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Les intérieurs textiles des voitures hippomobiles des XVIIIe et XIXe siècles, conservées au musée national de la Voiture, domaine national du palais de Compiègne

Troisième partie : Métiers, fournisseurs, prix et préconisations

 

 

1- Quels sont les métiers concernés par la garniture textile et le décor intérieur des voitures au XIXe siècle ?

 

11- L’évolution du métier

Au cours du XIXe siècle, le métier de carrossier évolue, tout comme l’organisation de la filière connaît une évolution notable[1]. Le carrossier est celui qui fabrique, vend, répare, loue des voitures. Quant au terme sellier, il rassemble les métiers associés aux selles, harnais et accessoires liés au cheval. Cependant, au début du XIXe siècle, la frontière entre ces deux professions demeure floue et mal définie.

 

Cette ambiguïté est d’ailleurs moquée dans une pièce satirique publiée en 1805, le Sellier Artiste, raille de l’omnipotence revendiquée des selliers-carrossiers. Ce texte prend la forme d’un dialogue entre M. Borchet, sellier et M. Dorsan, amateur de voitures :

« L’art du sellier réunit à lui seul tous les arts et même les sciences, les mathématiques sont nécessaires pour la coupe d’une caisse ; la statistique pour calculer son poids, ses ressorts et leurs effets. Etes-vous l’Athénée M. Borchet ? Monsieur je comte [sic] me mettre sur les rangs lorsque j’aurai terminé ma dissertation sur les voitures des anciens et des modernes...les trois arts libéraux sont tributaires du mien, d’abord vous ne pouvez nier qu’aujourd’hui une voiture ne soit une espèce de chambre, que dis-je de boudoir ambulant et décoré : voilà pour l’architecture. Le dessin vient ensuite pour multiplier les légers ornemens sur l’or, la nacre, la soie. Je suis en outre tapissier brodeur...Il me paraît que vous brodez beaucoup Monsieur Borchet »[2].

 

La réorganisation du secteur s’opère progressivement, et les appellations utilisées pour désigner celui qui garnit l’intérieur et les parties extérieures concernées par le textile ou le cuir restent variées et imprécises : selliers-carrossiers, carrossiers-selliers, selliers-garnisseurs...Le terme sellier-carrossier, en particulier, désigne autant celui qui construit la carrosserie que celui qui réalise la garniture intérieure[3].

 

Ce n’est qu’à partir des années 1825 que le terme sellier commence à désigner spécifiquement celui qui s’occupe de la garniture.

 

Une ordonnance du 3 mars 1840 vient clarifier cette situation :

« Il a été décidé qu’on doit imposer à la patente du carrossier, le sellier qui vend les voitures bien qu’il ne soit l’auteur que des seuls ouvrages de sellerie rattachés aux voitures qu’il vend et qu’il fasse confectionner en dehors les ouvrages de carrosserie tandis qu’on doit maintenir à la patente de sellier celui qui garnit les voitures, mais ne les vend pas »[4].

 

Un éditorial du Guide du Carrossier publié en 1866[5], précise que le centre de la fabrication des voitures de Paris se situe boulevard Haussman. Il décrit les étapes successives de leur réalisation : « j’y vois passer des caisses en blanc, des voitures sortant de chez le serrurier, d’autres allant et venant des ateliers de peintures aux ateliers de garniture ».

 

 

[1] Catherine Rommelaere, op. cit., p. 105-106

[2] « Le Sellier Artiste », cité dans Journal des Dames et des Modes, 20 brumaire an XIV, 10e année, n°10, p. 75-76

[3] Jean-Louis Libourel, op. cit., p. 330

[4] Alexandre Hofer, Régulateur du sellier, 1818, édition 1821

[5] Guide du Carrossier, 15 juin 1866, n°60, p. 62

12- Evolution des pratiques

Les principes techniques du tapissier-brodeur sont exposés dans des traités techniques et spécialisés, dont le Manuel complet du bourrelier et du sellier de M. Le Brun, édité à Paris en 1833. Cet ouvrage consacre un chapitre entier à la « Garniture d’une berline et des voitures fermées ». L’auteur y explique que, une fois la caisse d’une berline achevée, elle est livrée au sellier, qui retire portières et impériale pour procéder à « l’encuirage » des panneaux. Cette opération consiste à tremper une toile de Mayenne dans de la colle, une fois découpée à la taille de chaque panneau, puis de la recouvrir d’une toile d’Alençon, sur laquelle est déposée une couche de bourre ou de crin. Une seconde toile est ensuite posée, clouée en la tendant[1], puis on couvre les différentes parties du textile de couverture.

