Vous trouverez une présentation très accessible des articles de vos "THEMES FAVORIS" dans le répertoire ci dessous.
Ce texte est la suite des articles dédiés au "panorama universel" de Guillon.
4° série.
Phaétons Dog-Cart.
N° 350. — Américaine-Wourst.
Cette voiture est montée très-bas, avec un petit marchepied tenant à la caisse et assez large pour qu’une dame puisse monter facilement : — les fauteuils se changent ; celui de derrière, auquel la capote est assujettie, peut se placer devant, et celui de devant, portant galerie, peut se placer derrière ; — les ressorts et les ferrements en sont très-légers et tout à fait gracieux ; les sièges sont cannés, et quelquefois peints en imitation, vu même à fond uni. Nous avons vu une pareille voiture chez M. Clochez, rue Rossini.
N° 384. — Américaine à balustres, à 4 places et à 2 chevaux, — mode de Paris.
Américaine, toujours ! — C’est ainsi que l’on a nommé cet équipage.
Décidément, nous prendrons désormais sur nous de baptiser nos modèles avec plus de justesse et suivant leur véritable assimilation.
Adoptons le nom, cependant, et respectons, pour cette fois encore, l’extrait de naissance.
Cet équipage est assez bien compris, — les sièges ne se changent pas ; — deux doubles poneys, richement harnachés, y sont attelés, et, pour que tout y soit en rapport, le cocher se tenant bien sur son siège, — le fouet à l’anglaise et tenu de même, ainsi qu’on peut le voir. Cette voiture, montée un peu haut de terre, — montage qui convient à son genre, — est riche comme équipage de printemps.
Un grand fauteuil forme la caisse de derrière ; — il est garni de longs balustres, et il est large et commode : sur le devant, — une parclose, quoique très-petite, peut y laisser s’asseoir, à l’aise, deux personnes, s’adossant à une porte à tabatière, que l’on voit relevée sur le dessin : — l’intérieur de cette voiture contient facilement quatre places.
L’Américaine, qui se confectionne en ce moment, est couverte et garnie de vasistas. Nous en avons le dessin, qui l’indique toute fermée. Cette voiture sort des ateliers de MM. Charcot et Saussier.
N° 302. — Dog-Cart à six places.
La caisse de ce véhicule est disposée de façon à recevoir six personnes ; deux sur le siège de devant et quatre sur ceux de derrière. Là, ils sont placés parallèlement, comme dans un omnibus.
Cette disposition, en nécessitant une certaine largeur, présente un avantage sur les Dog-Carts ordinaires, puisqu’elle permet de recevoir plus de personnes en même temps ; que les coffres, plus spacieux, peuvent contenir les chiens séparés de tous autres accessoires, soit de légers bagages ou équipements de chasse.
Cette voiture, dans son ensemble, est-elle un peu plus lourde ? Non, certainement, car un double poney la tire avec facilité et sans fatigue.
Elle sort des magasins de M. Ehrler, dont on connaît le bon goût et la belle fabrication.
Le dossier figuré au dessin est postiche et ne se met que pour une disposition de face à face.
292. — Braeck de M. Keller.
Braeck se fermant à volonté, les sièges à fauteuils qui sont sur le coffre peuvent s’enlever à volonté et être remplacés par un couvercle, mais si l’on veut rouler bourgeoisement, on le garnit de ses accessoires, tel qu’il est représenté par le dessin ; son montage à pincettes est très simple et très solide. N. Keller en a livré plusieurs sur ce modèle.
N. 348. — Char-à-bancs Ehrler.
Voiture de famille, servant le plus souvent à la campagne.
Quand on a à craindre la maladresse d’un cocher peu expérimenté, on conduit alors soi-même, et on est à couvert. On peut communiquer avec les personnes qui sont à l’intérieur ; — en un mot, c’est le cas de dire que l’on est en famille, quoique l’on tienne la place du cocher. En été, on enlève tous les accessoires, et l’on a un char-à-bancs dans toute la vérité du mot, et ce genre de rouler est aussi élégant que commode.
