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Beauce, vers 1910. Photographie originale, coll° personnelle
Atteler les chevaux en file est un classique, presque un des fondamentaux de leur utilisation agricole, industrielle ou commerciale « à la française ». Ici, l’attelage s’appelle « attelée », le meneur est « charretier », « voiturier », « roulier », « camionneur ». Les chevaux sont aussi rebaptisés : « limonier », « chevillier », « devancier » …
Un peu d’histoire
A ce jour, l’iconographie antique reste muette sur l’attelage en file. Sa pratique, logiquement liée à l’utilisation du collier d’épaule mais surtout celle des traits souples, apparait de plus en plus fréquemment à partir du XIIIe siècle pour se généraliser au XIVe siècle. Débarrassées des conventions de représentation antiquisantes, allégoriques et souvent approximatives, les images médiévales occidentales (des miniatures essentiellement issues de Bibles, de Livres de prières et de Chroniques) rapportent alors une technique maîtrisée.
Charroi militaire extrait du Passage faitz oultre mer par les François contre les Turcqs et aultres Sarrazins et mores oultre marin par Sébastien Merot, enluminé par Jean Colombe, 1474, Bibliothèque Nationale de France, ms 5494 (détail du folio 222), DR.
Charroi paysan (la moisson, charrette gravissant une côte), Psautier de Lutrell, 1320-1340, British Library, Add Ms 42130 (détail du folio 173 v°), DR.
Ces images, parfois remarquables de détails, attestent d’attelages de deux chevaux, plus rarement trois, exceptionnellement plus. Faut-il y voir une « norme » historique ou une simple contrainte de format et un choix des artistes ? Les comptes de quelques chantiers médiévaux semblent (il faut encore rester prudent) indiquer des attelages à grands effectifs, ce qui parait probable au regard de certaines pièces de charpentes ou de quelques pierres de taille parvenus jusqu’à nous ; sachant, en outre, qu’à l’époque le gabarit des chevaux de harnais est sans comparaison avec celui de nos actuels chevaux de trait !
Représentation rarissime en double-page d’un attelage à 5 chevaux en file (coche de voyage des Dames de la famille royale), Psautier de Lutrell, 1320-1340, British Library, Add Ms 42130 (détails des folios 181v° – 182), DR.
L’attelage en file, tel qu’il est techniquement en place à la fin du Moyen-Age, traverse avec constance les 3 siècles suivants, malgré quelques notables évolutions dans la conception et le gabarit des véhicules.
La lecture d’un article de l’Encyclopédie (dans une édition de la seconde moitié du XVIIIe siècle) s’avère particulièrement éclairante : « le limonier [est] le premier cheval qu’on place, qui est seul entre les deux limons d’une voiture. C’est toujours le plus fort de ceux qu’on attelle ensuite. Il lui faut une sellette de limon laquelle est composée d’arçons de bois qu’on appelle fûts et de bandes qu’on appelle aubes. On la garnit de cuir noir et de peau de sanglier. On met sur la sellette une dossière qui embrasse les limons. Il y a des dossières dont l’anneau est arrêté par un rouleau de bois. Le derrière du harnois est composé de quatre bras d’avaloire, deux sur la croupe, deux derrière soutenus par des branches qui se croisent ordinairement. On attache derrière la sellette un morceau de peau de mouton en guise de croupelin. Du gros anneau qui assemble les deux avaloires, pend de chaque côté une chaîne dont un des chaînons s’arrête au limon avec une cheville. Cette chaîne sert de reculement. Pareille chaîne qui tient à l’attelle par le moyen d’un anneau qu’on appelle le billot, et qui traversant l’attelle, est arrêté lui-même par une cheville de bois qui se nomme un piquet. La mancelle s’arrête aussi en arrière à une cheville sur le limon et contribue à donner de la force au coup de collier du limonier. Le cheval qui est immédiatement placé devant le limonier se nomme le chevillier, ou cheval de cheville, parce que le trait en corde de celui qui est placé devant lui et le sien se rejoignent l’un l’autre au moyen d’une cheville de bois ; et le trait du chevillier finit par un anneau de corde qui s’arrête sur le bout du limon avec une autre cheville (…) ».
Extrait de L’Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, édition 1778. Coll° particulière. Entre le XVIIe et le début du XIXe, les transporteurs professionnels sont appelés « voituriers ». Ils peuvent être « voituriers par eau » (bateliers, gabarriers) ou « voituriers par terre » (charretiers ou voituriers à bât(s) c’est-à-dire muletiers).