Les finitions sont réalisées avec un galon plat, cousu sur une lisière, puis rebattu sur l’étoffe, collé et cousu sur la seconde lisière. Si le galon est saillant, il est cousu sur une grosse ficelle, créant ainsi un relief.

 

Un chapitre complet de ce manuel est dédié à la confection des poches, notamment à l’intérieur des véhicules de voyage. L’auteur aborde également la confection des sièges, de la réalisation des parcloses à la garniture des coussins. Il recommande, pour une voiture soignée, une fine couche de crin couverte de plumes maintenues par une toile de couleur, ce qui améliore le confort. Le tissu de couverture bordé de galons « saillant à deux bords » permet de finir l’ensemble. Il préconise également des coussins élastiques à ressorts mis au point par M. Molinard, dont les ateliers sont situés rue Basse du Rempart à Paris. Ces coussins reposent sur un cadre en bois avec fond sanglé sur lequel est placé un lit de bourre puis de crin. Enfin, l’auteur traite du siège de cocher.

 

Si les techniques traditionnelles de garnitures dominent encore, celles à ressorts et à élastiques commencent à s’imposer progressivement.

 

[1] M. Le Brun, Manuel Complet du bourrelier et du sellier, Paris, 1833, édition 1978, p. 112-119

Extrait du Guide du Carrossier

Extrait du Guide du Carrossier

13- Les fournisseurs de textiles pour voitures

Les publicités publiées dans le Guide du Carrossier dans les années 1870 révèlent une spécialisation croissante des fournisseurs, une tendance également observée dans les autres domaines tels que les textiles pour la mode, l’ameublement ou les ornements liturgiques.

 

Ainsi Au vers à soie, Eugène Dotte sis 25 rue Turbigo à Paris, est une fabrique spéciale de soies à coudre et à piquer pour la sellerie et la carrosserie[1]. Georges Léonard, ancienne maison Humbert située 5 boulevard Malesherbes à Paris, fournit toutes sortes de produits textiles pour la carrosserie et la sellerie[2]. Quant à Boyriven frères, 37 rue Pelletier à Paris, ils sont spécialisés dans les produits suivants : passementiers, soieries, spécialité de reps, satins, taffetas, galons, draps, moquettes, maroquins et articles pour voitures, wagons et meubles. Fabrique de soieries à Lyon, 5 place Croix-Paquet, fabrique de galons et passementerie à Neuilly (Seine) et à Beaumont (Seine-et-Oise)[3].

 

Ces fournisseurs figurent d’ailleurs parmi les exposants de la section Carrosserie et charronnage, bourrellerie et sellerie de l’Exposition universelle de Paris en 1889. Parmi les deux cent seize exposants de ce secteur, on compte trois fabricants de passementerie et d’étoffes. A l’aube du XXe siècle, les produits textiles pour voitures apparaissent également dans le catalogue général des magasins du Louvre[4] : ainsi le reps est affiché à 5,50 francs le mètre, les galons larges à 1,75 francs le mètre, les velours notamment imprimés se montent à 3,75 francs le mètre.

 

[1] Guide du Carrossier, 15 avril 1877, n°122, p. 10

[2] Guide du Carrossier, 15 octobre 1880, n° 143, p. 207

[3] Guide du Carrossier, 15 juin 1880, n°141, p. 161

[4] Sellerie, Harnachement voitures, catalogue des grands magasins du Louvre, 1900, p. 48

Publicités publiées dans le Guide du CarrossierPublicités publiées dans le Guide du Carrossier

Publicités publiées dans le Guide du Carrossier

2- La garniture textile contribue donc de manière significative au coût élevé et à la richesse de la voiture. Le textile fait l’objet d’une attention particulière, notamment dans la recherche d’harmonie avec le reste du décor, ainsi que dans l’équilibre entre le bon goût et l’évolution des modes.

M. Le Brun aborde certes brièvement la question du bon goût dans son manuel :

« Á propos des couleurs, le sellier doit apporter le plus grand soin à l’assortiment des teintes de la garniture intérieure avec celles du train, des accotoirs, des panneaux et même avec celles des lisières de couleur tranchante »[1].