La forme que nous représentons ici n’a peut-être pas toute la grâce que l’on pourrait souhaiter ; mais, en revanche, le véhicule, nous le répétons, est commode, confortable, solide — l’entendement en est parfaitement rencontré — et nous pourrons même nous étonner que le fabricant ait si bien réussi, car ce n’est pas d’habitude son genre de travail ; il ne fait ordinairement que des voitures de ville, fort excentriques et toujours à la manière anglaise, ce qui ne convient que médiocrement aux amateurs. Nous désirons que cette légère critique soit bien accueillie par M. Ehrler, — et qu’elle l’encourage à changer plus souvent de manière, d’autant plus qu’avec le talent qu’il possède, il est sûr de rencontrer le succès.
275. — Char à bancs Lilloise, façon américaine
Il est à quatre places, monté sur pincettes et à marchepieds. S’ouvrant avec les portes, les joues de fond le rendent logeable et commode ; le coffre de derrière, si utile, ne lui ôte pas la grâce et la tournure, surtout lorsqu’il roule à découvert.
N. 214. — Demi-braek.
Appelé ainsi pour son peu de volume. En effet, les roues rapprochées et son montage le rendent d’une légèreté incontestable.
Une trappe, qui paraît sur le coffre derrière, se lève et donne place à deux personnes. Son montage étant le même que ceux des autres braecks, nous nous abstenons d’en parler, sinon que, à celui-ci comme aux autres, on ne garnit les volées que lorsque les chevaux sont attelés très-court et que les armons sont très-hauts.
N. 431. — Braeck à caissons.
Caisse à compartiments pour recevoir toute espèce de choses ; un grand couvercle peut s’y adapter et couvrir le tout en manière de fourgon ; mais lorsqu’on veut rouler en char-à-bancs, ce braeck est alors très-commode, il est à porte et à parcloses, et contient beaucoup de monde.
N. 392. — Country-Cart.
M. Tilbury, en exposant ce petit véhicule, semble nous avoir emprunté un genre sorti de la série de nos chars-à-bancs ; cela ne l’empêche pas de nous avoir montré un joli petit modèle, sinon utile, coquet pour la ville, du moins il remplit ces deux conditions pour la campagne ; aussi lui avons-nous donné le nom de char de campagne. On peut y tenir de six à huit, assis à l’intérieur, sur le côté, comme dans un omnibus.
N. 271. — Char à balustres, forme demi-Wurtz.
Ce petit char, à quatre places, a été exécuté chez M. Humel, de Paris ; il était doré partout, sur une belle peinture bleue d’outremer ; les garnitures en brocatelle amarante et galons analogues le rendaient très-coquet ; le plaqué était jaune, et l’ensemble parfaitement riche. C’est, en un mot, une voiture de pacha.
N. 362. — Phaéton français.
Forme coupée d’une baguette nervée et qui suit la longueur de la caisse, en découpant la petite porte à coins arrondis en creux. La caisse, à son plancher, est large de 75 centimètres ; elle s’élargit à ses pieds d’entrée de 20 centimètres, ce qui oblige le fabricant à lui donner un devers qui ne fait que l’avantager comme ensemble. Les sièges à palonnières se changent à volonté et posent au même niveau sur des appuis à hauteur de 35 centimètres du fond des petites caves pratiquées tout exprès.
Un marche-pied en esse et à deux palettes s’adapte parfaitement, et un avant-train en bois ciré donne entre les roues de devant à celles de derrière une distance de 44 centimètres, ce qui donne un très-grand rapprochement des roues et le rend alors très-roulant.
Il se fabrique de ces Phaétons dans les meilleures fabriques de Paris.
N. 344. — Phaéton-Lype.
Un gracieux nom mythologique pour une petite voiture. — Mais en l’ayant trivialisé, tant banalisé par la routine, cette vilaine et prosaïque femme, qu'on n’en sent plus le charme, et qu’on n’en sourit plus au flocon de charmants souvenirs qu’il évoque, de ces temps d’amour et de folie qui eussent dû exister.
Eh bien ! pourtant, aujourd’hui même, le phaéton est très souvent le char des déesses, des divinités au front duquel la beauté et la richesse ont mis un diadème, comme de ces déesses éphémères qui brillent quelques soirs et brûlent aux flammes de l’orgie leurs ailes de soie et de velours.
Une femme ou un jeune homme, seul avec un garçon-cocher, monte fort bien cette légère voiture. Une petite porte découpe la voilure, par ornement plutôt que par utilité. Le siège de devant, portant la capote, se place derrière, et celui de derrière, nommé tandem, remplace le siège à capote. — Le maître se place à côté de la dame, et le groom-cocher sur le tandem.
