois landais
Colliers landais à tirant pour chevaux et voiture de meunier attelé avec un collier en bois landais

Colliers landais à tirant pour chevaux et voiture de meunier attelé avec un collier en bois landais

Les colliers de la photo ci-dessus sont des colliers pour chevaux qui pouvaient également, bien que plus rarement, être attelés au joug.

attelage de chevaux au joug landais lors d'un mariage.

attelage de chevaux au joug landais lors d'un mariage.

Autres pièces du harnais.

 

Les mules étaient tenues en main grâce à un licol dont vous pouvez voir ici deux exemplaires.

Licol de mule nommé ausi "tausse" ou "tosse"

Licol de mule nommé ausi "tausse" ou "tosse"

Contrairement à ce que laissent voir certaines cartes postales, les licols de présentation ornés de clous n'étaient utilisés que dans des moments importants, comme des évènements festifs, mais surtout pour la présentation des mules aux commissions d'évaluation des "consorces". Les mules, seulement équipées du licol et sans mors, obéissaient généralement à la voix. Le muletier n'avait, en plus, pour aide que le bâton ou le fouet. Mais la loi obligeait l'utilisation d'un mors et de guides sur la voie publique ce qui fut source de nombreuses contraventions et conflits avec la maréchaussée.

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Suivant les saisons, le harnachement des mules se complétait de différentes protections:

L'été, le "paillat" protégeait des piqûres d'insectes: Il pouvait être composé d'une simple toile de jute agrémentée de franges en rafia. Il était souvent d'une esthétique plus recherchée et était alors confectionné dans une toile de couleurs vives, à carreaux, couvrant le dos et la croupe qui était décorée elle-même de franges à ficelle portant quelquefois des pompons rouges. La tête était protégée par un genre de rideau la "mousquère".

Par temps de pluie, les mules étaient protégées par d'épaisses toiles imperméables, généralement de couleur verte.

L'hiver, de grosses couvertures rugueuses de laine beige; " les marègues" ** souvent à rayures marrons, les isolaient du froid.

** Ces couvertures sont introuvables aujourd'hui. Le plus approchant est le "drap muletier à carreau" que l'on peut encore trouver chez le bourrelier Fattore 16 rue de la poste à Gravesson 13690.

 

 

Cliquez sur les photos pour agrandirCliquez sur les photos pour agrandir
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Le tissu de l'avant dernière photo est un coton "nommé siamoise" utilisé pour les couvertures d'été ou les toiles de renforçures des colliers légers pour tracter des jardinières
Le tissu de l'avant dernière photo est un coton "nommé siamoise" utilisé pour les couvertures d'été ou les toiles de renforçures des colliers légers pour tracter des jardinièresLe tissu de l'avant dernière photo est un coton "nommé siamoise" utilisé pour les couvertures d'été ou les toiles de renforçures des colliers légers pour tracter des jardinières
Le tissu de l'avant dernière photo est un coton "nommé siamoise" utilisé pour les couvertures d'été ou les toiles de renforçures des colliers légers pour tracter des jardinièresLe tissu de l'avant dernière photo est un coton "nommé siamoise" utilisé pour les couvertures d'été ou les toiles de renforçures des colliers légers pour tracter des jardinières

Le tissu de l'avant dernière photo est un coton "nommé siamoise" utilisé pour les couvertures d'été ou les toiles de renforçures des colliers légers pour tracter des jardinières

Certains muletiers de charrois ajoutaient des grelots attachés aux colliers.

 

Fonctionnement de l'attelage au joug landais:

 

Le joug est mis en place en deux temps. Sur un côté du joug, la "pelle" est passée dans la crémaillère et fixée au collier d'une des mules (en bouclant la lanière extérieure) puis l'autre côté est passé dans la crémaillère de la deuxième mule.Pour tenir compte de la morpohologie des mules, les lanières de cuir sont positionnées dans des mortaises plus ou moins écartées du timon. Mais ce réglage peut être plus complexe, et par exemple écarter une mule plus que l'autre, pour des animaux aux puissances différentes. (Le muletier équilibre ainsi les forces en utilisant l'effet bras de levier). 

L'un des défauts de cet harnachement est l'absence de reculement ce qui rend plus compliqué les mouvements en arrière. "Grace à son habileté dans l'art de conduire, le muletier parvient à faire reculer son bros, si lourd soit-il. Bien que les deux colliers glissent sur l'encolure, les mules obéissent à la voix et au fouet, elles s'arc-boutent et leur arrière-main, appuyant sur l'avant-train du véhicule, parvient à le faire reculer"- G Lagoethe-

Cette manoeuvre est rendue possible par la présence d'une "chainette" qui part du milieu de la pelle inférieure et se fixe au tiers du timon. Sans elle la pelle inférieure irait taper dans les ganaches des mules.

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

L'art du muletier ne s'arrête pas à la conduite de son attelage. Un bon muletier se définit avant tout dans sa compétence à charger son bros. La charge doit, en effet, être parfaitement équilibrée pour ne pas trop porter sur l'encolure de mules ni les étrangler en se relevant.

Voici un exemple de chargement d'un bros; le chargement des planches.

Le bros reposant sur son arrière, le muletier dispose d'abord une rangée de planches de chaque côté du bros sans dépasser la limite avant du véhicule. C'est dans cet espace ainsi délimité, où l'arrière-main des mules ne peut être en contact avec le chargement, qu'il entrepose, en l'avançant jusqu'au dessus du timon, le reste du chargement.

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Certains transports demandaient des compétences très particulières. Ainsi certains experts étaient capables de monter, seuls et sans grue, un chargement de long pins à usage de poteaux téléphoniques. Ils n'utilisaient que leur art du menage et un bros équipé d'un "pont" comme vous pouvez le voir sur ces photos.

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Dressage:

 

Les nouvelles mules d'un propriétaire, "les doublonnes", provenaient souvent, comme nous l'avons vu précedemment, d'un échange ce qui nécessitait une certaine rapidité dans le dressage. En effet, le muletier n'avait pas les moyens d'arrêter trop longtemps son activité et pour les métayers èleveurs les mules devaient être vendues dressées correctement au bout d'un an s'il voulait en tirer un bon bénéfice. Ils pouvaient compter sur la solidarité de leurs collègues ou voisins, aussi bien pour le prêt de mule que d'aide dans le dressage des leurs.

 

Temoignage de Georges Dubertrand de Ouere à    en 1999

Temoignage de Georges Dubertrand de Ouere à en 1999

Habituées, au départ, à marcher ensemble et à se familiariser avec le mors, elles étaient par la suite attelées à la herse pour leur apprendre la traction puis attelées au bros. Deux à trois mois étaient nécessaires pour les habituer à ce nouvel environnement et il était considéré qu'elles devaient être dressées complètement, donc répondre à la voix et au fouet, au bout de six mois. En effet, bien qu'obligatoire sur la voie publique, la conduite en guides était peu utilisée (ce qui est confirmé par les nombreux procés verbaux d'infraction de la gendarmerie).

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Ce dressage rapide s'appuyait sur des techniques que l'on peut définir comme fermes. L'utilisation de la "mougasse", autrement dit le tord-nez, est fréquemment citée, aussi bien dans les écrits que dans les recueils de témoignages oraux.

 

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Le dur labeur des mules:

 

Le travail demandé à ces mules, qu'elles travaillaient dans les bois, à la ferme, ou dans le charroi, était considérable, tant par l'effort fourni que par la longueur de cet effort.

D'aprés des tests, réalisés dans les années 1930 au moment de la généralisation des pneumatiques, une paire de grandes mules tirait 2940 kg dans le sable avec des bandages fer et jusqu'à 5900 kg avec des pneumatiques.

Sur une distance de 35 km sur route de bonne qualité entre  Belin et Ychoux, une paire de grandes mules tirait une charge de 5000 kgs (deux charettes) avec bandage fer et 9500 kilos avec des pneumatiqes. 

Sur une distance de 50 kms de Belin à Bordeaux, une paire de grandes mules tractait 3500 kgs avec des bandages fer et 8000 kgs avec des pneumatiques.

Les charges très lourdes, comme la sortie des billons des dunes, les machines à vapeur (8,5 à 9,5 tonnes) des scieries itinérantes, necéssitaient l'attelage de deux paires de mules. 

