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Les Voitures du Château d’Espeyran classées Monuments Historiques Jean-Louis Libourel

 

 

 

Les Voitures du Château d’Espeyran classées

 

 

Monuments Historiques

 

 

 

Jean-Louis Libourel

 

 

 

 

Cinq voitures hippomobiles et une dizaine d’objets de sellerie conservés au Château d’Espeyran,  dans la commune de Saint-Gilles-du-Gard, ont été classés au titre des Monuments Historiques en  2010.

 

Le château d’Espeyran est situé au cœur d’un vaste domaine, aux limites de la Costière de Nîmes et de la Petite Camargue, comprenant des terres agricoles, des bois et des étangs giboyeux. Il a succédé à un prieuré dépendant de la célèbre Abbaye cistercienne de Saint-Gilles, au sud de Nîmes.

 

 

 

Château d’Espeyran. A droite, le bâtiment des écuries.

Château d’Espeyran. A droite, le bâtiment des écuries.

Château d’Espeyran. Tour d’angle

Château d’Espeyran. Tour d’angle

 

Vendu comme bien national, il est acheté après la Révolution par une famille de riches négociants montpelliérains, les Sabatier. L’un d’eux, Frédéric, y exécuta d’importants travaux au milieu du XIXe siècle pour en faire une résidence de loisir, confortable et vaste où il accueillait ses amis chasseurs.

 

 

 

Frédéric Sabatier. Photographie par Félix Nadar, 1863 (Collections du château d’Espeyran)

Frédéric Sabatier. Photographie par Félix Nadar, 1863 (Collections du château d’Espeyran)

 

En 1963, ses descendants léguèrent le château et tout son mobilier à l’Etat. Aujourd’hui le château d’Espeyran est le siège du Centre national de conservation de microfilms et d'images numériques du réseau national et territorial des Archives de France. Rarement ouvert au public — des travaux de restauration et de valorisation conduits par la Conservation régionale des Monuments Historiques du Languedoc-Roussillon sont en cours en vue d’une ouverture future — Espeyran est cependant connu de millions de téléspectateurs grâce à la caméra de Roland Carceles qui le choisit pour cadre du feuilleton télévisé “Le Grand Bâtre ” en 1997.

 

Dédié aux loisirs de la vie champêtre, le château d’Espeyran a été dans la deuxième moitié du XIXe siècle un temple du cheval. Frédéric Sabatier et ses fils aimaient les sports de plein air, chasses, courses, driving, où le cheval tenait la première place, au point d’installer un haras sur leur domaine de Saint-Gilles où se sont illustrés les étalons de pur-sang anglais Pompier, Grenadier, Surprenant, Lyrique, Mon-premier, Défenseur, Flavio, Lutin II, Onze-mars

Ecuries, boxes, sellerie, remise à voitures, livrées, peintures équestres, portraits de chevaux de course ou de sport, à Espeyran  tout témoigne du goût passionné des maîtres de maison pour la plus belle conquête de l’homme. Bâtiments et objets, notamment les luxueux équipages, œuvres de carrossiers parmi les plus prestigieux de Paris, constituent un patrimoine équestre unique en Languedoc.

 

Les écuries

 

Amateurs de chevaux, les Sabatier vivent à Espeyran au plus près de leurs animaux favoris. Contrairement à la règle qui éloigne généralement les écuries à bonne distance de la demeure pour des raisons d’hygiène et de tranquillité, à Espeyran maîtres et chevaux sont logés à proximité, de part et d’autre d’une cour commune : quelques mètres seulement séparent le château des écuries, reliées à lui au niveau du premier étage par une terrasse.

Parallèle au château et d’une longueur égale, le bâtiment des écuries abrite, du sud au nord, trois boxes spacieux ouverts sur le parc, destinés aux poulinières suitées, une sellerie d’honneur, une écurie pour dix chevaux et une remise à voitures. L’écurie comprend deux rangs de stalles tête au mur, cinq de chaque côté, desservies par une allée centrale. La surface entre râteliers et mangeoires est revêtue de carreaux de faïence blanche avec au sommet une large bordure bleue. Ce revêtement contribuent à maintenir fraîcheur et propreté. Des mufles de lion en fonte moulée tiennent dans leur gueule les anneaux d’attache pour les licols des chevaux. Des cartouches de bois peints portent encore les noms des derniers occupants des lieux.

 

 

Bâtiment des écuries

Bâtiment des écuries

 

Des voitures de luxe

 

A sa mort en 1864, Frédéric Sabatier d’Espeyran possède, selon son inventaire après décès, dix voitures réparties entre ses hôtels particuliers de Paris et Montpellier et le château d’Espeyran : une calèche à la d’Aumont et à huit ressorts réalisée par le carrossier parisien Ehrler, un sociable français, deux coupés de ville, une américaine à quatre roues fabriquée à New York, un phaéton anglais à capote, une berline française, un break, une charrette anglaise, une voiture dite jardinière.

 

En 1944, lors de la débâcle, les troupes allemandes qui occupaient le domaine d’Espeyran prirent la fuite avec les voitures qu’elles abandonnèrent peu après à Aigues-Mortes, au mas de Quincandon. Cinq seulement furent sauvées et ramenées à Espeyran où elles sont toujours conservées. Elles ont été restaurées au milieu des années 1980 à l’initiative du Haras National d’Uzès et grâce à un financement offert par les Sociétés de courses hippiques du Sud-Est. 

