Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 09:27

Dans le précédent article  Présentation de types de voitures et attelages par J Robiquet.1 nous vous avons présenté des extraits de la partie deux roues de l'ouvrage réalisé en 1942 par J Robiquet et illustré par L. Caplain.

En voici la suite, qui vous fera découvrir les principaux modèles de voitures à quatre roues.

 

 

High Perch*

14-IMG 0014

 

Pour mettre en vedette le costume, à la fois très prétentieux et presque inexistant, des "Merveilleuses", rien ne pouvait convenir que ce genre de tréteau roulant...Les figurantes des galas de Barras, faute d'oser en revenir aux modes d'avant l'émigration, se risquaient au plagiat de l'antique. Leurs soupçons de costumes s'intitulaient, sans vergogne: "à la diane", "à la Vestale"... . Mais les carrossiers hésitèrent à remettre en circulation des chars à la grecque ou à la romaine. Ils se contentèrent d'exagérer les excentricités des anglomanies sportives d'avant la révolution, ...

Wiskis, carricks, cabriolets, et ces hauts phaétons: les Highs-Perchs affirmaient bien que rien n'était changé aux luxueuse affèteries des ci-devant. ...

En elles mêmes, ces voitures témoignent de qualités d'art évidentes. Les pleins, les déliés de leurs lignes recherchées rivalisent de fignolage avec certains chefs d'oeuvre des calligraphes du temps....

Et les techniciens de la carrosserie se disent: "Délicieuses fantaisies d'un songe imaginaire! Jamais de telles élucubrations n'ont pu véritablement inspirer un atelier de charronnage. Ces voitures invraisemblables n'ont jamais roulé." Mais si! Et ce fut assez dommage pour le bon sens traditionnel de nos artisans, pour le tact de la mesure, de la sobriété, habituel à l'élégance sportive, même pour la sécurité des cargaisons de simili-déesses.

...

 

*Les auteurs actuels réservent la nomination High-Perch à des voitures montées sur des flèches droites.Le terme Crane Neck est utilisé pour les voitures disposant, comme ici, de flèches avec cols de cygne. High-Flyer est le terme générique attribué à l'ensemble de ces voitures.


Berline

07-IMG 0007

 

On ne saurait rencontrer meilleur spécimen de formes rondes que cette voiture de demi-gala, native de l'Italie du nord. ...

Tous les visiteurs du musée de la voiture ont admiré ce très séduisant véhicule qui ajoute à ses mérites le privilège d'avoir figuré dans une cérémonie historique. Il faisait partie du cortège du 5 Mai 1805, quand Napoléon 1° et Joséphine assistèrent aux fêtes commémoratives de Marengo.

En contraste frappant des formes carrées, alors de moins en moins goûtées, le cuir noir des custodes silhouette ses courbes, harmonisées aux molles inflexions de leurs compas fixes, en bronze trés délicatement ciselé et doré. Ce modèle, de si peu antérieur au style impérial, surtout antidaté par son décor milanais, est dit: " à tombeau". Il n'offre vraiment que des sinuosités: rondeur du siège, en manière de coquille, absolument indépendant, sur ses propres ressorts (y compris un espiègle ressort à Boudin, chargé de remédier à l'excès de poids du cocher);rondeur des suspensions en C; rondeur des lanternes.

N'omettons pas de signaler la magnifique garniture intérieure, associant les capitons de maroquin rouges aux à-plats de daim parsemés de guirlandes florales, brodées au plumetis.

...

L'appellation de Berline vient, bien entendu de la capitale du même nom. Un de ses habitants: l'architecte Chiese attaché à l'électeur de Brandebourg, aurait imaginé les grands perfectionnements qui rendirent le carrosse plus léger, plus stable et mieux suspendu.L'avant-train tournait bien mieux grâce au système de double-rond, qui pivotait plus largement sur le lizoir-avant que les armons et fourchettes du grand train à flèche. Au lieu de cette unique flèche, deux brancards latéraux empêchaient la caisse de verser complètement, en cas de rupture de soupente, et, peu à peu, la constrution même de la berline s'amenuisait, s'affinait, pour mieux profiter encore des avantages routiers ainsi facilités.

Quand la Berline du XVIII° siècle se tronquait, on la nommait Berline-coupée ( ce qui la fit ensuite baptiser: coupé); encore allégée davantage, celle ci s'appelait:Diligence (terme qui devint, par cocasserie du vocabulaire, le propre de la plus volumineuse et de la plus lourde voiture du monde).

Certains de leurs propriétaires,cherchaient à lésiner sur la dépense d'un attelage à deux. Ils remplaçaient le timon par les limonières, ou brancards d'un seul cheval; et les plaisantins, d'intituler ces équipages: des "demi-fortunes". Beaucoup d'érudits et même des dictionnaires ont commis l'erreur d'attribuer l'expression à l'on ne sait quel type de voiture, alors qu'elle ne s'appliquait certainement qu'à ce système de traction économique. 

 

Coupé

      08-IMG 0008

L'auteur fait ici la description des coupés utilisés par l'empereur Napoléon.

 

"... Entre autres exemples du luxe pratique de leurs installations intérieures,voici la fourniture du carrossier Devaux, livrée à S. M. l'Empereur et Roi. Le musée de Compiègne la conserve dans ses archives. 

Coupé de poste (ou Dormeuse) à caisse "gondolée". Tout y est prévu pour loger papiers, armes et multiples bagages. Des compartiments, doublés de chamois, attendent les pistolets, les flacons, les plats et assiettes d'argent, dans les creux des accotoirs et des portières, sans préjudice de larges poches, sous les glaces de devant. Des filets en tresse en tresse et des courroies maintiennent au plafond, sous "l'impériale", le fusil et la carabine. Un renflement cylindrique du panneau arrière, que l'on nomme: "le tambour", permet de loger l'argent, les munitions, les papiers précieux. Deux grands nécessaires à tiroirs prennent place sur l'avance de cette carrosserie de Dormeuse et sous le siège arrière. Ils sont réservés à l'orfèvrerie de Biennais convenant aux en-cas, à la toilette. ... Enfin, des "tablettes à coulisse" peuvent être tirées de la banquette arrière, pour servir de couchette à la dormeuse, et l'intérieur s'éclaire par une "lanterne à queue". ...

 (Vous pourrez voir quelques dessins de l'intérieur dans l'article Exposition: La berline de Napoléon de Mars à Juillet 2012.)

 ... Une berline-coupée du musée de la voiture servit de modèle à notre planche. Elle ne faisait point partie des remises impériales, mais la tradition contrôlée affirme qu'elle servit à l'empereur, durant son retour de l'île d'Elbe...pour la partie du trajet: Grenoble-Auxerre.En tout cas, elle n'a pas été retouchée depuis 1815, et donne une idée parfaite des lignes rondes, des proportions ramassées de ces robustes mangeuses de kilomètres. ...Comme tant d'autres routières, elle ne se fiait pas encore aux freins à mécanique; un "sabot d'enrayage", suspendu au-dessous de la caisse par sa chaîne, gainée de cuir, était glissé sous l'une de roues arrière dés que menaçait une trop forte descente.

 

Calèche

09-IMG 0009

 

...La calèche prit naissance, dans sa véritable forme moderne, à la fin du XVIII° siècle. Une capote arrière, que l'on nommait alors; "le souflet", comme celle du cabriolet de la même époque, s'articulait déjà sur des charnières.


6-IMG 0006

 

Son aïeule du temps de Louis XV ne se différenciait guère des autres voitures du parc, assez légères et trés ornées,  dont disposaient les grandes dames de la cour. Mais elle était surmontée d'une "impériale", sorte d'ombrelle fixe, posée sur des tigelles de fer.

5-IMG_0005.jpg

 

Les caisses restent profondes et confortables, durant le premier Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet. Favorables au voyage, elles font alors quelquefois baptiser ces voitures du nom de "Barouches". ...

...Combien les appellations de "calèches-bateaux", de "calèches-nacelles" vont bien aux formes allongées, affinées du second empire! Les panneaux s'abaissent jusqu'à ne pas dépasser la hauteur d'une trentaine de centimètres, et même, parfois s'ajourent, au dessous des parcloses.

...

 

Landau

      10-IMG 0010

 

...L'invention du Landau, dans la ville bavaroise de ce nom, apportait un très grand perfectionnement aux systèmes de protection, combien plus hybrides encore, des calèches "à ballons". Elle harmonisait, simplifiait mieux les lignes que le modèle, assez difforme, qui, sous le nom, de"Wourch à Ballon, ou à Vasistas" persista durant toute la restauration.

...le jumelage des deux capotes permet de mettre à profit les avantages de la calèche découverte et de la berline bien close. Depuis Carles Vernet, jusqu'à Constantin Guys, nous voyons même le Landau figurer trés honorablement dans les chasses à courre de Napoléon 1° et dans les grandes réunions sportives du Second Empire. Sa vogue reprit, trés fort, de 1860 à 1865,  le dotant de profils particulièrement élégants.

