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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 01:27

 

 

Interview d’un cheval de volée

 

 en hommage aux spirituelles illustrations équestres de Mr Gray-Parker 

 

 

Interview d’un cheval de volée

 

 

 

- Je ne vous cache pas que je préfère le tandem parce que je suis un peu cabotin.
Je suis le « leader »… celui que l’on admire. Je caracole devant, et surtout, voyez-vous, je ne tire pas la voiture.
            Avantageux, n’est-ce pas ?
            Je fais d’ailleurs preuve de mon excellent caractère en restant sagement devant mon compagnon qui, lui, tire réellement la voiture, alors que moi je me promène, pratiquement en liberté… hi, hi, hi !
            Si je voulais, je pourrais mettre mon meneur dans l’embarras et venir d’un prompt demi-tour voir ce qu’il en pense et la tête qu’il fait sous son huit reflets… élaborer des nœuds autour des arbres et l’écouter perdre son sang-froid, me mettre en paire au côté du « wheeler » et tailler une bavette avec lui, ou même encore… tenter de le dévergonder.

            Comme j’ai l’esprit malicieux, j’imagine toutes sortes de fantaisies : tirer, par exemple, jusqu’à ce que j’aie le nez sur le marchepied de la voiture qui me précède… la meneuse m’a semblé fort jolie… et croquer les cerises de son chapeau.
            Faire un écart et coincer mon dog-cart de collection dans un buisson, ou m’arrêter à l’abreuvoir, mais, non : le « wheeler » risquerait de me marcher sur les talons, ce qui pourrait, il est vrai, me donner l’envie de croupionner un peu… mais je suis bien élevé, je ne tape pas… lâcher la main et m’en aller au vent qui passe, semant la désolation sur mon passage.
            Non, pas ça.
            J’ai ma fierté et suis bien trop gentil pour tomber aussi bas.
            Refuser d’avancer, et attaquer cette herbe fraîchement coupée dont les effluves me chatouillent suavement les naseaux… ou bien encore m’asseoir, mais oui, le public adore ça… puis commencer à me rouler !

            Mais bon… je me contente de gamberger.
            Là-haut, derrière moi, le fouet est agile, et la dernière fois que je me suis fait remarquer, je me suis retrouvé dans les brancards, alors que franchement, ce n’est pas mon emploi.
            Je vous assure que l’on ne m’y reprendra pas !

 

 

Julie Wasselin

 

 

Interview d’un cheval de volée

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commentaires

midolu 04/02/2016 14:11

Merci ! Félicitations pour ces pensées réalistes et l'entretien très expressif !

Flavie 18/01/2016 09:23

Très sympa !!

Fauré 18/01/2016 09:07

joli, Julie!