Planches de l’Encyclopédie, illustrant les différents types de harnais, éditions de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Coll° particulière.
Camionneur, extrait de la série « Passe Tems » par Victor Adam (planche 37), lithographie Lemercier, Tessari & Cie Editeur à Paris, 1838. Coll° personnelle.
« Four à plâtre à Montmartre » (détail) par Carle Vernet, 1831, Domaine de Chaalis (Oise), DR.
A en juger par les artistes réalistes et les pionniers de la photographie, ce système d’attelage est remplacé vers le milieu du XIXe siècle, d’une façon à la fois rapide et générale, par celui qui nous parviendra. La mancelle disparait au profit d’un trait solidaire du véhicule, une chaine fixée sous chaque brancard. Le collier, s’en trouvant sensiblement modifié, prend sa conception « d’aujourd’hui » avec des crochets à l’arrière des attelles. On peut également noter, à propos de cette évolution, que les colliers de travail acquièrent peu à peu des formes qui les rendent immédiatement identifiable d’une région et/ou d’un métier.
Extraits de l’Album de la sellerie française édité par le Moniteur de Sellerie Civile et Militaire, Paris, sans date [1900]. Coll° particulière.
Harnais d’un cheval de cheville. A noter les différentes tailles des maillons composant les traits et les crochets sur lesquels on accroche les traits du cheval de devant. Cour de ferme dans la Somme, sans date [vers 1910]. Carte-photo (détail), Coll° personnelle.
Dans ce nouvel attelage, la traction du chevillier s’effectue désormais sur la « mouflette », sorte de gaine métallique fixée au bout du brancard, se terminant par un anneau parfois pourvu d’un fort crochet sur lequel les traits du chevillier sont accrochés.
Mouflette d’une grande gerbière. © E. Petitclerc
Mouflette d’un triqueballe. © E. Petitclerc
Le Finistère est le seul territoire à avoir conservé le système de la mancelle jusqu’à aujourd’hui. Carte postale, vers 1900. Coll° personnelle. (Cet attelage « à la mancelle » breton ne doit pas être confondu avec son homonyme jurassien, totalement différent)
Autres considérations techniques
Une ligne de traction droite est LA condition fondamentale d’efficience pour un attelage en file. Si elle est rompue, l’attelage perd sa puissance et maltraite les chevaux. L’unité de taille entre les chevaux contribue à créer une ligne de traction optimale (horizontale) de même que l’équilibre du chargement d’une voiture à deux roues. Le parfait réglage de cette ligne et la capacité à faire travailler justement son attelage sont les signes tangibles de la compétence du vrai charretier (avec l’entretien et la propreté des chevaux et du matériel).
Mise en mouvement d’un wagon ou d’un train de wagonnets avec un attelage de 3 chevaux en file : sublime... Photographie originale, non localisée [Belgique], vers 1890. Coll° personnelle.
Remarquable attelée d’une grande ferme céréalière à Mulleron, commune de Janvry en Seine-et-Oise (aujourd’hui Essonne), vers 1910. Carte-photo, coll° personnelle.
Carte postale, début XXe siècle. Coll° personnelle. Les chevaux ajoutés devant le chevillier sont normalement attelés « traits sur traits » mais quelques traditions régionales privilégient un attelage « traits sur collier » tout à fait inefficace et dangereux. Cette scène en est le parfait exemple : les colliers sont successivement arrachés de leur juste place par la mise en action du cheval qui précède…
La longueur des traits est un autre gage de sécurité et de force. En cas de virage fermé, on règle les traits plus longs entre le limonier et le chevillier qu’entre les autres chevaux ce qui permet de tourner court sans risquer d’entraîner latéralement et brusquement le limonier. Une autre précaution soulage ce forçat qui manœuvre seul les lourds véhicules : le réglage de la dossière qui repose sur la sellette et porte les limons, qui peut (doit) être légèrement modifié selon le relief. En l’allongeant dans les fortes montées, on obtient un meilleur angle de traction, à l’inverse en la raccourcissant dans les descentes le limonier se cale mieux dans son reculement (et on prendra un soin particulier à éviter que les chevaux de devant tirent !).
Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne), vers 1905-1910. Carte-photo, coll° personnelle. Une petite partie du personnel de la ferme pose devant une attelée de pailleux (charretiers qui ravitaillaient Paris en fourrage, voir sur Attelage Patrimoine : « A la rencontre des pailleux »).
Battage et transport du grain, Soissonnais, années 1930. Photographie originale, coll° personnelle. Avec un chariot (4 roues), la question de l’équilibre du chargement n’a pas le même enjeu qu’avec une voiture lourde à 2 roues (gerbière, tombereau, triqueballe par exemple). La limonière (les brancards) des gros chariots agricoles ou urbains étant souvent fixe, elle n’a pas besoin d’être portée. Le harnais du limonier est donc débarrassé de la sellette et de la dossière, ce qui économise 15 kg sur les 50 kg d’un harnais de limon complet (poids moyens).
A propos du choix et de la place des chevaux, Lucien Brasse Brossard explique dans son Manuel du bon charretier (édition originale La Maison Rustique, 1945, reprint Caracole – Favre, 1988) : « naturellement, le cheval de limon doit être le plus lourd et le plus fort, surtout lorsque la voiture n’a que deux roues, car il doit supporter les déséquilibres de la charge et les cahots du chemin. (…) En cheville, on met généralement le cheval de moindre valeur ; en devant, il faut qu’il soit courageux et intelligent (bien entendu ne pas y mettre un cheval ayant une mauvaise vue). Jadis, quand le roulage dans Paris était important, on voyait assez souvent des fardiers avec 4 ou 5 chevaux de file et il était amusant de voir comment certains chevaux de flèche savaient bien se glisser au milieu du trafic, évitant des arrêts suivis de démarrage pénibles ».
« En Champagne [Berrichonne, région de grandes exploitations céréalières], on changeait toujours les attelées. Le limonier était un « pilier d’écurie », fiable, un cheval d’âge [5 à 15 ans] qu’on gardait. Un bon limonier valait cher. Devant, c’était un cheval sûr, bien mis [parfaitement dressé] et on mettait au milieu [en cheville] un poulain [jeune d’environ 2 ans], comme ça, il apprenait. Il fallait qu’il apprenne à tirer et en même temps qu’il comprenne les ordres. A la lieuse [moissonneuse-lieuse] et quand on labourait, c’était pas pareil, il marchait sur le guéret ou à l’extérieur, c’était moins pénible (…). On tournait [remplaçait] les chevaux tous les 2 ou 3 ans, c’était pour le commerce qui se faisait ici, on achetait des poulains et on les revendait plus cher. Il y a même des marchands qui plaçaient des chevaux pendant un temps donné en restant propriétaire, pour gagner… Les chevaux repartaient ensuite… où ? Ils savaient travailler ! » (Témoignage d’un charretier professionnel entre 1930 et 1980 (!), enregistrement 1991, E. Petitclerc)
Il est important de bien contrôler, à la fois, l’allure du cheval de tête pour ne pas épuiser ceux qui suivent et sa trajectoire pour ne pas mettre l’attelage en difficulté relativement à l’instabilité des bas-côtés de la route ou au croisement d’un autre véhicule. D’expérience, il est toutefois important de ne pas avoir un cheval de devant trop « mou » qui casse la bonne marche de l’attelage !
A mesure que le nombre des chevaux attelés en file augmente, la perte de rendement individuel s’accroît. Il est en outre difficile de faire démarrer et travailler les animaux dans un effort commun et proportionné. En réalité, il n’y a pas d’intérêt à dépasser le nombre de cinq « en flèche », sauf en quelques circonstances exceptionnelles. La Police du roulage qui préfigure notre Code de la route, interdit les attelages de plus de 5 chevaux en file sous la conduite d’un seul charretier.
Cinq chevaux attelés à un fardier, carte-photo non localisée, sans date [début XXe siècle]. Coll° personnelle. Le décret du 10 août 1852 « portant règlement sur la Police du Roulage et des Messageries publiques » stipule (titre premier, article 3) qu’il ne peut être attelé aux voitures servant au transport des marchandises plus de cinq chevaux si elles sont à deux roues, plus de huit si elles sont à quatre roues, sans qu’il puisse y avoir plus de cinq chevaux de file. L’article 4 précise toutefois que pour le transport des pierres, des locomotives et autres objets d’un poids considérable, un attelage exceptionnel pourra être autorisé par le préfet. L’article 5 autorise aussi un cheval de renfort sur les parties de route d’une forte déclivité ou les rampes d’une grande longueur, deux poteaux (plaques ou panneaux) marquant le début et la fin de cette autorisation.