Le siège devint mobile sur son coffre, à l'aide de coulisseaux, pour faciliter l'abaissement de la capote antérieure. Des subtilités de construction réussirent à dissimuler une partie des cerceaux du capotage dans les côtés de la caisse, ainsi diminuée de hauteur; ce qui donna les jolis modèles de Landaus "nacelles", "bateaux", ou "à cous de cygnes", presqu'aussi légers et aplatis que ceux des calèches de la même époque. On réalisa jusqu'à des "Landaus-Berlines à 5 glaces", dont les portières à double coulants servaient d'écrins, non seulement à leurs propres glaces,mais à celles des custodes de devant.

...

Victoria

11-IMG 0011


 ...Dés que les marronniers parisiens arborent leurs panaches fleuris, calèches, victorias, coupés et dorsays iluminent les Champs-Elysées, l'Avenue de l'Impératrice, étincelant de leurs couleurs à la mode. Le bleu-de-roi jouit de la grosse cote; il est adopté par une grande moitié des véhicules de luxe. Viennent ensuite: le vert-émeraude, surtout le jaune minéral, dédié à l'imminente exposition.

La victoria est dite de forme ronde, ou de forme carrée, suivant le profil adopté; (les formes rondes se trouvant particulièrement prisées, en cette période du Second Empire). Son siège repose toujours sur une légère ferrure, ce qui la rapproche du trés beau type: le Duc; tandis que le "mylord" s'alourdit un peu d'un coffre, supportant le siège en épousant les lignes du panneau de passage de roues.

...

Phaéton

      12-IMG 0012

 


      ...Le mail, la caisse noire du phaéton, un peu funèbre à force de sévère décorum, risquerait presque de nous faire penser à une sorte de bout-de-l'an du temps des équipages. Pourquoi donc l'appellation de cette voiture se recommanderait-elle par métonymie, du fils du soleil?

C'est qu'en fait de terminologie, les dénominations, restent même si les modes carrossières changent éperdument. Les premiers Phaétons du XVII° siècle, petits vis à vis destinés aux parcs royaux, pouvaient mieux se recommander de l'olympe. Sculptés de riches motifs, éblouissants de dorure, ils voyaient s'incliner les courtisans devant les astres que figuraient leurs princières occupantes.

Au début du XVIII° siècle, ce furent, au contraire, de trés hauts véhicules, de vrais perchoirs: des "Highs-Perchs", comme on les baptisa de l'autre côté de l'eau. ...

Nombre de variantes modernes dérivent du Mail-Phaéton avec ou sans flèche: le phaéton tilbury, qui conserve le siège à rotonde balustrée du tilbury en allégeant, de courbes ajourées, tout le reste de la caisse; le duc-phaéton; le mail -spider (etc.)

Sur un thème bien choisi, les carrossiers, comme les musiciens, se complaisent en variations infinies.

 

Carrosse

13-IMG 0013

...

Tous les auteurs attribuent la première mise à la mode, en France, du vrai "carroza" transalpin au Maréchal de Bassompière. ...

Voici les caractéristique du Carrosse Louis-quatorzième; leur description me servira à citer des termes qui ne cesseront de rester classiques dans le langage : la toiture, "l'impériale" de la caisse, est reliée aux panneaux par des montants "les pieds-corniers" qui enchâssent les glaces (inusitées pour les voitures jusqu'alors). La suspension consiste en "soupentes" de cuir rattachant la caisse à quatre supports en bois nommés "moutons", qui s'érigent aux extrèmité de la grosse poutre: "la flèche", constituant le "grand-train". On disait donc indifféremment: "Carrosse à Flèche", ou "Carrosse à grand train". Un arc de fer, en "col de cygne" permet aux petites roues avant de tourner sous la partie antérieure de la flèche -alors que les premiers coches, ignorant encore l'articulation des "armons" de la flèche sur les fourchettes du timon ne pouvaient même que déraper-

...

Vous trouverez les dessins en grand format dans l'album 

equipages equipages

                                                                                                            

 

 

Note Figoli

A ceux qui voudraient approfondir leurs connaissances de la typologie des voitures hippomobiles et des termes techniques, nous conseillons la lecture de l'ouvrage de référence écrit par Jean Louis Libourel: Voitures hippomobiles vocabulaire typologique et technique.Editions du Patrimoine.

img016.jpg

Partager cet article

Repost 0
13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:50

Vous êtes nombreux à nous demander un glossaire des différents types de voiture. Pour répondre partiellement à vos attentes, nous vous présentons aujourd'hui un document réalisé en 1942 par  J. Robiquet, alors responsable du musée National de la voiture et du tourisme de Compiègne. Le descriptif de chaque équipage est accompagné d'un dessin de grande qualité réalisé par L. Caplain. S'appuyant sur l'ensemble des pièces et fonds documentaires du musée, l'illustrateur nous propose une iconographie d'une grande précision. Chaque voiture est resituée dans l'environnement de son époque d'utilisation; techniques d'attelage, harnais, tenues,... 

Voici l'ensemble des dessins de voitures présents dans cet ouvrage: "VOITURES ET ATTELAGES". Ils sont accompagnés d'extraits du texte de J. Robiquet.



 

      Chaise de Poste

01-IMG 0001

     

...Remplaçant, dés la fin du règne de Louis XIV, grâce aux efforts d'un certain sieur de La Grugere et du Marquis de Crénan, le simple cabriolet d'origine, qui ressemblait plutôt à un fauteuil monté sur roues, elle se caractérisait, du temps de Louis XV, par les avantages suivants: Trés lègère construction, favorable à la vitesse ainsi qu'à l'épargne des forces de l'attelage; équilibre maximum, en raison de l'abaissement de la caisse, par rapport aux brancards et, donc, à l'essieu des trés grandes roues....

Il faut croire, d'ailleurs, qu'un tel modèle donna toute satisfaction, puiqu'il resta en usage prés de deux siècles et que sa variante un peu dégénérée: le "coucou" de ville ne cessa de servir qu'au début du Second Empire.

Enserrée par les deux brancards, retenue par les "courroies de guindage" qui restreignaient les oscillations latérales, la caisse ne pouvait s'ouvrir que face à la route. D'où cette portière antérieure, nommée "botte" ou "portière de Toulouse", qui se rabattait sur le "tablier" de cuir pare-crotte. Le bas de la portière était assuré d'une complète étanchéité par un ajustement soigné de deux "goussets" de recouvrement.


1-IMG_0001.jpg

 

Deux combinaisons de ressorts se reliaient aux "soupentes" de cuir, bien tendues à l'aide de crics; la plus ancienne utilisait les ressorts dits: "à l'écrevisse". Ces étranges et souples tentacules dessinaient à l'arrière de la chaise, une pince en forme de U, dont les sommets étaient chapeautés de gaines de cuir. Leur aspect général imitait en effet une pince de homard ou d'écrevisse.


3-IMG 0003

 

  L'autre système comportait des ressorts, également à lamelles, mais presque droits et parallèles aux supports: aux "moutons" de bois.On les nommait du nom de leur inventeur, un serrurier qui s'appelait, au hasard de l'orthographe non moins élastique du temps:Dalem ou Daleine.Et l'on disait sans mâcher ses mots que la voiture était "à cul de singe".

...

 

Carrick à pompe 

02-IMG 0002

 

  .....Son harnachement est le doyen de tous les autres, puisqu'il reste le seul parent des jougs grecs et romains.

Il me faut donc commencer par décrire la "barre", cette tige d'acier qui surmonte, transversalement, les deux sellettes des chevaux. Elle joue trés légèrement dans les tiges annelées, nommées "poupées", qui font saillie sur les dites sellettes.

En son milieu, une mortaise ajourée laisse passer les deux bracelets de courroies, disposés pour retenir le timon de lavoiture.

Primitivement, la barre était, en effet, une variante du joug. Elle se fixait directement au dit timon.


2-IMG 0002

 

...

Quand au type de voiture adopté le plus souvent pour la pompe: le Carrick, c'est un charmant modèle, importé d'Irlande. Il se caractérise par une coupe extrêmement élégante, aux lignes sinueuses, et surtout par le "brisement" trés accentué, pour ainsi dire virgulé de son panneau arrière.

Les Carrick devinrent nombreux, chez nous, en fin du dix huitième siècle, et sur deux ou quatre roues. Ils s'exhaussèrent dangeureusement, comme rivaux des Highs-Perchs à l'époque du directoire. Et, depuis, les Carrick à Pompe firent flores, tant que d'assez beaux chevaux, aux actions exceptionnelles se montrèrent digne de les accompagner.

...

 

Tilbury Télégraphe

03-IMG 0003

 

Trés légère et jolie voiture à deux roues, ne fatiguant pas le cheval, d'allure plutôt masculine et sportive, le Tilbury n'est pas né d'hier. En fin du XVIII°  siècle, il eut déjà beaucoup de succés mérité, que les années suivantes ne firent que confirmer universellement.

Sa principale caractéristique demeure la "rotonde' de son siège élégant. Des balustres en affinent le galbe. Au-dessous, un soupçon de coffre s'écarte fort nettement les brancards. Quand le corps de la voiture s'abaisse davantage entre les roues, gagnant en stabilité, nous avons la variante dite: "Stanhope" du nom de son prudent introducteur, un parent du comte Earl of Harrington...

