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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 08:16

 

 

La Saga de la première collection

 

 

du Baron Jean Casier

 

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Lors d’un rassemblement de voitures anciennes, une voiture très élégante devait attirer mon attention. Mon voisin me confia « c’est une voiture de la première collection du Baron Casier »…

 

Ces dernières années, j’ai eu le bonheur et le privilège de visiter plusieurs collections. A chaque fois où je fus attiré par une voiture qui« me parle », celle-ci portait la petite couronne à trois boules…

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

La collection Casier a quelque chose de mythique, d’historique et de mystérieuse. Elle est peut-être la collection la plus connue au monde. L’avez-vous vue ? Et si oui, à Nokere, en Belgique? A Charlottesville, en Virginie ? A Elizabethtown, en Pennsylvanie ou à Mannheim, Augsburg, Bromont, Dendermonde, Wenum-Wiesel, Raphèle-les-Arles, Stockbridge, Jerez de la Frontera, Wiehl ou bien une autre ville, quelque part dans le monde, chez un collectionneur de voitures anciennes.

Ces voitures ont vécu une histoire extraordinaire. Elles ont voyagé, en avion, en camion et en bateau sur des milliers de kilomètres avant d’être accueillies par leur actuel propriétaire.

Notre histoire débute en 1908, à la naissance de Jean Casier. Très jeune, il a l’occasion de voir les « anciens » au travail. Ces meneurs, souvent professionnels, de la grande époque (avant 1914) lui transmettent un savoir-faire inégalable. Le Baron Casier est d’abord grand amateur de chasse de vénerie*. Durant de nombreuses saisons, il sera maître d’équipage du Rallye Waregem qui découple dans la voie du lièvre. En 1956, la poliomyélite lui rend très difficile la marche, une selle spéciale lui permet de continuer de monter à cheval et d’entretenir ainsi sa passion.

Le cavalier est aussi meneur et les connaissances en menage qu’il acquiert pendant l’entre deux-guerres vont lui servir sitôt l’armistice de la Seconde Guerre mondiale signée. Hector Franchomme est parmi ces anciens qui lui transmettent son savoir-faire et qui relancera, avec son élève et collègue Casier, l’attelage de tradition et le coaching. Et c’est ainsi qu’en partageant le plaisir de tenir les guides, le Baron Casier conseillera et amènera des dizaines d’amateurs à se tourner vers l’attelage.

Mais revenons tout d’abord au château de Nokere, propriété familiale située prèsdeWaregem dans les Flandres belges et dont les communs abritent de nombreuses voitures hippomobiles. L’Europe est sous le joug de l’Allemagne nazie et la plus part de ces voitures vont être réquisitionnées par les occupants Allemands entre 1940 et 1945et dispersées...

Aussi, quel bonheur de les retrouver, bien des années plus tard lors d’un concours à Aix-la-Chapelle, conduites par des concurrents allemands. Les noms sur les bouchons de roues avaient été limées, elles restaient cependant familières et reconnaissables pour le Baron Casier. Pour la petite histoire, celui qui les avait réquisitionnées, un certain Major Hartmann, était devenu juge International d’attelage de renom et officiait ce jour-là… L’histoire ne le dit pas, mais d’avoir retrouvé ainsi « ses voitures » a peut-être déclenché cette envie folle d’en rassembler bien d’autres.

 

Une collection prestigieuse voit le jour

 

Pendant les années 50, le Baron Casier est pratiquement le seul à acheter des voitures ; sa collection prend forme. Connaissant sa passion, bon nombre de gens lui offrent même leurs voitures. Tous les coins et recoins du château de Nokere ainsi que les dépendances se remplissent de voitures, classées le plus souvent par type. Pas moins de 16 remises, granges ou étables différentes sont pleines à craquer. Le collectionneur tient un inventaire précis, manuscrit à l’encre bleue.

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Des acquisitions impensables aujourd’hui trouvent le chemin de Nokere.

 

A l'intérieur des remises de Nokere début des années 1980
A l'intérieur des remises de Nokere début des années 1980
A l'intérieur des remises de Nokere début des années 1980

A l'intérieur des remises de Nokere début des années 1980

 

Lydia, comtesse de Boigne, née Bugatti, la fille cadette d’Ettore Bugatti, invite le Baron Casier dans son château à Ermenonville, près de Paris. La collection d’une douzaine de voitures hippomobiles,en partie construites ou utilisées par son père,est intacte. A trois reprises, le Baron Casier prend la direction d’Ermenonville ouvrant la voie avec sa Citroën, les banquettes des voitures achetées sont arrimées sur le toit, pour faire de la place au cas où. Son camion le suit. Curieux cortège qui nécessitera force d’explications et beaucoup d’imagination pour expliquer tout cela aux douaniers. Le prince Philippe d’Édinbourg viendra à Nokere pour admirer les Bugatti. De même, le Bugatti Club d’Angleterre, bien entendu au volant de leurs automobiles à la robe bleu, si reconnaissable. Ils s’émerveilleront devant les freins du coach, identiques à ceux d’une Bugatti Type 46.

 

Poney phaéton Bugatti

Poney phaéton Bugatti

Coupé coach Bugatti, Molsheim

Coupé coach Bugatti, Molsheim

 

 Le prince Philippe d’Édinbourg viendra à Nokere pour admirer les Bugatti. De même, le Bugatti Club d’Angleterre, bien entendu au volant de leurs automobiles à la robe bleu, si reconnaissable. Ils s’émerveilleront devant les freins du coach, identiques à ceux d’une Bugatti Type 46.

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Le Roi Baudouin de Belgique n’était pas « cheval » comme on dit ; son intendant proposera au Baron Casier,un Landau et une Berline, de la maison royale, complétés par les harnais et uniformes ainsi qu’un cheval. Le Baron donnera sa parole de ne jamais atteler ces voitures avec les armes royales visibles. Par conséquent et contraire à la coutume, ces armes ne seront pas enlevées après la transaction.

 

Landau de la cours royale belge, Snutsell Freres, Bruxelles
Landau de la cours royale belge, Snutsell Freres, BruxellesLandau de la cours royale belge, Snutsell Freres, Bruxelles

Landau de la cours royale belge, Snutsell Freres, Bruxelles

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Ne croyez pas que toute acquisition était aussi facile. De très nombreuses visites à Mademoiselle de Dobbeleir, avec maintes courbettes et courtoisies, seront nécessaires avant de pouvoir amener le contenu de ses remises à Nokere.

 

Break de chasse, Dominique et Ernest Snutsel, Bruxelles

Break de chasse, Dominique et Ernest Snutsel, Bruxelles

Dog-cart Snutsel § fils, Bruxelles.

Dog-cart Snutsel § fils, Bruxelles.

Milord Mühlbacher, Paris

Milord Mühlbacher, Paris

 

Pour le simple plaisir ou pour une occasion importante, le Baron sortait une de ses voitures. La collection était vivante…, et non figée. Ainsi, s’il y avait déjà une voiture d’un certain modèle, la nouvelle arrivée était jugée, et si plus belle elle était, sa concurrente était revendue.

 

Le coupé coach Bugatti attelé à Nokere

Le coupé coach Bugatti attelé à Nokere

 

Chez les Kluge

 

Outre-Atlantique, en 1976, Gigi Fisdell, grande dame new-yorkaise, organise un dîner réunissant plusieurs amis ; parmi eux, John Werner Kluge, désigné par Forbes comme l’homme le plus riche au monde et Patricia Rose. La belle Patricia a des ancêtres écossais et irakiens. Son press-book déborde de splendides films et photos, où elle apparaît dans son plus simple appareil. Ce soir-là, Patricia montrera son talent de danseuse du ventre. John Kluge tombe sous le charme, se convertit au catholicisme pour épouser la belle Patricia à la cathédrale St Patrick, à Manhattan,le 24 mai 1981, devant un parterre de quelques 500 invités. Le couple mène une vie sociale très active. Ils achètent un pavillon de chasse en Ecosse. Leur voisine directe, la Reine Élisabeth II ne viendra jamais prendre le thé….

 

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Le couple construit une propriété dans le comté d’Albermarle, en Virginie. La propriété grandiose, conçue par l’architecte David Easton, pouvait se comparer à ces grands châteaux et demeures britanniques du XVIIIe siècle avec jardins à l’anglaise sur plusieurs niveaux, fontaines et cinq lacs qu’il aura fallu creuser. N’oublions pas la remise de 4.100 m2 avec musée, salons et restaurant. Sachez que cet endroit magnifique de la campagne vallonnée et boisée virginienne se  vante d’une densité importante de millionnaires au km2. Leurs voisins ont pour nom, Sam Shepard, Jessica Lange, Muhammad Ali ou encore Martina Navratilova ainsi que Steven Soderbergh. Un autre voisin, tout aussi célèbre,occupait le domaine de Monticello. Il s’agit de Thomas Jefferson, ambassadeur en France de 1785 à 1789, troisième Président des États Unis, signataire avec Napoléon de l’achat de la Louisiane et fondateur de l’université de Virginie.

 

 

Le manoir "British" d'Albermarle, la remise à gauche avec son clocheton. Vue sur le parc. Le tout a été créé de toutes pièces en moins de cinq ans.
Le manoir "British" d'Albermarle, la remise à gauche avec son clocheton. Vue sur le parc. Le tout a été créé de toutes pièces en moins de cinq ans.

Le manoir "British" d'Albermarle, la remise à gauche avec son clocheton. Vue sur le parc. Le tout a été créé de toutes pièces en moins de cinq ans.

 

Une grande maison, tel qu’ Albermarle, a besoin d’une collection de voitures hippomobiles. Le comte Philippe de Villegas, d’ origine belge et résidant aux USA, va jouer les entremetteurs…, pour amener les Kluge au Château de Nokere et les présenter au Baron Casier. Là, ils vont avoir l’occasion d’admirer « la plus belle collection de voitures de maître du XIXe siècle », aux dires des journaux de l’époque.

 

Show wagon, Mills, Londres

Show wagon, Mills, Londres

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier
La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Sans nul doute, une telle collection constituerait la pièce maîtresse de leur manoir « so british »,en Virginie. Le Baron Casier va se laisser convaincre de céder une cinquantaine de voitures. Celles de sa « première » collection. Et cela pour le plus grand plaisir de son épouse qui voit, dans la transaction, l’occasion de libérer de l’espace dans ses dépendances!

Reste la petite question financière. Le mythe du chèque en blanc et qui aurait été rempli par le Baron Casier, lui-même,est une légende. En effet, en Belgique, il n’y a pas de tradition de paiement par chèque et certainement pas lors d’une transaction transfrontalière. Ce qui est certain, c’est qu’une collection exceptionnelle, méritait un prix exceptionnel...

 

 

 

A vous couper le souffle

 

 

Voilà donc le contenu des remises du manoir d’Albermarle acquis par un simple trait de plume. Encore faut-il que l’intendance suive. La société Ziegler, située près du Port Fluvial de Bruxelles,va assurer le transport en camion jusqu’à leurs ateliers, emballe voitures et accessoires…Deux avions seront affrétés pour expédier ces trésors à l’aéroport de Raleigh,en Caroline du Nord.

La présentation de la collection dans le nouveau musée, enrichie par d’autres voitures, est soignée : mannequins de chevaux, harnais, mobilier ;Ettore Bugatti lui-même, en vêtements d’époque,vous accueille. Le curateur Owen Best consacrera cinq années à créer une ambiance inégalée. Et une visite s’organise deux mois à l’avance. L’historien américain, KenWheeling découvrira la collection avec les membres de la Carriage Association of America. « La collection contient chaque type de coach ou de voiture, sous la signature des meilleurs carrossiers au monde…Pouvoir examiner ces voitures merveilleuses est à vous couper le souffle. Autant d’espace pour étudier, tourner et admirer de près….De magnifiques grandes photos au mur permettent d’imaginer le contexte historique de leur utilisation».