On obvie à la pluie par le déroulement habile d’un tablier de cuir. On voit toujours à ce genre de phaéton de très beaux chevaux, souvent deux.
N° 287. — Phaéton à sièges mobiles.
Phaéton à sièges mobiles, dont la caisse ou coffre, d'une longueur de quatre pieds et demi (nous donnons nos mesures à l’ancien pied, bien persuadés que les hommes intelligents savent parfaitement y substituer n’importe quelle mesure ; nos motifs sont qu’en Amérique et en Angleterre, les anciennes mesures françaises dominent encore, et même on n’y connaît aucunement les mesures métriques), depuis le derrière jusqu’au bout de la coquille, n’est large que de 28 pouces, ce qui donne deux bonnes places sur le devant, car le pied d’entrée, étant déversé de 5 pouces chaque côté, cela donne au siège à fauteuil 38 pouces dans le haut et 36 à la parclose, de laquelle il faut déduire 2 pouces d’épaisse.Sur de bois, reste 34 pouces, donnant juste deux places aisées, car la garniture se fait à l’américaine, c’est-à-dire non rembourrée. Les coussins et la capote jouent le plus grand rôle en sellerie. Ce petit siège, dit à palmette, doit être ajusté très-minutieusement pour être solide, quoique n’étant pas ferré. Le siège de derrière, appelé quelquefois tandem, est fort simple, et fait un fort bel effet lorsqu’il est reporté sur le devant, à la place du fauteuil à capote, qui prend place alors derrière, où les quatre vis, de même calibre, le tiennent solidement : les ouvertures qui paraissent au coffre peuvent être réelles ou figurées. Il y en a dont la peinture imite parfaitement l’osier, qui aujourd’hui est très à la mode ; les ressorts, arrondis dans les bouts, quoique selon nous moins flexibles que les autres, ont la préférence quant à présent. La peinture ronge et fret blanc pour les trains paraît se maintenir ; le plaqué est très-négligé, l’étoffe des garnitures est toujours du gris perle.
N. 360. — Dog-Cart français.
Il ne peut guère servir que pour rouler dos à dos, mais aussi sa forme nouvelle en fait un petit véhicule de chic parisien ; il sert encore pour la chasse, car les coffres à petits ventilateurs peuvent contenir plusieurs chiens avec tous les articles de chasse nécessaires ; les petits tandems sont peints en vermillon et surmontés de tringles en fer enveloppées de cuir. Les garnitures et coussins sont habituellement en maroquin de couleur foncée ; la façon damier, représentée sur le dessin, se fait en peinture sur la caisse ; le train est couleur marron glacé de carmin, et le plaqué est blanc. Nous avons vu de ces Dog Carts chez M. Ehrler, et nous les avons trouvés fort bien conditionnés.
N. 322. — Dog-Cart.
Demi-Braek est plutôt son nom ; il est à quatre et à six places. Si l’on veut enlever la boîte à fusil, sa tournure est gracieuse, et la limitation d’osier en est très bien. Nous nous abstenons d'une plus grande description, car nous avons déjà plusieurs dog-carts dont les avantages sont les mêmes ; nous dirons seulement qu’il a été exécuté avec soin, et que le jury a, contre son habitude, été juste pour cette fois ; il a décerné une médaille aux fabricants, MM. Bellevalette frères.
N° 280. — Tilbury.
Ce genre de tilbury, dont le poids intégral est de 250 kilog., a quatre roues et un siège postiche : il ne se fabrique que dans les premiers ateliers de Paris. Avec ce genre de voiture, aucune côte ne fait obstacle, tout se franchit avec célérité : « point de relâche avec un bon cheval. Plusieurs maîtres de forges ont acheté, à Paris, ce tilbury, et ils s’en trouvent bien comme voiture élégante pour les promenades, et surtout comme véhicule rapide pour les affaires. Au surplus, le dessin même peut faire juger de la vérité de nos paroles.
N. 318. — American Coach, exposé sous le numéro 466, par 11. Riddle, carrossier à Boston.
Nous traduisons ce nom, American Coach, par Phaéton américain.