 

Il paraît que sa trés originale suspension arrière rappelle, précisement, les bras du télégraphe aérien...Ce qui n'empêcha point les anglais de désigner du terme de "looking" (gibet) la double potence métallique d'où partent les soupentes. Toujours est il qu'il nous faut remonter jusqu'à la chaise de poste du temps de Louis XV pour trouver l'origine de ce système: le jeu compliqué des "ressorts à l'écrevisse".

  Alors que le Tilbury du modèle ordinaire n'offre qu'un train extrêmement simplifié, résumé par deux long brancards ceinturés à l'arrière et reliés par quatre mains aux ressorts d'essieu, le Tilbury-Telegraphe reste l'héritier certain de la suspension la plus compliquée.

...

 

Gig-Tandem

 

 04-IMG 0004

 

...Il aurait semblé trop simple, à certains, de se contenter du mot latin: "tandem"- enfin-  pour expliquer cette appellation de bon sens. On voit passer, en ligne de fil, le premier cheval : le "leader" et puis, enfin, "denique tandem": le cheval de brancards. Je ne sais quels érudits sportifs ont préféré célèbrer la mémoire d'un imaginaire Lord Tandem.

...Il convient de signaler le mode de fixation des traits du leader (un boucleteau les attache pré de l'attelle du coéquipier), et le passage des longues guides dans les "passes" des cocardes du cheval de brancards.

A remarquer, également, l'agrément des proportions trés élevées de la Gig, par rapport à la longueur de l'attelage et les facilités de contrôle que le siège, haut perché, donne à l'arbitre de situations parfois scabreuses.

Certains Tilburys exhaussés ressemblent à ce modèle, pouvant même se métamorphoser en Dog-Carts par l'adjonction d'un coffre à chiens. 

 

Dog-Cart

05-IMG 0005

 

Un coffre à chiens, aéré sur les côtés par des "jours", que garnissent des lames de persiennes, donne à cette voiture son caractère propre. Que le Dog-Cart soit à deux ou à quatre roues, il doit toujourd viser à la simplicité, à la franchise des lignes. Il se contente de ressorts à pincettes ou de demi-pincettes à crosses, de garnitures bien viriles en reps ou en cuir, tendues à plat. Une simple galerie de fer surmonte le siège, assez élevé, lui servant à la fois de poignée de montoir et d'accotoir. Quand deux sièges s'adossent pour quatre places, une boîte à fusil symbolique se loge entre eux....

Mais bien des fantaisies de types , de profils, de coloris trés osés sont permises à ces véhicules sportifs. Prés des noirs, éclatants de vernis, peuvent claquer des jaunes vifs, les audacieux vermillons.

Voiture de petite chasse, le Dog-Cart ne craint pas de figurer aux rendez vous des chasses à courre, même impériales.En forêt de Compiègne, il n'oserait pas, cependant, se mêler de trop prés au demi-cercle des breaks officiels qui se groupaient devant les chiens, dans le cadre sempiternel et magnifique du Puits-du-Roi.

...

 

Cabriolet

 

06-IMG 0006

 

...La caisse se trouva, d'abord, fixée directement aux brancards -Comme elle devait en effet cabrioler, par suite du terrible "vannage" (ou tangage) des véhicules à deux roues mal étudiés !- Puis, dés Louis XV, elle fut suspendue à des soupentes de cuir, tendues horizontalement. Vinrent, ensuite, les ressorts en C, finalement les luxueux six-ressorts, dont quatre en C et les deux autres, les ressorts d'essieu, à pincette ou demi-pincettes...

Le corps de cette voiture prit, au début, la dénomination de "sabot", assez évocateur de son galbe particulier, et l'abattant qui lui servit de portière de devant, comparable à celle de la chaise de poste, s'intitula "le gousset".

Succédant à une bâche fixe, puis articulée, une capote de cuir repliante, grâce à des cerceaux de fer en évantail et des arcs-boutants munis de charnières, prit le nom de "soufflet à l'italienne". Elle venait en effet d'au delà des Alpes. Longtemps, des rideaux de cuir protégèrent le devant su souflet, puis de la capote. Ils furent percés de deux petites vues ovales et vitrées: les "yeux", plus tard : les"jours".

...

Documentation:

J.Robiquet/Voiture et attelage/1942/exemplaire n°18 (collection Figoli)

A suivre: Les voitures à quatre roues 

 

Présentation de types de voitures et attelages par J Robiquet.2

  

 

 

Partager cet article

Repost 0
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 11:15

Une voiture de prestige : Le Road coach

 

Je suis heureux de vous présenter ma dernière création : Le road Coach. Je me suis inspiré de la voiture exposée au Musée de la voiture à cheval à Marcigny….J’en profite pour remercier Mr Franck Lacroix pour son accueil chaleureux, et aussi pour le plaisir de déambuler dans les allées, où chaque voiture semble m’inviter à découvrir sa fiche technique, son histoire. Cette atmosphère, chargée de mémoire, est apaisante,  je reste en admiration devant chaque véhicule, j’ouvre la porte à l’imaginaire, au rêve, où remonter le temps permet de faire revivre durant quelques instants, une époque, un attelage, des bruits…

 

Afin d’avoir un comparatif visuel, voici l’original, présenté au musée de Marcigny;link (voir article Musée de la voiture à cheval de Marcigny)carrossé par la Maison MILLION-GUIET (voir article: POINTS DE REPERES SUR LA MAISON MILLION, GUIET & Cie)


    Présentation1

 

Ce véhicule imposant, est un véritable puzzle. Il possède une multitude de détail. Chaque élément doit parfaitement s’ajuster dans son ensemble. C’est une voiture complexe, par son centre de gravité, son poids, sa tenue de route, répartition des charges, sa flèche, son rayon de braquage, ses suspensions…


 Diapositive55

 

 Toutes mes créations sont en bois uniquement (samba, hêtre, chêne, bois rouge…), pas de métal, calibré à l’échelle 1/10. De plus je réalise de la marqueterie, ainsi il n’y a pas de revêtement de peinture.  Pour moi,  mettre en évidence la fibre du bois, les  essences différentes restent un véritable plaisir pour les yeux, c’est la recherche de l’esthétique, et aussi un défi, car chaque plaquette est unique.


 Diapositive56

 

Constitution de la documentation :

C’est un projet qui a démarré en septembre 2011, et se termine en début Juin 2012. Il n’y a pas de place pour l’improvisation. Durant la visite à Marcigny, il est important de rassembler un maximum de vue détaillée, la mémoire visuelle à ses limites….Accompagnée de ma photographe préférée, mon épouse a appliquée une méthode comparable aux fouilles archéologiques, répondant à un découpage de chaque zone par un quadrillage. Résultat final, 213 photographies ! Quant à moi, je dresse plans, croquis, cotations en tous sens.


 Diapositive62

 

Internet, reste ma seconde source d’information,  de nombreux articles m’ont permis de progresser, en apportant des réponses à mes questions, c’est aussi et avant tout comprendre l’originalité de cette voiture, ses détails, sa fonction, les us et coutumes de l’époque.


 Diapositive63

 

J’ai découvert notamment que chaque type de Road Coach, avait sa petite variante, son option qui le rend unique, selon sa période de fabrication, son constructeur …

Quelques exemples : Fonctionnement et positionnement du frein parking, la petite lanterne supplémentaire du coté gauche, ouverture de coffre avant etc.


 Diapositive64

 

J’ai eu énormément de plaisir à la réalisation de cette maquette.

Tout projet, tant professionnel que personnel, est comparable à chaque maquette réalisée, j’ai ce phénomène « d’envoûtement », captif, mais tellement heureux,  et je remercie FIGOLI, pour avoir la possibilité de vous présenter chaque création. C’est aussi, durant l’une de mes expositions, de voir le visage des « jeunes » émerveillés, entendre les « anciens » raconter le temps des travaux à la ferme avec les chevaux…

Pour moi, c’est un tout, c’est le partage, la tolérance,  le respect des anciens métiers, c’est aussi ces témoignages que nous ont légués des artisans exceptionnels, auxquels je rends hommage.


 Diapositive59

 

 Chaque pièce par sa conception, a une fonction précise. Il ne faut jamais négliger la complexité de chaque élément, il est important de respecter la forme initiale, les dimensions, les degrés des pliages…Le montage final est le seul juge !


 Diapositive57

 Diapositive58

 

Tout est pensé, réfléchi, les exigences sont impressionnantes. Il n’y a rien à inventer ! Je souhaite attirer votre attention sur le fait qu’en réalité il y a deux Road Coach ….Il est doublé, le bois utilisé à l’intérieur est du Samba, c’est un bois blanc, alors que le bois à l’extérieur est du bois rouge, couleur foncé.


 Diapositive61

 

En 10 mois, je me suis « évadé » durant environ 850 heures. Cela représente uniquement le temps de réalisation et montage. N’est pas comptabilisé le temps de recherche en documentation, la mise au plan, la réalisation du diorama.