 

La priorité réside donc dans le choix de matières appropriées et dans la recherche d’une harmonie entre les différentes parties composant le véhicule. Cette préoccupation est d’ailleurs rappelée par un article du Guide du Carrossier de 1865[2]:

« On voit depuis quelque temps dans la nouveauté beaucoup d’étoffes ornées de dessins bleus sur fond vert et de dessins verts sur fond bleu […] On fait toujours beaucoup de garnitures de la même nuance que la peinture, mais cette règle n’est pas sans exception. La peinture peut être exécutée au goût du client indépendamment de toute cause extérieure. Il n’en sera pas de même pour la garniture, surtout si la voiture est à l’usage d’une dame de bon goût, suivant qu’elle sera brune ou blonde, pâle ou colorée, il faudra dans tous les cas mettre la couleur et la nuance qui l’avantage le plus ; et c’est aux dames qu’en appartient souverainement le choix ».

 

Quelques années plus tard, Brice Thomas, dans le Guide du Carrossier, réaffirme les principes qui régissent l’esthétique des garnitures intérieures des voitures hippomobiles[3] :

« Les garnitures bleues sont toujours faciles à assortir, par la raison que les nuances de cette couleur varient peu ton sur ton, tous les teinturiers employant à peu près la même matière colorante ».

 

Selon lui, une vigilance accrue s’impose pour les couleurs obtenues par mélange de plusieurs teintes, comme les couleurs dites « tabac », dont l’homogénéité est plus difficile à obtenir. L’ambition, qui est d’accorder les couleurs du textile d’une part avec la passementerie, d’autre part avec l’ensemble du décor du véhicule, ne peut être dissociée de l’histoire du goût et de l’évolution des modes, même si le Guide du Carrossier en 1870 semble l’affirmer autrement[4] :

« Le goût parisien n’admet pas les formes excentriques. Pour que la nouveauté s’introduise dans nos modes en matière de carrosserie, il faut avant tout qu’elle soit irréprochable sous le rapport du goût ».

 

Le Guide du Carrossier souligne par ailleurs, dans l’une de ses éditions de 1866, que la qualité de la finition et le bon goût de la garniture se révèlent dans le soin apporté aux détails. C’est précisément cette attention qui, selon l’auteur, constitue la supériorité de la carrosserie française sur ses concurrents :

« Un galon assorti avec les couleurs de la peinture, c’est à dire s’il y a du bleu, du rouge et du noir dans la peinture, ces couleurs sont répétées dans les galons dans des proportions harmonieuses »[5].

 

[1] Le Brun, op. cit., p. 118

[2] Guide du Carrossier, 15 juin 1865, n° 54, p. 17-18

[3] Guide du Carrossier, 15 avril 1870, n°83, p.79

[4] Guide du Carrossier, 15 avril 1870, n°83, p. 79

[5] Ibid., p. 308

Extrait du Guide du Carrossier

Extrait du Guide du Carrossier

La revue rappelle ces principes dans un numéro de 1877[1] :

« Les nuances de galons se font depuis longtemps déjà en camaïeu, leur assortiment avec les couleurs de la peinture et le fond de la garniture : drap, soie ou maroquin, est un élément qui fait apprécier le goût du carrossier ».

 

La qualité de l’aménagement intérieur, sa délicatesse et son raffinement se manifestent notamment à travers les petits objets d’art « tels que cantines, porte-cigare, étuis, nécessaires…Le coupé, nous dit un article du Guide du Carrossier de 1875[2], est la voiture la mieux appropriée pour recevoir toute cette bibeloterie qui donne à l’intérieur un cachet artistique lorsque le tout est bien assorti, bien agencé et bien disposé avec goût ».

 

Le satin et certaines étoffes façonnées, et plus rarement le velours, demeurent réservés aux voitures de grand luxe. En revanche, le reps, les draps de laine, déclinés dans une grande variété de couleurs, souvent associés à un maroquin de teinte assortie, ainsi que le taffetas, principalement utilisé surtout pour les stores, dominent le décor intérieur des véhicules du XIXe siècle. Les voitures plus communes ou destinées au voyage, privilégient, quant à elles, des étoffes plus résistantes, plus sobres, plus faciles d’entretien.

