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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 09:52

L’origine de l’attelage sportif  présentée….par un « Agitateur »

   (1° partie)                             



Imaginez…imaginez que, d’un coup de sabot magique, vous puissiez remonter le temps et vous retrouver au centre de ROME, capitale de l’empire.

Devant le Forum, un homme de grande renommée nous  attend, pour vous servir de guide.

Je vous laisse en sa compagnie.

 

Bonjour nobles étrangers, je me nomme Aurelius et je suis l’un des plus grands « Agitatores » de Rome, le « Primius Agitator »  de la faction verte.

Comment, vous ne savez pas ce qu’est un Agitator?

Mais de quel monde venez vous, pour ne pas nous connaître?

Bien que majoritairement esclaves ou de « basses » origines, nous sommes riches, admirés par les hommes courtisés et adulés par les femmes. Chacune de nos prestations rassemble 150000 spectateurs au Circus Maximus. Nous sommes les rois de Rome, ceux qui «  poussent les chevaux devant eux ». Vous ne voyez toujours pas ?

Que les Dieux vous éclairent :

Nous sommes les meneurs de quadriges et de grands attelages.

Et les Auriges alors, qui étaient-ils ? Comment étaient organisées ces courses ? Qu’est ce qu’une faction ? Quelle est l’origine de ces courses ?….. ?

Ho là ! doucement, du calme. Vous êtes plus excités que mes cavales. Que de questions !

Je vais essayer de vous  répondre en vous accompagnant au circus Maximus, car aujourd’hui est un jour de « Ludi » et des courses vont s’y dérouler.

Mais avant de partir, je réponds à votre dernière question sur l’origine de « l’attelage sportif ».

De tout temps, l’entraînement sportif a été nécessaire pour préparer les hommes à la guerre. Mais les exploits sportifs et les compétitions furent utilisées comme une forme d’hommage aux Dieux ou aux défunts.

Ainsi en Egypte, même le pharaon devait faire preuve de ses capacités. A l’issu de trente ans de règne, lors d’une fête dite du « jubilée », il devait effectuer une course à pied, « à grandes foulées», pour prouver qu’il avait gardé tous ses pouvoirs.

C’est sous  Touhmosis III que le sport prit pour le pharaon autant d’importance que la guerre ou la chasse. Il s’entraînait tout particulièrement au maniement du char et au tir à l’arc sur le char.



Char de parade de la tombe de Toutankhamon

(musée égyptien du Caire)


Les compétitions des fêtes votives, ouvertes  aux égyptiens, ne concernaient que la lutte, la boxe, le combat de canne…Il n’existait pas de course de char, car nul ne pouvait dépasser Pharaon.

Les premières courses furent pratiquées par les mycéniens lors de cérémonies mortuaires et cultuelles, il y a très longtemps.(Les premières représentations datent du XIII siecle avant JC et ont été trouvées à Tanagra sur un sarcophage et à Tiryrinthe sur une amphore).

Les fêtes sportives à objet cultuel, « Les agones », se développèrent dans toute la Grèce et chaque cité eut la sienne (plus de 500).

Les courses de chevaux, de biges et de quadriges, en furent  un des piliers. Elles faisaient partie du programme (à partir  680 avant JC ) de la plus grande des fêtes panhelléniques: celle d’Olympie dédiée à Zeus.( L’attelage, à deux et à quatre, est donc très  tôt dans son histoire une discipline « Olympique »…souvenirs ,souvenirs !!)

La manière de mener des grecs est différente de la notre. Pensez, il mènent leur attelage en chiton et s’aident d’un aiguillon pour cadrer le cheval extérieur.




Aurige en chiton menant un quadrige à l’aide de son aiguillon

(Amphore 490av JC Bale Antikmuséum)

 

Les courses pouvaient aller jusqu’à  14000 mètres pour les quadriges avec des chevaux adultes (d’après les calculs de J Ebert lors de sa découverte à Olympie, dans les années 1990, des seuls restes de champ de course existant en Grèce). Autre originalité, les chars partaient les uns après les autres le long des cotés du bloc de départ en triangle.