 

 Diapositive60

Diapositive65

 

 Je tiens à remercier, FIGOLI, pour sa bibliothèque, articles, photos, qui me permettent d’évoluer, d’apprendre, de découvrir. Et puis aussi  je souhaite profiter de l’occasion pour signifier toute ma reconnaissance à J&B WHIPS, ATTELAGE & TRADITION, et j’adresse mes plus sincères salutations à tous les passionnés !   


Diapositive66

 

Vous trouverez le descriptif et les photos des différentes réalisations de René Geauffre dans les articles

Modèles réduits et marqueterie.

LA CHAISE DE POSTE :Maquette en marqueterie

Marqueterie: Un petit ‘Coucou’ de René Geauphre !

et dans l'album

Modèles réduits en marquetterie Modèles réduits en marquetterie

Partager cet article

Repost 0
16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 10:45

Les géants de la plaine

 

Mariano Suarez Boh vient d’écrire un livre sur un véhicule assez extraordinaire qui circulait dans la pampa argentine entre 1860 et les années 1930.

 582596 3703556955440 1470979702 33320462 877711494 n

 

L’existence de ce véhicule est liée au formidable développement économique de ce pays, dans la seconde moitié du XIX° siècle. A la veille de la première guerre mondiale, l’économie argentine occupait la sixième place dans la hiérarchie mondiale. L’agriculture argentine, quant à elle, était située au deuxième rang mondial. Le transport des produits agricoles (en particulier les céréales) des villages les plus reculés de la pampa vers les gares et les ports nécessita la construction de véhicules spécifiques.

523080 3703365150645 1470979702 33320340 248177735 n

 

 Ces camions de la pampa argentine sont surement les plus grands jamais construits dans le monde.

314267 3703344550130 1470979702 33320323 1250051844 n

Ces véhicules étaient généralement peints en bleu avec des roues de couleur rouge.

579565 3703348550230 1470979702 33320328 702130157 n

 

Ils pesaient de 3 à 4 tonnes et pouvaient transporter jusqu’à sept tonnes. Mesurant jusqu'à 8m de long, ils étaient montés sur des roues pouvant atteindre plus de 3m de diamètre.

vistas chata bajo

 

Leur traction nécessitait un attelage d’une vingtaine de chevaux de trait, entre autres des percherons.


 

  

Cet équipage se déplaçait à une vitesse moyenne de 5 Km à l’heure et nécessitait une technique d’attelage très particulière bien décrite dans le livre de Marian Boh. Par exemple, dans de fortes descentes, si le système de frein  se révélait insuffisant, quelques chevaux étaient attelés à l’arrière pour retenir le véhicule. Dans de fortes déclinaisons de la piste, des chevaux étaient positionnés sur le côté pour éviter le renversement du véhicule.

 559397 220757028030531 140824899357078 334826 303502737 n

Pendant les bivouacs, les voitures étaient couvertes d’une bâche qui servait également de tente pour les charretiers. Les chevaux étaient libérés pour pacager dans les champs ce qui pouvait entraîner des conflits avec les propriétaires des lieux.

Voici quelques illustrations et films de ces spectaculaires véhicules et convois.

 

 

L’utilisation de ces géants des plaines s’arreta dans les années 1930.  Les camions furent abandonnés dans les prés et il n’en restent plus que de très rares exemplaires dont  celui-ci que nous présente Mariana Boh, auteur du livre.

 

 463529_3802485228585_1470979702_33360002_904082837_o.jpg

 

Documentation :Mariana Boh, Daniel Boh:link.

Contact et informations pour ce livre sur face book sous le nom:

"Gigantes de la Llanura." voir lien:link

 582596 3703556955440 1470979702 33320462 877711494 n

522323_333471443375286_223558511033247_886729_587635069_n.jpg

Voici quelques photos d'époque 

 

Les géants de la plaine
Les géants de la plaine
Les géants de la plaine
Les géants de la plaine
Les géants de la plaine
Les géants de la plaine
Les géants de la plaine

Partager cet article

Repost 0
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 18:07

 

 

LE TRAÎNEAU À DIX PLACES DE CATHERINE II

 Copia di foto1

 

Extrait du Catalogue des Voitures de Cour de la Collection du Musée de Zarskoe Sjelo de Saint Petersburg d'I.I.Bredikhina - Éditions "Avrora" Saint Petersburg - 2008

 Traduction Monique Badiou

 

Ce traîneau à dix places fut construit dans l'atelier d'I. K. Bukendall en 1793 pour les dames et d'une façon générale pour les membres de la cour de Catherine II de  Russie. Des véhicules, d'une aussi grande capacité, étaient utilisés probablement lors des sorties sociales. Ils se distinguaient des traîneaux communs, non seulement par leurs dimensions, mais aussi par la présence d'un mécanisme de direction avec la partie antérieure et  postérieure indépendantes, toutes sur les patins, comme dans les carrosses.

CCF20012012 00002

Répertorié dans les documents du bureau administratif des Écuries de la Cour comme "le traîneau à dix places pour la ville", il était revêtu intérieurement de velours vert, avec, sur cinq des places assises, des coussins. Chaque siège avait une couverture du même velours. La partie extérieure,  tous les appuis-bras et les places assises étaient revêtues, autour, de daim vert. La surface destinée à l'appui des jambes des voyageurs et le repose-pied étaient revêtus de fourrure d'ours. Les appuis-bras et les coussins, le long des coutures, étaient embellis par des cordonnets dorés, alors que les couvertures, sur trois côtés, étaient enrichies. Les patins et le timon étaient recouverts de fer, vernis et décorés avec des détails d’or. La place du conducteur était revêtue de peau d'agneau, le coussin enrichi de franges dorées.

 

Copia di foto 2

    

Quatre autres traîneaux, avec les mêmes caractéristiques, étaient destinés au transport de la nombreuse suite de l'impératrice. Un autre  traîneau, actuellement exposé au Musée de l'Ermitage, Saint Petersburg,  se différencie par la disposition des places assises et par la couleur pourpre des revêtements.

 Le traîneau, un des moyens de transport plus anciens traînés par des chevaux, en Russie,  fut le principal moyen de locomotion jusqu'à la fin du  XVII siècle ;  il était utilisé non seulement en l'hiver, mais aussi en été, spécialement en territoires marécageux ou boisés.  Le traîneau avait un symbolisme sacré spécifique et son usage  était considéré plus noble que l'usage d’un carrosse. Une des caractéristiques distinctives des sorties cérémonielles de la Cour Russe jusqu'à Pierre le Grand, était l’usage indispensable des traîneaux et jamais des carrosses.  Dans les cérémonies funèbres, seul l'usage des traîneaux était admis pour les tsars et  lors des célébrations nuptiales,  pour accompagner les époux de la résidence à l’église.

L'usage du traîneau en ville l'été, était l’apanage exclusif de la famille impériale et de la haute hiérarchie ecclésiastique. 

Pendant le XVIII siècle, à la cour des tsars, il y eut un grand nombre de nouveaux modèles de traîneaux. Dans les inventaires du bureau des Écuries de la Cour, les traîneaux "voyageurs" étaient divisés en deux groupes distincts :

  • dans un groupe, les différents types de traîneaux pour la ville :  "pour les jours de fête", "pour tous les jours" et "pour les personnalités de la cour." Les traîneaux pour la ville se caractérisaient par l'usage large des attelages avec le timon comme dans les Pays de l'Europe occidentale.
  • dans le second groupe, les traîneaux "de rue": les traîneaux "de campagne" et "pour les longs voyages" caractérisés par des structures adaptées à l'usage auquel ils étaient destinés.

Copia di foto3

L'époque pendant laquelle,la Cour Impérialeorganisa des célébrations de masse et des fêtes en plein air, l'importance et le nombre de traîneaux d’agrément grandit de manière significative. Durant le Carnaval, ces traîneaux étaient attelés en troïka et derrière de  nombreux petits traîneaux à deux places étaient accrochés pour former un long et amusant petit train. Rapidement  les chevaux prenaient de la vitesse et les files de petits traîneaux  commençaient à serpenter avec vivacité et à rebondir. Le long du parcours une partie se renversait,  lançant sur la neige les équipages joyeux. Ainsi, parfois ils se rendaient au Zarskoje Sjelo, où étaient organisés des bals masqués.

 

 

Traduction Monique Badiou


Nous remercions le journal Notizario de nous avoir fourni et traduit cet article.

 

 

testata notiziario

Partager cet article

Repost 0
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 10:28

 

Traineaux-italiens 2505

 

AVEC DES CHEVAUX et DES TRAÎNEAUX

 En Alta Badia, au cœur des Dolomites, tous les ans avec "La Slitata da Paur" une commémoration historique vous reporte dans le temps, quand les traîneaux tirés par les chevaux étaient le seul moyen de transport dans les zones de montagne pour se déplacer des  « masi » vers le village, lorsque le long hiver commençait.

006 A06

j

 

Aujourd'hui la"Slitada" est sûrement une occasion de découvrir les coutumes du haut Val Badia.

 Un cortège de traîneaux, décorés selon la tradition et traînées par des chevaux bardés avec les hommes en coutume, part de Pedraces pour arriver à La Villa.