 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Il faut tenir compte également de la longueur des journées de travail qui pouvaient atteindre jusqu'à 15 heures. Ainsi, en 1903, le "Sport Universel illustré"  présente le travail des mules dans le canton de Villandraut.

"bien soignée, bien attelée, avec une charge équilibrée et variant de 2500kg en hiver à 3500 kg en été, une paire de mules peut marcher sans fatigue de 15 à 16 heures par jour. On cite le cas de nombreux muletiers de Villandraut, Saint Symphorien, Préchac, Liposthey, qui amènent, deux fois par semaine, à Bordeaux, distant de 60 Kilomètres, l'essence de thérébentine faite dans ces régions."

L'allure est le pas à une vitesse moyenne de 5 kms à l'heure.

 

Soins et alimentation:

 

Malgré la compétence de leurs meneurs, ce labeur intense en toutes saisons pouvait entraîner des blessures et maladies. "Tous les muletiers savaient voir et traiter les maladies les plus courantes de leurs bêtes et ne faisaient appel au vétérinaire qu'en dernier ressort" -Témoignage René Lapenu-

Ils savaient traiter les "hics; verrues courantes sur le nez et les flancs, les "seurons"; abcès de poitrail provoqués par un harnachement défectueux,...

Cette énorme charge de travail demandait une alimentation adaptée. Ainsi, on comptait pour une paire de mules une consommation de 50kg d'avoine et 50kg de son par semaine. Dans certaines régions, l'avoine était remplacée par le maïs. Certains parlent également de "potions magiques", intégrant du vin. Une paire consommait également 15 kg de foin par jour. Le menage à la voix et au fouet (réprimandé par la maréchaussée), permettait une technique d'alimentation en foin trés particulière. En effet, un sac rempli de foin, "le paillé", suspendu à l'avant du timon permettait aux mules de manger tout au long du chemin. 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Durant ces longues périodes de travail, les muletiers sont attentifs à la santé de leurs animaux et particulièrement à l'alimentation en eau. Ainsi, les auberges, qui bordent les trajets muletiers, sont équipées d'abreuvoirs et d'un rond de sable où les mules peuvent se rouler. 

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

Le dur travail des muletiers:

Les hommes, en général, étaient trés attachés à leurs mules dont ils partageaient les très difficiles conditions de travail. Il s'agit, pour s'en assurer, de lire le témoignage de Robert Etchart, recueilli par Madame Senneville de Sainte Marie. Celui-ci, né en 1922, a été le dernier muletier de Soustons. Il parle ici de son premier travail comme muletier avec les équipes d'une scierie mobile. Il passait la semaine en forêt à transporter des billons jusqu'à la route.

"Levé à la pointe du jour, ..., nous attaquions, avec entraîn, des journées de 15 à 17 heures avec seulement deux courtes pauses, le petit déjeuner et le repas de midi.

Le soir, nous étions si fatigués que nous ne pouvions nous traîner. A peine avions nous fini de manger que nous partions dormir. Et Dieu sait que nous en écrasions, même sur les mauvais lits des machinayres. Et, dès six heures du matin, la chemise était mouillée.

Oh, bien sûr, nous avons peiné mais nous avons bien ri aussi, nous formions des équipes trés soudées. C'était un travail sans répit du Lundi au Samedi soir et certains même allaient jusqu'à faire des petits transports pour des copains le Dimanche matin"

En général, un muletier de l'équipe se levait avant l'embauche pour nourrir les mules et dormait sur un couchage de fortune auprès des animaux, en attendant ses collègues.

 

Les conditions d'hébergement dans ces cabanes d'une scierie mobile étaient plus que spartiates.
Les conditions d'hébergement dans ces cabanes d'une scierie mobile étaient plus que spartiates.

Les conditions d'hébergement dans ces cabanes d'une scierie mobile étaient plus que spartiates.

Le travail de charroi des gemmes avait été déjà largement pris en charge par les camions, bien avant la seconde guerre mondiale. Supplanté par l'arrivée des tracteurs, le travail des mules dans les forêts s'arreta définitivement dans les années 1960. Cet arrêt s'accompagna de la disparition ou la mutation de pans entiers de l'artisanat local. Certains réussirent à perdurer en changeant de production comme l'entreprise de sellerie et fabrication de colliers landais où François Haquin était entré comme apprenti et où il a terminé sa carrière. Cette importante sellerie avait depuis longtemps organisé la production et chaque sellier avait une tache particulière; préparation des corps de collier, garnissage,... Pour survivre, la société se spécialisa dans la fabrication des sacoches de vélos et mobylettes pendant une dizaine d'années. Le plastique suppléant le cuir, la sellerie, qui s'appuyait sur les développements de l'équitation, s'orienta vers le commerce et la réparation de selles. La concurrence devenant trop forte, elle se réorienta vers la fabrication de stores et de bâches de camions.

Mais à cette époque, charrons, selliers, maréchaux ferrants et maquignons de mules avaient depuis longtemps totalement disparus du paysage landais. Il ne reste plus que quelques anciens qui, au coin du feu, racontent leurs souvenirs.

Texte

Patrick Magnaudeix

 Figoli)

Photos

François Hauquin,collO Courthiade,Patrick Magnaudeix, cartes coll Magnaudeix, Courtoisie,

Documentation

 

Lagoeyte "De l’utilisation des mules dans les landes de Gascogne" Coll Olivier Courthiade.

JF Soulet "La vie quotidienne dans les Pyrénées sous l’ancien régime, 1974"

H Cavailles "annales de géographie 1933"

 Lamoignon de courson "Mémoire sur la Généralité de Guyenne, 1713"

 Patrice Poujade "Le commerce des mules entre la France et l'Espagne à l'époque moderne; L'exemple du val d'Aran et des Pyrénées centrales"

Anthony Pinto " le commerce des chevaux et des mules entre la France et les pays catalans au XIV° et XV° siècle" .

Cabanes de Cauna , "service des armées, 1822"

Senneville de Sainte Marie "Mules " Recueil de témoignages" conservé à la Bibliothèque municipale de Saint Paul les Dax.

...

​Je tiens à remercier tout particulièrement Olivier Courthiade et François Hauquin pour leur accueil et leur documentation.

------------------------------

_________________________

*

Je n'ai trouvé pour l'instant qu'un seul autre type de joug à cadre aux barres centrales obliques, utilisé avec un collier à attelles. Il s'agit de l'attelage à la "coulalive", utilisé dans l'Isère. Le collier a des attelles, des crochets de traits et, contrairement à l'attelage landais, il est complété par une dossière et un culeron. Ce document de travail du magazine n°9/10 d' Hippobulle édité par l'association hippotese vous en fait une description assez complète.

La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"
La mule et l'attelage au joug landais;2° "Le joug à collier landais"

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 08:30

Restauration d'un harnais du XIX°. 

 

par les ateliers Dorantes

 

 

 

 

1° Partie:

Restauration d'un harnais du XIX° siècle ayant pour objet sa conservation mais aussi son utilisation occasionnelle.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

INTRODUCTION ET HISTOIRE

 

Dans cet article, nous vous présenterons l'histoire, le diagnostic et le déroulement de la restauration d’un harnais du milieu du XIX° siècle.

Quand la maison Dorantes a reçu ce harnais, il était composé de deux brides, deux mantelets avec leurs croupières et deux colliers.

Ce harnais anglais, fabriqué à la moitié du XIX siècle par un artisan français, a appartenu à Dina Vierny; un des collectionneurs les plus connus en Europe. 

Française, Dina Vierny (25 janvier 1919 – 20 janvier 2009) était marchande d’art, collectionneuse, directrice de musées et ex-modèle.

Née Dina Aibinder, elle fut la muse de Maillol durant les dix dernières années de la vie de celui-ci. Elle posait également pour les peintres Matisse et Bonnard.

 

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Ce harnais était une pièce historique de grand intérêt ;  du point de vue historique mais également du point de vue technique et artistique. 

 

ETUDE TECHNIQUE DES MATERIAUX

 

L’examen du harnais a établi que le type de cuir utilisé sur les parties visibles était du cuir verni alors que les autres éléments étaient en cuir végétal.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Le travail  du cuir, comme cela se fait habituellement sur le cuir végétal, consiste en trois étapes principales : la préparation des peaux, le tannage et les finitions.