Vu les distances entre les cités, et donc des moyens financiers à dégager, seules les couches sociales les plus élevées pouvaient concourir. On retrouve comme vainqueur Dramate le roi de Sparte, Hieron le tyran de Syracuse, Antoine de Macédoine(père d’Alexandre le Grand),… mais aussi des femmes. Je vous rassure, de frêles femmes ne pouvaient mener de tel exploits. Il faut savoir, qu’en Grèce, le gagnant est le propriétaire de l’attelage, d’où l’apparition de femmes riches sur la liste des vainqueurs!

Bien que les courses de chars chez les grecs soient antérieures au nôtres de Rome,  nos codifications et nos techniques de course prennent plutôt leurs sources chez nos voisins de l’Italie du Nord les « Etrusques ».

Pour eux, lors des rites funéraires, les jeux sportifs -dont l’attelage- sont un rite de passage destiné aux morts comme aux vivants, un moyen de réconforter le cercle familial et le cercle social élargi. Ces pratiques « sportives »étaient étendues aux différentes manifestations offertes aux Dieux. Le plaisir éprouvé devant les risques encourus réconfortait les spectateurs.. Les cochers enroulaient leur guide autour de leurs corps, les courses de chevaux des grecs étaient remplacées par des cavaliers voltigeurs,…. Ce sport spectacle, plus violent que chez les grecs, a largement influencé, comme vous allez le voir au cirque , nos propres pratiques.

 




 

Course étrusque de biges et triges (terre cuite musée de Naples)

Chez nous les romains, ces manifestations cultuelles, « Les Ludis », étaient au départ un rite d’expiation, une volonté de rétablir la paix avec les Dieux. Si une course se passait mal, elle était recommencée le lendemain. Il en était de même si les spectateurs étaient mécontents de la course. Ces pratiques eurent pour effet de multiplier les courses et ainsi d’augmenter la popularité de « l’Editor » (le magistrat qui organisait et finançait la Ludi )A la fin de la république il existait 75 jours de ludi dont le quart sous forme de sport hippique .Sous l’empire elles se multiplièrent et se laïcisèrent (Fêtes pour remercier les Dieux de victoires militaires, Anniversaires des Empereurs,….) A notre époque on peut compter plus de 160 jours dont plus du tiers dédié aux courses.

Mais trêve de bavardage, il est temps de partir .

 

Nous allons essayer d’éviter la foule et passer par les rues marchandes.

Vous pourrez étancher votre soif à une fontaine,

 




















visiter les boutiques, acheter un pain à la boulangerie, de la vaisselle en souvenir,..























Nous sommes presque arrivés. Vous voyez ces aqueducs à gauche et à droite? Ils sont indispensables au bon fonctionnement du cirque. De grandes quantités d’eau sont en effet nécessaires  pour abreuver hommes et bêtes, certes, mais surtout pour alimenter le système d’arrosage de la piste nécessaire pour lutter contre  la poussière. L’eau est stockée au milieu de la piste dans des bassins placés entre les deux bornes. Cet ensemble qui comprend également les compte-tours (œufs  et dauphins que l’on bascule à chaque tour  grâce à un mécanisme) différents hôtels votifs, sculptures, et obélisques, est nommé Euripe. (Le terme spina a été utilisé  seulement au VI siècle et n’est donc pas la bonne  dénomination.)

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons juste à la fin de la procession religieuse, «  la Pompa », qui précède les Grandes Ludis, comme celle d’aujourd’hui. Partie du Champ de Mars, elle est conduite par le magistrat éditeur des jeux qui, par son attitude et son costume, ressemble à un triomphateur pour ne pas dire à Jupiter en personne. Admirez ce magnifique défilé de chars et de brancards portant les images des Dieux et avançant dans le bruit étourdissant de la musique des trompettes et des hautbois.

Il va être difficile de se frayer un passage car la place est envahie par la foule mais surtout encombrée par de multiples chalands qui, tout autour du cirque, vendent nourritures, boissons,…, etc. Vous pourrez tout trouver ici, le manger, le boire, le lucre des paris, et « le coucher » avec  d’accortes jeunes filles.

Ah bon, vous avez la même chose autour de vos stades de foot! Vous trouverez peut être d’autres ressemblances dans l’organisation des jeux.

 

   

Texte :Figoli

 

 

Dans la deuxième partie vous pourrez enfin assister à de « véritables courses »,

bien différentes de nos  copies cinématographiques et,  beaucoup plus spectaculaires.

 

 

 

 

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