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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 20:29

Ministérielle fourragère.

 

Dites-moi cher ami, ne m’aviez-vous pas parlé d’une promenade en calèche ???

 

Il se tient devant notre vieille fourragère, figé comme Setter à l’arrêt et questionne ainsi monsieur le Maire d’un  ton n’appelant que l’approbation de l’interpellé.

Il est vrai que toute une carrière passée sous les ors de la république vous enseigne l’art du commandement.

Il est ministre.

 

Ou tout du moins l’était-il avant que l’âge et surtout l’alternance politique ne le contraignent à revenir sur ses terres.

 

Chaque région, chaque canton possède son ancien édile gouvernemental et aucun élu ne résiste alors à sortir le cornichon de son bocal, pourvu que la soupe y gagne en qualité. 

 

Pour l’heure, débonnaire, le gilet de velours légèrement de travers sur une bedaine optimiste, œil vasouillard et  lourde paupière, (il sort de table,) il se dandine devant nous et nous lance des œillades aguicheuses.

 

Les participants de cette modeste exhibition de voitures hippomobiles ont pourtant fait preuve de réels efforts, arguant, qui des qualités de son canasson, tel autre des suspensions de son véhicule espérant ainsi honorer le vieux cuir de sa guimbarde de l’illustre postérieur.

Tout cela en pure perte, c’est sur la nôtre que Monsieur semble vouloir jeter son dévolu.

 

Nous avons droit, bien évidemment au récit de sa jeunesse paysanne et de ses émotions de gosse durant la batteuse.

Je passe sur le parfum présumé du foin qu’il aurait récolté par brassées entières avant-guerre, etc….

 

Renseignements pris, la vérité est tout autre.

Pourquoi ne suis-je pas étonné ? 

 

 

Bref, Monsieur le Maire a beau suer à grosses gouttes et lui expliquer à mots couverts et choisis que les bandages métalliques de la fourragère du Louis ne sauraient l’exonérer de cruelles ecchymoses, rien n’y fait, il fera la promenade comme au temps de sa jeunesse.

 

L’affaire est  donc entendue, le cheval attelé et nous voici partis par les chemins creux.

Enfin, creux !!! Il ne s’agit là bien sûr que d’une expression, car dans notre Creuse profonde, si les sentiers sont riches ce n’est bien le plus souvent que de gros affleurements granitiques.

 

La voiture cahote donc, chahute notre ministre qui se frottera le bas des reins longtemps encore après notre retour.

 

Il aura cependant cette sympathique remarque pour le moins inattendue.

 

« Merci cher Monsieur pour cet excellent moment et sachez  bien qu’en limousine ou dans une carriole, nous ne sommes jamais assis que sur notre c… »

 

Le Louis n’en eut pas dit moins !!!

 

 

La Breuille. Novembre 2008

 

 Texte et photo: Michel Meton

 

 

Merci Michel, pour ce pittoresque article.
Mais le choix de votre "Grand homme" se comprend; Vous lui avez offert la seule distinction qu'un ministre ne puisse avoir ; "la Fouragère". (Réservée aux régiments d'élites)
A moins, qu'il ai estimé votre véhicule plus sécurisant que les vétustes voitures de la République, dont les différents gouvernements ont quelques peu négligé l'entretien.

Voitures de la "Présidence de la République" conservées au musée de Compiègne.




















Berline de Gala signée Mühlbacher




























                                                  Landau à la Daumont signé Ehrler.




































Calèche à la Daumont signée Rotchild et Fils.

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