La première étape consiste à nettoyer et  préparer le cuir, enlever les saletés et restes de viande sur la peau. Les poils sont enlevés également grâce à un trempage dans un bain de chaux.

La seconde étape, le tannage, est effectué avec trois types d'extraits d'écorce. Les pièces de cuir sont mises à macérer dans ces bains tannants, pendant 12 à 14 mois.

La troisième étape est la finition de la surface du cuir.

De l’autre côté, le travail de vernissage comprend deux étapes.

La première, l’habillage du cuir, consiste à boucher les pores et à polir la surface afin que le vernis puisse se poser plus facilement. 

La seconde partie, le vernissage du cuir, a pour but d’obtenir une surface souple, luisante, qui dure longtemps et résiste à la friction.

Les boucles de ce harnais sont composées d’un seul type de métal, "Alpaca", contenant 25% de zinc, 22% d’aluminium et 52% de cuivre.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Nous pouvons observer que ce harnais présente deux types de préparation des pièces métalliques; des éléments et des boucles en fer argenté et des boucles doublées de cuir.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Les boucles doublées de cuir noir sont visiblement mises en arrière plan pour faire ressortir la beauté des parties argentées.

 

 

2ème PARTIE :

ETAT DE CONSERVATION ET RESTAURATION

 

Ce harnais a été restauré afin que l'actuel propriétaire puisse de nouveau s’en servir pour une utilisation privée. La restauration a redonné vie à cette pièce d’art, en lui faisant retrouver son élégance d'origine.

Suite à un grand nombre d’altérations occasionnées par le soleil, la température et l’humidité, le cuir était dans un trés mauvais état de conservation.

Le cuir verni était craquelé à cause de l’âge du harnais. Cet aspect craquelé n’était pas uniforme sur tout le harnais du fait que certaines parties avaient été plus exposées à la lumière du soleil, l’humidité et aux écarts de températures que d’autres. 

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Il  ne faut pas oublier que ce harnais avait servi à l'attelage pendant de longues années entraînant de nombreuses altérations, rayures, tâches sur les parties argentées et déchirures ou manques sur les boucles doublées en cuir.

 

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

La procédure de conservation et de restauration commence par un nettoyage mécanique pour enlever la plus grande partie des poussières et saletés superficielles.

Quant à la saleté incrustée dans le cuir, le nettoyage fut approfondi avec du gel sur toutes les pièces du harnais.

Les parties du cuir verni les plus endommagées ont été restaurées suivant une méthode naturelle utilisant des pigments de charbon noir (carbon black pigments), les mêmes utilisés, à l’origine, pour  tanner le cuir.

Pour les parties de cuir végétal, le cuir a été trempé dans un bain spécial. Les cuirs ont été enveloppés de film plastique et conservés ainsi pendant 40 jours à une température au dessus de 25°C avec une humidité en dessous de 60%.

Rappelant que cette restauration a été mise en place pour sauvegarder mais aussi utiliser ce harnais, des parties supportant de plus grands efforts ont été remplacées par des cuirs tannés végétals neufs, plus sûrs au niveau sécurité, en répliquant les originaux.

Pour les oeillères, la garniture extérieure des coquilles d'oeillères a été conservée alors que les parties internes et les montants de bride, au constat de leur piteux état, ont été refaits à l'identique.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Le fontal a été restauré dans le respect de son aspect d'origine en y rajoutant seulement une touche de couleur.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Les têtières elle aussi ont du être refaites.  Dans chaque têtière, comme pour le reste du harnais, les boucles recouvertes de cuir ont été refaites. L'ergonomie et l'adaptation de ces têtières aux têtes des chevaux ont été vérifiées.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Pour la restauration de la muserolle, l’extérieur a été préservé. L'interieur a été refait en cuir végétal. Les autres parties ont été refaites et les anneaux plus la boucle ont été recouverts de cuir neuf.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

La poire de la fausse martingale a subi des travaux de conservation incluant nettoyage et réparations. Les autres parties trés sèches ont du être changées.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Les colliers d'origine étant trop petits pour convenir aux chevaux du propriétaire, deux nouveaux colliers ont été fabriqués. Les parties extérieures ont été traitées pour obtenir un aspect craquelé identique à l'ancien.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Les boucleteaux ont été partiellement refaits.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Malgré un état relativement bon, les traits, pour des raisons de sécurité, ont été refaits, ainsi que les parties fragilisées des culerons.  

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes
Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Le cuir verni d'origine a donc été au maximum préservé mais les parties subissant des efforts ont été refaites à neuf, en copiant à l'identique les pièces originales.

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

Les pièces metalliques ont été nettoyées au carbonate de soude, repolies et réargentées si nécessaire.

La restauration a été complétée avec la création de pièces qui manquaient; rênes,...

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

 

 

 

Restauration d'un harnais du XIX°.  Ateliers Dorantes

 

 

 

 

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 07:42

Harnais à deux chevaux

 

 

Vous trouverez d'autres articles sur les harnais en allant à droite de cet  article dans thèmes favoris: harnais lanternes accessoires

 

Comment faire le bon choix de harnais pour atteler une voiture ancienne? C'est une . question délicate. Les harnais anciens qui arrivent jusqu’à nous, mis à part certains harnais historiques, sont du début du XX° siècle ou ont subi moultes modifications. De plus, ils ne correspondent pas obligatoirement au type de voiture que nous voulons atteler. Donc, faire réaliser une copie du harnais ayant appartenu à son arrière grand- père n’est pas la meilleure solution.

De fait, à chaque époque, les modèles des harnais étaient dépendants :

                      - des connaissances techniques ; le traitement des cuirs, l’évolution du roulement des  voitures,…

                      - de la conformation des races de chevaux utilisées suivant les types de voitures et les périodes.

                      - des types d’équipages. Ex : poste, classique, Daumont, gala,…

                      -de l'utilisation, donc de la qualité recherchée. Ex : pour maison de maître, location, entreprise,... 

                      - et, bien sûr, des modes esthétiques du moment qui pouvaient même avoir de l'influence sur l’ajustement du harnais au cheval. 

Les règles de choix peuvent donc être multiples et nous vous proposons, pour vous aiguiller, de feuilleter des catalogues de sellerie  du dernier quart du XIX° siècle. Etant donné que les utilisateurs faisaient réaliser leurs harnais selon leurs choix esthétiques et la spécificité de leurs chevaux, (donc de façon différente des propositions des catalogues), nous complèterons ces dessins par des photos d'époque.

Aprés vous avoir présenté les harnais d'attelage à un cheval............nous vous présentons les harnais d'équipages à deux chevaux.

 

Harnais à deux chevaux 

 

Afin d’aider les moins aguerris, a s'y retrouver dans la présentation des harnais, nous vous proposons de découvrir les différentes pièces d’un harnais dans ce dessin extrait de "Dressage et menage" du Cpte de Comminges 1897.

 

Harnais à deux chevaux

Nous allons vous présenter, en premier, les harnais de catalogues des années 1870,1880; Léné, Guinard,... Les harnais proposés par Léné et Janson, selliers harnacheurs en 1878 (édités par le GDC), sont accompagnés d'une présentation; type de véhicule et de cheval auxquels ils sont destinés, description technique de chaque pièce les composant,.. Nous profitons de la présentation du premier harnais pour y ajouter les modalités d’ajustement préscrites par Ferverot de Kerbrech dans" l’art d’atteler". En seconde partie, nous vous présenterons des harnais provenant de catalogues plus récents. Nous complèterons l’ensemble  par des photos d’époque vous permettant de noter quelques différences entre les harnais des catalogues et ceux utilisés au quotidien.

 

 

Harnais de sortie

Harnais à deux chevaux

 

"Chevaux carrossiers pour landaus, berlines, calèches et grands coupés, et en général toutes voitures de grandes dimensions et à quatre places à l'intérieur, à l'exception toutefois des voitures riches; ces harnais étant sobres de bouclerie et d'ornementation."

 

 

Brides

Harnais à deux chevaux

Brides:Oeillères en cuir verni, modèle à coins arrondis devant; fronteaux en cuir verni avec deux rangs de petits clous en métal; cocardes plates même métal; panurges mobiles à crochets: rênes à panurges; muserolles mobiles montées sur anneaux; mors en acier, branches à la Wellington, avec barettes; filet à panurges en acier. Les tétères, les sous- gorge, les sous-barbe et le plat des rênes, sont en cuir simple non piqué.