Sortie de carrière à Saint-Vaast-les-Mello (Oise), photographie originale, 1898. Coll° personnelle.
Conduire l’attelage
Revenons à l’Encyclopédie (seconde moitié du XVIIIe siècle) : « On voit le chemin que le cordeau fait. Il est d’abord attaché au collier du limonier, de là il va passer dans l’anneau du faux surdos ensuite dans un anneau attaché au collier du chevillier. Entre ces deux anneaux commence un autre petit cordeau joint au véritable, qui va s’attacher au mors de chaque cheval. Le vrai cordeau en suivant son chemin va passer à un anneau suspendu au montant de la têtière, d’où il va passer dans le faux surdos du cheval qui est devant et toujours ainsi jusqu’au dernier cheval. Comme le charretier se tient toujours à gauche, quand il tire à lui le cordeau, cette action tire toutes les retraites et fait tourner tous les chevaux à dia et il ne fait que leur parler pour tourner à huriaut. »
Lucien Brasse Brossard (op. cit.) nous confirme : « quand on a plus d‘un cheval en agriculture, on remplace les guides par un cordeau. Si l’attelage est bien dressé, il n’y a qu’un cordeau qui, passant sur le collier de tous les chevaux de la file unique et de la file de gauche s’il y en a deux, aboutit aux courtes rênes réunies par un anneau du cheval de tête. Si on imprime une traction continue au cordeau, le cheval tourne à gauche, si on donne simplement des petites secousses comme de légers coups de sonnette, le cheval tourne à droite et le reste de l’attelage suit. Cette manière de conduire est remarquable par sa simplicité des moyens employés et n’est à la portée que des bons charretiers ayant leurs chevaux bien en main. Evidemment, la voix appuie souvent, d’une manière discrète, l’appel du cordeau ». Il s’empresse de préciser : « la saccade imprimée aux rênes est aussi à proscrire d’une manière absolue. C’est le moyen le plus douloureux employé par les charretiers ignorants qui sonnent leur attelage sans se rendre compte de la douleur affreuse qu’ils occasionnent ».
On pouvait lire, dans les mêmes termes, ces préconisations dans la brochure de la Bibliothèque Vermorel Les Petits manuels des Syndicats agricoles n°51 - Attelages, Harnais, Conduite des chevaux (Paris, Librairie de la Maison Rustique, sans date [après 1906], 38 p.).
Le plus souvent, quand les chevaux sont en file, il y a un cordeau pour chaque animal, sauf pour le limonier auprès de la tête duquel marche le charretier, une courte courroie dite « pied de cordeau » suffit à le diriger le cas échéant.
© E. Petitclerc
Roulier, carte-photo non localisée [Seine-et-Oise], sans date [vers 1910]. Coll° personnelle.
Le pied de cordeau est généralement plus long que celui représenté ici, l’anneau qui le termine sert à boucler ou nouer les cordeaux des chevaux de flèche. Détail de la planche « harnais de limonier, bride à croisière » dans l’Album de la sellerie française édité par le Moniteur de Sellerie Civile et Militaire, Paris, sans date [1900]. Coll° particulière.
L. Brasse-Brossard (op. cit.) d’ajouter encore : « la meilleure technique conseille de conduire les attelages de culture au geste et à la voix. (…) Préparez vos démarrages en avertissant de quelques paroles ; une bonne pratique est d’appeler chaque cheval par son nom, s’attendant à devoir démarrer, il se rassemble puis il doit recevoir l’ordre de départ par un mot bref et net. Ainsi tous les chevaux s’emploient du même coup. Amorcez les changements de direction, réglez l’allure, calmez les chevaux au lieu de les effrayer avec le fouet. Douceur et habileté sont toujours préférables à brutalité et violence. Un bon charretier use peu du fouet. (…) Le fouet doit être un auxiliaire pour réveiller des chevaux mous, mais pas un instrument de torture (…) mais combien de charretiers croiraient manquer à leur devoir professionnel s’ils ne se servaient pas à chaque instant de leur fouet, même quand l’attelage tire à plein collier et n’a besoin d’aucune excitation ».
