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Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Le Portugal possède le plus important musée hippomobile du monde, le Museu Nacional dos Coches. Ce musée, créé à Lisbonne en 1905 par la reine Amélie d’Orléans-Bragance, épouse de Don Carlos 1er roi du Portugal assassiné en 1908, possède la plus grande collection de carrosses et berlines d’apparat des XVIIe et XVIIIe siècles conservés dans le monde. Installé depuis 2015 dans un bâtiment nouveau, Il est l’un des trois musées Portugais qui accueillent annuellement le plus grand nombre de visiteurs.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Lisbonne, Musée national des carrosses

 

A côté de ce Musée unique, le Portugal conserve bien d’autres trésors hippomobiles. Certes plus modestes que les somptueuses et incomparables voitures du Museu Nacional dos Coches, ces autres trésors sont répartis dans plusieurs collections et musées, notamment autour de Golega. Parmi ces collections, trois ont été ouvertes au public ces toutes dernières années : à Golega le Musée de l’Association Portugaise d’Attelage, à Alpiarça le Museu dos carros de cavalos de la Quinta de Lagoalva, à Gaviao le Museu de Arte e da Atralagem.

 

 

Golega, Musée de l’Association Portugaise d’Attelage (APA)

 

Golega est la capitale du cheval Portugais. Sa feria d’automne est le point culminant des manifestations équestres portugaises. L’Association Portugaise d’Attelage (APA) a installé un Musée dans cette cité, chère au cœur de tous ceux qui aiment le cheval Lusitanien. Sans collection propre, ce musée réunit des voitures appartenant à des membres de l’APA ou mises en dépôt par des institutions. Hébergé à la Quinta de Santo Antonio, ce jeune musée est la préfiguration, on l’espère, d’un futur important musée hippomobile à Golega.  

La pièce la plus ancienne du musée est une Traquitana dont les motifs d’amortissement en forme de petits vases antiquisants aux angles de l’impériale et les frises de grecques peintes à la ceinture de la caisse, de style néoclassique, et sa suspension à ressorts en C permettent de dater sa construction au tout début du XIXe siècle. La Traquitana est une sorte de chaise à quatre roues. Au XVIIIe siècle, le terme chaise désigne indifféremment des voitures légères pour deux passagers, montées sur deux ou quatre roues. Ces dernières, sans cocher, menées par le passager ou par un postillon monté sur le timonier gauche, sont une des formes anciennes du phaéton. Créations typiquement et exclusivement portugaises, les Traquitanas aujourd’hui connues, une dizaine seulement, se trouvent toutes au Portugal ou proviennent du Portugal, comme celle du Louwman Museum à La Haye et les trois exemplaires du Museo Historico Nacional de Rio de Janeiro.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Traquitana (Golega, Musée APA)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Spider Guiet à Paris (Golega, Musée APA)

 

A côté d’un Park drag du plus important carrossier de New York, Brewster, de deux très exceptionnels Spiders parisiens, un Guiet et un Rothschild, de grandes dimensions pour des chevaux de haute taille, d’un petit coupé Binder, le musée présente deux voitures légendaires dans l’histoire de l’attelage au Portugal : un magnifique Coach et un grand break qui ont été l’un et l’autre les acteurs d’extraordinaires exploits réalisés par leur propriétaire le marquis de Fontalva.  En 1895, ce personnage aventurier a couvert la distance Lisbonne-Paris, 2660 km, et retour, avec son Coach attelé à huit mules.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Le Coach du comte de Fontalva et son attelage de mules (Le Sport Universel Illustré, 1er octobre 1895)

 

Œuvre du carrossier londonien Hooper, en parfait état d’origine, ce Coach, dont le train est orné d’un riche et unique décor peint très inhabituel sur les Coaches, est incontestablement un des plus beaux exemplaires conservés de cette famille de voitures.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Coach Hooper à Londres (Golega, Musée APA)

 

L’autre voiture du marquis de Fontalva, un grand break du carrossier parisiens Desouches, a accompli en 1899 la route de Cartagena à Marseille, via Lyon, Genève et Milan.

José Folque de Mendoça, excellent connaisseur du patrimoine hippomobile Portugais et membre éminent de l’APA, avance l’hippothèse très probable selon laquelle le comte de Fontalva, à l’issue de sa première expédition Lisbonne-Paris avec un Coach, aurait commandé à Paris une voiture plus légère capable de meilleures performances. En effet, quatre ans après l’exploit Lisbonne-Paris avec le Coach Hooper, le comte de Fontalva réalisera avec ce break Desouches sur l’itinéraire Cartagena-Marseille une vitesse moyenne de 10,81 km/h, contre 8,31 km/h avec le Coach.

 

Propriétés de la municipalité de Lisbonne, c’est désormais l’Association Portugaise d’Attelage qui veille à la bonne conservation de ces deux voitures historiques exposées dans son Musée de Golega.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Break Desouches à Paris (Golega, Musée APA)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Coach et le Break des périples du comte de Fontalva (Golega, Le Musée APA)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Itinéraires des périples du comte de Fontalva

 

Grâce à l’intermédiaire de l’APA, il est possible de visiter trois collections privées, peu éloignées du Musée, dont l’une conserve des voitures françaises de Binder, Ehrler, Labourdette. Ainsi, les amateurs d’attelage et de belles voitures anciennes peuvent désormais découvrir une partie des nombreuses richesses ignorées du patrimoine hippomobile de Golega.