Les voitures sont également attelées. Deux meneurs avec leur équipe et leurs chevaux sont actifs des deux côtés de l’Atlantique : Sem Groenewoud, médaillé d’or en attelage à quatre et David Saunders, un ancien cocher du Royal Mews, à Londres. Les attelages des Kluge se distinguent. C’est ainsi que sa Majesté, la Reine Elisabeth II remettra la coupe…, au cocher, après sa victoire au Royal Windsor Show, dans la catégorie à deux chevaux. 

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Madame Patricia Kluge devra « se contenter »de recevoir des mains du Prince Phillip, le trophée du Silver Partridge, une récompense pour son don de 25.000$ pour la conservation de la faune.Une distinction qui vaut une petite explication.

Albermarle, est aussi domaine de chasse. Et les invités, équipés de vêtements de tweed anglais mis à leur disposition par la maison, s’en vont tirer faisans, canards et autres volatiles, gagnant leur poste à bord des breaks, bien entendu attelés.Ici, une équipe de quatre gardes-chasse élèvent plus de 10.000 faisans, 3.000 canards…, pour le plaisir des Nemrod les plus affutés. Pour que les battues se déroulent au mieux, les gardes-chasse s’étaient « occupés » auparavant de quelques 125 faucons, espèce protégée, et inévitablement attirés par ce banquet fabuleux qui se présentait ainsi que d’une trentaine de chiens des voisins qui vagabondaient sur le domaine et qui auront été piégés. Quel scandale ! Les plaintes s’accumulent amenant une quarantaine de gardes fédéraux et de policiers de l’Etat de Virginie à faire diligence. Le chef des gardes du domaine, d’origine irlandaise et ses acolytes anglais jugés fautifs seront expulsés des Etats Unis. Une conférence de presse « magistrale » permettra à Patricia Kluge de convaincre les journalistes qu’elle était horrifiée et ignorante… Un don de 25.000$ fera le reste…

 

 

Un rêve dispersé

 

Les Kluge savent recevoir. Ainsi pour les 40 ans de Patricia, un million de dollars sont dépensés pour une petite fête d’anniversaire organisée au Waldorf Astoria de New York. Parmi les 400 invités, Frank Sinatra. La vie de jetset et ses dépenses sans mesure vont cependant prendre fin le 22 avril 1990 avec le divorce, réputé le plus cher au monde, des époux Kluge.

Patricia Kluge garde la magnifique résidence et sur les terres du domaine, elle crée un vignoble d’une qualité superbe mais d’un rendement économique médiocre. Une activité de vigneron qui va lui coûter fort cher puisqu’ elle absorbera la totalité de son indemnité de divorce, l’obligeant à vendre d’abord le contenu de la maison, puis la belle demeure et finalement le vignoble ainsi que les chais. La maison seule est évalué à 100 millions de $. Dans une histoire aussi fantastique, vous vous doutez bien qu’il y a quelques surprises. Sotheby’s organise la vente du contenu de la maison. Le catalogue de 933 lots pèse presque 2 kilos. Un ami de la famille, Donald Trump, vient à l’aide pour l’immobilier. Pour 150.000$, il achète les terres et le chemin d’accès au domaine et y plante de gros panneaux « propriété privée ». Ensuite, il achète les 80 hectares de parc autour de la maison pour la modique somme de 500.000$. Faute d’amateurs pour acheter une maison inaccessible car sans allée d’accès, la belle demeure tombera dans son escarcelle pour 6.500.000 $. Si l’envie vous prend de passer la nuit à Albermarle, le manoir a été transformé en Bed & Breakfast ; choisissez parmi les dix chambres ou suites à partir de 259$ par nuit.

 

 

 

Une vente, on ne peut plus curieuse…

 

De son côté, John Kluge fait don des fermes d’ Albermarle et leurs 3 000 hectares de terre, estimées pour la modique somme de 45 millions de dollars à l’Université de Virginia. La « plus belle »collection de voitures hippomobiles au monde suit le même sort. Cadeau empoisonné, l’ Université ne sait pas quoi faire de ces 75 voitures. Des initiés s’approchent de l’Université et plusieurs voitures exceptionnelles parmi lesquelles les voitures royales belges, changent discrètement de mains.

 

 

Les autres sont confiées à une maison de ventes aux enchères, en Pennsylvanie. La vente est fixée aux 3 et 4 Novembre 2000, à Elizabethtown. De manière forte étrange, le catalogue et la publicité autour de la vente ne mentionnent pas la provenance extraordinaire de la collection. Au contraire, les voitures sont éparpillées dans le catalogue. Une Bugatti se voit présentée suite à un Phaeton neuf de Sierakowski. La ville de Liège, en Belgique, devient« Leige » ; la marque Snutsel est orthographiée de trois manières différentes ;la nouvelle ville d’« Alouvain »est créé en France sauf si vous êtes intéressé par un Break de chasse du carrossier G. Malcorps, de Louvain, en Belgique. Vous pouvez également acheter une Van Derr Plas, une Mulbacher ou partir à la recherche du nouveau département français de la Mevre. Mais le plus incroyable est l’absence de toute mention de la provenance Casier ou Kluge dans l’ouvrage.

 

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Les voitures arrivent à Elizabethtown. Elles sont débarquées des camions et déposées, pèle-mêle, sur le terrain. Harnais et lampes, presque toutes sans description aucune, sont regroupés avec 800 lots d’objets de collection.

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Un grand restaurateur européen, bien connu pour les belles voitures américaines qu’il peut vous proposer me confiera : « Je n’ai pas assisté à la vente car je n’étais pas au courant. Si oui, je sautai dans le premier avion». Ken Wheeling écrira dans The Carriage Journal : «Quelle pléiade de voitures attend les acheteurs qui scrutent, lorgnent, si désireux de posséder, un jour, telle ou telle voiture. En finale, inévitablement et immuablement, un autre jalon a été posé dans l’histoire des collections de voitures :une autre grande collection est passée sous le marteau et a été dispersée …Des voitures que l’on voit très rarement dans notre pays (Etats-Unis)… ».

Le jeudi soir précédant la vente, lors d’un dîner, Nick Wood de Fairbourne Carriages d’Angleterre fait une présentation des voitures, il avait parcouru l’exposition et la commente aux intéressés. Le vendredi, le commissaire-priseur, Paul Z.Martin,vend 69 voitures modernes et anciennes avant d’arriver au lot 70. La première voiture « Casier » à passer sous le marteau : le Coupé Coach Bugatti. Cette voiture unique restera aux Etats Unis. Heureusement,les acheteurs ont su obtenir également les cinq harnais exceptionnels avec leurs colliers blancs à garnitures en argent et ivoire. Et pourquoi pas les quatre mannequins de chevaux et la statue d’ Ettore Bugatti, habillé en costume d’époque.

 

Coupé coach, Bugatti, Molsheim

Coupé coach, Bugatti, Molsheim

 

Suivront 23 voitures des plus grands noms de la carrosserie belge et française ; certains à des prix ridicules, 5.000$ pour un Ralli Car exquis de Gamette à Liège, un Stanhope Phaéton de Dominique&Ernest Snutsel en état parfait pour 10.000$, un Break six places par Mühlbacher pour 20.000 $ ou encore un Park Drag de Million &Guiet pour 45.000$. 

 

 

Dans les jours qui suivent, ces voitures se dispersent aux quatre coins du monde, certaines vers des marchands, d’autres vers des remises où elles seront à nouveau choyées, frottées, admirées et aimées. La plupart ont la chance de se voir atteler dans des evènements.

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Aux quatre coins du monde

 

Vous avez cinq minutes ? On fait un petit tour du monde pour rendre visite à ces perles de collection.

Au Massachusetts, nous retrouvons une voiture Coupé de voyage en compagnie d’un ravissant Poney Phaëton, les deux de la main de Maître Bugatti. Les sièges avant du Phaëtons ont réalisés avec des piliers « Stanhope », ornés de la couronne Casier. Ayant très peu servie, cette voiture est chaussée de ses bandages caoutchouc originaux. Encore une ? Un Park Drag signé Million & Guiet. La collection appartient à Harvey & Mary Waller.

 

 

Dans l’état de New York, dans les écuries et remises de Carol Lyden, nous admirons un des« bouchons » les plus rares sur un Road Cart à deux roues peint en jaune « maison » et signé Ettore Bugatti!

Le soleil de Floride baigne la collection de Gloria Austin, à Weirsdale. Aux voitures de gala royales succèdent des voitures de maître et des coachs sans oublier les traineaux ou chaises, voire des voitures singulières comme cette voiture de jardin d’un couvent brugeois ou bien cette « Vinaigrette »sauvées par le Baron Casier. Un magnifique Stanhope Gig par Rothschild & Fils de Paris, à la couleur jaune de la maison, complète la palette.

 

Stanhope Gig, Rothschild, Paris

Stanhope Gig, Rothschild, Paris

 

De Bromont, la collection exceptionnelle de Paul Bienvenu a été transportée au Musée de la Civilisation de Québec. Paul a fait don au peuple Canadien d’une collection de traineaux et de voitures de carrossiers canadiens qui retrace l’histoire de ce grand pays. Parmi les trésors ainsi conservés, un Demi mail Phaeton par Meuris frères de Bruxelles.

Près d’ Apeldoorn aux Pays-Bas, nous retrouvons une collection exquise. Chaque voiture est un exemple de son type. Un Break six places par Mühlbacher de Paris s’est lofé dans une dépendance, à côté des écuries, où il attend patiemment son tour pour être sorti lors d’un évènement prestigieux. Son propriétaire ? Fred Hollaender, Président du Private Driving Club.

Quatre voitures ont trouvé le chemin des vastes remises de la collection Heinz Scheidel, à Mannheim :

  • le Landau de Demi Gala fût construit en 1870 pour la Comtesse de Flandres, Marie, Princesse de Hohenzollern Sigmaringen et épouse du Comte Philippe de Flandres par l’éminent carrossier Bruxellois Snutsel. Leur fils, le Roi des Belges, Albert Ier, hérite de cette voiture en 1912. Elle est mise au service de la Maison Royale. Lors de l’achat par le Baron Casier, par grande exception, les armes royales n’ont pas été effacées. Les petites couronnes en laiton sur le coffre avant et les lampes avaient été enlevées et furent retrouvées, des années après, chez un marchand bruxellois. Aujourd’hui, la voiture est à nouveau complète, elle peut être sortie à la Daumont, avec les harnais et uniformes disponibles ou avec le siège de cocher amovible.
  • Ettore Bugatti a acheté ce Break de chasse chez le carrossier alsacien Widerkehr, à Colmar. Bugatti entretenait une relation étroite avec la maison Widerkehr, qui lui fournira des pièces pour, entre autres, le Poney Phaëton de sa signature. Le Grand Break de chasse, attelé à quatre, a fièrement pris place dans la rangée des Coach de la collection. Le 27 mars 2011 à Lanaken (B) lors d’une journée rencontre entre automobiles Bugatti et voitures hippomobiles, le Break, attelé à quatre, illustrait la facette« cheval »de Bugatti.
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Break de chasse Winderkehr Colmar, collection à Manheim

Break de chasse Winderkehr Colmar, collection à Manheim

 

  • Un grenier rassemble les voitures en bois naturel. Le brun foncé patiné d’un Governess Cart saute à l’œil. Cette simple voiture de travail est un exemple superbe du type.
  • Van denPlas, à Bruxelles, est connu pour son travail méticuleux. Une pièce unique, un Coach-Omnibus, a une place d’honneur à Mannheim. Chaque détail de la voiture est soigné. Le Directeur de la collection, Hans-Werner Hamacher a tenu à présenter la voiture au complet avec mannequins de chevaux et harnais. La voiture faisait partie des remises de la famille de Dobbeleir ; sa dernière sortie date de juillet 2013, lors de la 9ème Route de Lorraine.
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La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

Une collection, très privée, de renommée mondiale, à Augsburg, cache la Berline « Diane » par Schürmann de Bruxelles. Construite en 1867, sa provenance est identique au Landau: le comte et la comtesse de Flandres et le Roi Albert Ier. La voiture n’a vu que deux années de service royal avant-guerre, où elle véhiculait le roi au Parlement ainsi qu’à la Cathédrale ou bien convoyait des chefs d’Etat,en visite.