C’est un équipage élégant ; on en voit rouler à Londres très-souvent, non pas comme ce modèle, dont « les cuirs sont relevés, mais tout simplement, sans capote, d’une forme encore plus légère, et avec une volée d’acier poli, en place de volée fixe ; deux beaux chevaux, harnachés à l’américaine, c’est assez dire que la légèreté des harnais est extrême, et se trouve alors en rapport avec le phaéton, dont la caisse à balustres supporte une capote avec cerceaux très-légers, et en bois de citronnier poli, de manière à se passer d’être garnis. Aussi les cuirs de la capote sont-ils doublés très-légèrement, et quelquefois pas du tout ; seulement, le côté du cuir, que nous nommons la chair, est dérayé très-uniment et peint ou teint en vert avec différents dessins ; il se relève et se baisse selon les besoins du temps ; des boutons à gorge, piqués autour de la caisse, reçoivent la capote et l’assujettissent à volonté, soit à droite ou à gauche, devant ou derrière, selon que le vent ou le soleil le nécessite.
Une flèche en fer poli sert à assembler l’avant-train avec l’arrière-train, et suit le cintre de la caisse purement et simplement pour en accompagner le contour. Deux ressorts à pincettes, posés en travers, devant et derrière, supportent cette caisse et lui donnent une douceur convenable ; les roues du devant, aussi hautes que celles de derrière, ne tournent qu’un quart de circonférence, quoique ayant plus de facilité à tourner que les autres voitures de ce genre ; mais il est bien de dire que, sur des routes larges, il est peu utile de tourner sur place.
Une autre américaine de ce genre, exposée par M. George Watson, de Philadelphie, et portant le nom de Gazelle, ne tourne aucunement, et malgré cela ne manque pas de mérite.
N. 306. — Américaine.
Tant légère que soit cette petite voilure, elle serait encore forte si elle devait rouler sur les sables d’Amérique, aux États-Unis, où elles sont établies si légères que leur véritable nom est Gazelle ; mais pour la France, c’est bien différent : les routes et le pavé des villes nous obligent à calculer l’élégance qui doit être mise en rapport avec la force et la solidité nécessaires pour l’usage qu’on attend de ces petites voitures.
Celle que nous donnons ici remplit toutes les conditions utiles à son usage. Les assises, qui sont de niveau, la rendent plus simple que les autres, et en même temps très-gentille au point de vue de sa forme et de ses contours. Les deux sièges se changent à volonté, et les dessins, qui représentent les fauteuils vus de perspective, donnent une idée très-juste de la manière dont elle est confectionnée.
N° 298. — Dog-Cart, Phaéton.
L’un des sièges a une capote, l’autre, nommé tandem, a une petite pente (expression usitée), ou couvre-jointure ; laquelle, au lieu d’être en cuir, est en bois, avec moulures nervées.
Les parties d’osier, qu’on voit à la caisse, sont postiches ; on peut les remplacer par une grille ou persienne, par le moyen de vis de repère à l’intérieur, prises dans la force du bois. Pour cet effet, il faut que le bâti de la caisse soit établi avec des moulures nervées et élégies dans la masse : façon indispensable pour que le travail soit bien traité.
Ce genre de Dog-Carts appartient en réalité à la maison Binder frères.
N. 342. — Phaéton de M. Croissant et Lauenstein, fabricants de voitures à Hambourg.
À l’Exposition universelle de Londres, dans la grande galerie, le public se pressait devant un petit phaéton sorti des ateliers de MM. Croissant et Lauensteins, de Hambourg : — chacun admirait sa simplicité, l’élégance de sa forme, — son bon goût : — aucune peinture ne décorait la caisse, sculptée avec beaucoup d’art dans un bois odoriférant de palissandre, — et elle était bien plus riche avec sa couleur naturelle, le beau rouge brunâtre, veiné de noir.
Les garnitures de maroquin bleu produisaient un effet charmant ; — un marche-pied à contre-marche y était très-finement adapté. Le train, couvert d’une légère peinture, d’une couleur semblable à celle des garnitures, s’harmonisait délicieusement avec l’ensemble.
Les ressorts à pincettes portaient une maîtresse-feuille plus longue qu’habitude. — Mais faite avec intention, dans un but de sécurité ; — car, dans le cas où un boulon viendrait à casser, tout danger, par ce moyen, disparaît.