Visites sur rendez-vous. Contact :

José de Castro Canelas
+351 917 262 409
geral@apatrelagem.com

 

 

Alpiarça, Quinta de Lagoalva, Museu dos carros de cavalos

 

Les propriétaires de la Quinta de Lagoalva, à Alpiarça, viennent de créer un musée réunissant les voitures anciennes de leur famille conservées jusqu’à aujourd’hui. Ces voitures sont exposées dans l’un des bâtiments du domaine, un espace vaste, clair, lumineux. Murs et sol sont revêtus de deux tons d’une couleur fuchsia. Le choix audacieux de cette couleur ardente, rompant avec les sempiternels gris, blancs et autres couleurs passe-partout de la plupart des collections, crée une atmosphère à la fois chaleureuse, dynamique et moderne.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Vue partielle du Musée de Lagoalva

 

Une quinzaine de voitures, coupés, landau, milord, berline, ducs, spiders, breaks, signées de carrossiers prestigieux, tels Thrupp à Londres et Binder à Paris, témoignent de l’art de vivre dans un grand domaine au XIXe siècle. 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.
Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Grande wagonnette (Quinta de Lagoalva)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Wagonnette-tonneau Binder à Paris (Quinta de Lagoalva)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Break (Quinta de Lagoalva)

 

Une berline présentant un train à deux brancards rectilignes, spécifique aux productions hippomobiles Portugaises et Espagnoles dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, y est une véritable curiosité.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Berline (Quinta de Lagoalva)

 

Ces voitures sont présentées de manière minimaliste, sans aucune mise en scène. Ici point de mise à distance éloignant le visiteur, point d’accessoires hétéroclites, objets disparates, mannequins ridiculement déguisés comme on le voit dans trop nombreuses collections. Ainsi, le visiteur peut déambuler à sa guise, approcher, observer et admirer chaque voiture sans aucune gêne ou adjonction parasite.

La présence d’une vitrine unique illustre ce choix d’une muséographie dépouillée valorisant des objets judicieusement sélectionnés, parmi lesquels un harnais orné d’une somptueuse bouclerie d’argent provenant de l’attelage de la berline de gala avec laquelle un ancêtre de la famille, le duc de Palmela, a participé en 1838 au cortège du couronnement de la reine Victoria à Londres. Cette berline œuvre des carrossiers londoniens I. et C. Thrupp est conservée dans l’ancien palais de la famille Palmela, actuel Museu do Traje (Musée du costume) à Lisbonne.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Harnais de gala de la berline du duc de Palmela au couronnement de la reine Victoria en 1838 (Quinta de Lagoalva)

 

 

Gavião, Museu de Arte e da Atralagem (Musée d’Art et d’Attelage)

 

Dernier en date, inauguré le 25 avril 2025, le Museu de Arte e da Atralagem de Gavião réunit une quarantaine de voitures provenant principalement de l’ancienne collection Raposo (Quinta da Margalha à Gavião) créée par Madame Valentina de Andrade Pequito Rebelo et complétée par son fils Hipólito Raposo. Ces voitures, pour La plupart d’entre elles, figurent dans le livre d’Hipolito Raposo, Carros de cavalos em Portugal século XIX (1995), publication essentielle pour la connaissance du patrimoine hippomobile Portugais.

Dans un bâtiment de dimensions modestes, l’ancien séminaire de Gavião, entièrement rénové, totalement blanc tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, la collection est agréablement exposée sur trois niveaux.

Deux grandes compositions murales pédagogiques incluant des éléments de voiture, pour l’une et de harnais pour l’autre, exposent les différentes pièces, et leurs dénominations, constitutives des voitures et des harnais, facilitant pour les visiteurs leur découverte de la collection.

Parmi les voitures, pour la plupart de fabrication portugaise, se trouvent quelques réalisations françaises : un phaéton Morel, un spider Rothschild et Fils, un petit duc Belvallette, et un vis-à-vis Bedel à Trouville.

Une impeccable et éclatante propreté du bâtiment, de la muséographie, des voitures, provoquant l’impression qu’ici tout est neuf, s’estompera sans doute avec la patine du temps.

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

MAAG, Museu de Arte e da Atralagem de Gaviao

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.
Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Eléments constitutifs d’un harnais (MAAG)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Coupé trois-quarts A. F. Dionisio à Lisbonne (MAAG)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Spider Rothschild & Fils à Paris (MAAG)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Landau à cinq glaces Almeida Navarro à Lisbonne (MAAG)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Vis-à-vis Bedel à Trouville (MAAG)

 

Au Portugal trois collections hippomobiles récemment ouvertes au public : Golega, Lagoalva, Gavião.

Petit duc Belvallette à Paris (MAAG)

 

 

Conclusion :

 

Ces trois nouveaux musées se situent au nord de Lisbonne dans la région du Ribatejo, district de Santarem. Distants les uns des autres seulement de quelques dizaines de kilomètres, ils peuvent être visités en une journée ou deux. Après la visite incontournable du Musée national des carrosses à Lisbonne, invitons, pour leur plus grand plaisir, tous ceux qui aiment et s’intéressent aux voitures hippomobiles et à l’attelage, à franchir la porte de ces collections qui témoignent elles aussi de la richesse du patrimoine hippomobile portugais.

 

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