 

La simplicité constitue d’ailleurs une recommandation récurrente adressée aux lecteurs dans le Guide du Carrossier. En 1871, A. Ledo précise[3] :

« Les peintures et garnitures se traient toujours de façon très simple, même aux voitures de grand luxe […] Les garnitures sont traitées de façon plus simple encore : pas de couleurs voyantes dans les galons qui tranchent trop avec la nuance du fond. On préfère les tons d’une même nuance gradués avec goût dans le genre camaïeu ».

 

Le Guide du Carrossier le rappelle en 1875 :

« Les peintures et garnitures sont simples […]. Quant à la garniture, les coussins de siège sont tendus à toutes les voitures. Beaucoup de dossiers, paillasses composés de trois rangs de piqûres avec matelassures sur les côtés jusqu’à la hauteur des accotoirs, et tout le haut de la voiture tendu. Il y a aussi des dossiers à la Voltaire mais en petit nombre ».

 

En 1877, dans le commentaire de la garniture d’un coupé, le Guide du Carrossier revient sur ce souci de simplicité[4] :

« Les garnitures actuelles se distinguent par un cachet d’une grande simplicité qui n’exclut ni l’art ni le goût. Les nuances de galon se font depuis longtemps déjà en camaïeu ; leur assortiment avec les couleurs de la peinture et le fond de la garniture : drap, soie ou maroquin est un élément qui fait apprécier le goût du carrossier ».

 

Dans un article consacré à la garniture d’un landau à deux capotes, Brice Thomas adopte une approche similaire[5] : « Le genre de garniture […] se distingue au point de vue de l’ornementation par un grand cachet de simplicité ». L’auteur décrit ensuite avec précision les différents éléments de l’aménagement intérieure : des dossiers paillasse, des matelas latéraux capitonnés sans accotoirs, des matelas à l’arrière garnis d’une poche, tout le capotage, des portes tendues encadrées d’un galon large, câblé en croisillon, des pentes plissées, ainsi que des stores aux portes, à la glace de devant et à la lunette.

 

Les questions techniques relatives à la garniture intérieure des véhicules ont fait l’objet de plusieurs articles, plus nombreux dans les années 1870 que dans la décennie précédente. Ainsi, un numéro publié en 1877, commente la garniture d’un coupé, passe en revue les différents genres de garnitures en usage dans les années 1870 :

« Dossiers à côtes, à losanges, en forme de paillasse […] la hauteur doit être calculée pour que le bord des chapeaux des dames passent au-dessus. Le matelas de la lunette, au-dessus du dossier est tendu et rembourré ; le tampon de lunette, également rembourré, porte une piqûre en son milieu. Le haut du custode est terminé par un galon de campagne avec galon couture allant jusqu’aux portes. Le devant de parclose [sic] et les coussins sont garnis chacun d’un galon large ; il n’y a pas de pente. Les coussins sont capitonnés, le dessus est en maroquin, le dessous en drap. Les custodes sont capitonnées et encastrés dans les pieds d’entrées et les battants du pavillon ; ils sont terminés en bas par une poche tendue à hauteur du coussin… ».

 

La même revue publie également une description technique de la garniture d’un phaéton de dame[6] présenté à l’Exposition des sciences appliquées à l’industrie et carrossé par M. Binder. La garniture est réalisée en drap gris-blanc, rehaussée de joncs en cuir verni disposé entre les coutures. Les accotoirs et la partie supérieure du dossier sont généreusement rembourrés, les premiers forment un bourrelet uni, tandis que les seconds sont aplatis au moyen de cinq pompons piqués au milieu. La garniture de derrière, des côtés et du haut des pieds d’entrée, est tendue et légèrement matelassée de crin. Les coussins, montés sur boîtes, sont, à l’instar des dossiers, ornés de pompons assortis à la couleur du drap.

L’auteur souligne la prépondérance des piqûres à pompons sur les piqûres ordinaires à cœur de soie et de laine. Les garnitures de dossier présentent une grande diversité, même si le capitonnage demeure particulièrement apprécié jusqu’à la fin du XIXe siècle. Cette technique se retrouve d’ailleurs dans les garnitures des premières automobiles notamment du landaulet Krieger et de la limousine De Dion-Bouton du musée. Elle est toutefois progressivement remplacée par des boîtes de coussins, ou des boîtes dites à l’anglaise, en particulier pour les petits coupés et les milords[7] en raison de leur plus grande praticité et de leur facilité d’entretien.  