Peu de dorures ornaient le léger véhicule, et ainsi lui donnaient encore plus de distinction. — Sur cette terre d’Albion, — pays d’essence aristocratique, où la Nobility juge si délicatement et si sévèrement les objets d’art et d'utilité que l’on crée pour elle, — aucune critique ne s’est fait entendre ; — tous les suffrages se sont réunis pour en faire l’éloge : — construction, détails, ensemble, rien n’a laissé à désirer ; — c'est un ouvrage parfait, et — le flot de visiteurs qui se sont arrêtés pour l’examiner a dû prouver aux habiles fabricants qu’ils avaient exécuté une œuvre supérieure, — un objet vraiment digne, et du Dieu qui renfermait tant de merveilles, et de la grande renommée que leur maison s’est depuis longtemps si honorablement acquise.
Ce Phaéton a été exhibé sous le n° 50.
N. 341. — Escargot-Phaéton.
Ce petit véhicule, de forme excentrique et à contours doux et moelleux, se fabrique dans quelques ateliers de Paris. Il est haut monté et plaît beaucoup dans le commerce, particulièrement à raison d’un siège invisible adapté à sa partie postérieure.
— Il repose, quand il est développé, sur une ferrure qui porte le nom de parade-ferrure, et dont le but est de consolider les deux crosses de derrière, auxquelles est ingénieusement pratiquée une cave, servant à renfermer le petit siège appuyé sur les crosses, ainsi qu’on peut le voir au dessin.
L'invention de ce modèle, aussi joli qu'ingénieux, date de cinq ans environ. — Il est dû au talent de A. Becquet, carrossier aux Champs-Élysées.
Il est vrai d’ajouter que le genre et le goût en ont été plusieurs fois depuis modifiés ou perfectionnés.
N. 251. — Américaine (mode de France).
Caisse pouvant tenir à l'aise deux personnes à l'intérieur, sur le derrière ; un strapontin devant, mais très-petit, peut y laisser asseoir deux enfants de douze ans. La forme nouvelle en plaît beaucoup : aussi nous ne pourrions pas lui désigner de fabricants, car nous croyons bien que tous font généralement ce modèle.
N. 343. — American-Vehicle (Américaine nouvelle pour 1852).
Ce modèle, d’une très-grande légèreté, a été exécuté dans les ateliers de M. Clochez. On croirait voir une gazelle dans son élan, tant la forme en est svelte et gracieuse : il n’y a pas de porte à la caisse, et le panneau, très-bas, peut surtout facilement s'escalader au moyen d'un marche-pied d’une grande commodité.
Les roues sont très hautes et rapprochées, ce qui rend cette petite Américaine très-roulante.
La forme, quoique toute nouvelle, se rapproche beaucoup des voitures de ce genre que l’on construisait il y a douze ans à New-York, et auxquelles les Américains donnaient le nom de Gazelle-Vehicle ou Sulky-Carriage. Ils en ont peu modifié l’idée, et les Français, qui l’ont changée très-souvent, en sont presque aujourd’hui revenus à la forme primitive, mais avec beaucoup plus de grâce et d’entendement.
L’échelle de proportion donne exactement les mesures nécessaires à la construction de cette voiture.
N° 289 et 395.
PHAÉTON-SÉPARABLE POUR FORMER DEUX TILBURYS,
Sorti des ateliers de M. Hayot, carrossier à Caen, — Exhibé à Londres sous le n° 258.
Avant de nous prononcer sur l'utilité ou le mérite de cette voiture, qu’il nous soit permis de féliciter M. Hayot d’avoir eu le courage de sa force, en se mêlant aux habiles, mais trop rares, carrossiers français, qui ont envoyé à l'Exposition de Londres des modèles de voitures pour rivaliser avec la carrosserie anglaise. — Ce sera, pour nous, toujours un deuil de savoir qu'à l’étranger, on nous a accusés, un moment, d’avoir redouté la concurrence, parce que nous avions conscience de notre infériorité ; — mais, Dieu merci, et nous l’avons prouvé, ni l’idée, ni le goût, ni la perfection ne nous ont encore fait défaut ; — nos éternels rivaux ont eu lieu de s’en convaincre..