 

Harnais à deux chevaux

Autres pièces du harnais

Harnais à deux chevaux

Chainettes, de timon en cuir, prenant au collier.

 

Martingales, à contre -sanglons, prenant aux colliers avec plaques en cuir verni montées sur anneaux.

Les sangles passent dans les extrèmités de ces martingales.

 

Colliers,  en cuiir verni cintré, cintrés et renversés en arrière lègers à leur partie supérieure; attelles enveloppées de cuir verni, à tirages ordinaires, grand boucleteaux à chape fixes, montés sur ces tirages.

 

Mantelets; de trois pièces pièces, en cuir verni, découpés, modèle à poire, dont les mancelles soutiennent les grands boucleteaux; sangles à quatre boucles. 

 

Harnais à deux chevaux
Harnais à deux chevaux

Croupières, passant dans les chapes de croupières des mantelets et bouclant aux culerons.

 

Reculements, avec barre à fourches et porte-traits, dont ceux de dehors en cuir verni.

 

Traits, prenant aux paumelles de la volée et bouclant dans les boucles à crampons des grands boucleteaux, de même que les reculements.

 

Guides, doublées et piquées, la main bouclée sur les branches.

 

Ces harnais sont montés à fourreaux quadrillés 

Bouclerie, Les cocardes et les panurges des brides, les anneaux des guides et les tirages d'attelles des coliers, les boucles à crampons des grands boucleteaux, les crochets de rênes, les clefs et croissants des mantelets, ainsi que les dés de traits, sont en fer forgé ou en maillechort, plaqué argent, ou bien en cuivre.

Toute la petite bouclerie est enveloppée de cuir et vernie. Ily a des chiffres sur toutes les pièces vernies , cocardes et barres à fourches.

Harnais à deux chevaux

Dans les prochaines descriptions nous ne prenons pas en compte la totalité de la description, mais uniquement les points caractéristiques au harnais présenté. 

 

 

 Harnais de phaéton

 

Harnais à deux chevaux

"Ces harnais sont légers de tous points; les chevaux fins et élégants. On les attelle sur phaéton, coupé cabriolet, victoria ou mylord, à simple ou double suspension et sur toutes voitures légères à quatre roues, telles que landaus, calèches, vis à vis."" 

Harnais à deux chevaux

Brides oeillères rondes en cuir verni; frontaux en vernis de deux couleurs rayés diagonalement.; muserolles mobiles montées sur anneau; mors en acier à échelons, branches à losange, filets à panurges en acier,....

 

Harnais à deux chevaux

Chainette de timon, en acier poli prenant au collier.

 

Martingales, à contre sanglons, prenant aux colliers avec plaques en cuir verni, montés sur anneaux

 

Surdos, découpés à poire, avec porte-traits dont ceux de dehors en cuir verni.

 

Guides, rondes à la marchande, c'est à dire les branches trés longues, et la main antée dessus, système trés commode pour le cocher qui de son siège, peut raccourcir ou allonger ses guides de façon à modifier le menage

Ces harnais sont montés à fourreaux quadrillés; mais, comme ils sont trés légers, on peut aussi les monter avec des passants.

 

Harnais de cérémonie

Harnais à deux chevaux

"Chevaux de branches (carrossiers) pour atteler sur berline ou coupé de ville, équipage de luxe et de grande maison"

Harnais à deux chevaux

Brides, oeillère en cuir vverni, modèle coins arrondis; frontaux, cocardes et americaines simples en soie de deux couleurs; panurges à crochets mobiles; rênes à panurges...mors en acier muni de bossettes, branches à la Wellington et à barettes,...

Harnais à deux chevaux

Chainettes de timon, en cuir, prenant au collier.

 

Colliers, en cuir verni, forts, cintrés et renversés en arrière, lègers à leur partie supérieure; les attelles plaquées en plein avec tirages à jour; les grands boucleteaux montés à chape fixe sur ces tirages.

 

Reculements, avec barres à fourches découpées et porte trait de dehors en cuir verni.

 

Guides, doublées etr piquées, la main bouclant sur les branches

 

Attelles cordées en plein ainsi que toute la bouclerie sans exception. Il y a des pourtours cordés appliqués sur les oeillères des brides, les hausse-cols des colliers, les plaques des martinguales, les petits quartiers des sellettes et les porte-traits des surdos et des reculements. Ces harnais sont en outre ornés de couronnes ciselées dans les tirages d'attelles; d'écussons doubles surmontés de couronnes ciselées sur toutes les pièces vernies , le surdos et les barres à fourches.

Harnais à l'anglaise

Harnais à deux chevaux

"Chevaux anglais pour landau, calèche ou grand coupé, à simple ou double suspension."

Harnais à deux chevaux

Brides, oeillères carrées en cuir, boucleteaux à chaines rondes; cocardes plates avec cercle et boutons,...

 

 

Harnais à deux chevaux

Colliers à l'anglaise, c'est à dire de forme droite et de largeur à peu prés égale dans toutes leur étendue; blanchets d'une pièce sans hausse-cols au point culminant; attelles plaquées en plein; grands boucleteaux montés sur des tirages des attelles à capes fixes et apparentes

 

Mantelets, droits avec chapes à charnières remplaçant les croissants et dont les mancelles supportent les grands boucleteaux; sangles à quatre boucles

 

Guides, à la marchande,...

Ces harnais sont montés à passants quadrillés; ils sont ornés de chouettes ciselées sur les oeillères des brides, les plaques de martingales, les mantelets, les surdos et les porte-traits.

Harnais à pompe

Harnais à deux chevaux

"Chevaux beaux de forme et de même allure, pour voitures à deux roues, forme carrick ou cabriolet monté à six ressorts. Attelage trés distingué et de grande maison."

Harnais à deux chevaux

Brides,oeillères carrées en cuir verni;avec chaines en métal;...

 

 

Harnais à deux chevaux

Sellettes,à petits quartiers, dont les mancelles supportent les grands boucleteaux; poupées en acier au centre des sièges, vissés sur écrous au fer encastrés dans les arçons. Ces poupées reçoivent la barre d'acier transversale (dite pompe), au centre de laquelle est une courroie, en reliant une autre qui est attachée au ressort fixé sous le timon, ressort ayant pour objet de neutraliser le mouvement de tangage dû au trot des chevaux,...

....

 

Couronnes, ciselées; sur les cocardes et les œillères des brides, les blanchets des grands boucleteaux, les sellettes, les surdos et les porte-traits.

 

 

Harnais de demi-daumont

 

Harnais à deux chevaux

"Chevaux forts et élégants; attelage pour calèches, vis à vis, mylords et victorias à double suspension, et généralement pour toutes voitures légères et élégantes de forme."

Harnais à deux chevaux

Brides, Oeillères en cuir verni, modèle à hache; fronteaux en cuir verni, garnis de clous en métal; cocardes plates de même métal; panurges à entre-deux fixes; rênes à panurges; muserolles mobiles montées sur anneaux; mors en acier, branches à la Wellington, avec barrettes; filets à panurges en acier. Au cheval de main une longe, dite de main, fixée au banquet du mors, et à son extrèmité une ganse figurée entre le collier et la selle du porteur, dans laquelle le postillon passe son bras droit. Au cheval de porteur, une rêne placée de même et dont l'extrèmité repose sur la selle.

Harnais à deux chevaux

Colliers, en cuir verni, cintrés et renversés en arrière, légers à leur partie supérieure; attelles enveloppées de cuir verni, sans anneaux de guides; grands boucleteaux montés sur les tirages d'attelles par des chapes fixes.

Selle de Daumont, dont le siège ou assette, est en peau de cochon et les grands quartiers sont en cuir fort; à l'avant de la selle un dé sur lequel vient prendre place le plat de rêne. Sur le pommeau, une plaque de métal dont les extrèmités sont rivées sous les grands quartiers et sous l'arçon: et à l'arrière un contour en métal bordant le trousquin. Cette selle est sanglée par une large sangle en cuir noir, montée à quatre boucles et une fausse sangle; elle est garnie d'étrivières en cuir jaune et d'étriers. Entre le grand quartier montoir et le panneau de cette selle est placé le fouet de Daumont, et sur l'autre cheval est un mantelet.