      008 A08

 

  Ce n'est pas une simple excursion en traîneau mais une véritable compétition ;  il y a quelques années, celui qui gagnait n'était pas celui qui arrivait le premier, mais celui qui avait le costume le plus originale. Les femmes mettaient de drôles de chapeaux de laine en forme d'oignon, les hommes des vestes chaudes en tissu de laine couleur rouge. Les harnais et les coutumes étaient jugés.

003 A03

004 A04

018 A18

 

 

 

Les harnais, avec les harnachements sont tyroliens et les harnachements pour les fêtes, ont des décorations qui vont couvrir tout le flanc du cheval. Les brancards  sont toujours en bois.

003 B03

 


Aujourd’hui, même si les traditions sont respectées et que les participants sont en costumes, la journée est une compétition de vitesse avec les traineaux qui se déroule à la fin du long cortège.

004 B04

013 A13

015 A15



Une autre commémoration historique avec les traîneaux, retrace  un mariage ladin : il se déroule en février, tous les 2 ans. Autrefois, on se mariait en hiver, parce qu'il y n'avait pas beaucoup de travail dans les champs. On allait au mariage en traîneaux, les plus élégants, avec des coutumes originaux, les autres avec les habits du dimanche. De nos jours, cette commémoration se déroule de nuit, avec des traîneaux de valeur  et une centaine de personnes en coutume.

Traineaux-italiens 3224

Traineaux-italiens 7716

Traineaux-italiens 7772

Encore aujourd'hui en haute Badia  les traîneaux sont construits avec les anciennes techniques.

 

P1030329

D70C8483

D70C8659

 

 

 

 

 

Ce sont des pièces uniques, construites  grâce à la collaboration de 5 artisans :

 


LE MENUISIER se consacre à la réalisation de la structure brute en bois, puis il y a

 

D70C8281


LE SCULPTEUR qui travaille aux entailles et aux détails caractéristiques sur le bois, ensuite

D70C8399


Le FORGEUR artistique intervient : il soigne toutes les décorations en métal et puis

 

D70C8528


LE FORGERON complète le châssis avec les "patins" et finalement


D70C8517


Le PEINTRE.

 

D70C8593

D70C8579

 

 

Les décorations aussi bien en bois qu'en fer sont libres, on trouve le blason de la famille ou une tête de cheval ou un rapace… chaque artisan donne libre cours à son imagination !

Il n'existe pas encore de musée pour recueillir les meilleurs et les plus anciens exemplaires de traîneaux, mais dans chaque  « maso » il est possible de trouver des exemplaires de grande valeur datant même du18° siècle. Les traîneaux qui étaient utilisés pour les événements étaient les traîneaux du Dimanche à deux places et chaque « maso » et chaque paysan voulait montrer son prestige par la particularité de son traîneau: il était l’expression d'un statut, utilisé le dimanche pour aller à la Messe, aux Fêtes ou aux Mariages.


007 A07

009 A09

010 A10

 

 

Par contre, le traîneau en bois brut servait tous les jours pour les déplacements ou pour le travail.

Passion, professionnalisme et amour pour la tradition: c’est ainsi qu'aujourd'hui les traîneaux sont créés, selon d’anciennes règles.

 


 

     logo-rivista.jpg

 

Texte, photos et traduction: Notizario

 


Partager cet article

Repost 0
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 15:59

Un petit ‘Coucou’ de René Geauphre !

 

Bonjour à tous, c’est avec un immense plaisir, que je vous invite à découvrir ma toute dernière création en « Modèles réduits et marqueterie », de la catégorie Histoire des voitures à cheval : Le coucou…ou patache.

Permettez-moi, tout d’abord, de vous raconter la naissance de ce projet. Cela débute tout simplement en activant le lien au blog Figoli avec le site J&B Whips – Fouets, Attelage et tradition, et par la lecture de l’article du lundi 25 mai 2009 rubrique « Les voitures hippomobiles  Histoire du coucou, les transports publics parisiens » (link). Et je tiens à saluer très respectueusement « Arba » pour son article qui a suscité, en moi, un intérêt tout particulier pour cette voiture, par son histoire, ses usages …

La principale difficulté :

Je dois admettre, en plus d’un an d'investigation pour la recherche de documentation, le coucou reste un véritable  mystère 'technique' par sa conception. Aucune photo, mon unique point de référence sont les gravures de l’article.

L'originalité de cette voiture présente néanmoins quelques points communs avec la chaise de poste (voir article du 04 Juillet 2011 Catégorie Histoire des voitures à cheval, site FIGOLI).

Diapositive2 -2- Route de Saint Germain Aubry 1825

  

Diapositive1 -3-

Route de Saint Cloud C Vernet 1820

   

Comment résoudre ce manque d’information ?

Face à cette principale contrainte j'ai adapté une méthode de travail spécifique de type 'enquêteur'.

Ma devise : mettre en doute la moindre évidence, avoir une réflexion critique ! Je vous en livre quelques secrets : est-ce la seule solution ? Y a-t-il d'autres alternatives ? Pourquoi retenir cette possibilité plus qu'une autre ? Est-ce que le coût de réalisation à l'époque était accessible ?...

Afin de répondre aux incertitudes, après analyses des hypothèses, j'ai fait un choix, en respectant une logique, et le contexte : rudesse du métier, population transportée, état des routes, rentabilité du transport, soins des chevaux… Cette création n’est pas un modèle réduit mais une maquette !

Mon point de départ : L’article du coucou

Afin de respecter l'auteur, et l’essence de cet article, je vous invite à en prendre connaissance. En faire un résumé serait une grave erreur, je ne veux pas vous gâcher le plaisir de lecture, et en aucune façon je ne veux dénaturer le sens d’un seul mot. Cependant, pour comprendre ma progression, je pense qu’il est judicieux de vous en livrer quelques extraits :

« Ce sera l’histoire d’une voiture de place, apparue en 1780 et qui 75 ans durant, effectua le service des transports de passagers dans la grande banlieue parisienne. »

« Aux cotés, un ou deux carreaux pour donner du jour et de l’air. Le tout monté sur des soupentes primitives munies de crics et attachées à un brancard fixé à l’essieu autour duquel tournaient deux grandes et fortes roues. Quand l’intérieur était complet, on rabattait le tablier fait d’une charpente recouverte de tôle et deux autres voyageurs prenaient place avec le cocher sur une troisième banquette assujettie à ce tablier. Le cocher était protégé par un prolongement du pavillon au dessus de sa tête. » 

Diapositive1 -4-

 

Les données maîtres :

Je sais que la caisse est étroite, exiguë, l’accès se réalise par l'avant, deux rangées sièges, rabat du tablier, soupentes munies de crics, prolongation de l'avancée du toit. C’est un très bon début !

 Mes interrogations :

Les sièges sont ils installés de façon latérale ou transversale ? Comment rabattre le tablier sans trop fermer l’habitacle ?

Pour répondre à cette première question, les gravures ont permis de définir l'emplacement de chaque passager. La disposition des banquettes est transversale et non latérale !

 La première banquette est stratégique car elle ne doit pas bloquer le passage de l'accès au siège du fond. De plus, par logique elle doit être occupée seulement si celle du fond est complète. Et j’ajoute que les chemins et routes, devaient être un véritable calvaire pour les usagers. L’adaptation d’un dossier à cette assise, devient obligatoire, afin d’éviter le basculement des passagers du premier rang sur les genoux des occupants du fond !

Diapositive2-copie-2

J'ai réalisé deux strapontins, avec un dossier escamotable, laissant libre passage jusqu'à l'arrière de la voiture…

Diapositive1 -2-

La troisième banquette :

Le tablier qui se rabat et qui devient une troisième banquette est  très astucieux ! Non seulement cela libère un plus large passage aux sièges, mais aussi, permet un apport d’air non négligeable aux usagers en attente du départ à ‘plein’.

Cette transformation donne place au cocher, et la prise de deux passagers supplémentaires. Position très inconfortable, certes, puisque les pieds de ces infortunés n'ont pas vraiment d'appui…

Diapositive1-copie-2

 

Conclusion :

 Cette maquette à l’échelle 1/10, ne m’a demandé que 420 heures, pour 310 pièces seulement ! Sans compter le temps de recherche de la documentation, et du diorama…Au niveau technique, le coucou m’a fait vivre une aventure formidable, la réalisation des crics, le toit convexe, les banquettes amovibles….Mais, figurez-vous, que cette création ne m’a pas empêché de conduire un second projet en parallèle… Dans quelques mois, je serais heureux de vous le présenter !

Et je tiens à vous présenter à la veille de cette nouvelle année, tous mes meilleurs vœux pour 2012,  je vous souhaite beaucoup de plaisir, de bonheur, et la réalisation de tous vos projets !

 

 

MERCI et à BIENTOT !