Ce Phaéton, breveté, qui a paru à l’exposition de Londres, est d’une forme généralement approuvée ; — mais ce qui donne un mérite particulier à cette voiture, c’est qu’elle peut se séparer et former alors deux tilburys distincts, parfaitement élégants et d’une solidité qui ne peut donner d’inquiétude. — Cette métamorphose se fait instantanément, sans difficulté, sans embarras, et sans qu’il soit besoin d’autre appareil que deux brancards et quelques menus objets supplémentaires. Le changement est d’une telle simplicité, que l’on se demande pourquoi on n’a pas imaginé plutôt ce Phaéton à deux fins si commodes ? Il s’agit d’enlever des goupilles, ingénieusement adaptées, à l’effet d’assembler les deux caisses : les trous de ces mêmes goupilles sont bouchés par les boulons du garde-crotte supplémentaire, auquel deux autres lanternes sont assujetties pour compléter la transformation ; deux brancards, également supplémentaires, s’adaptent parfaitement au-dessous de la palette du marche-pied, et nous le répétons, sans laisser rien à craindre pour la solidité. À l’égard du tilbury du devant, en considérant l’avant-train tournant sur place, quand il est à l’état de phaéton, deux tiges taraudées suffisent, et surabondamment, à l’immobiliser ; — et le devant de caisse, formant tilbury, qui se trouve naturellement très-reculé lorsqu’il est en phaéton, glisse en avant sur deux coulisseaux fort bien imaginés et exécutés.
Nous avons vu faire cette transformation, dans le court espace d’une minute, par un jeune garçon, qui était gardien de cette voilure à l’Exposition de Londres.
Il y a quinze mois, nous en avons déjà publié les dessins ; — mais, depuis cette époque, M. Hayot a apporté au Phaéton-Séparable de notables améliorations ; — la forme a gagné en simplification et en élégance : c’est bien toujours celle même Voilure, commode et solide, pouvant toujours contenir aisément six personnes, — et se séparer pour donner naissance à deux charmants tilburys, vifs, gracieux au bois ; — dans Paris, légers et rapides : nous pouvons aujourd’hui en apprécier tout-à-fait le mérite ; — le temps et l’usage y ont mis leur sanction : — l’invention a conquis décidément sa place au nombre des choses utiles — et les commandes successives, dont Paris et la Province favorisent chaque jour l’auteur du Phaélon-Séparable, sont en même temps qu’un éloge, la preuve la plus flatteuse que M. Hayot a bien réussi dans cette œuvre, pour laquelle il a été récompensé par des médailles à diverses expositions locales.
Le dessin que nous donnons de ce véhicule, et quand on le nomme Phaéton, ne le représente que pour la saison d’été — mais il est facile de remarquer qu’on peut le fermer entièrement, soit en char-à-bancs couvert, soit en calèche, et l’on jugera combien celle petite voiture est heureusement appelée à rendre service : — si certaines personnes, qui n’ont qu’un emplacement à pouvoir remiser une voiture et deux chevaux, avaient un double voyage à faire entreprendre, — un domestique, ou toute autre personne aura un tilbury pour aller au nord, — et l’autre tilbury servira à ceux qui ont affaire au sud ; — tout cela avec une seule voiture peu coûteuse, solidement construite et tout à la fois élégante.
Nos. 366 — 367. — Américaine-Wourtz, avec rabais de transposition.
C’est en raison de sa forme cintrée en contre-bas que cette voiture a reçu le nom d’Américaine-Wourtz. Elle est à quatre places d’intérieur, mais on doit y être très-gêné ; il suffirait de tenir la caisse plus longue de quatre pouces, pour que quatre personnes pussent s’y asseoir à l’aise, — et au besoin, le siège peut offrir deux places. Lorsque l'on veut rouler à découvert, les sièges à fauteuil se changent de place à volonté, du devant au derrière — et si, au contraire, on veut rouler renfermé, on peut facilement y adapter une avance et des vasistas. Le dessin, portant le n° 367 à la feuille des accessoires, en indique parfaitement la combinaison : le fauteuil à demi balustre ou plein panneau est quelquefois à palmettes, — mais cela est très-insignifiant : les peintures sont généralement bleues à filets blancs ; — les garnitures grises, et le plaqué blanc. Le train, dont les armons sont toujours en fer, est peint en rouge et gilet blanc ; — les lanternes en sont simples et carrées. Nous avons remarqué de ces élégantes voitures chez M. Vachette, dans les magasins duquel nous avons relevé le dessin que nous donnons aujourd’hui sous le n° 368.
Recueil des autres articles de cette série
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Dans le présent article, nous diffusons des dessins de voitures datant de 1851 et 1852. Ces illustrations extraites de l'ouvrage intitulé "Panorama universel", publié par la revue "Le Mercure ...
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