En seulement onze mois, un bâtiment moderne en bois et verre a vu le jour à Wiehl, en Allemagne. Ouvert depuis 2013, 62 voitures de la collection de Siegward Tesch y sont exposées et préservées à température et humidité contrôlées. Deux voitures « Casier » ne pouvaient pas y manquer : un Break de chasse, par Binder à Paris, vers 1890 et une voiture légère d’entrainement par Mills, à Londres. Une étude par Andres Furger de la voiture légère et sa suspension innovante indique un possible échange entre Bugatti et Bertram Mills.

 

La Saga de la première collection du Baron Jean Casier

 

A  Monte de Ravasquiera, au Portugal, les portes de la collection de la famille de Melo sont toujours grandes ouvertes aux passionnés d’attelage. Un Road Coach Million & Guiet occupe une place d’honneur. Carrossée à Paris, la voiture a reçu un système de freinage très original sur le train arrière.

Un dernier arrêt, nous mène à Jerez de la Frontera où la famille Guttierez possède un Phaëton de couleur bleu prussien avec un passage de roues très élégant.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Bien que la liste soit impressionnante, en nombre et en qualité, elle reste incomplète; les voitures ont voyagé partout en Europe et aux États-Unis. Elles ont une histoire commune et ont été sélectionnées comme« les meilleures » par un meneur, un collectionneur et un homme de cheval exceptionnel, le Baron Jean Casier.

 

 

 

 

Texte:

Stephan Broeckx

Article publié dans le N) 102 d'Attelage magazine

 

Photos:

François Durand d’Attelages Magazine, The Carriage Journal, courtoisie du Baron et Baronne Philippe Casier, d’Heinz Scheidel, d’Andres Furger etde SiegwardTesch

 

Remerciements

« J’adresse mes plus vifs remerciements au Baron et à la Baronne Philippe Casier ainsi que par ordre alphabétique à Gloria Austin, Paul Bienvenu, Mario Broekhuis, Albert de Busschere, Andres Furger, Antonio Guttierez, Hans-Werner Hamacher, Fred Hollaender, Manu de Landtsheer, Jean-Louis Libourel, Kurt Meyer, Catherine Rommelaere, Jill Ryder, David Saunders, Heinz Scheidel, Patrick Schroven, Jennifer Singleton, SiegwardTesch, Mary Stokes Waller, Ken Wheeling, Jane Wood.

Leur accueil, conseil et avis ont été précieux pour la rédaction de cet article ».

Stephan Broeckx.

 

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 08:14

 

 

 

RETROMOBILE

 

8-12 Février 2017

 

 

 

Retromobile 8-12 Février 2017 Porte de Versailles à Paris

 

 

 

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Retromobile 8-12 Février 2017 Porte de Versailles à Paris
Retromobile 8-12 Février 2017 Porte de Versailles à Paris
Retromobile 8-12 Février 2017 Porte de Versailles à Paris
Retromobile 8-12 Février 2017 Porte de Versailles à Paris
Retromobile 8-12 Février 2017 Porte de Versailles à Paris

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 10:23

 

 

Le Musée de la Voiture à Cheval, à Marcigny :

 

une collection vagabonde

 

A Marcigny, village de 1800 habitants dans le département de la Saône-et-Loire, existe l’un des tout derniers musées  hippomobiles privés de France, sinon le dernier, Le Musée de la voiture à cheval. Son créateur, monsieur Louis Lacroix, collectionne les véhicules hippomobiles depuis longtemps. Passionné, il a transmis son goût des voitures à son fils Franck. 

Contrairement à beaucoup d’autres collectionneurs, il a toujours souhaité partager sa passion des voitures avec tous. L’ouverture de sa collection au public a été une aventure qui a connu plusieurs étapes.

La première tentative, sous le nom de Musée des Attelages de la Belle Epoque remonte à 1985. La collection était alors présentée tout près de Marcigny, modestement, dans une dépendance du château de La Garde à Saint-Martin-du-Lac. C’est en ce lieu que nous l’avions vue pour la première fois en 1993. De cette première visite, outre l’aimable et généreux accueil de monsieur Louis Lacroix, nous gardons le souvenir précis d’une petite briska-wourch, alors dans son état d’origine avec une belle garniture intérieure à larges galons fleuris, signée Buy, carrossier actif à Paris entre 1837 et 1850 : une rareté ! 

 

Dans le but d’une meilleure présentation et d’un meilleur accueil du public, monsieur Lacroix transporta en 1995 son Musée des Attelages de la Belle Epoque à Souillac (Lot). Après quelques années d’une exploitation insatisfaisante, notre collectionneur rapatrie ses chères voitures dans son village de Marcigny en 2002. Là, il les installe dans un vaste bâtiment  qui ouvre ses portes au public en 2006 avec le nom de Musée de la voiture à cheval. Ainsi, après avoir vagabondé pendant plus de vingt ans, la collection Lacroix est revenue à son point de départ.

 

 

Un panorama de la carrosserie française

 

 

Les nombreux véhicules de la collection Lacroix, de luxe ou de service, voitures de ville, de promenade, de sport, fermées ou découvertes, voitures utilitaires, offrent un large panorama, à la fois typologique et topographique, de la carrosserie française au XIXe siècle. Milords, coupés, omnibus privés, sociables, wourchs, coaches, petits ducs, phaétons, wagonnettes, breaks, fourgons, tilbury, tonneau, cabriolet, illustrent la grande diversité des types. Les fabricants présents dans la collection sont également nombreux ; l’implantation de leurs ateliers sur l’ensemble du territoire national  témoigne de l’intense vitalité de l’industrie de la carrosserie dans tout le pays. Les voitures sont originaires de Pau, Roanne, Narbonne, Colmar, Digoin, Orléans, Charolles, Clamecy, Moulins, Limoges, Sancoins, Périgueux, Clermont-Ferrand, Nantes, Noyon, Angoulême, Saint-Pourçain, Villefranche-sur-Saône, Ligny-en-Brionnais, sans oublier Paris, Lyon et Toulouse, grands centres de la production hippomobile.

 

Paris tient la première place avec ses carrossiers illustres : Binder Aîné (un petit coupé de ville), Henry Binder (un coupé trois-quarts et un tonneau), Vachette (un petit coupé de ville), Valette (une tapissière), Michalon (un milord), Almire Serrée (un sociable), Mühlbacher (un sociable, un milord et un petit coupé de ville), Belvallette & Cie (un milord), Rebut (un petit coupé de ville), Buy (une briska-wourch), Morel-Thibaut (un omnibus à capucine), Kellner (un phaéton), J. Hoogstoel & Cie (un phaéton de dame), J. Palmade (un cabriolet), Million & Guiet (un road-coach et un milord), Ehrler (un milord), Morel (un park drag).

Collomb (un Sociable), Mantoux (un coupé Clarence), Faurax (un omnibus), Roberjot & Cie (un phaéton-spider), Gacon & Cie (un break petit modèle), Depigny (un break garden) illustrent la carrosserie lyonnaise.

Deux fabricants toulousains, Dupiech (un wourch ayant appartenu à la Comtesse de Ségur) et Baqué (un Omnibus) représentent la production de la ville rose.

 

Enfin, il faut citer quelques-uns des treize carrossiers qui ont été actifs à Marcigny et qui sont présents dans la collection Lacroix: Labaune (un petit coupé de ville), Cognard et Rondet (un petit duc en osier), Roux et Caron (une wagonnette), Bordat (un phaéton).

 

Coups de cœur

 

 

Plus de soixante véhicules sont exposés dans le Musée. Impossible de les mentionner tous. Aussi, nous nous limiterons à quelques-uns qui ont davantage retenu notre attention.

Viennent en premier lieu deux fleurons de la carrosserie parisienne, faisant partie des pièces maîtresses de la collection : un Road-coach et un Park-drag. Leurs auteurs sont des fabricants de grand renom : Million-Guiet pour le premier, Morel pour le second. Leurs provenances sont également prestigieuses : ils ont appartenu à deux collections réputées, celle du baron Jean Casier pour le Road-coach, et celle de madame Dina Vierny pour le Park-drag. Le Road Coach Million-Guiet n° 6559, puissant et majestueux, possède une caisse en bateau au dessin si caractéristique du style inimitable de Michel Guiet. Il est équipé d’un frein à câble d’origine et garni d’un lambris intérieur également typique de la manière Guiet. Le Park-drag Morel n° 2517, plus léger, est une rareté dans l’œuvre de ce carrossier : en effet, un seul autre exemplaire est connu, conservé au Museo delle carrozze de la Villa Pignatelli à Naples.

 

.Road-coach n° 6559 par Million-Guiet à Paris

.Road-coach n° 6559 par Million-Guiet à Paris

Park-drag n° 2517 par Morel à Paris

Park-drag n° 2517 par Morel à Paris

Nos coups de cœur vont à d’autres réalisations parisiennes. Un sociable de la maison Mühlbacher à  caisse, de forme carrée, montée sur une suspension à huit ressorts. Cette luxueuse voiture a appartenu à la famille d’Eugène Schneider, le célèbre maître de forge du Creusot. Bien avant qu’elle n’entre dans la collection Lacroix et qu’elle soit repeinte en rouge, nous l’avions découverte dans les années 1980, alors en état d’origine, abandonnée au fond d’un bâtiment industriel de Creusot-Loire désaffecté. Un élégant poney phaéton de dame, à décor de cannage, œuvre d’un carrossier quasiment inconnu, Julien Hoogstoel, actif rue Marbeuf à Paris de 1857 à 1872. 

.Sociable par Mühlbacher à Paris

.Sociable par Mühlbacher à Paris

Phaéton de dame par J. Hoogstoel & Cie à Paris

Phaéton de dame par J. Hoogstoel & Cie à Paris

Ajoutons à cette sélection, bien trop courte, deux créations lyonnaises originales. Un break petit modèle, fabrication n° 2216 des ateliers Gacon & Cie ; cette belle et robuste voiture a pour particularité deux sièges tandem, en vis-à-vis, dont les panneaux arrière et latéraux « à hauteur de coussin », selon l’expression du Guide du Carrossier (1867), sont peints du même rouge que le train ainsi qu’il est de règle pour ce type de sièges.

 

Break petit modèle n° 2216 par Gacon & Cie à Lyon

Break petit modèle n° 2216 par Gacon & Cie à Lyon

Enfin, un imposant Coupé Clarence, n° 143, réalisé par le carrossier Mantoux. C’est l’unique œuvre répertoriée de ce fabricant, connu seulement par une mention de 1841. Du coffre de siège jusqu’à l’arrière de la voiture, une ligne sinueuse unique, aux courbes profondes, donne au bas de caisse un dessin d’une grande perfection. Une ligne d’une rectitude totale, énergiquement relevée à ses extrémités, marque la ceinture de caisse, depuis le siège de cocher jusqu’au grand panneau de derrière. Une baguette métallique souligne fortement ce beau dessin de ceinture. Le volume « arrondi » de ce coupé est accentué par l’avance semi-circulaire très saillante sur le panneau de gorge. Autre intérêt de ce véhicule, conservé dans son état d’origine, son curieux avant-train minutieusement décrit par Patrick Magnaudeix dans son article « Avant-train ; ronds à coulisse” du Clarence de Marcigny », mis en ligne le 2 mars 2011 sur son site www.attelage-patrimoine.com

Coupé Clarence n° 143 par Mantoux à Lyon

Coupé Clarence n° 143 par Mantoux à Lyon

Il faudrait évoquer bien d’autres réussites de la carrosserie hippomobile amoureusement conservées par Louis et Franck Lacroix. Encourageons tous ceux qui aiment les voitures hippomobiles à découvrir les trésors du Musée de la voiture à cheval à Marcigny.