‘rene.geauphre@dbmail.com’

 

Partager cet article

Repost 0
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 11:41

    $(KGrHqQOKo8E24we0y9NBN1nw!bONQ~~0 12-1

 

Voitures de type « equirotal »

 

La voiture de type "equirotal"; « patent equirotal carriage » brevetée vers 1830,  était présentée comme une révolution dans la construction des voitures. Son inventeur, William Bridges Adams, l’a vraiment conceptualisée. Il ne s’agissait pas d’une simple innovation, mais d’un nouveau type de véhicule qui fut décliné en de multiples modèles. Roues, suspension et direction sont totalement différents des modèles contemporains.

    amg905

 Il a décrit son invention dans l’ouvrage « English pleasures carriages » et l’a défendue dans de nombreux articles, ce qui nous permet d’avoir des précisions sur les avantages attendus et sur les différents modèles proposés.

Le terme equirotal vient de ce que ces voitures étaient équipées de quatre grandes roues d’égale hauteur. Il semble que la première recherche d’Adams visait à éviter la rupture de roues en terrain accidenté. Il chercha donc à leur donner une certaine élasticité. Il inventa une roue avec des jantes reliées au moyeu par des cercles métalliques comme le montre le dessin ci-dessous.

    amg915

Sa solution convenait  pour une voiture à 2 roues mais n’était pas satisfaisante pour une voiture  à quatre roues. En effet, pour les petites roues de devant, les cercles obligatoirement réduits ne produisaient pas la souplesse recherchée. Il eut donc l’idée de construire une voiture à quatre  grandes roues d’égale dimension. Ces grandes roues présentaient, de plus, l’avantage d’améliorer le roulement.

Cette caractéristique sur une voiture classique limitait l’angle de rotation  dans les virages. Ceci amena l’inventeur à déplacer le point de rotation. Habituellement assuré par la cheville ouvrière dans une voiture classique, il est ici remplacé par une « charnière » (composée d’une ou deux axes superposées suivant les modèles) située au centre du véhicule.

    amg928

Ce dispositif permet aux roues de suivre les mêmes traces dans les virages et ainsi de tourner beaucoup plus court avec moins de frottement donc moins de résistance au roulement.

Voici dux dessins comparatifs proposé par Adams

    amg903

  Virage avec une voiture classique

  

amg904

Virage avec une charnière centrale

 

William Bridges Adams attendait 5 autres avantages spécifiques à ce véhicule :

            -Léger et roulant, il facilite le travail du cheval.

            -Le cocher est toujours dans la même position par rapport au cheval, ce qui facilite le menage.

            -Les ressorts étant situés à la même hauteur, la voiture, moins soumise aux soubresauts,  est plus confortable.

            -La voiture est peu bruyante.

            -Plus stable, elle balance moins dans les virages.

 Il avait également imaginé un modèle où la charnière se démontait, ce qui permettait de transformer une voiture 4 roues en 2 voitures à deux roues, de type gig et cabriolet.        

Vous avez constaté, dans la gravure précédente, que ces voitures sont montées sur des suspensions particulières. En effet, l'"equirotal" ne permettait pas d’utiliser le système traditionnel des ressorts en C. Il inventa donc un montage composé d’un ressort incurvé fixé sur une forte lame d’acier ce qui donnait à l’ensemble une forme d’arc qu’il nomma « Regulating bow spring ».

amg921

Ce type de suspension permettait également  de réduire le poids de moitié par rapport à une suspension classique, donc d’alléger le véhicule.

William Bridges Adams inventa et construisit de nombreux autres dispositifs et véhicules que nous allons vous présenter en faisant un bref résumé de sa carrière.

Il est né, en 1797, en  Angleterre dans le Staffordshire. Pour des raisons de santé et comme il était également usuel à l’époque, il partit quelques années  se former sur le continent. Il revint travailler dans les ateliers de la carrosserie familiale et déposa son premier brevet concernant la voiture equirotale. Deux  ateliers de construction de ces véhicules furent installés ;

            - un, géré par son frère, rue Drury à Londres

            - le deuxième, à Glasgow en Ecosse, géré par John Buchanam.

 Malgré une gamme de modèles étendue, allant du phaéton à poneys au mail-coach, en passant par le célèbre omnibus, ces voitures n’eurent pas un grand succès commercial et la fabrication s’arrêta assez rapidement.

Cependant il adapta son idée au nouveau moyen de transport qu’était le chemin de fer.

    Plan de wagons de W.B. Adamsamg909

  amg908.jpg

 

 

Il se spécialisa dans le matériel roulant:

            -wagons : en 1847, il conçut des voitures à huit roues, plus grandes et plus spacieuses que les voitures de l’époque.

            -locomotives : Il conçut également en 1847, avec l’ingénieur James Samuel, une petite et très légère locomotive d’inspection pour les rails.

Par la suite, il se spécialisa dans la création de locomotives légères et de wagons. Il créa sa propre entreprise au Nord de Londres, en 1849. Il mourut dans le Kent, le 23 Juillet 1872.

Si son invention lui ouvrit les portes de la traction à vapeur, elle n’eut que peu de succès dans la traction hippomobile. Son système de roue (circular spring wheel), à l’origine du véhicule "equirotal", resta au stade expérimental et ne semble pas avoir été installé sur les modèles mis en production.       

 Quant aux ressorts, nous constatons, sur le premier schéma, que  W.B. Adams avait essayé des ressorts elliptiques qu'il trouvait trop lourds, d'où sa préférence pour le "Spring Bow". Cependant, il semble qu'il modifia sur les dernières productions l'utilisation de ce mode de suspension. Le seul véhicule de type equirotal encore conservé est un phaéton construit en 1838 pour le duc de Wellington. Nous pouvons constater que  la suspension a été modifiée et que les ressorts en arc sont fixés sur la voiture de façon différente, avec l’arc vers le bas.

    amg922

 Dessin et photo du phaéton équirotal de 1838, ayant appartenu au duc de Wellington et conservé au Musée des voitures à Dodingdon Park, Chipping Sodbury, Avon, Anglet.

Il ne s'agit pas d'une modification ultérieure car nous retrouvons les mêmes caractéristiques sur ce dessin d'Adams.

amg907

Le système même de direction n’y est plus assuré par une charnière mais par un système totalement différent. Il s’agit d’une barre pivotant sur 2 chevilles verticales, situées l’une au dessus de l’essieu avant et l’autre légèrement en avant de l’essieu arrière Cette poutre glisse dans des encoches horizontales ce qui maintient les deux parties au même niveau. Voici le détail de son fonctionnement décrit par Sallie Wallrond dans son ouvrage ; Les voitures à chevaux du 17° au 20° siècle. 

    " Une bielle relie en diagonale l’arrière coté gauche de la partie avant à l’avant de la partie arrière coté droit, de sorte que lorsque l’avant s’articule dans un sens avec la poutre, l’arrière s’articule automatiquement dans le sens opposé….Lorsque le véhicule pivote pour négocier un quart de tour, les roues extérieure s’écartent beaucoup plus que les roues intérieures ne se rapprochent, ce qui permet la conception d’un véhicule plus ramassé qu’il ne peut l’être avec un pivot central. "

amg925

 Ces multiples abandons ou modifications, dans une période de seulement quelques années, laissent à penser que l’inventeur était confronté à des difficultés techniques diverses. Nous n’en connaissons pas les raisons exactes; problèmes de conception, non adaptation des matériaux utilisés, ...? Elles sont surement une des causes du faible succès commercial et de l’arrêt rapide de la construction de ce type de véhicule. Pourtant il avait été adapté à de nombreuses utilisations :

            -Omnibus :

amg911

 Il était conçu pour transporter 12 passagers et Adams avait le projet d’en construire un pour 20 passagers. Il était très léger et ne nécessitait que deux chevaux au lieu des trois nécessaires à la traction des omnibus de même capacité. La charnière centrale était protégée par des soufflets en cuir qui permettait le déplacement des passagers dans le véhicule. Il fut mis en service à Londres. Censé améliorer l'accessibilité de la voiture, le confort des passagers et d’être plus maniable dans les étroites rues londoniennes, il n’eut cependant qu’une très courte carrière. D'esthétique assez moderne, il présente une ressemblance avec nos actuels cars de ville.

 Cette recherche d’une certaine simplicité et pureté des lignes est une constante des modèles proposés par Adams.

            -Phaéton:

La comparaison d'un modèle de mail phaéton, construit en 1830, à celui dessiné par Adams à la même époque, confirme qu'il était à l'avant garde d'une esthétique épurée qui se confirmera dans la carrosserie hippomobile tout au long du XIX° siècle.

amg931.jpg

 

 

amg917

 Et voici l'adaptation qu'il en fit pour le phaéton équirotal.

amg914

 

            -Voiture de ville.

  amg912

            -Cab phaéton

amg913

              

          

            -Mail coach.

amg910

William Bridges Adams consacra dans son livre un chapitre entier à cette voiture. Selon lui, son mail coach présentait toutes les qualités nécessaires à ce type de véhicule, aussi bien pour le transport du courrier que pour une utilisation privée. Plus confortable, grâce à un centre de gravité plus bas qu’un mail classique, il offrait plus de place aux passagers et aux bagages. L’absence de petites roues à l’avant rendait son utilisation aisée sur tous les terrains et par tout temps, en particulier sur les routes enneigées. Ses roues étaient montées avec des essieux à patents collinges.