 

Signées de noms illustres de la carrosserie parisienne de la deuxième moitié du XIXe siècle, Baptiste Thomas, Ehrler, Jacques Rothschild, elles témoignent du soin que les Sabatier apportaient au choix de leurs équipages.

En voici le détail.

 

Un Mail-phaéton construit par Baptiste Thomas, l’un des meilleurs carrossiers du XIXe siècle, qui avait été formé par Duchesne célèbre carrossier du Premier Empire, est une voiture de grande maison, très élégante. La suspension mail, très souple et très confortable, le siège en rotonde garni de cannage, la grande capote à double compas, le juste équilibre des proportions, la légèreté des pièces du train, inhabituelle pour ce genre de voiture, font de ce véhicule un objet de grand luxe. Voiture d’exception, le Mail-phaéton n’a cessé d’être admiré durant tout le XIXe siècle : « Ce genre de voiture est très en vogue parmi ceux des amateurs qui aiment à conduire eux-mêmes » constate le “Journal des haras en septembre 1828. Soixante et dix ans plus tard, dans son livre Dressage et menage ” (1897) Comminges affirme encore : « Il n’y a pas de voiture attelée à deux qui puisse rivaliser en agrément et en confort avec le Mail-phaéton […] Aucune voiture n’est mieux calculée pour courir les routes avec sécurité et vitesse ».

 

 

 

Mail-phaéton construit à Paris par Baptiste Thomas

Mail-phaéton construit à Paris par Baptiste Thomas

Mail-phaéton : suspension arrière

Mail-phaéton : suspension arrière

 

Un Break grand modèle, dit break de chasse, construit à Paris par Ehrler, l’un des plus célèbres carrossiers parisiens du Second Empire, fournisseur attitré des Ecuries impériales de Napoléon III, ainsi que de la Cour d’Espagne et du khédive d’Egypte. A l’avant et à l’arrière de la caisse, sous les sièges, sont aménagés deux compartiments pour les chiens, aérés par de petites ouvertures rectangulaires percées dans les panneaux latéraux guillochés.

 

 

 

Break grand modèle, dit break de chasse, construit à Paris par Ehrler

Break grand modèle, dit break de chasse, construit à Paris par Ehrler

 

Une grande wagonnette, ou break d’écurie, dont le carrossier et le lieu de fabrication sont inconnus. C’est une magnifique voiture de service, conforme au modèle donné par Binder Aîné dans son catalogue de 1882 (modèle n° 60). De dimensions imposantes elle se caractérise par un coffre-break massif, de forme trapézoïdale, et un décor de demi-balustres en frise autour de la caisse. Sur une photographie prise avant les travaux de 1986, elle est couverte d’un dais en bois, amovible, et fermée sur les côtés par des rideaux de toile cirée, abritant les passagers du soleil ou de la pluie.

 

 

Grande wagonnette, ou break d’écurie

Grande wagonnette, ou break d’écurie

Grande wagonnette, ou break d’écurie, avant sa rénovation

Grande wagonnette, ou break d’écurie, avant sa rénovation

 

Un petit coupé de ville, de forme carrée à coins ronds, à deux chevaux. Ses proportions harmonieuses, son profil élégant, ses volumes parfaitement équilibrés attestent qu’il a été construit par un artisan de talent, vraisemblablement le parisien Charles Vermot, important fabricant d’essieux et de ressorts, mais également carrossier, dont le nom est partiellement lisible sur un ressort.

 

 

 Petit coupé de ville, de forme carrée à coins ronds, construit sans doute à Paris par Charles Vermot

Petit coupé de ville, de forme carrée à coins ronds, construit sans doute à Paris par Charles Vermot

 

Une berline de voyage construite par Jacques Rothschild & Fils, carrossiers à Paris. La maison Rothschild, fondée en 1838, était réputée pour la fabrication exceptionnelle, l’élégance, la solidité et le luxe de ses voitures. Elle fournissait plusieurs cours étrangères.

Cette grande voiture à quatre places intérieures pour les maîtres et quatre à l’extérieur pour les domestiques, était exclusivement réservée aux longs voyages. Aussi est-elle équipée de coffres fixes, à l’avant et à l’arrière, et de malles spécialement fabriquées pour être transportées sur le toit de la voiture, dont elles épousent la courbe. Elle était tirée par quatre chevaux menés en grandes guides par un cocher juché sur le siège à l’anglaise élevé sur de hautes ferrures au-dessus du coffre antérieur, ou attelés en poste avec un timon courbe, conservé, et montés par deux postillons.

 

 

 

Berline de voyage construite à Paris par Jacques Rothschild & Fils

Berline de voyage construite à Paris par Jacques Rothschild & Fils

Berline de voyage construite à Paris par Jacques Rothschild & Fils

Berline de voyage construite à Paris par Jacques Rothschild & Fils

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joop berkhof 11/12/2018 23:49

heel jammer dat deze mooie rijtuigen over geschilderd zijn ze zijn nu te nieuw geworden

Julie Wasselin 28/11/2018 13:52

Splendide… merci Jean-Louis.

Mario Broekhuis 26/11/2018 14:27

Het ziet er uit dat deze rijtuigen door 'restauratie' hun authenticiteit volledig hebben verloren. Zeer spijtig om te zien dat Frankrijk zo om gaat met zijn erfgoed!