Harnais de demi poste.

Harnais à deux chevaux

"Chevaux percherons, gris pommelés. Attelage pour char à banc, omnibus, et en général toute voiture contenant un grand nombre de place (mais moins grande que pour une poste complète à quatre chevaux), mais sur lesquelles il ne doit pas exister de siège pour le cocher, puisque le menage se fait par postillons. Equipage de grande maison, propice aux longs parcours, chasses, courses,etc." 

Harnais à deux chevaux

Brides, en cuir noir gras, ainsi que tous les cuirs de cet attelage; oeillères, coins de devant arrondis, sans tôle à l'intérieur; fronteaux garnis de clous en métal et bordés de blaireau; grelottières bordées de  blaireau semblable et garnies de grelots et de clochettes; mors dits allemands en fer étamé. Sous ces brides, des licols de même cuir avec alliance en métal et longes contournant le cou des chevaux. Longes de main placée au dernier banquet du mors du cheval de main, et rênes de porteur placées de même sur le mors de l'autre cheval et dont l'extrèmité repose sur la selle.

Harnais à deux chevaux

Bricoles, ou poitrails, en forte vache grainée, et rempliée. Sous les bricoles, tabliers en cuir noir trés souple afin d'éviter les froissements qu'elles occasionnent souvent. Dessus de cou supportant les bricoles.

 

Mantelet (sur le cheval de main), à poire, sans tôles à l'intérieur et dont les mancelles soutiennent les grands anneaux de bricoles.

 

Selle de poste (sur le cheval porteur), en fort cuir jaune avec plaque de pommeau et contour de trousquin en métal; sangles et étrivières en cuir noir; étriers  en fer verni noir; tablier de postillon en veau jaune enroulé sur le devant de la selle; fouet de postillon en veau blanc; porte-traits montés sur des anneaux d'ailerons.

 

Traits en corde noircie, montés d'un bout sur la volée et de l'autre bout garnis d'oeillets contournés en métal, lesquels sont reliés aux grands anneaux de bricole par les boucleteaux.

 

 

Harnais de poste à deux chevaux

 

Harnais à deux chevaux

"Cet attelage est essentiellement français, son origine vient des postes françaises. Toutes les pièces doivent être relativement longues puisqu'à l'encontre des autres harnais il doit être trés aisé sur les chevaux.

Chevaux percherons forts et bien membrés, généralement gris pommelé. Cet attelage, qui réclame peu de soins, est destiné pour chars à bancs, omnibus ou break-omnibus. On l'emploie aux longues promenades, chasses et courses; il est d'un usage trés répandu, économique et rend de grands services."

Harnais à deux chevaux

Brides, oeillères, modèles à coins arrondis devant, sans tôles à l'intérieur, et en cuir gras, ainsi que tous les cuirs de ces harnais, sans exception; Fronteaux garnis de clous en métal et bordés de blaireau; grelottières bordées de blaireau semblable et garnies de grelots et clochettes; mors dits allemands, étamés.

Harnais à deux chevaux

Bricoles, ou poitrails, en vache grasse grainée, rempliées, soutenues par les dessus de cou et maintenues par les courroies les reliant aux mantelets.

 

Mantelets, modèles à poire sans tôles à l'intérieur, et dont les mancelles soutiennent les grands anneaux des bricoles.

 

Reculements, à barres simples croisées, dont les courroies mobiles relient les anneaux à ceux des bricoles porte-traits.

 

 

Harnais de fantaisie à bricole

 

Harnais à deux chevaux

"Chevaux cobs (ou doubles poneys) devant être de préfférence attelés sur char à bancs, poney-chaise ou voitures en osier d'un aspect rustique. 

Attelage de dame ou de jeune homme.

Ces harnais exécutés en cuir jaune font un excellent effet."

Harnais à deux chevaux

Brides, oeillères rondes en cuir verni; fronteaux en cuir verni de deux couleurs, peints à dents; cocardes plates en métal; muserolles mobiles montées sur anneaux; mors en acier à échelons et à lunettes, c'est à dire la branche du banquet d'embouchure formant un cercle d'un certain diamètre afin d'empêcher le cheval de prendre la branche du mors.

(ensemble en cuir simple et non piqué.)

Harnais à deux chevaux

Bricoles ou poitrail, en vache grasse grainée, et rempliées à blanchets découpés aux centres des croissants ou supports; dessus de cou supportant les bricoles et bouclant dans les boucleteaux  des croissants

 

Mantelets légèrement découpés sur les tôles et à quartiers droits avec nancelles fixes (à l'américaine) formant porte traits; sangle à deux boucles

 

Productions d'autres selliers

Nous vous présentons ici des harnais spécifiques réalisés à la même époque par la maison Guinand

"Harnais riche" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais riche" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais de mylord" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais de mylord" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais russe" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais russe" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais américain" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais américain" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais hongrois" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

"Harnais hongrois" de la maison Guinand sellier harnacheur (GDC)

Dans la dernière partie du XIX° siècle, le parc de voitures va encore s'accroître. En corollaire, le nombre d'équidés à harnacher va suivre la même progression. Pour répondre à cette demande, la tendance déjà existante à l'industrialisation de la fabrication des harnachements va s'amplifier. 

Certaines de ces maisons maintiennent la vente de harnais spécifiques à chaque type de voitures comme la maison "Camille à Paris" de 1898.  Ils proposent également des harnais présentés par qualité; fin, demi fin,... 

 

Harnais à deux chevaux
Harnais à deux chevaux
Harnais à deux chevaux
Cliquez sur les photos pour les agrandir
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Cliquez sur les photos pour les agrandir

Cliquez sur les photos pour les agrandir

D'autres selleries, comme Bernard, proposent à leurs clients de composer eux-mêmes leurs harnais en choisissant chaque élément le constituant dans des gammes de qualité: fin, demi fin,vernis, demi vernis,... 

 

Harnais à deux chevaux
Harnais à deux chevaux

Nous terminons cette présentation en vous montrant  photographies vous permettant de comparer les catalogues à des harnais utilisés. Voici des harnais de voitures de maison photographiées par Delton, en 1876 et publié dans l'ouvrage:"Les équipages à Paris"  (photos retravaillées pour rendre les harnais plus visibles)

Carrick à pompe

Carrick à pompe

Demi Daumont

Demi Daumont

Vis à vis huit ressorts

Vis à vis huit ressorts

Calèche de la comtesse de Metternich.

Calèche de la comtesse de Metternich.

Trotteurs américains

Trotteurs américains

Grand coupé de gala

Grand coupé de gala

Victoria poste

Victoria poste

Phaeton

Phaeton

Coupé huit ressorts

Coupé huit ressorts

Harnais à deux chevaux

Nous continuerons cette série sur les types de harnais avec les attelages à grandes guides.

 

Texte:

Figoli

 

Documentation, photos.:

L'art d'atteler  Faverot de Kerbrech (coll. Figoli)

Sellerie française de Léné (coll. privée)

Dessins Guinand (coll privée)

Les équipages à Paris de Delton (collection Mario Broekhuis)

Catalogue Bernard (coll Hans Paggen)

Catalogue bouclerie.Camille à Paris (Coll privée)

Conduite en guides de Jouffret

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 07:57

Dans la première partie de cet article "Harnais pour un cheval, voiture 4 roues" nous vous avons présenté des harnais dessinés par les carrossiers Léné et Janson, en 1878.

Nous allons élargir les types de harnais de cette époque en vous présentant d'autres harnais spécifiques à des voitures:

- des harnais d'omnibus et de camion de la Compagnie des chemins de fer de l'Est, réalisés par Bernard § fils.

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

                -un  autre harnais de coupé et un trés beau harnais hongrois de Guinand.

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

Dans la dernière partie du XIX° siècle, le parc de voitures va encore s'accroître. En corollaire, le nombre d'équidés à harnacher va suivre la même progression. Pour répondre à cette demande, la tendance déjà existante à l'industrialisation de la fabrication des harnachements va s'amplifier. Certes, certaines grandes maisons vont encore maintenir une production de haut de gamme comme la célèbre maison Hermes. Si celle-ci a, de nos jours, diversifié sa production et abandonné la fabrication de harnachements, elle garde encore, dans son conservatoire et son musée, la mémoire de cette sellerie de luxe. Voici deux harnais extraits de son catalogue de 1910.