 

 

[1] Guide du Carrossier, juin 1877, n° 123, p. 32

[2] Guide du Carrossier, 15 février 1875, n° 109, p. 49

[3] Guide du Carrossier, 15 octobre 1871, n°89, p. 9

[4] Guide du Carrossier, 15 juin 1877, n°123, p. 31-32

[5] Guide du Carrossier, 15 avril 1878, n°128, p. 23

[6] Guide du Carrossier, 15 octobre 1879, n°137, p. 77

[7] Catherine Rommelaere, op. cit., p. 309

Catalogue des magasins du LouvreCatalogue des magasins du Louvre

Catalogue des magasins du Louvre

La Revue du Carrossier publiée par le Guide du Carrossier en 1864[1], fait état de cette évolution :

« La mode en carrosserie, c’est la simplicité […] On remplace les garnitures capitonnées par des garnitures tendues, ce qui apporte dans la garniture une grande économie d’étoffe, de main d’œuvre et d’entretien, car les garnitures tendues sont incontestablement plus faciles à brosser que les capitonnées qui renferment dans leurs plis et sous les boutons une infinité de nids à poussière ».

 

Au-delà de la seule recherche de confort, la garniture textile des intérieurs des voitures hippomobiles aux XVIIIe et XIXe siècles, contribue grandement à leur richesse décorative et à leur prestige. Adaptée à la fonction de chaque véhicule, elle peut aller des aménagements les plus somptueux, destinés aux voitures de représentation, aux garnitures les plus sobres, robustes et pratiques des voitures de voyage ou d’usage courant. Si les garnitures répondent à des fonctions spécifiques et révèlent un savoir-faire hautement spécialisé, elles n’en demeurent pas moins liées au goût et à la mode. Elles témoignent des évolutions esthétiques tant par les armures et que par les motifs des textiles, que par les formes et les techniques de garnitures. Bien qu’appartenant à un secteur spécifique, elles ne peuvent être dissociées de l’histoire du décor intérieur, dont on retrouve de nombreuses composantes dans les véhicules, de l’histoire de la mode.

 

Brice Thomas l’énonce clairement dans un article du Guide du Carrossier de 1866[2] :

« Quand je me dispose à la narrer la revue du Guide du Carrossier, je regrette toujours que ce ne soit pas un journal de modes pour dames et demoiselles […] J’aime mieux laisser la parole aux consommateurs qui préfèrent payer un coupé construit à Paris 3600 francs que d’en faire fabriquer un pour 2000 francs dans certaines localités et qui peut être serait aussi solide. Ce qui fait cette différence de 1600 francs, c’est le goût et la dernière mode, ce sont ces petits riens que j’énumère plus haut : c’est une nouvelle forme peu accentuée mais visible. C’est une garniture qui rehausse la beauté de Madame et dont la nuance est claire si elle est blonde ou foncée si elle est brune. C’est un galon assorti aux couleurs de la peinture, c’est à dire, s’il y a du bleu, du rouge et du noir dans la peinture ces couleurs seront répétées dans les galons et dans des proportions harmonieuses ».

 

Les quelques exemples, conservés dans la collection du musée national de la Voiture, viennent utilement confirmer les observations de Brice Thomas. Ils invitent toutefois à les nuancer, en écho à une remarque de Jean-Louis Libourel, sur le choix des couleurs : si les revue spécialisées et les carrossiers énoncent des principes et formulent des recommandations, le dernier mot revient toujours au client, qui demeure libre de suivre ou non leurs prescriptions.

 

Maria-Anne Privat

 

[1] Guide du Carrossier, 15 octobre 1864, n°50, p. 57

[2] Guide du Carrossier, 15 août 1866, n°61, p. 73

Intérieur de la Renault type CC, 1910 (photo RMN-GP/Tony Querrec)Intérieur de la Renault type CC, 1910 (photo RMN-GP/Tony Querrec)

Intérieur de la Renault type CC, 1910 (photo RMN-GP/Tony Querrec)

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S
Beste, hoe is het mogelijk dar jullie zo een perfecte vertaling afleveren en toch die fout blijven maken door voiture door auto te vertalen. U dient rijtuig te gebruiken.<br /> Maar nogmaals, proficiat voor de de professionele vertaling.<br /> Succes nog met jullie artikels.
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