 

*****

 

 

Texte et Photos:

Jean Louis Libourel

 

 

 

Demi-mail phaéton par Firmin à Paris

Demi-mail phaéton par Firmin à Paris

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 22:57

 

 

Musée National des carrosses de

 

Lisbonne;

 

 

en route vers l'excellence.

 

 

 

 

 

Le Musée National des carrosses de Lisbonne n’est pas seulement le lieu d’exposition d'une  exceptionnelle collection de carrosses et voitures du XVI° au XIX° siécle. C’est également un emblème national que tout Portugais se doit de visiter au moins une fois dans sa vie. Donc, son évolution et son avenir sont des enjeux nationaux.

Dans cette situation, la construction d’un nouveau bâtiment, situé pratiquement en face du musée initial et destiné à accueillir une grande partie des collections, a soulevé, pour différentes raisons, de nombreuses interrogations dans tout le pays et au-delà:

- Dans la situation de crise financière actuelle, se lancer dans un tel investissement était un vrai challenge dont la finalisation n'est d'ailleurs pas totalement aboutie. Si la majorité des voitures a pris place dans le nouveau lieu d’exposition, la muséographie pour cause de manque de financement, ne sera mise en place que dans quelques mois *

- Mais c’est le pari esthétique de ce nouveau lieu d'exposition qui a sûrement suscité le plus de polémiques.

 

* Donc, La limitation des espaces par des bandes n'est bien sûr que provisoire.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Je dois avouer avoir été personnellement surpris en arrivant devant ce bâtiment à l’architecture moderne et épurée. L’intérieur est tout aussi déconcertant car constitué de grands espaces rectilignes aux  murs complètements blancs. C’est en pénétrant dans ce surprenant environnement que la magie s’opère.

 

Coupé des "Meninos de Palhava"

Coupé des "Meninos de Palhava"

Construit selon la tradition pour les enfants bâtards du Roi Joäo V, ce coupé du XVIII° siècle de construction portugaise,  dit des "Meninos di Palhavä", a une décoration attribuée au sculpteur Silvestre de Faria et au peintre José Da Costa Negreiros. Caisse vitrée avec rideaux de soie rouge, intérieur de velours rouge et toit en cuir clouté.  Les peintures de panneaux de caisse présentent génies et chérubins tenant des guirlandes et encadrant les armes royales portugaises. 

Dimensions: 560 x 189 x 265.

 

Isolée sur le fond blanc des murs, chaque voiture vous capture et s’offre à vous comme je ne l’ai jamais ressenti dans aucune autre exposition. Vous vous retrouvez comme dans un livre d’art aux images détourées. Mais c’est un livre en trois dimensions qui vous donne assez de recul pour admirer chaque véhicule et assez d’espace pour l’observer sous tous les angles et ainsi découvrir chaque détail.

 

Berline de "la maison du Roi" d'origine française deuxième quart du XVIII°
Berline de "la maison du Roi" d'origine française deuxième quart du XVIII°
Berline de "la maison du Roi" d'origine française deuxième quart du XVIII°

Berline de "la maison du Roi" d'origine française deuxième quart du XVIII°

 Sur cette berline d'apparat du XVIII° siècle, appartenant à la maison du Roi, on discerne chaque détail des décorations laquées, symbolisant les quatre saisons. Celles-ci seraient attribuées aux célèbres vernisseurs parisiens; les "Frères Martin". L'intérieur est tapissé de velours bleu. A noter également l'originalité du marchepied appelé étrier à la portugaise.

Dimensions: 560 x 189 x 265.

 

Le lieu d’exposition situé au premier étage est complété, au rez-de chaussée, par des locaux techniques, non accessibles au public, intégrant les réserves et un vaste espace dédié aux travaux de conservation, éventuellement de restauration des différents fonds du musée. Je vous propose de découvrir ces 2 locaux en commençant par les réserves. 

Ces réserves ultra modernes bénéficient, comme tout l'édifice, d’un contrôle thermique et hygrométrique. Elles abritent un magnifique ensemble constitué de pièces d'éperonnerie, habits,...et bien sur des harnais. Comme pour les voitures, la majorité de ceux ci proviennent du corps des écuries royales et de la maison des équipages. Ils sont en partie démontés pour pouvoir entreposer les pièces les plus fragiles à plat ou sur des supports adaptés. 

 

 

Cliquez sur les vignettes pour les agrandir

 

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellenceMusée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

La collection d'articles d'éperonnerie et autres objets liés à l'attelage et à l'équitation est également exeptionnelle: fouets, étuis de pistolets, étriers,... 

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellenceMusée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence
Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellenceMusée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence
Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellenceMusée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

A cet ensemble s'ajoute un regroupement de garnitures pour chevaux d'attelage ou de selle; caparaçon, chabraques, housses,... ainsi que de nombreux uniformes portés par les personnels équipages royaux portugais; piqueux cochers, laquais,... 

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellenceMusée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence
Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence
Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellenceMusée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Cette présentation des réserves est incomplète et il faut lui ajouter de nombreux autres objets dont une étonnante collection de trompettes, provenant de la fanfare royale...Toutes les pièces sont classifiées et cotées, ce qui permet aux chercheurs extérieurs et à l'équipe de conservateurs de l'établissement d'y accéder facilement et de les confronter rapidement à leurs fonds documentaires ou à ceux du musée.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Un des atouts maîtres de ce musée est en effet l'existence à demeure d'une équipe technique, composée de conservateurs et techniciens relevant de plusieurs spécialités; métaux, peintures, tissus,..., qui assure le suivi des différentes collections et réalise les opérations de conservation nécessaires.

C'est aussi un lieu de formation pour des élèves se formant à la conservation et à la restauration des patrimoines hippomobiles.

Ce tableau de planification, pour les seules voitures, vous montre l'importance des actions menées.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Visitons donc, maintenant, l'immense local dédié aux travaux de conservation, qui est doté d'un ascenseur d'une taille à la démesure des carrosses exposés.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Il s'y déroulent les travaux les plus conséquents comme la desinsectification des voitures et autres objets par anoxie dynamique, ou des tâches plus méticuleuses; voir ci-dessous le démontage et la remise en état des différentes pièces de harnais. 

 

Désinfectisation par anoxie (Photo musée National des carrosses Lisbonne)
Désinfectisation par anoxie (Photo musée National des carrosses Lisbonne)

Désinfectisation par anoxie (Photo musée National des carrosses Lisbonne)

Démontage et travaux de conservation sur les harnais royaux  et autres pièces.Démontage et travaux de conservation sur les harnais royaux  et autres pièces.

Démontage et travaux de conservation sur les harnais royaux et autres pièces.

 

Une originalité du musée de Lisbonne est que certaines voitures sont traitées directement dans l'espace d'exposition.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Lors de ma visite les spécialistes prenaient soin de la voiture la plus ancienne de la collection ; le coche de voyage de Philippe II du Portugal, construit vers 1600. Il ne reste au monde que quatre coches entièrement conservés, ce qui donne à ce véhicule une grande valeur historique.

 

Voiture photographiée avant les travaux de conservation (source Musée national des carrosses de Lisbonne)

Voiture photographiée avant les travaux de conservation (source Musée national des carrosses de Lisbonne)

Bien que voiture de voyage, ce coche est d'un grand luxe intérieur. Tapissé de velours ciselé rouge sur fond jaune, il possède un superbe plafond doré et, caché sous le siège, un pratique trou d'aisance. A l'extérieur, la caisse et le coffre avant sont entièrement recouverts de cuir clouté. Les vitres sont suspendues au toit par des sangles en cuir.

Dimensions: 570 x 185 x 241

Voiture photographiée avant les travaux de conservation (source Mmusée National des carrosses de Lisbonne)

Voiture photographiée avant les travaux de conservation (source Mmusée National des carrosses de Lisbonne)

 

 

Les deux photos suivantes montrent les premiers effets des actions de conservation, dont le nettoyage des parties métalliques qui fait ressortir l'élégance de cette caisse cloutée.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence
Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Les visiteurs observent avec intéret l'oeuvre et le travail effectué et certains même en "tombent à genoux" comme les élèves de cette classe.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

Les groupes scolaires ne sont pas les seuls à apprécier carrosses, berlines et autres voitures.. Le nombre de visiteurs a doublé depuis la mise en service du nouveau bâtiment.

La collection qu'ils découvrent est composée de voitures préalablement exposées dans les salles du musée initial et d'autres qui avaient été mises en dépot au musée du Palais Bragance à Vila Visçosa.

 

Déménagement des voitures provenant du mussée Bragance.

 

Les véhicules sont présentés de façon chronologique et regroupés en une quinzaine de catégories; carrosses,...carrosses de triomphe, berlines,..., voitures ecchlésiatiques, d'enfants, urbaines, de chasse,... 

Les voitures d'origine française sont largement représentées car, jusqu'à la Révolution de 1789, la carrosserie française était trés sollicitée par la couronne et la noblesse portugaise. Les pièces exposées sont souvent assez exceptionnelles comme cette voiture d'apparat, ramenée au Portugal par la cousine de Louis XIV ; La reine Marie Françoise de Savoie Nemours. 

Carrosse de la reine Marie Françoise de Savoie-Nemours
Carrosse de la reine Marie Françoise de Savoie-Nemours
Carrosse de la reine Marie Françoise de Savoie-Nemours

Carrosse de la reine Marie Françoise de Savoie-Nemours

Ce carrosse du XVII° est dit moderne et a été ramené au Portugal, en 1666, par la reine Marie Françoise de Savoie Nemours. La caisse est fermée par huit vitres et dispose, comme autres innovations, d'une flèche incurvée en col de cygne vers l'avant. Ce col de cygne, dit cinquiéme roue, forme un passage de roue qui améliore la maniabilité. Vous pouvez observer sur les panneaux latéraux des motifs  floraux, et sur les portières des médaillons au chiffre de la reine, flanqués de figures de femmes.  A l'intérieur, tapissé de velours, le plafond est galonné, frangé et clouté d'or. 

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

L'exposition présente, côte à côte, des voitures de la même époque mais d'origines diverses; France donc, mais aussi Angleterre, Italie, Espagne et bien évidemment Portugal. Elle permet  d'observer et de différencier, dans un même lieu, les spécificités techniques et artistiques de chaque pays.

Une autre originalité de cette exposition consiste en la présentation de plusieurs ensembles de voitures du XVIII° ayant eu une histoire commune.

Le premier est composé  de 3 voitures* faisant partie des 5 carrosses thématiques, intégrés dans les équipages du cortège du marquis de Fontes qui fut, en 1716, envoyé en ambassade à Rome, auprès du Pape Clément XI, par le roi Joao V. Le roi voulait que "cette ambasssade représente avec toute la magnificence possible le pouvoir d'un vaste empire conquis grace aux savoirs des découvreurs et justifié par la propagation de la foi et la victoire sur les infidèles."-Sylvana Bessone-.

Chaque carrosse est donc orné de sculptures présentant des thèmes différents; la conquête, le pouvoir de Lisbonne, la maîtrise des océans,...

Les trois voitures, avec leur caisse "dite à la romaine", sont sûrement d'origine italienne mais les groupes de sculptures proviennent d'artistes portugais.