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

Cependant, la tendance est à la généralisation de grandes industries qui vendent par catalogues. Certaines de ces maisons maintiennent la vente de harnais spécifiques à chaque type de voitures comme la maison "A PARIS" de 1898.  Ils proposent également des harnais présentés par qualité; fin, demi fin,... 

 

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

Tous ces harnais peuvent être enrichis à la demande de leurs propriétaires grâce à une bouclerie diversifiée.

 

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

D'autres selleries, comme Bernard, proposent à leurs clients de composer eux-mêmes leurs harnais en choisissant chaque élément le constituant dans des gammes de qualité: fin, demi fin,vernis, demi vernis,... 

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

Nous terminons cette présentation en vous montrant quelques photographies vous permettant de comparer les catalogues à des harnais utilisés. Voici des harnais de voitures de maison photographiées par Delton, en 1878: harnais pour phaéton, duc poney.

 

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

En dernier, voici un harnais pour une maison de location de voiture; ici une victoria.

Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)
Harnais pour un cheval voiture 4 roues (suite)

Nous continuerons cette série sur les types de harnais avec les attelages à un pour une voiture à deux roues mais aussi attelage en paire, en tandem, à quatre, à la daumont, en poste...

 

Texte:

Figoli

 

Documentation, photos.:

L'art d'atteler  Faverot de Kerbrech (coll. Figoli)

Sellerie française de Léné (coll. Figoli)

Dessins Guinard (coll privée)

Catalogue Hermes (coll. Figoli)

Catalogue Bernard (coll Hans Paggen)

Catalogue de bouclerie JC 

Catalogue bouclerie.D § P Paris

Conduite en guides de Jouffret

Planches de harnais à un extraites d'un manuel de sellerie espagnole (coll Dorantes)
Planches de harnais à un extraites d'un manuel de sellerie espagnole (coll Dorantes)

Planches de harnais à un extraites d'un manuel de sellerie espagnole (coll Dorantes)

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 07:34

Harnais à un cheval

pour voiture à quatre roues

 

Vous trouverez d'autres articles sur les harnais en allant à droite de cet  article dans thèmes favoris: harnais lanternes accessoires

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

Comment faire le bon choix de harnais pour atteler une voiture ancienne? C'est une . question délicate. Les harnais anciens qui arrivent jusqu’à nous, mis à part certains harnais historiques, sont du début du XX° siècle ou ont subi moultes modifications. De plus, ils ne correspondent pas obligatoirement au type de voiture que nous voulons atteler. Donc, faire réaliser une copie du harnais ayant appartenu à son arrière grand- père n’est pas la meilleure solution.

De fait, à chaque époque, les modèles des harnais étaient dépendants :

                      - des connaissances techniques ; le traitement des cuirs, l’évolution du roulement des  voitures,…

                      - de la conformation des races de chevaux utilisées suivant les types de voitures et les périodes.

                      - des types d’équipages. Ex : poste, classique, Daumont, gala,…

                      -de l'utilisation, donc de la qualité recherchée. Ex : pour maison de maître, location, entreprise,... 

                      - et, bien sûr, des modes esthétiques du moment qui pouvaient même avoir de l'influence sur l’ajustement du harnais au cheval. Ainsi, Faverot de Kerbrech propose de positionner la sellette en arrière pour mettre en valeur un cheval, tout en précisant que, techniquement, en particulier pour une deux roues, il est préférable qu’elle soit placée plus en avant.

                      -…

Les règles de choix peuvent donc être multiples et nous vous proposons, pour vous aiguiller, de feuilleter les catalogues de sellerie des différentes époques du dernier quart du XIX° siècle. Etant donné que les utilisateurs faisaient réaliser leurs harnais selon leurs choix et surtout leur propres chevaux, donc de façon différente des propositions des catalogues, nous complèterons ces dessins par des photos.

Nous commençons par les harnais pour un cheval attelé à une voiture à quatre roues

 

 

Harnais à un cheval pour voiture à quatre roues

Afin d’aider les moins aguerris dans la présentation des planches de catalogues de sellier, nous vous proposons de découvrir les différentes pièces d’un harnais dans ce dessin extrait du "Traité de la conduite en guide" de Jouffret en 1889.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

1)tétière, 2)frontal, 3)cocardes, 4)panurges d’enrênement, 5)œillères, 6)sous gorge, 7)muserolle, 8) boucleteau de sous barbe, 9)10) mors de filet, de bride), 11) enrênement, 12) guides, 13)collier, 14)attelles, 15)courroie de hausse col, 16)martingale, 17)sellette, 21)dossière, 22)porte brancard, 23) sous-ventrière, 24,25) traits et boucletaux de trait, 26) croupière, 27)barre de fesse, 28)reculement, 30) courroies de retraite dites aussi de reculement.

Nous allons vous présenter, en premier, les harnais de catalogues des années 1870,1880; Léné, Guinard,... Les harnais proposés par Léné et Janson, selliers harnacheurs en 1878 (édités par le GDC), sont accompagnés d'une présentation; type de véhicule et de cheval auxquels ils sont destinés, déscription technique de chaque pièce les composant,.. Nous profitons de la présentation du premier harnais pour y ajouter les modalités d’ajustement préscrites par Ferverot de Kerbrech dans l’art d’atteler. En seconde partie, nous vous présenterons des harnais provenant de catalogues plus récents. Nous complèterons l’ensemble  par des photos d’époque vous permettant de noter quelques différences entre les harnais des catalogues et ceux utilisés au quotidien.

 

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

 

Harnais à un cheval

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

« Harnais  pour «un cheval fort, grand  et bien membré, devant être attelé, de préférence, sur calèche, vis-à-vis, coupé trois quarts,  break omnibus et toute voiture pouvant au besoin comporter deux chevaux. »

 

 

BRIDE.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

"BRIDE, oeillères  en cuir verni, modèle à hache ; fronteau ou frontal , également en cuir verni, d’autre couleur et piqué ; cocardes en métal à cercles ciselés ; rênes à panurges ; panurges montées sur chaînes (mode de 1865-1875) ; muserolle mobile montée sur anneaux ; mors en acier, branches à la Wellington avec barrette ; filet à panurges en acier. La têtière, la sous-gorge, la sous-barbe et le plat de rêne sont en cuir simple non piqué.

MARTINGALE, à branches passant dans la sous-barbe, avec plaque en cuir verni montée sur un anneau. Dans l’extrémité de cette martingale passe la sangle."

 

Voici les caractéristiques de l’ajustement de la bride selon  Faverot de Kerbrech dans l'ouvrage "L'art de conduire et d'atteler.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues
Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

AUTRES PIECES DU HARNAIS.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

COLLIER, en cuir verni, cintré et renversé en arrière, léger à sa partie supérieure ; les attelles enveloppées de cuir verni, tirages à jours.

TRAITS, montés sur les tirages d’attelles par une chape fixe, et bouclant en bas dans des boucleteaux à boutonnières.

SELLETTE, en cuir verni, à petits quartiers avec porte-brancards à trous ; et sangle à quatre boucles

Voici les caractéristiques d’ajustement proposées par Faverot de Kerbrech

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues
Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues
Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

RECULEMENT, à la russe ou à la marchande, barre simple découpée.

GUIDES,  Doublées et piquées, la  main antée sur les branches. Ce harnais est monté à fourreaux quadrillés.

BOUCLERIE, Les panurges et le frontal à chaine, les cocardes de la bride, les anneaux et les tirages des attelles, le crochet de rêne, les clefs et les boucles de porte-brancards de la sellette sont en maillechort, plaqué argent, ou bien en cuivre. Toute la petite bouclerie est enveloppée en cuir et vernie. Il y a des chiffres sur les cocardes, les œillères, la sellette et la barre de reculement.

 

Caractéristiques d'ajustement du reculement par Ferverot de Kerbrech.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

Dans les prochaines descriptions nous ne prenons pas en compte la totalité de la description, mais uniquement les points caractéristiques au harnais présenté. 

Le harnais qui suit, nommé Harnais de coupé, est proposé pour les mêmes types de voiture mais, par sa qualité, peut correspondre à des voitures plus élégantes comme le coupé trois quart de maison de maitre. 