         A la pointe de la modernité, la voiture equirotale n’eut pas le succès escompté mais son principe de l’axe central, déjà imaginé dés 1655 pour une voiture mécanique, a toujours des adeptes.

    amg927

Voiture à "manivelle" allemande de 1655

Nous retrouvons actuellement des véhicules à articulation centrale dans l’agriculture et l’industrie.

Mais encore plus surprenant, certaines de nos plus modernes voitures de marathon reprennent depuis quelques années le principe de l'axe central, avec des matériaux et techniques, bien entendu, d'une autre performance qu'au début du XIX°.

amg929

 Modèle provenant du catalogue du Domaine équestre de Stambach en Alsace.

 

Texte: Figoli.

Documentation: 

Mechanics,magazine -1837

English pleasures carriages par W.B. Adams -1837

Omnibuses and cabs  Henry Charles Moore -1902

The world of the wheels -1878

Farmer's magazine -1837

Biographical dictionnary of the history of technology.

Les voitures à chevaux du XVII° siècle au XX° siècle par Sallie Wallrond.

     

 

Partager cet article

Repost 0
4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 11:00
 
LA CHAISE DE POSTE :
 
Naissance du projet :
Pour l’intérêt suscité, je souhaite donner une suite à mon article du 26 Janvier 2011, sur la création de « Modèles réduits et marqueterie », de la catégorie Histoire des voitures à cheval.A l’époque, j’avais un choix délicat, entre deux projets : Le coucou, voiture qui desservait la périphérie de Paris, ou bien réaliser une chaise de poste.La première étape commence toujours par la constitution d’une documentation. Avec internet les informations trouvées sont plus conséquentes sur la Chaise de poste.Je souhaite vous faire partager cette nouvelle aventure. L’histoire de ce véhicule est captivante.
Histoire de la Chaise de Poste :
La chaise de poste est une voiture hippomobile de la catégorie des « monoplaces », apparue au XVII siècle, elle possède deux roues, c’était  une voiture de voyage rapide, car légère. Elle était attelée à  des chevaux de poste, bien souvent, les relais étaient  avertis de l’arrivée si le passager était important ou si il s’agissait de courriers royaux.
La caisse est suspendue entre les brancards, à l’avant par des soupentes en cuir tendues par des crics, à l’arrière, soit par des ressorts dits à l’écrevisse, soit par des ressorts à la Dalesme, suspension en Cul de singe. Elle est retenue latéralement par deux courroies de  guindage en cuir (afin d’empêcher les oscillations latérales). Plus tard, des chaises à deux places, et de types variés seront en circulation.
L’accès se fait par l’avant, par une porte (ou botte  ou « portière à la Toulouse »), se rabattant sur le « tablier » de cuir garde-crotte, ou par une pièce de cuir nommée « soufflet ». Des goussets assurent l’étanchéité par un recouvrement en bas de portière.
La voiture était normalement attelée à deux chevaux, l’un entre les brancards, il supportait une partie du poids de la voiture, le second (le Porteur) à gauche du premier et monté par un postillon, était attelé à un palonnier. Il pouvait avoir un troisième cheval (le Bricolier), attelé lui aussi à un palonnier à droite.
Diapositive1-copie-1.JPG
Je reste admiratif pour la conduite particulière de ce véhicule, cela nécessitait une dextérité toute spécifique, car le postillon devait veiller au bon équilibre des masses. Il était tenu de porter un uniforme et un écusson en métal sur le bras gauche. Ses grosses bottes protectrices, me laisse penser à la dangerosité et aux difficultés de circulation (passage étroit, chute du cheval)
Au fur et à mesure de mes investigations, j’imagine aussi le supplice enduré par le «passager », notamment par l’exigüité de la voiture. Compte tenu de l’état des routes, afin d’atténuer les cahots du transport, la caisse étant très étroite, le passager n’avait pas la liberté de ses mouvements. Sans oublier la chaleur, le balancement, les secousses,  le bruit…
Il me semble également que l’accès à l’intérieur de la caisse, ne devait pas être aisé. La porte rabattue à l’avant, offre un passage limité pour se glisser dans l’habitacle.
Les documents recueillis, m’apportent une base de travail, mais des réponses restent encore à trouver. Ce sont ces petits points de détail qui montrent tout le savoir-faire de l’époque, du concepteur de la chaise de poste qui devait lier la fonction de la voiture et de la voirie.
Par exemple : Le diamètre des roues à une énorme importance sur ce type de véhicule. J’ai remarqué le manque de lanterne, la longueur des brancards me semble courte, le degré d’ouverture de la porte attise ma curiosité, etc.…
Il me fallait voir l’un de ces engins !
Diapositive5-copie-1.JPG
Visite au château de VAUX-LE-VICOMTE :
C’est décidé, nous nous rendons au château de Vaux-Le-Vicomte (Parcourant les Châteaux, citadelles, et autres musées, la visite du château de Vaux-Le-Vicomte mérite le coup d’œil, et je vous recommande de profiter de votre séjour pour découvrir  également Fontainebleau…)
Accompagné de mon épouse, qui devient photographe en la circonstance, la voiture tant « désirée »  est devant nous, prise sous toutes les coutures, en long, large, travers…Quant à moi, muni d’un double mètre, crayon, papier, je trace, je mesure, je cherche à comprendre, j’imagine…
Rien n’est comparable, admirer cette voiture, en réel, à l’échelle 1/1, elle me semble plus imposante ! Ce n’est plus une image plate, le relief fait apparaître des détails insoupçonnables, me livrant ainsi presque tous ses secrets.
J’ai enfin, toutes les réponses à mes interrogations. Dans mon esprit les vues en 3D s’affichent comme un diaporama. Je ne me suis pas trompé, mon projet prend forme, la phase « documentation » est complète, je peux passer à la seconde étape : La réalisation.
Diapositive7-copie-1.JPG
La préparation :
Je souhaite intégrer de la marqueterie, afin de représenter au mieux ce modèle. Après avoir réalisé mes calculs pour obtenir un modèle à l’échelle 1/10. Je complète mes besoins en matière première. Les essences que je vais utiliser sont le bois rouge pour son manque de nervure, le samba pour sa blancheur, épicéa pour ses fibres, hêtre pour sa dureté.  
Il n’y a que du bois dans mes créations, pas de métal, ce choix impose de lister les contraintes selon l’usage de la pièce à réaliser (mécanique, symétrie, rotation, articulation, aspect…).
C’est aussi l’identification du bois à utiliser selon ses caractéristiques (bois tendre, dur, limite de rupture…)
Ce qui me semble important à cette étape préparatoire, c’est de prévoir les pièces critiques avant fabrication.
Par exemple : Chaque paire de soupente est réalisée dans un bois sans nervure (risque d’éclatement, de fêlure) j’opte pour un bois rouge, à travailler dans le sens de la fibre. Ces pièces sont destinées  à supporter le poids de la caisse (350 grammes), ce qui va générer une tension. C’est aussi le point d’ancrage de l’articulation à chaque extrémité. Ces données me permettent de définir l’épaisseur de la soupente : 1.5 mm avec une tolérance de +0.5.
Ces sous-ensembles sont stratégiques, ils garantissent la perpendicularité de la caisse avec le châssis.  A ce niveau, la sanction d’une imprécision est immédiate, elle est visuelle : Pour une différence calculée de 1 mm en longueur entre la soupente droite et gauche au bas de caisse, l’écart en haut de la caisse est du double !
Diapositive6-copie-1
La réalisation :
J’ai distingué trois parties principales, chacune représente un groupe de sous-ensembles : le châssis, la caisse, les roues.   Le châssis, se compose de 143 pièces, quatre traverses, un montant droit et gauche, des suspensions « cul de singe », soupentes avant et arrière, la tablette arrière (en marqueterie), du support essieu, etc.…
Diapositive2-copie-1.JPG
La caisse, pièce maîtresse représente 470 pièces, flasques  droit et gauche, plancher, toit, fond, porte, fenêtre siège, les coffres du toit, et de la cave, poignées et autres ancrages…   Les roues, jantes, rais, moyeux, essieu. Au total, environ 650 pièces constituent la maquette.
Diapositive3-copie-1.JPG
Il n’y a pas de protection en peinture ou vernis à mes maquettes. J’estime  que le rendu naturel des couleurs du bois poncé, est un plaisir pour les yeux.
Sans comptabiliser le temps passé à la recherche de la documentation, sans non plus prendre en compte l’étape de réalisation en marqueterie du diorama, la réalisation de la chaise de poste m’a captivée durant sept mois, avec environ 525 heures de « plaisir ».
Diapositive4-copie-1.JPG
Je suis heureux de pouvoir considérer ce projet comme terminé. Pour ce véhicule je ne peux rien faire de mieux, je suis satisfait par son élégance, les parties essentielles de l’original sont respectées, la marqueterie donne un cachet « royal ». C’est la fin de l’aventure. Mais, j’avais prévu, il y a quelques semaines déjà, une autre voiture, c’est un…mais chut, ce sera l’occasion de faire un prochain article.
Diapositive10-copie-1.JPG
Conclusion :
Je conserve en mémoire, le « Coucou », qui mérite bien une reconnaissance, je n’ai pas trouvé beaucoup de renseignement sur ce moyen de transport, si vous avez une adresse, une documentation, je vous en remercie par avance…
Lorsque j’ai une invitation, c’est avec un immense plaisir que je participe à des expositions. Le contact avec le public est formidable. Je présente quelques réalisations, et un dialogue s’installe naturellement…Chaque échange est instructif, je suis toujours très impressionné par ces « vécus ». C’est aussi durant ces rencontres que je fais référence au blog FIGOLI pour la richesse de tous les articles (divers et variés) qui me permettent de découvrir, d’apprendre, d’évoluer, de rêver…Egalement pendant ces temps forts, je mets en avant une source d’inspiration, au « musée de la voiture à cheval 71110 Marcigny », les voitures de Mr LACROIX, représentent une diversité d’une collection unique !
Permettez moi également de remercier, mon épouse, qui brave toutes les situations à mes cotés, pour son aide, son soutien, ses créations  en couture, ses photos toujours impeccables…
A vous, passionnés qui perpétuent la mémoire des métiers d’autrefois et la sauvegarde du patrimoine hippomobile, je vous adresse un grand merci ! 
 