 

 

* Ces voitures  furent les premières à être exposées au public comme oeuvres d'art, lors de l'exposition d'art décoratif  en 1882 à Lisbonne. Leur succés fit germer l'idée de la création d'un musée qui n'aboutit que vingt ans aprés.

Carrosse de l’ambassadeur.

Carrosse de l’ambassadeur.

Carrosse du couronnement de Lisbonne. Dimensions 728 x 246 x 325

Carrosse du couronnement de Lisbonne. Dimensions 728 x 246 x 325

Carrosse des océans, restauré en 1998. Dimensions 720 x 255 x 337

Carrosse des océans, restauré en 1998. Dimensions 720 x 255 x 337

Détail du groupe de sculptures arrière du carrosse des océans.

L'entretoise représente un moment de l'histoire maritime du Portugal; Au centre Apollon et à ses pieds deux vieux hommes; l'océan atlantique et l'océan indien qui se donnent la main symbolisant ainsi le passage du Cap de Bonne -espérance.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 

Un autre groupe de véhicules est aussi exceptionnel. Il s'agit d'un ensemble de plusieurs voitures de différentes origines ayant participé, en 1729, à l"échange des princesses" lors du double mariage qui scellait l'alliance entre l'Espagne et le Portugal. A noter que six de ces voitures, présentées ici, faisaient partie d'un ensemble de 24 berlines commandées, pour cette occasion, par le roi portugais Joao V, en 1727. Elles furent construites par les carrossiers parisiens, Boucault, La Fontaine, Moulon et Moutel puis transportées à Lisbonne, par bateau, en 1728.

 

 

Vue d'ensemble de trois de ces berlines

Vue d'ensemble de trois de ces berlines

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

Détails d'une de ces berlines de "La maison du Roi".

Caisse fermée tapissée de velours vert ciselé aux motifs de grandes fleurs. Les panneaux extérieurs sont également verts avec un encadrement rouge et or. Ces voitures, par leur qualité technique et artistique, témoignent de la virtuosité des artisans parisiens; selliers, charrons, sculpteurs,.., sous le règne de Louis XV. 

 

 

 

Si ce bâtiment du Musée National des carrosses présente une cinquantaine de véhicules des XVI°, XVII° et XVIII° siecle; carrosses berlines mais aussi chaises, voitures de parc, litières, chaises à porteur,... il propose également au visiteur plus d'une vingtaine de voitures du XIX° siecle. Le clarence d'origine portugaise y cotoie le char à bancs et la voiture de la couronne. 

 

Clarence

Clarence

Ce clarence est une réalisation du fabricant portugais Gomes à S. Roque Lisbonne. Cette voiture marquée aux armes royales et au chiffre du roi Pedro V  (1853-1861)  se caractérise par un style romantique; trés prisé à l'époque au Portugal. La caisse, éclairée par onze baies de forme ogivale,  est ceinte d'une surprenante frise constituée de petits panneaux recouverts de bandes de soie rouge, le tout protégé de glaces. Le siège du cocher, garni d'une galerie, est supporté par de fines ballustres aux formes mouvementées.

Dimensions: 505 x 191 x 218

Char à bancs

Char à bancs

Ce char à bancs, commandé par la reine Maria II au carrossier londonien Thrupp and Co, porte le monogramme du roi Carlos, son dernier utilisateur. Construit en 1850, ce trés beau modèle est ceint d'une frise sculptée. Il dispose de quatre bancs aux montants paillés, garnis de fleurs bleues et beiges. Afin de faciliter l'accès par le marchepied retractable, le troisième banc est rabattable.  A noter le solide système de freinage avec ses deux volants. 

Dimensions: 420x250 x 280

Voiture de la couronne.

Voiture de la couronne.

Voiture d'apparat, elle fut commandée à Londres, en 1824, pour le roi Joao VI. L'usage de la cour portugaise de s'adresser aux carrossiers parisiens a sûrement été modifié par la Révolution française qui poussa le roi et la noblesse  à se tourner vers Londres. De style empire, cette berline dispose d'un système de suspension par ressorts en C et de marchepieds dépliants, décorés de colonnettes. Cette voiture, à l'intérieur tapissé de soie blanche capitonnée, a subi plusieurs modifications et restaurations au gré de ses propriétaires royaux, dont Carlos 1° qui  a fait ajouter son monogramme pour son couronnement.

Dimensions:456 x 198 x 270 

 

Présentation de la voiture de la couronne attelée à 6 chevaux.

Présentation de la voiture de la couronne attelée à 6 chevaux.

 

Les voitures de transport public sont également présentées avec, entre autres, cette malle poste portugaise.

Malle poste

Malle poste

Cette malle poste transportait courrier et voyageurs sur la route de Lisbonne à Porto. Elle a été construite en Belgique par Jones frères, à Bruxelles. Elle est composée d'un coupé à l'avant, d'une rotonde à l'arrière et, en son centre, d'un coffre destiné au courrier. Les baggages des voyageurs prenaient place sur le toit équipé d'une grille de protection.

Dimensions:500x 298 x210

 

Mais le Musée National des carrosses ne se limite pas à ce seul lieu d'exposition et dix autres carrosses sont exposés dans le bâtiment initial ainsi qu'une collection d'objets d'art équestre. 

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence
Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

 Cet ancien manège, construit  à partir de 1886 et dont le projet est attribué à l'architecte italien Giacomo Azzolini, est un magnique espace aux décorations somptueuses et aux aménagements très luxueux pour une telle utilisation.

Vu d'ensemble du manège et escalier d'honneur.
Vu d'ensemble du manège et escalier d'honneur.

Vu d'ensemble du manège et escalier d'honneur.

C'est dans ce lieu que la reine Amélie d'Orleans imagina de créer un musée qui fut aménagé par Rosendo Carvalheira, architecte des palais royaux et inauguré en 1905. Les premières pièces rassemblées provenaient des biens de la couronne et de ceux privés de la Maison du Portugal, que ce soient les carrosses, les harnais ou les objets liés aux activités equestres, dont certains provenaient d'ailleurs du manège. Ces collections et leur lieu d'accueil forment donc un ensemble historique porteur de l'évolution des techniques équestres et de leur matériels..

Dès le début, l'ancien manège s'avéra trop exigu pour abriter toutes les collections mais il fallu attendre 1940 pour voir réaliser un local supplémentaire. Ce lieu est maintenant dédié à des expositions temporaires. Lors de ma visite, se préparait une exposition sur les véhicules d'incendie.

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

Cet ensemble de 3 espaces;

- le manège, porteur de l'histoire de l'équitation par sa fonction et témoignage de la muséographie d'une époque par l'exposition de carrosses et matériels equestres, 

-la salle, dédiée aux expositions temporaires qui ouvrent le musée vers l'extérieur, amplifiant ainsi son impact économique,

-le nouveau bâtiment, lieu permettant un rare accès aux voitures, équipé de tous les moyens nécessaires à l'étude et à la conservation des collections, doté d'outils pédagogiques et d'enseignement propres; auditorium, bibliothèque, archives,...

font du Musée National de Lisbonne une entité unique au monde.

Dès que la muséographie, retardée par des problèmes de financement, sera finalisée, espérons prochaînement, on ne dira plus du Musée National de Lisbonne qu'il est en "route vers l'excellence" mais qu'il est l'excellence! 

 

Exemple de muséographie, proposé en 2012, recourant aux nouvelles technologies.

Exemple de muséographie, proposé en 2012, recourant aux nouvelles technologies.

 

 

Texte:

 

Patrick Magnaudeix

(figoli)

 

P.S:

Je tiens à remercier chaleureusement la direction et l'équipe du Musée National de Lisbonne pour la qualité de leur accueil.

 

Photos:

 

Musée des carrosses de Lisbonne, Patrick Magnaudeix.

 

Documentation:

 

Sylvana Bessone; conservateur du musée; "Le Musée National des carrosses" 1993 

 

Sylvana Bessone"Le Musée National des carrosses un défisur le site In Situ.

 

Jean Louis Libourel; "Vila Viçosa un avant goût des trésors portugaissur le site de l'AIAT

 

Jean Louis Libourel; "Le nouveau musée National des carrosses de Lisbonne Grandiose"  dans la revue "Attelage Magazine" N°99 (Aout-Septembre 2015) 

 

...

 

 

Musée des carrosses de Lisbonne; vers l'excellence

Voiture offerte par le roi Victor à son petit fils le prince Carlos. Suspendue par des ressorts en C, ce vis à vis construit par le carrossier italien Cesare Sala, est d'un raffinement pour une voiture pour enfant; toit garni de pommettes d'argent en forme de couronne, marchepieds dépliables, intérieur tapissé de velours bleu,...

Dimensions:285 x 109 x 149

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 23:53

Exposition 

 

"Carrosses à Marmottan"

 

Boulogne-Billancourt 

La bibliothèque Paul Marmottan de Boulogne Billancourt présente, du  23 Mars au 30 Juillet 2016, une exposition intitulée"Carrosses à Marmottan". Vous trouverez ci dessous le texte de présentation de cette exposition, son livret d'accueil, ainsi que le programme de l'ensemble des manifestations entourant cet évènement.

Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016

 

Présentation.

 

C’est cette formidable aventure que vient raconter la Bibliothèque Paul-Marmottan, dans une exposition de plus de 160 oeuvres provenant des grands musées et collections français (Compiègne, la Malmaison, Versailles, la Fondation Napoléon, Hermès…), dont certaines n’ont encore jamais été montrées au public. Confrontant de nombreux métiers (carrossier, charron, dessinateur, peintre, doreur, décorateur…) le carrosse est à la fois un objet technique, demandant des progrès constants, et un objet de luxe, variant de saison en saison selon la mode en vogue. À partir de la très belle collection de gravures publiées par Pierre de la Mésangère entre 1802 et 1815, s’est construite une présentation animée par de nombreux objets, illustrations, peintures, et carrosses bien sûr.

 

L’enjeu est avant tout typologique : dans un festival de termes techniques amusants, de la « berline à tombeau » à la « calèche clissée », du « cabriolet à housse » à la « dormeuse », se déclinent tous les types de véhicules, adaptés à des usages particuliers : la ville bien sûr, mais aussi la campagne, la promenade, le voyage même. Celui-ci est tributaire, comme aujourd’hui, d’aléa variés : encombrements, accidents, attentats, faisant de la diligence le théâtre de scènes vivantes, batailleuses ou coquettes. À côté des transports en commun, coexistent les exigences de luxe des voyageurs aisés, partant pour longtemps, avec des bagages volumineux et très soignés, véritables bijoux d’orfèvrerie.

 

Plus qu’un prodige technique, le carrosse est un lieu d’affirmation du rang social, de l’aisance financière, et de l’appartenance familiale. C’est en quelque sorte un trône roulant, où l’empereur, le souverain ou le pape exprime leur majesté. C’est ce que développe l’exposition dans une dernière section détaillant les grandes voitures de l’Empire, depuis les déplacements de Napoléon en Europe, en délégation ou au combat, jusqu’aux carrosses du sacre et du mariage, en passant par la voiture enfantine, et enfin le char funèbre.

 

Pendant quatre mois, l’exposition Carrossesà Marmottan ainsi que le programme d’animations proposé invitent à un voyage inédit sur les routes d’Europe et de France, à la suite de l’Empereur.

 

Livret d'accueil de l'exposition.

 

Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016

 

Programme des activités.

 

Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016
Exposition: "Carrosses à Marmottan" du 23/03 au 30/07 2016

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 00:34
 
Vieilles américaines et gastronomie
 
chez Maurice Leporati
 
 
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
 
Dans le Luberon il arrive qu'il fasse trrès chaud… mais chez Maurice il fait toujours bon.Sa terrasse dans la verdure est un havre de  fraîcheur. 
Courez vous y régaler, puis, en guise de sieste, il vous montrera ses trésors.
Je vous laisse regarder.  
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"

Maurice… meneur, poète, cuisinier, un homme qui vit ses rêves, un bonheur de l'avoir rencontré. 

" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
Sulky

Sulky

Rexton break J W Guehard Allentown USA  circa 1900
Rexton break J W Guehard Allentown USA  circa 1900
Rexton break J W Guehard Allentown USA  circa 1900

Rexton break J W Guehard Allentown USA circa 1900

Ladie's Wickers Phaeton  Circa 1900 USA

Ladie's Wickers Phaeton Circa 1900 USA

Buggy de livraison
Buggy de livraison
Buggy de livraison

Buggy de livraison

Spyder

Spyder

Surrey Glen Falls Buckboard  Circa 1880 New York USA
Surrey Glen Falls Buckboard  Circa 1880 New York USA
Surrey Glen Falls Buckboard  Circa 1880 New York USA

Surrey Glen Falls Buckboard Circa 1880 New York USA

" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
Drop front Phaeton  H.H Babkoch  Waterton New York  Circa 1900 USA
Drop front Phaeton  H.H Babkoch  Waterton New York  Circa 1900 USA

Drop front Phaeton H.H Babkoch Waterton New York Circa 1900 USA

Drop front Phaeton  H.H Babkoch  Waterton New York  Circa 1900 USA

Drop front Phaeton H.H Babkoch Waterton New York Circa 1900 USA

Park Phaeton Circa 1890 USA

Park Phaeton Circa 1890 USA

Doctor's Phaeton Circa 1890 USA
Doctor's Phaeton Circa 1890 USA

Doctor's Phaeton Circa 1890 USA

" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
Trap phaeton

Trap phaeton

" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
Trap sievers herman

Trap sievers herman

 
Maurice nous montre le siège transformable de  ce "Trap"
 

 

" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"
 
Elles sont belles et en bel état ses américaines, et surtout, elles roulent… 
Merci Maurice pour cette merveilleuse journée.
 
 
" Vieilles américaines et gastronomie chez M. Leporati"

Texte et photos

 

Julie Wasselin

 

 

Une adresse donc, à noter dans ses tablettes.

 

Auberge de la Loube

La Loube 

84480 Buoux

 

04 90 74 19 58

 

 

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 09:09

 

 

Vaux-le-vicomte,

 

son passé, son présent.

 

 

 Vaux-le-Vicomte, son passé son présent.

Nicolas Fouquet aurait dû se souvenir que « la roche Tarpéienne est proche du capitole »…

Charmeur, intelligent, audacieux, Nicolas Fouquet, né d’une famille de riches parlementaires eut une ascension fulgurante. Sa devise était claire : « Quo non ascendet » ! Cet écureuil, son emblème,  le « foucquet » de la langue bretonne…jusqu’où ne monterait-t-il pas, en effet ?

Louis XIV succéda à son père sur le trône de France en mai 1643. Il avait 4 ans. Quand s’éteignit Mazarin, en 1661, il en avait 22. La cour pensa que le premier ministre serait remplacé par son héritier présomptif, Nicolas Fouquet. Le cardinal l’avait en effet recommandé au roi. Mais Louis XIV, tint aussitôt ce discours : « … Jusqu'à présent, j'ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu M. le Cardinal ; il est temps que je les gouverne moi-même. Vous m'aiderez de vos conseils quand je vous les demanderai... ».

Colbert, jaloux de Fouquet, profita de la situation pour accuser le surintendant d’avoir détourné des millions ( Certes… on ne s’établit comme il le fit à Vaux-le-vicomte sans argent, mais il se dit que Mazarin en avait empoché quelques-uns également. ) Bref… Il arrive peut-être un moment où la distance d’avec le commun des mortels fait imaginer que l’on n’est plus atteignable. Fouquet ne se douta donc de rien.

Le 17 août 1661, alors qu’il offrait au roi, à Mademoiselle de La Vallière et à 600 de ses courtisans une soirée d’un luxe inimaginable organisée par le talentueux Vatel, Fouquet était au bord du gouffre. Longtemps après,Voltaire, écrira :« Le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était roi de France ; à 2 heures du matin, il n’était plus rien. »

Le pont par lequel Louis XIV et Nicolas Fouquet ont quitté Vaux le vicomte, fort mécontents l'un de l'autre…

Le pont par lequel Louis XIV et Nicolas Fouquet ont quitté Vaux le vicomte, fort mécontents l'un de l'autre…

Arrêté à Nantes trois semaines plus tard par  d’Artagnan et ses mousquetaires, Nicolas Fouquet fut banni du royaume, mais libre.Trouvant les juges trop cléments, le roi le fit emprisonner à vie à Pignerol, forteresse particulièrement sinistre où le surintendant des finances mourut d’une crise d’apoplexie 18 ans plus tard. Il avait 65 ans. La légende du masque de fer commence à Pignerol à la même époque… Fouquet a certainement connu celui que l’on cachait ainsi, mais c’est une autre histoire ; laissons les légendes nous faire rêver.

Vaux-le vicomte appartint ensuite au Maréchal de Villars, au duc de Praslin, puis il fut abandonné. Passablement délabré et menacé de destruction, il fut racheté en 1875 par Alfred Sommier, mécène qui entreprit de sauver l’œuvre que Le Vau, Le brun, Le Nôtre et quelques autres avaient élaborée.

La famille de Vogüé, dont il est l’ancêtre, perpétue son œuvre à présent.

En 1968, elle a ouvert le domaine au public, et par la suite, comme le dit joliment Patrice de Vogüé, ce sont les visiteurs qui ont inventé le Musée des équipages, à force de s’esclaffer : «  Ah les belles écuries ! »

Au travers des photos qui suivent, le Musée des équipages, installé dans les écuries et remises du château de Vaux-le-Vicomte, offre une rétrospective qui nous rapproche du présent grâce aux voitures exceptionnelles et remarquablement entretenues qui sont exposées, et dont certaines ont été signées par les plus grands carrossiers : Erlher, chez qui Napoléon se fournissait, Mulhbacher, Kellner, Belvalette, etc. L’excellent article consacré à ces voitures en mai et août 2010 par Patrick Magnaudeix

(Vaux le vicomte: le musée des équipages 1,

Vaux le vicomte: le musée des équipages 2) 

fourmille d’informations à leur sujet.

Dormeuse-circa 1805 à 2 ou 4 chevaux, au générale Grand de Mercey (1755-1828 )

Dormeuse-circa 1805 à 2 ou 4 chevaux, au générale Grand de Mercey (1755-1828 )

Wourch par A.F Clochez 1840 à 2 ou 4 chevaux menés en poste ou en guides.

Wourch par A.F Clochez 1840 à 2 ou 4 chevaux menés en poste ou en guides.

        Briska de voyage. 2 ou 4 chevaux. Par Fuller, en Angleterre.

Briska de voyage. 2 ou 4 chevaux. Par Fuller, en Angleterre.

        Calèche du comte Molé, Premier ministre du roi Louis-Philippe. Par Erhler. Paris, vers 1830. À 2 ou 4 chevaux menés par un cocher.  En arrière-plan, grand-coupé de gala par Erlher. Paris vers 1830. À 2 ou 4 chevaux menés par un cocher.

Calèche du comte Molé, Premier ministre du roi Louis-Philippe. Par Erhler. Paris, vers 1830. À 2 ou 4 chevaux menés par un cocher. En arrière-plan, grand-coupé de gala par Erlher. Paris vers 1830. À 2 ou 4 chevaux menés par un cocher.

Poney petit duc par Veniard. Paris 1870. À 2 ou 3 poneys.

Poney petit duc par Veniard. Paris 1870. À 2 ou 3 poneys.

        Drag par Kellner. Paris. vers 1880. À 4 chevaux. Mené par son propriétaire.

Drag par Kellner. Paris. vers 1880. À 4 chevaux. Mené par son propriétaire.

Petit duc-panier.Par Jacob Lohner & co. Vienne Autriche vers 1880. À 2 poneys.

Petit duc-panier.Par Jacob Lohner & co. Vienne Autriche vers 1880. À 2 poneys.

Petit duc de dame à 1 ou 2 chevaux mené par sa propriétaire. Par Rothschild et fils. Paris 1860.

Petit duc de dame à 1 ou 2 chevaux mené par sa propriétaire. Par Rothschild et fils. Paris 1860.

Petit omnibus de famille.

Petit omnibus de famille.

Demi mail phaéton. 1880 Par Rothschild, Paris. À 2 chevaux menés par son propriétaire.

Demi mail phaéton. 1880 Par Rothschild, Paris. À 2 chevaux menés par son propriétaire.

Coupé  XIXème siècle.Muhlbacher

Coupé XIXème siècle.Muhlbacher

        Chaise de poste. XVIIIème siècle. À i ou 2 chevaux.
        Chaise de poste. XVIIIème siècle. À i ou 2 chevaux.

Chaise de poste. XVIIIème siècle. À i ou 2 chevaux.

        Grand calèche à 2 ou 4 chevaux. Par Lowe 1850.
        Grand calèche à 2 ou 4 chevaux. Par Lowe 1850.

Grand calèche à 2 ou 4 chevaux. Par Lowe 1850.

        Coureuse 1840 par A. Getting. Paris.

Coureuse 1840 par A. Getting. Paris.

        Break de chasse Belvalette frères. Paris. À 2 ou 4 chevaux. Mené par son propriétaire ou par un cocher.

Break de chasse Belvalette frères. Paris. À 2 ou 4 chevaux. Mené par son propriétaire ou par un cocher.

Poney-chaise 1870. À 1 ou 2 poneys.

Poney-chaise 1870. À 1 ou 2 poneys.

Landau par Hooper & cie; Londres. À à 2 ou 4 chevaux. 1880 Mené en poste à 2 ou à 4 chevaux.

Landau par Hooper & cie; Londres. À à 2 ou 4 chevaux. 1880 Mené en poste à 2 ou à 4 chevaux.

Lanterne du landau Hooper & cie

Lanterne du landau Hooper & cie

Spider phaéton par Armbrust en Hongrie. À 1 ou 2 chevaux menés par son propriétaire.

Spider phaéton par Armbrust en Hongrie. À 1 ou 2 chevaux menés par son propriétaire.

Berline de ville à 4 lanternes par W.Kings & cie à Londres. À 2 ou 4 chevaux menés par un cocher. 1840.

Berline de ville à 4 lanternes par W.Kings & cie à Londres. À 2 ou 4 chevaux menés par un cocher. 1840.

Char romain. Réplique faite au XIXème du char en marbre conservé au musée du Vatican.
Char romain. Réplique faite au XIXème du char en marbre conservé au musée du Vatican.

Char romain. Réplique faite au XIXème du char en marbre conservé au musée du Vatican.

        Chaise à mules. XVIIIème siècle. Française ou portugaise.

Chaise à mules. XVIIIème siècle. Française ou portugaise.

Voiture à gibier du château de Laversine. Baron Elie de Rothschild.

Voiture à gibier du château de Laversine. Baron Elie de Rothschild.

Fardier à orangers. 1880. À 2 ou 3 chevaux.

Fardier à orangers. 1880. À 2 ou 3 chevaux.

Au passage, on découvre une collection de fouets, des mors d’attelage, puis des vitrines où sont conservés de superbes harnais, des bottes de postillon, et même une chaise à peser les jockeys. 