 

 

Harnais de coupé

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

« Cheval de bonne taille pour vis-à-vis, break omnibus, coupé trois quarts, et toute voiture pouvant comporter deux chevaux »

 

BRIDE

BRIDE, oeillères en cuir verni ; frontal en cuir verni quadrillé de deux couleurs; cocardes semblables et contournées en métal ; panurges à entre-deux fixes; rênes à panurges, supports de guides à montants fixés dans la sous-gorge; muserolle mobile, montée sur anneaux ; mors à échelons et filet à panurges, en acier. La têtière, la sous-gorge, la sous-barbe et le plat de rêne sont en cuir simple non piqué.

MARTINGALE, à branche prenant à la sous-barbe, avec plaque en cuir montée sur anneaux. A l’extrémité de la sous-barbe passe la sangle.

 

 

AUTRES PIECES DE HARNAIS

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

COLLIER, fort,…tirages à olive

TRAITS, s’agrafant sur les olives d’attelles et bouclant en bas sur des boucleteaux à boutonnières.

SELLETTE, forte, à petits quartiers, avec porte-brancards à trous ,…

RECULEMENT, avec barre de fourche découpée et dont les courroies mobiles contournent les brancards

BOUCLERIE. Les anneaux des supports de guide et les panurges de la bride, les anneaux  de guide des attelles et les clefs de sellette, sont en fer ou en maillechort, plaqué argent ou bien en cuivre. Toutes ces pièces sont cordées. Tout le reste de la bouclerie est enveloppé de cuir et verni.

Le harnais qui va suivre, dit à la russe, est transformable au niveau du reculement.

 

Harnais reculement à la russe

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

 

Cheval de bonne taille pour atteler sur voitures à quatre roues telles que coupé, cabriolet, victoria, etc.

BRIDE.

BRIDE. Oeillères rondes en cuir verni ; frontal en verni peint, rayé diagonalement ; cocardes plates en métal ; panurges à crochets avec entre-deux en cuir ; muserolle mobile montée sur anneau ; rênes de panurges ; mors en acier dit allemand, filet à panurge en acier. La têtière, la sous-gorge, la sous-barbe et le plat de rêne sont en cuir simple, non piqué.

 

AUTRES PIECES DU HARNAIS

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

COLLIER, en cuir verni cintré et renversé en arrière, léger à sa partie supérieure. Les attelles enveloppées de cuir verni ; tirage à olives.

CARAPACON, à croupe, placé sous la sellette, en drap water avec double petites  bandes en drap, piquées d’autre couleur ; chiffre aux angles de derrière.

RECULEMENT , à la russe ou à la marchande, passant par la plate-longe, avec courroies mobiles contournant les brancards. Ce système de reculement, moins gracieux que celui aux barres à fourches, offre cet avantage qu’il fait plate longe et reculement tout à la fois, et qu’en retirant ce dernier, le harnais reste à plate longe.

Faverot de Kerbrech souligne dans son ouvrage que ce type de reculement est particulièrement recommandé pour les chevaux rueurs.

Nous poursuivons cette présentation de harnais à collier par un exemplaire trés élégant; le harnais riche.

 

Harnais riche.

.                                     

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

Harnais pour bon cheval de branche, harnais de coupé ou de tilbury. Equipage d''amateur (dans le sens actuel, connaisseur) pour voiture élégante.

 

 

BRIDE

BRIDE ; oeillères carrées en cuir verni ; frontal à chaînes et ornements ; cocardes en métal à cercles ciselés ; panurges mobiles à crochets avec entre-deux en cuir verni ; muserolle mobile montée sur anneaux ; rênes à panurges ; mors en acier, branches à la Wellington avec barette ; filets à panurges en acier. La têtière, la sous-gorge, la sous-barbe et le plat de la rêne sont en cuir simple non piqué.

AUTRES PIECES DU HARNAIS.

 

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

COLLIER,  cintré et renversé en arrière, léger à sa partie supérieure. Les attelles plaquées en plein et à olive.

SELLETTE, en cuir verni, à battine, c'est-à-dire la dossière découverte et découpée, le crochet droit; porte-brancards  à trous garnis de leurs bracelets contournant les brancards et de leur feutre sous les boucles ; sangle à quatre boucles.      

SURDOS DEMI ou faux, en cuir verni découpé.

RECULEMENT, découpé ; barre à fourches, dont le milieu découpé et en cuir verni est monté sur boucles et anneaux ; courroies de reculement mobiles contournant les brancards.

GUIDES, doublées et piquées, sans boucle en haut, la main antée. Ce harnais est monté à passants formés.

BOUCLERIES, attelles cordées en plein et toute la bouclerie cordée de même, en fer forgé ou en maillechort, plaqué argent, ou bien en cuivre. Ce harnais est orné de jarretières ciselées surmontées de griffons sur les œillères, la martingale, le hausse col du collier, la dossière de la sellette, le demi-surdos et la barre à fourche du reculement ; griffons sur les cocardes ; ornements à griffons sur la muserolle, les traits et le reculement.

 

Nous terminons cette présentation des harnais à un cheval pour voiture à quatre roues de Léné et Janson en vous présentant un harnais pour voiture de travail nommé harnais de poste.

 

 

Harnais de poste.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

Cheval de type percheron, pour voitures rustiques à deux ou quatre roues, telle que petits omnibus, petits breaks ou chars à bancs. Harnais facile à entretenir, peu coûteux et rendant de bons services.

BRIDE

BRIDE, oeillères à coins arrondis devant, en cuir gras, ainsi que tous les cuirs de ce harnais ; frontal orné de clous en métal et garni de blaireau au bord inférieur ; grelottière avec grelots et clochettes de même métal et garnie de blaireau semblable ; mors dit allemand en fer étamé.

 

 

AUTRES PIECES DU HARNAIS.

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

BRICOLE ou poitrail, en vache grasse grainée, et rempliée, soutenue par le dessus de cou, avec traits antés, lesquels vont boucler dans les boucles de boucleteaux à boutonnières.

SELLETTE, à petits quartiers avec dossière, porte brancards à trous garnis de leurs bracelets et de leurs feutres ; sangle à quatre boucles.

CROUPIERE, passant dans la chape de croupière de la sellette et bouclant sur le culeron.

RECULEMENT, avec barre simple croisée et dont les courroies contournent les brancards.

GUIDES, simples,  non piquées, sans boucle en haut, les mains antées sur les branches. 

Ce harnais est monté à passants ordinaires formés ; chiffres unis, sur les œillères et la sellette.

Bouclerie, à jonc en cuivre, ou bien plaqué argent sur fer.

 

Vous verrez plus précisément les types de boucleries utilisées dans cette photo d'attelles du catalogue.J.C. 

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

Vous trouverez dans la suite de cet article,  des dessins de harnais provenant d'autres carrossiers de la même époque. des  catalogues plus récents, datant de la fin du XIX° et du début du XX°, qui nous permettrons de cerner l'évolution des harnais entre 1878 et le début du XX° siècle, ainsi que des photos d'équipages.