Dans son Manuel du charretier et du cocher, simples avis à tous propriétaires et conducteurs d’animaux de trait (Caen, 1921, 160 p.) A. Edouard Roche avançait déjà : « le bon charretier ne commande à ses chevaux que lorsque cela est nécessaire (…) et il se garde bien de crier et surtout d’entremêler ses commandements (…). Il ne faut exciter le limonier que rarement et lorsque cela est absolument nécessaire ».
On a l’usage de transcrire en français, d’une manière simpliste, les commandements : «hi » pour avancer droit, « huyo » pour tourner à droite, « djya » pour tourner à gauche, « oh » pour arrêter. Les intonations, les modulations (voire le chant), les patois (voire les usages locaux) et les langues régionales font infiniment varier les façons de diriger les animaux à la parole. « Avec les poulains qu’on vendait aux paysans de la vallée de la Loire et du Cher, il fallait un temps d’adaptation, ils ne comprenaient pas, ils avaient été dressés en Breton » (témoignage, voir Attelage Patrimoine : « Mémoire de foire »).
Un maître charretier menant en parfaite maîtrise un fardier attelé de 5 chevaux (si on compte bien les cordeaux). Photographie originale non localisée, sans date. Coll° personnelle.
Farinière beauceronne, Malherbes (Loiret), vers 1920. Carte-photo, coll° personnelle. « Tout voiturier ou conducteur doit se tenir constamment à portée de ses chevaux ou bêtes de trait et en position de les guider », Police du Roulage et des Messageries publiques, 1852 (titre II, art. 14).
Mais aussi…
Alternative aux mouflettes, des crochets fixés sur les brancards (limons) ou la limonière.
Fardier marseillais (plus généralement provençal). © E. Petitclerc
L’attelage en double cheville (toujours sur le côté droit) qui permet un renfort appréciable, notamment au démarrage, tout en respectant la législation : 5 chevaux maximum en file pour un charretier seul. Fardier à Paris, photographie d’Eugène Atget, 1910, Musée Carnavalet, DR.
Même principe que précédemment avec ce chariot utilisé aux gros camionnages. Paris (région parisienne), 1909. Carte photo, coll° personnelle.
Extrait du catalogue de la maison de « charronnage et matériel pour entrepreneurs » CAIZERGUE frères à Avignon, sans date [après 1913]. Coll° personnelle.
Point de crochetage sur l’arrière des brancards (très inclinés du fait d’un camion bas) afin de ne pas peser sur le dos du limonier pendant la traction. Carte postale, début du XXe siècle. Coll° personnelle.
Pour terminer…
Le limonier de ce tombereau d’entrepreneur parisien a glissé, sans gravité apparente… Le tombereau vide est basculé, on dételle. Photographie originale, sans date [années 1920-1930]. Coll° personnelle. L. Brasse-Brossard (op. cit.) : « c’est souvent le limonier qui tombe (…). La toute première chose à faire, c’est d’ouvrir le collier (…). C’est souvent plus facile à dire qu’à réaliser (…). On cale la voiture (…). On dégarnit le cheval doucement (…). Rendez la liberté à l’animal en l’invitant par la voix à se lever ».
Tombereau de briquetier, Santeny (Seine-et-Marne), 1909. Carte-photo, coll° personnelle.
Charrette de marchand de bois, Paris (région parisienne), vers 1910. Carte photo, coll° personnelle. Sous cette solide charrette, on voit la jambe de force prévue pour épargner le limonier en cas de chute, dite aussi béquille, tutrice, plus généralement chambrière (cf. : M.G. Marin-Darbel, nouveau manuel complet du charron-forgeron, Manuels Roret, 1913). Son principe (elle est repliable) et son utilité, salués dés les années 1850 ne s'imposent pa immédiatement. La plupart des grosses voitures "routière", rurales et urbaines, en sont pourvues dans les années 1880.
Sortie d’un gros chêne par 11 chevaux en file, forêt de Bellême (Orne), 1912. Photographie originale, Coll° personnelle.
Chargement d’un haquet à Béziers, 1912. A noter les soutiens de limons disposés pour soulager le limonier des à-coups provoqués par le roulement et la mise en place des fûts. Carte photo, coll° personnelle.
Texte:
Etienne Peticlerc
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Textes d'Etienne Petitclerc - attelage-patrimoine
Né en 1972, ETIENNE PETITCLERC garde le souvenir précieux d'un grand-père, ancien premier charretier agricole, devenu roulier-débardeur puis maraîcher et qui jamais, des années 1930 à 1982 ...
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