Le porte fouet, panoplie de mors, harnais, bottes de postillon, …
Le porte fouet, panoplie de mors, harnais, bottes de postillon, …
Le porte fouet, panoplie de mors, harnais, bottes de postillon, …
Le porte fouet, panoplie de mors, harnais, bottes de postillon, …
Le porte fouet, panoplie de mors, harnais, bottes de postillon, …

Le porte fouet, panoplie de mors, harnais, bottes de postillon, …

Chaise à peser les jockeys

Chaise à peser les jockeys

Puis on s’arrête devant la forge. Construite en briques et en plâtre liés par de la terre glaise, elle est consolidée au moyen de ceintures en fer plat. L’enclume dont les extrémités sont en forme de bigorne et de pyramide, est plantée sur un tronc d’arbre, et pèse dans les 175 kg. Le foyer, attisé par un soufflet à vent en cuir de vache est en forme de poire avec une bajoue inférieure mobile. Au mur sont alignés les marteaux, les pinces, les étampes qui aident le forgeron à adapter les fers aux pieds des chevaux, mais à réaliser aussi des œuvres d’art : rampes d’escaliers, grilles, etc… ouvrages requérant de la force mais aussi du talent. 

L'enclume

L'enclume

      Roues de char, bandage, probablement d'un trinqueballe, forge.

Roues de char, bandage, probablement d'un trinqueballe, forge.

      Les outils du forgeron

Les outils du forgeron

Une halte  s’impose encore devant l’établi du sellier-bourrelier où s’alignent, comme dans un poème de Prévert, le ciseau à entailler, la griffe à frapper, la griffe à molette, l’emporte pièces, l'alène, le couteau, le compas, l’abat carre, le poinçon, le marteau, le maillet, le fer à filet, la cornette, la serpette, etc… la pince à coudre, et l’huile de coude, évidemment.

Etabli du sellier-bourrelier

Etabli du sellier-bourrelier

 Vaux-le-Vicomte, son passé son présent.
      La machine à coudre le cuir

La machine à coudre le cuir

Mise en forme d'un collier et machine à carder la laine

Mise en forme d'un collier et machine à carder la laine

Puis on se retrouve dehors, ébloui. Et l’on admire pour en terminer le classicisme des bâtiments de style Louis XIII qui abritent ces collections, et, pas tant que lui, assurément… mais comme Nicolas Fouquet, on quitte Vaux-le-vicomte à regret.

 Vaux-le-Vicomte, son passé son présent.
  Remises et écuries du château de Vaux le vicomte

Remises et écuries du château de Vaux le vicomte

 Vaux-le-Vicomte, son passé son présent.

 

Texte:

Julie Wasselin

 

Photos: Michel Degrange

 

 

 

        Vue des anciennes écuries.

Vue des anciennes écuries.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 07:23
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages

 

 

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 Musée de la voiture.

 

Museum of carriages.

 

Chateau de Compiègne

 

 

Dans l"article "Musée National dela voiture et du tourisme de Compiègne",         nous vous avons présenté l'histoire de ce musée et l'impossibilité pour le public d'en admirer les plus belles pièces. Alors, pour que cette collection ne tombe pas dans l'oubli, nous vous en présentons aujourdhui le catalogue le plus récent édité en....1950!!! Malgré son grand âge, il a un avantage; celui d'être traduit en Anglais, ce qui facilitera la découverte de ce patrimoine exceptionnel par nos amis anglophones.

 

 

 

Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
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Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages
Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages

Documention: 

​Musée de la voiture

Chateau de Compiègne

(Photos: de M Hutin Compiègne / Texte: Jacques Robiquet et Max Terrier éd.1950)

 

provenant de la collection de Patrick Magnaudeix (Figoli)

Compiègne: Musée de la voiture. Museum of carriages

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 08:00

 

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

 

 

Parlez, à un collectionneur, des voitures utilisées pour le cinéma et vous le voyez tout de suite monter "sur ses grands chevaux". N'oublions pas, cependant, que les professionnels de cinéma entreposent, dans leurs remises, des témoignages de toutes les formes d'attelage. Certes, suivant les budgets des productions, certaines restaurations ou copies de voitures peuvent prendre leurs aises avec la réalité historique mais ces passionnés détiennent aussi des voitures de grands carrossiers et des harnachement rares.

Ces professionnels possèdent dans leurs rassemblements hétéroclytes de matériel hippomobile des pièces interessantes et, pour certaines, exceptionnelles.

 

Nous vous avions présenté une de ces collections, celle des  attelages Kesteloot lors de notre article "Attelage à la ferme exotique de Cadaujac". Nous y sommes retournés et avons découvert des objets qui deviennent  difficiles à trouver. Cela  va des voitures de grandes maisons, (wourch, berline,...) à des voitures de travail (10 voitures de lutte contre le feu, épiceries, boucheries, laitière,...), ou à des collections de sacoches de livreur, harnais de travail avec leurs protections,... A noter également des objets représentant des  techniques d'attelage en voie de disparition (ex: une collection de matériels ruraux, spécifique de notre région Aquitaine), dont un grand nombre dédié à l'attelage des mules à l'échelle. 

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Au milieu de cette diversité d'objets, se retrouve un nombre considérable de lanternes de toutes formes et de toutes qualités commes des lanternes de gala ou de demi-gala (par lots de quatre) ou, dans un autre domaine, quatre trés grosses lanternes d' omnibus et plusieurs jeux de lanternes de voitures funéraires.. 

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

de nombreuse lanternes signées

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Une paire de lanterne a retenu tout particulièrement mon attention, autant par son élégance que par sa valeur historique.

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Ce modèle m'a au départ intrigué car il me semblait l'avoir vu dans mes archives. Et, en effet, j'ai retrouvé, dans ma collection de lettres à en-tête, un modèle qui avait pratiquement les mêmes caractéristiques:

         - lanterne à six faces dont cinq en verre biseauté.

         - chapiteau rond à trois étages, à parement surmonté d'un épi en boule 

         - le culot trés ouvragé.

         - et, ce qui est assez rare, une corolle en pâte de verre, placée en bas de la                        cheminée.

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Ce n'est pas suffisant pour affirmer que ces lanternes sont de la Maison dont je possède un certain nombre de lettres, mais cela confirme leur grande qualité car cette entreprise était spécialisée dans les lanternes de luxe. Il s'agit, en fait, de la maison Ducellier Frères, à la période où elle s'installe au 50, rue des vinaigriers, Paris. 

En 1830, François et Henri Ducellier, accompagnés de leur beau-père M Lambert, créent la société Ducellier spécialisée dans la fabrication de lanternes de luxe pour chevaux. Ils s'installent au 25, passage Dubail à Paris. Ils y résident toujours au début des années 1860 sous le patronyme de "Ducellier Frères".

A 50 mètres de là, au 50 rue des vinaigriers, était installée l'entreprise d'un autre fabriquant de voitures, L.Couton, comme on peut le voir sur ces lettres à en-tête de 1862 et 1863.

 

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

En 1863, cette maison s'associe avec celle des Ducellier Frères et devient "L.Couton & Ducellier Frères" avec un changement d'appellation: "Fabricant de lanternes de voitures. Seuls possesseurs du photophore pour lanternes de voitures" (le photophore est, en fait, l'appellation du réflecteur intérieur de la lanterne).

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Cette association se termine pour des raisons inconnues (décès de L.Couton, vente,...?) et, en  1872-75, la société devient "L.Couton Ducellier Frères Successeurs". Dans le même temps, la société semble largement se diversifier; vitres biseautées, baguettes,.. La lanterne  que nous vous présentons apparaît alors sur les lettres à en-tête de la société.

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Quelques années plus tard, il semble que la société ait acquis assez de notoriété pour retrouver son patronyme initial de  "Ducellier Frères". La lanterne est toujours présente sur la lettre comme emblème de la qualité de fabrication de la socièté. (lettre de 1879) 

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

L'entreprise continuera jusqu'en 1892 et emploiera alors 150 salariés.  Elle est reprise par le neveu d'Henri, Gabriel Ducelier qui, comprenant l'avenir de l'automobile, s'investira dans la production de lampes à acéthylène, ce qui contribuera largement au développement de l'entreprise. Notre lanterne disparaît alors, laissant la place à des modèles plus sobres et à seulement 4 faces.

 

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Il nous faudrait, bien évidemment, plus d'éléments pour certifier que cette lanterne est bien une "L.Couton Ducellier Frères Successeurs" ou une "Ducellier Frères" ou ... Toutes informations de nos lecteurs sur ce type de lanterne ou sur la maison Ducellier seront donc les bienvenues.

Nous terminons cet article par des photos de quelques unes des nombreuses lanternes présentes dans la collection Kesteloot.

Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes
Les trésors cachés des collections de cinéma; les lanternes

Texte et photos:

Figoli

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 07:56

A une époque où les musées associatifs ferment les uns après les autres, où les collections publiques, par manque de moyens, ne sont que très partiellement ou pas du tout accessibles au public (Versailles,Compiègne,….), il faut saluer le courage de la famille Lacroix qui, contre vents et marées, accueille des visiteurs dans son musée de Marcigny.

Cette superbe collection de plus de 80 voitures offre la particularité de  rassembler, en un même lieu, tous les types de véhicules hippomobiles ( voir article "Musée de la voiture à cheval de Marcigny" )  de l’humble camion de marché à la voiture de luxe (voir article "Clarence de Marcigny".)

C’est un endroit incontournable pour tous les passionnés de patrimoine hippomobile. Au delà des aficionados, nous ne pouvons que recommander à tous les vacanciers de faire un détour pour visiter ce lieu qui les fera voyager dans une France inconnue de beaucoup, celle où le cheval était Roi.

 

Du 15 Juin au 15 Septembre, le musée est ouvert tous les jours de 14h à 18h

Plus de renseignements en cliquant sur. 

Musée de la voiture à cheval

 

Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Entre autres curiosités, vous pourrez découvrir le très beau regroupement de voitures d’enfant que possède ce musée. Avant de vous présenter cette partie de la collection, nous allons resituer les utilisations et l’origine de la construction de ce type de véhicule.

Commençons par citer un souvenir de la sœur ainée de Charles de Gaulle publié dans le n° d’Espoir de Juin 1981:


    « Nous étions aux Tuilleries sur le bord du grand bassin, regardant les bateaux des enfants. Mes parents se sont brusquement retournés : Charles n’était plus là. Mon père est parti d’un côté avec mon frère aîné, ma mère de l’autre avec moi. Après une longue recherche, nous retrouvons enfin Charles, jouant avec d’autres enfants. Je me souviens seulement qu’il a dit, tranquille, souriant, aimable, ne pouvant comprendre ni l’inquiétude ni les reproches de mes parents : « J’ai suivi la voiture aux chèvres ». C’est le premier souvenir de Charles, enfant, qui est demeuré dans ma mémoire. Je le vois, je l ‘entends, disant : « J’ai suivi la voiture aux chèvres ».

 

Ces petites voitures de parc attelées à des chèvres, moutons, poneys ou ânes, ont séduit, comme avec Charles de Gaulle, bon nombre d’enfants de la fin  du XIX° jusqu'à nos jours. 

Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon
Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon

Photos provenant de la collection de Mr Jean Michel Bruchon

Vous trouverez de nombreuses autres cartes postales sur son site

"Les chèvres en folie"

 

 

Ces humbles voitures de parcs et lieux de loisir pour enfants étaient, comme vous avez pu le constater dans l'album ci-dessus,  de toutes tailles et de tous modèles. Les voitures les plus élégantes provenaient de carrosseries industrielles comme la Carrosserie Retif. Les plus modestes étaient réalisées par les propriétaires de ces petites entreprises de location. Vous trouverez en annexe de cet article l'histoire d'une de ces entreprises qui anime toujours les jardins des Tuileries.

Certaines des voitures présentées au musée de Marcigny ont une toute autre histoire. Avant de vous le préciser, il est interessant de revenir à l'origine des modèles réduits de voitures hippomobiles. De fait, ces modèles réduits apparaîssent en même temps que les voitures.