 

Harnais à un cheval pour voiture à quatre roues (suite)

 

 

Texte:

Figoli

 

Documentation, photos.:

L'art d'atteler  Faverot de Kerbrech (coll. Figoli)

Sellerie française de Léné (coll. Figoli)

Dessins Guinard (coll privée)

Catalogue Hermes (coll. Figoli)

Catalogue Bernard (coll Hans Paggen)

Catalogue de bouclerie JC 

Catalogue bouclerie.D § P Paris

Conduite en guides de Jouffret

Harnais à un cheval  pour voiture à quatre roues

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 16:19
          
Fabrication d’un collier anglais

 1-2013-11-25_150352.jpg
Collier anglais d'un harnais en cours de restauration (Sellerie Dorantes)

      Dans « Dressage et menage » le Cpte de Comminges réserve un long paragraphe à la qualité du collier et à son réglage. Il insiste sur le fait qu’un collier doit être parfaitement ajusté.  «De même que pour un cheval le fer doit être forgé pour le pied, le collier doit être  fait pour l’épaule. C’est souvent le contraire qui a lieu : le pied est obligé de s’adapter au fer, et l’épaule finit par faire son trou dans la matelassure». Il est donc nécessaire de rappeler  que  l’adaptation d’un collier à un cheval, outre sa qualité de fabrication, dépend avant tout de la qualité des prises de mesure.
Suivant leur utilisation, il existe de nombreuses variétés de colliers utilisant différents types de matières     comme des colliers en caoutchouc plein, assez rares.
Plus  couramment on utilisait;
     -Les colliers métalliques; voir article Le collier metallique dit aussi élastique
 P1010714

        -Les colliers gonflables (créés par la maison Meyer à la fin du XIX° siècle).
Ils étaient utilisés entre autre, comme collier de secours sur des coachs car ils sont adaptables à plusieurs chevaux
 
 P1010763
Valve de gonflage sur un "collier de secours" d'un coach (collection Fabre) 

       -Les "colliers communs" à clavette inférieure
 Le Cpte de Comminges, qui les trouve des plus commodes,  précise que certains modèles rivalisent dans leur esthétique avec les colliers anglais.
« Cependant, cette sorte est peu prisée. Il est forcément d’un aspect plus massif, moins élégant, bien que j’en ai vu parfois de fort bien faits qui ressemblaient à des colliers dits anglais. » -Cpte de Comminges/Dressage et menage-
 P1020247
1-P1050050.JPG
Eexemples de colliers utilisés autour de 1900 dans les familles bourgeoises en Aquitaine et Cantal (Col Figoli)

 2013-11-21_230237.jpg
Colliers à clavettes du catalogue de la sellerie AC à Paris
Ce type d'ouverture se retrouve dans tous les harnais de travail dont pratiquement chaque région possède un modèle.
ane-toulousain.jpgardennes.jpg
                   collier toulousain                                                                        collier des Ardennes

     - Les colliers en paille de seigle qui  sont de deux sortes ;
« les uns complètement en paille, les autres dont la partie visible est en jonc tressé, l’intérieur en paille et la partie interne doublée en serge de couleur (noire rouge ou bleue)-Dressage et menage-
2 collier de paille 0143 collier de paille 021
Colliers paille sellerie Delameilleure

 2013-11-26 183934
 Collier réalisé par la maison Dorantes

      -Les colliers anglais, largement utilisés dans les voitures de service (fiacres,...) et les voitures de maître 
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 Collier anglais classique sellerie Dorantes
Avant de vous montrer une des techniques de réalisation de colliers anglais , voici leur description. Ils sont composés du corps du collier lui-même en cuir fauve ou noir (souvent verni), auquel se rajoutent les attèles permettant la fixation des traits et le passage des guides.
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Le corps du collier lui même est structuré en paille et garni de cuir
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Comme nous pouvons le voir dans ces planches de la sellerie AC Paris de 1904, le collier peut être plat ce qui était présenté comme typiquement anglais,
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Colliers sellier AC Paris
ou renversé vers l’arrière et équipé d’un hausse-col, ce qui est habituellement présenté comme étant la version française du collier anglais. « Ce dernier a l’avantage de dégager mieux l’encolure des chevaux et de la faire paraître plus longue et plus gracieuse » -L’équipage/ Brigitte de Diepold-
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Incurvation collier sellerie Dorantes

Pour vous permettre de découvrir les phases de réalisation d’un collier anglais, nous sommes allé chez une des meilleures selleries d’Europe, la maison Dorantes (voir sa présentation dans l’article "Dorantes harness maker" l’excellence en sellerie. ), dont voici quelques réalisations.

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Dorantes  réalise ses colliers de manière totalement traditionnelle et a même reconstruit des outils anciens  comme cet étrange appareillage.
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 Cet appareil permet de réaliser la verge du collier
On place dans l'appareil une gaine de cuir puis de petits fagots de paille à l'ouverture de la gaine. Une longue tige métallique permet de les enfoncer dans la gaine.
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     La verge ainsi fabriquée est ensuite liée au corps en paille du collier.
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La verge terminée, la constitution du corps en paille passe par différentes phases.     
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 préparation de la paille
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fixation de la verge au corps en pailla
    L'ensemble ainsi terminé est ensuite garni de cuir de grande qualité.

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La forme du collier ne doit pas être ovale mais s'adapter au galbe de l'encolure du cheval . Le collier prend sa configuration définitive grace au formoir.
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Dans l’ajustement d’un harnais les attelles ont un rôle essentiel. En effet, l’emplacement du tirant d’attelle participe  au réglage du collier afin d’éviter des tractions vers le bas ou le haut qui blesseraient l’encolure.
Chez Dorantes, les différents types d’attelles sont fabriqués sur place, donc sur mesure, ce qui permet d’ajuster les tirants et d’effectuer les attelles au goût du client.
Voici deux exemples de deux types d’attelles en cours de réalisation
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 un autre modèle
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Mais ce sellier s'est également spécialisé dans la restauration des harnais anciens. Il répare les attelles dégradées
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mais il peut également en reconstituer des parties ou copier à l'identique les attelles perdues.
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 Nous dédierons prochainement un article à la réalisation des harnais de gala demi-gala,... Vous y trouverez la restauration, la fabrication des boucles, des blasons et diverses décorations de harnais.  
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    harnais Moirano Italie 
Texte et photos:
Figoli 
Nous remercions les ateliers Dorantes de nous avoir si aimablement ouvert leurs ateliers. 
  
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Tel International: +34 95 597 29 56
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:06

 

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Détails des cuirs d'un harnais hongrois.

 

 

 

Il est trés rare de nos jours de trouver des harnais hongrois de la qualité de ceux que nous vous présentons. Pourtant, la réputation esthétique de ces harnais était affirmée par de nombreux auteurs du XIX° siècle. La disparition de ces harnachements hongrois d'exception a plusieurs causes.

A la fin du XIX° siécle, l'anglomanie "fit rage" en Hongrie. Il devint de mode d'atteler en collier avec des harnais typiquement anglais. Mais les deux selleries se mixèrent et donnèrent naissance à des attelages "batards". Il en résultat une certaine perte de la finesse de la sellerie traditionnelle. La période d'intégration de la Hongrie dans le bloc des pays de l'Est accéléra l'abandon de ces harnachements de luxe et la perte du savoir-faire artisanal traditionnel. Les harnais dits hongrois que nous voyons dans les différentes manifestations ne sont souvent que de grossières reproductions des harnais anciens.

Revenons à l'origine de ces harnais. La Hongrie est un des pays à l'origine du développement du transport de personnes en attelage équin. Le terme même de coche proviendrait d'un véhicule dont le nom Kocsi dérive de celui d'un petit village hongrois nommé Kocs. Son utilisation se développa d'abord en Italie, puis dans toute l'Europe. Voir article

La particularité des sols hongrois a été déterminante dans l'évolution des techniques et les matériels liés à l'attelage. Les sols sabloneux et marécageux des steppes hongroises "puszka" rendaient difficile l'utilisation d'attelages à deux chevaux qui n'étaient pas assez puissants pour se sortir des bourbiers. L'attelage à quatre, cinq chevaux et plus était donc pratiquement une obligation. De même, les voitures devaient être trés légères. La  voiture hongroise se présente souvent comme un petit break trés léger avec une caisse en bois ou en osier tressé.

 

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L'utilisation de si nombreux chevaux a sûrement favorisé l'emploi de la bricole, beaucoup plus facilement adaptable en cas de changement de cheval que le collier. Si, traditionellement, le harnais hongrois était donc à bricole, sa présentation différait selon les goûts des propriétaires. Le tressage et le travail décoratif des cuirs, caractéristiques de ces harnais, différaient suivant chaque lieu sinon chaque grand domaine.

Hormis l'utilisation du tressage qui donne cet aspect léger à des cuirs assez épais, ces harnais étaient dotés de schallangs sur les brides (servant de chasse-mouche),


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de clochettes et de billangos (galons bigarés pouvant présenter les couleurs du blason de la maison)


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Celui que nous vous présentons est exposé au domaine de Hortobegy.

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Voici les détails:

-de la bride

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-du mantelet

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  - des différentes autres parties du harnais, dont la bricole et l' attache des caractéristiques traits ronds.

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Vous aurez noté la particularité décorative de la bouclerie hongroise.

 

 

Photos:

  Dieter Gaiser dans "Tradition Farkrunst" . 

Texte:

Figoli

 

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