Texte et Photos :René Geoffre    
   Contact:‘rene.geauphre@dbmail.com’
Voir également Modèles réduits et marqueterie.                
  
Voici, proposé par Julie Wasselin one représentation de l'ancêtre de cette chaise.            
Il y a dans la collection Hermès un dessin préparatoire pour le tableau :
" Prise de Condé sur l'Escaut " par Jean-baptiste Martin ( 1659 - 1735 )qui montre Louis XIV, menant l'une de ces premières chaises de poste.
5 Louis XIV 2 roues
 Le déséquilibre de ce genre de voiture devait être pénible pour le cheval qui
était entre les brancards.
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 

Partager cet article

Repost 0
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 16:09

  "Voiture légère"  de construction française

amg600

 

Dans l’article    Voitures américaines utilisées en France ,  nous vous avions présenté l'évolution de la pratique sportive de l’attelage (à la fin du XIX° et au débutdu XX°) et  l’expansion de l’ usage de « l’américaine », voiture plus adaptée aux chevaux de sang.

 Celle ci était cependant relativement fragile et délicate à conduire. La recherche de voitures plus confortables, maniable, sures a amené les « sportmans » et les constructeurs  à imaginer de nouvelles voitures.

Vous trouverez les raisons de cette évolution et la présentation d’un modèle dans cet article du  « Sport universel illustré » (non signé) du 25 Octobre 1908 titré

« La voiture légère est la voiture de l’avenir »

Tout ce qui n’évolue pas est appelé à disparaître. La voiture « hippomobile », me pardonnera-t-on dans ce journal cet affreux barbarisme, doit se transformer sous peine de mort. Les automobiles, à Paris tout au moins, ont relégué au fond de la remise les coupés, victorias et milords qui servaient uniquement à assurer le service de la ville. La plupart de ceux qui ne voyaient dans les pensionnaires de leur écurie qu’un animal dont le seul but était de les transporter, ont changé leur moteur animé pour un moteur mécanique. Avec les voitures d’antan, le  grand carrossier s’est fait rare sur le pavé parisien. En revanche, on n’a peut-être jamais vu au bois plus de chevaux légers et vites que l’amateur conduit lui-même. Et il ne faut pas désespérer de voir s’accroître dans de fortes proportions le nombre des fervents du fouet. A mener un animal vibrant, vite, aux actions brillantes, on ressent un autre plaisir qu’à tenir le volant de son auto. La mode est passée, d’ailleurs, de conduire sa H.P. en ville ; il fallait s’y attendre, car même au bois  sous l’œil vigilant des agents cyclistes, sous la menace perpétuelle de la fâcheuse contravention, les  chauffeurs les plus convaincus n’éprouvent aucune des sensations plus ou moins agréables qu’ils réclament au 100 à l’heure sur les grandes routes.

La recherche du cheval de sang capable à la fois de rester longtemps dans les brancards, de fournir une assez longue randonnée sans fatigue et d’effectuer un passage aux acacias (allée du bois de Boulogne) le matin, a fait mettre de côté en même temps que coupés et victorias, les phaétons, les bogheis, les tilburys, les stanhopes qui s’inspiraient des anciens errements. Pour légers qu’ils aient paru à nos pères, tous ces modèles sont encore trop pesants et trop encombrants pour les amateurs d’aujourd’hui.

Aussi la vogue est elle retournée à la carrosserie anglaise et surtout yankee qui a d’ailleurs, donné son nom au genre de voiture à la mode : l’ »Américaine » est la voiture de tous les amateurs.

A nos yeux habitués  aux lignes cossues, légèrement pompeuses adaptées par nos constructeurs célèbres du second empire, l’Américaine a paru d’abord un peu mièvre. On ne pouvait accorder la robustesse, l’équilibre nécessaire à ces espèces d’araignées, de sulkys, d’ailleurs inconfortables pour la plupart et souvent peu solides. Malgré les prix élevés atteint  par les véhicules importés, la plupart sont établis selon les méthodes d’outre atlantique d’une façon plus séduisante que sérieuse.

Aussi est ce avec satisfaction que nous enregistrons les efforts récents faits par nos fabricants pour concurrencer  sur le marché français les voitures étrangères.  

amg598

Nous donnons ci dessus la photographie d’une voiture américaine établie sur les dessins de M. Roullé, le sportman bien connu. Il suffit de jeter un coup d’œil sur cette gravure pour voir que l’on a réuni dans ce modèle la légèreté à l’élégance des lignes qui caractérisent le goût français.

Cette américaine qui n’atteint pas 200 kilos, est cependant d’une solidité à toute épreuve grâce au choix de la matière première ; la caisse et les roues sont en bois des iles et le montage du train est en acier forgé.

On aurait peut être pu gagner quelques kilos en sacrifiant le confortable ; c’est ce que n’ont voulu le dessinateur, ni le constructeur. Le siège est large, le driver et son voisin sont aussi à l’aise l’un que l’autre.

Le garde crotte protège les deux voyageurs, La suspension composée de ressorts à demi pincette et en C combinés est très moelleuse et permet la suppression des pneumatiques avantageusement remplacés par des caoutchoucs pleins, grâce auxquels la fâcheuse  panne est conjurée. (crevaison)

A ces avantages indiscutables, la nouvelle voiture en joint deux autres qui méritent une mention spéciale.

Elle est montée de telle façon, que l’avant-train tourne complètement, les roues de d’avant pouvant former l’angle le plus complet avec celles d’arrières et la voiture étant susceptible de tourner sur place dans les rues les plus étroites. Tous ceux qui ont usé des américaines importées qui ne peuvent se braquer suffisamment, savent quels sont les risques de culbute avec un cheval peureux ou disposé à reculer.  

amg599

 En outre, grâce à une heureuse disposition des brancards on a réussi à rapprocher  le cheval de son conducteur, sans le gêner dans les actions des membres postérieurs, disposition que ne présente aucune voiture de fabrication étrangère.

Les amateurs trouveront encore un avantage sérieux à utiliser leur voiture de fabrication française. C’est qu’ils pourront en cas d’avarie trouver sur place, chez le fabricant, Mr Bardet, carrossier aujourd’hui réputé, toutes les pièces utiles. Le type qu’on peut essayer 33, rue de Courcelles,  à Levallois est le modèle à deux places, mais la voiture peut être établie pour trois et quatre personnes.

Nous ne doutons pas un instant que d’ici quelques mois le nombre de ces charmantes  voitures aussi gracieuses que pratiques ne soit considérable, non seulement au bois où elles remplaceront les trotteuses étrangères, mais en province, à la campagne où elles permettent d’obtenir un service double d’un cheval. »

D’autres constructeurs français présentèrent des voitures recherchant les mêmes caractéristiques. Pour vous permettre de visualiser une autre approche de ces innovations, nous vous présentons ci-dessous une voiture américaine signée Studebaker (voir d’autre exemples dans l’album     1-Studebaker-2 1-Studebaker-2 )

   

9 Mail-buggy-1893

    et une voiture d’origine française de la collection de Monsieur Fabre.

P1010573

   

Elle a été fabriquée par L.ROUX -83 rue d’Italie- à Marseille et était équipée à l'origine de pneumatiques (passage de valve dans les jantes) avant d’être rééquipée en bandages caoutchouc. Il s’agissait sûrement, comme précisé dans l’article, d’éviter le fameux « accident » (crevaison,  « déjantement ») lié au manque de fiabilité des pneumatiques ou/et à l’état des routes.

La perspective des photos ne permet pas de voir en entier le col de cygne de la flèche qui suit la forme du passage de roue de la caisse.

P1010572

 Cette voiture, moins aboutie que celle de Mr Roullé, est encore équipée du système  de  suspension et de l'avant train spécifiques à l' "américaine". 

 P1010574

 Cette voiture peut transporter trois passagers grâce à un siège arrière rétractable.

 P1010575

 

Figoli.

Partager cet article

Repost 0