"Les modèles réduits de voitures hippomobiles sont aussi anciens que les véhicules qu'ils reproduisent à petite échelle. Des véhicules miniatures, en céramique ou en bronze, ont été fabriqués dés l'antiquité. Leur signification et leur usage, souvent indéterminés, sont sujet à diverses interprétations: objets de culte, offrandes votives, funéraires, ou simples jouets d'enfants?

Peu présentes et rudimentaires au moyen age, les voitures pour le transport des personnes ne sont guère en usage en France avant le milieu du XVI° siècle"

Au début du XVII° siècle, elles ont déjà des répliques de dimensions réduites destinées au divertissement des enfants. -Jean Louis Libourel-

Ces modèles réduits sont destinés aux loisirs des enfants des cours royales ou princières, soit comme jouets, soit comme voitures de promenade.

 

 

Les enfants du prince et de la princesse de Galles jouant avec une voiture à chien (1846-1856)

Les enfants du prince et de la princesse de Galles jouant avec une voiture à chien (1846-1856)

Frans Hals (1580-1866) Enfants jouant avec un char à chèvres.

Frans Hals (1580-1866) Enfants jouant avec un char à chèvres.

Ainsi, le jeune Louis XIII jouait-il avec des chevaux et charrettes en carton, une voiture de poupée,...et avec un carrosse automate qui marchait avec des ressorts. Il possédait également un petit carrosse rouge tiré par des valets ou attelé à ses dogues.

Voici, ci-dessous, deux exemplaires de voitures conservées au chateau de Versailles et photographiées à l'exposition "Roulez carrosses" à Arras:

Berline de promenade du premier fils de Louis XVI, le dauphin Louis Joseph (1781-1789)

Berline de promenade du premier fils de Louis XVI, le dauphin Louis Joseph (1781-1789)

Calèche qui aurait appartenu au dauphin Louis Charles (1785-1795)

Calèche qui aurait appartenu au dauphin Louis Charles (1785-1795)

Ces voitures de parc, destinées aux héritiers des monarchies, étaient de véritables oeuvres d'art d'un grand raffinement. On retrouvera cette recherche de l'exellence pour les voitures d'enfant des Cours européennes tout au long du XIX°. Les voitures conservées au "Royal Mews", en Angleterre, en sont un très bel exemple.

Voitures de parc du "Royal Mews" à Buckingham (photos J Wasselin)
Voitures de parc du "Royal Mews" à Buckingham (photos J Wasselin)
Voitures de parc du "Royal Mews" à Buckingham (photos J Wasselin)
Voitures de parc du "Royal Mews" à Buckingham (photos J Wasselin)
Voitures de parc du "Royal Mews" à Buckingham (photos J Wasselin)

Voitures de parc du "Royal Mews" à Buckingham (photos J Wasselin)

L'utilisation de ces répliques réduites s'étendra à la noblesse puis, au XIX° siècle, à la classe bourgeoise, alors en pleine expansion.

 

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Comme nous l'avons vu avec la collection du Royal Mews, les plus grands carrossiers du XIX° s'emploieront à réaliser ces modèles réduits avec la même recherche de qualité que pour leurs modèles les plus aboutis.

En voici une illustration avec ce sociable, qui pouvait être attelé à un ou deux petits poneys, que vous retrouverez au musée de Marcigny.

Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Cette petite calèche pour enfants de type sociable a été construite par

Léon ROLLAND, Carrossier. 9, 16 & 18 rue Watteau, Paris 13ème.             

Voitures pour enfants du musée de Marcigny
Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Malgré ses dimensions réduites; hauteur 1m23, longueur, 2m06, roue av 49, ar 60, cette voiture présente toutes les caractéristiques d'une voiture de taille normale provenant des plus grands ateliers:

Caisse bateau à portes latérales, passage de roue en col de cygne. Garde-crotte cintré, garni de cuir et tablier en cuir. Banquette avant à l’anglaise à jupe en cuir sur coffre fermé. Deux banquettes arrière en vis-à-vis, capitonnées de drap gris, dont une avec capote en cuir à compas cintrés.

 

 

Voitures pour enfants du musée de Marcigny
Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Avant-train à rond à sasseoire ; ceinture à douille de timon, sellette et lissoir cintrés, ressorts à pincettes à mains à l’anglaise. Arrière-train à ressorts à demi-pincettes à crosse à mains à l’anglaise réunis à un ressort de travers avec jumelles, sur moutonnets en bois à crosses feuillagées. Essieux cintrés. Roues à bandages en fer (diam. av. 49 cm, ar. 60 cm). Paire de brancards cintrés.

Paire de LANTERNES de forme ronde, en tôle peinte, intérieure en cuivre argenté. Ouvertures avant. Cheminées à chapeaux et timbres ronds, lunettes rondes, oreillons carrés, verres biseautés. (usures à l’argenture, manque un verre de lunette) Haut. : 34 cm.

 

Le musée de Marcigny expose également des voitures à tirer ou à atteler avec un chien comme ces trois 'vis à vis' avec, pour le dernier; ressort en C et une magnifique flèche à col de cygne.

Voitures pour enfants du musée de Marcigny
Voitures pour enfants du musée de Marcigny
Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Vous trouverez également à Marcigny des exemplaires de voitures attelée à des poneys, anes , chèvres,... utilisées dans les propriétés privées ou par des entreprises de location (Vous trouverez un exemple de l'histoire d'une de ces entreprises de location en annexe.)

 

 

Break wagonnette et charrette anglaise
Break wagonnette et charrette anglaise

Break wagonnette et charrette anglaise

Texte:

figoli

Photos ; J.M. Bruchon, J wasselin, F. Lacroix, Y.Dauger, J§B Whips, courtoisie, figoli

Documentation

 

J§B whips 

Iean Louis Libourel voitures d'enfants/Roulez carrosses"

Yves Dauger /Fiche rechnique 

ANNEXE

 

LA SAGA DES GASCARD-BOULANGEOT

 

En 1890 la famille Boulangeot se trouve ruinée : Après le décès accidentel de Charles Mathieu , de son gendre Lucien Boulangeot et la destruction par le feu de la scierie installée en Lorraine, sa fille Berthe doit trouver de nouveaux revenus. Le frère de celle-ci, qui est carrossier à Nancy et qui exploite des voitures à chèvres au parc de la Pépinière est un ami de Jules Ferry et il lui obtient une concession à titre précaire et révocable de voitures à chèvres dans les jardins des Champs-Elysées. Et c’est ainsi que madame Boulangeot et sa famille viennent s’installer à Paris début 1898. Mais il faut aussi compter avec la concurrence ! En 1906, madame Royet est autorisée à exploiter des ânes sellés sur les Champs-Elysées. Afin d’obtenir une compensation de la Ville de Paris, madame Boulangeot négocie une concession de 4 voitures à chèvres au Champ-de-Mars ; elle l’obtient en 1910, mais, en janvier 1911, madame Royet est aussi autorisée à y promener ses ânes. La concurrence est rude et chacune défend vigoureusement son côté d’allée. Avec l’arrivée de la guerre de 1914, l’exploitation n’est plus possible à Paris. Madame Boulangeot, les chèvres et les charrettes se réfugient à Dinard, en Bretagne, où elle organise des promenades sur la plage de l’Ecluse. Suzanne Boulangeot, sa fille, la rejoint pour l’aider, mais continue à donner des cours de musique et de chant car les chèvres ne suffisent pour vivre. En 1917, tout le monde rentre à Paris. Madame Boulangeot, aidée de sa fille, reprend l’exploitation familiale et obtient une concession supplémentaire dans les jardins des Tuileries.

Champs Elysées 1930

Champs Elysées 1930

En 1921, madame Boulangeot décède. Sa fille Suzanne Boulangeot reprend les concessions et quelques années plus tard épouse Georges Gascard, pianiste et chef d’orchestre au Théâtre Sarah Bernhard. Par l’arrêté du 19 septembre 1925 les concessions sont au nom de Madame Gascard. Et bientôt un autre membre de la famille vient s’installer à Passy : en août 1935, Lucien Boulangeot, frère aîné de madame Gascard, obtient une concession d’ânes sellés dans le parc du Ranelagh. Son écurie est installée rue Bellini dans le XVI° arrondissement derrière le cimetière de Passy.

 
Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Mais bientôt arrive la deuxième guerre mondiale et il faut à nouveau quitter Paris et reprendre les promenades sur la digue de Dinard. En septembre 1940, l’administration allemande demande à la préfecture de Paris de faire revenir les chèvres "pour soutenir le moral des Parisiens". Et c’est le retour à l’écurie du 12 rue Jean Nicot. Chaque chèvre se voit attribuer une carte de rationnement donnant droit à une poudre alimentaire que les chèvres n’aimaient pas. A la fin de la guerre, l’écurie est partiellement détruite : il n’y a même plus d’eau ; heureusement la caserne des pompiers voisine fournit les seaux d’eau nécessaires pour les chèvres. Ce n’est qu’en mai 1950 qu’une écurie convenable sera trouvée au 12 de la rue de la Sablonnière dans le XV° arrondissement. En 1953, Lucien Boulangeot décide d’arrêter son exploitation et transmet sa concession à sa soeur madame Gascard. A la mort de cette dernière, en novembre 1961, c’est son fils, également prénommé Georges et que nous appellerons Georges II pour plus de compréhension, qui reprend l’exploitation. Il a alors 4 concessions : Champs-Elysées, Tuileries, Champ-de-Mars et Ranelagh.

Voitures pour enfants du musée de Marcigny

Vers 1964, l’administration des Domaines propose à monsieur Georges II Gascard de reprendre la concession du jardin des Plantes. Mais l’écurie située rue Buffon est petite, insalubre et compte de nombreux rats ; de plus il n’y a pas d’eau potable, uniquement de l’eau de Seine ; enfin il y a les nombreuses plaintes de quelques vieilles personnes, n’ayant aucune connaissance des animaux mais toujours prêtes à s’apitoyer, qui, jugeant les chèvres trop maigres (a-t-on jamais vu une chèvre grasse ?), accusent monsieur Gascard de mauvais traitements, sans savoir que celui-ci est membre honoraire de la Société Protectrice des Animaux. C’est à la suite de toutes ces critiques que les chèvres furent peu à peu remplacées par des poneys à l’embonpoint plus évident (il faudra reconstruire toutes les charrettes pour les adapter au nouvel attelage). Et pourtant pas un spectacle, opéra ou film, avec chèvre ou âne ne se faisait à Paris sans l’aide de monsieur Gascard. En 1966 Georges II Gascard achète une ferme en Normandie. Depuis cette époque, les petits ânes et les poneys de Paris passent des vacances dans les beaux prés de Normandie même si parfois, confie monsieur Gascard, ils semblent regretter un peu l’activité parisienne. En 1975, la Ville de Paris décide de réformer le quartier de la rue Cambronne et de la rue Lecourbe : l’écurie de la Sablonnière est expropriée. Les "Poneys et Ânes de Paris" sont relogés au rez-de-chaussée d’une HLM au 42 de la rue de l’Amiral Roussin dans le XV° arrondissement. Le 31 décembre 1999, Georges II Gascard transmet à son fils Georges III Gascard les rênes de l’exploitation familiale. C’est lui maintenant qui invite les enfants au Champ-de-Mars, aux Tuileries, dans les jardins du Luxembourg et du Ranelagh, chaque mercredi, samedi et dimanche de 11 h 30 à 18 h sauf les jours de pluie, afin de faire, comme leurs parents ou leurs grands-parents, une promenade à dos d’âne ou dans les charrettes à poneys que fabrique encore, avec passion, Georges II Gascard en Normandie. Aujourd’hui les "Poneys et Ânes de Paris" sont la seule exploitation à Paris qui nous permette de goûter aux plaisirs enfantins de nos grands-parents.

 

Merci à Chantal et Henri Baup de nous avoir communiqué ce texte d'annexe parru dans J§B Whips.

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