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Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Ce texte est la suite des articles:

3° SÉRIE.
Cabriolets à 4 roues.

 

N. 279. — Voilure d’Abbas-Pacha.
 

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Caisse extrêmement large, munie de garnitures rebondies couleur amarante, relevées de fleurs blanches ombrées ; cannelures de la caisse richement dorées, comme le train, très-proprement façonné ; siège du cocher monté très-haut, ce qui vaut incontestablement mieux que l’ancienne coutume orientale du siège du cocher inférieur à celui du maître ; un petit marche-pied adapté aux ailes, servant de garde-sable dans ces pays de simoun, comme il sert de garde-boue dans nos climats pluvieux.

 

N. 278. — Cabriolet-milord. — Dernier modèle.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Que vous étiez donc malheureux, nos bons ancêtres du quatorzième et du quinzième siècle, de marcher à pied tout le jour dans la boue. Plus malheureux encore, car vous n’aviez ni pavés, ni asphalte, encore moins de macadamisage, toujours la boue, la noire boue, de la barrière de l’Université à la barrière des Sergents. Fussiez-vous présidents en haute cour de parlement du roi, vous aviez pour tout luxe une mule, et l’Hospital lui-même n’eut jamais d’autre coche.
Il est vrai que les grandes dames de Brantôme et les damoiselles de haut parage se faisaient mollement bercer sur l’ouate de leurs chaises. Mais c’est si long quand on a rendez-vous à la cour d’amour, où va chanter le ménestrel, ou à l’oratoire boudoir, avec un beau page du castel voisin ! Oh ! vraiment, mes belles et nobles dames, vous aviez une surnaturelle patience.
Nous avons, grand Dieu merci, passé les temps où il n’y eut point de voilures... Vivre sans carrosses, répondez, gentlemen et femmes du monde, est-ce possible ? Mais encore, que de variétés commodes et luxueuses, inconnues il y a cinquante ans, il y a trente ans, il y a cinq ans, il y a dix mois, il y a deux jours, il y a cinq heures. — Feu roulant d’inventions élégantes, soyez toujours le bienvenu !
Voici un cabriolet-milord qui vaut bien son pesant d’or pour le luxe et la commodité. C’est un équipage-garçon parfait, on peut s’y débrailler en grand seigneur, y humer le parfum de Havane, sans violer le décorum. Une jolie femme n’est jamais si bien qu’à demi couchée sur le velours moelleusement crispé de ses coussins. Nous leur conseillons d’en user sobrement pour ne pas faire de passions, en courant, en langage sentimental, mais d’en user beaucoup dans l’intérêt de tous les Longchamps du monde.
Poney des écuries Crémieux, harnais de Brun, dont garniture de Besse, enveloppeur en renom.
Munie à ressorts et à pincettes en très-bas, laissant voir le jour entre les brancards et le coffre.
Le panneau est canné, et jonc ou en balustres ombrés. — Assise large d’un mètre huit centimètres, surabondante pour deux places aisées. — Garniture amarante, soyeuse et de bon goût. — Siège garni d’un coussin à bourrelets boudinés. — Garnitures pourprées, filets paille d’Italie, glacé de carmin, peu de plaqué en blanc.

 

N° 571. — Double-Cabriolet, de MM. Cook, Dowlet et compagnie. — Exhibé à Londres, sous le n. 816.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Voyez un peu le rare effort d’une imagination ! Double-Cabriolet !
— Allons, on ne dort pas quand on a tant... d’aplomb !
Qui diable viendra s’aviser de contester la justesse de cette dénomination ? Double-Cabriolet ! ! Voilà qui est bien dit :sur l’ambition superbe du titre, ni sur l’étymologie douteuse du mot.
À part, cependant, le mérite si vrai et si naïf de la désignation, nous aurions scrupule de ne pas faire observer que nous avons déjà le Double-Cab de Calcutta, le Double-Cah, dos-à-dos, et une kirielle de doubles... quoique ce soit : MM. Cook, Rowley auraient bien dû ne pas donner une entorse à cet ancien axiome de droit : « Non bis in idem, — ne mettons pas les doubles dans les doubles, » — traduction libre.
Oh, triste, triste ! comme dit Shakespeare, — une fois dans la voie de la critique, comme il est difficile de s’arrêter ! —
Voilà qu’en faisant un peu plus d’attention à ce Double-Cabriolet, — nous nous apercevons qu’avec un peu de bonne volonté, — et en faisant quelques modifications au siège français, — il deviendrait facile d'en faire une troisième caisse, — que MM. Cook, etc., n’auraient certainement pas manqué, avec leur esprit si positif, d’appeler Triple-Cabriolet ; — et de chapelets de caisses en chapelets, — quelques trains aidant, ils seraient parvenus à une belle série de cabriolets, capables de faire éclater de jalousie tous les wagons du monde.
Nous avons dessiné ce Double-Cabriolet — parce que c’était notre devoir.
M. Delongueil n’aura certes pas de concurrents à redouter pour ce modèle ; quel mauvais instinct a donc pu le décider dans le choix de cette voiture, — création épuisée, quand tant d’autres lui faisaient attrait par leur nouveauté, leur élégance et leur bon goût ? N'est-ce pas l’occasion de rappeler le poète dont parle Boileau, — qui allait choisir Childebrand pour son héros épique !
Nous croyons inutile de donner les mesures de ce Double-Cabriolet.

 


384. — Cabriolet à conque.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

 Sous le N° 862 à l'exposition, il est un autre Cabriolet à quatre roues, avec entretoise derrière, monté sur quatre ressorts à pincettes, et avec ferrure devant, pour être conduit en demi-Daumont.
Ce cabriolet sort des ateliers de M. Hallmarke, Aldebert et Hallmarke, 57, 58, Long-Acre. Cette voiture n'aurait rien d'extraordinaire, et passerait presque inaperçue, sans une espèce de conque ou coquillage sculpté dans du bois, et recouvrant tous les panneaux de la caisse. Cela sent l’originalité anglaise.
On ne peut pas dire que c’est beau, on se garderait de dire que c’est laid ; cependant, c’est excentrique, c'est en dehors de l’uniformité du goût, et cela ne séduit pas.

— Après avoir parlé de ce cabriolet, nous avons une fiche de consolation ; un autre cabriolet, de MM. Jones frères, carrossiers à Bruxelles, et exhibé sous le N° 118, est très-bien monté.
Nous félicitons MM. Jones, ils se sont distingués en exposant quatre voitures ; revenons à ce cabriolet. Au travail de cette voiture, on s'aperçoit à l'instant qu’elle provient de l’atelier d’un homme intelligent et expert, consommé dans sa partie. Le charronnage ; la caisse, les sièges, la garniture et la peinture ne laissent rien à désirer. On s’est fixé trop légèrement à l’opinion que la carrosserie de Bruxelles n’avait pas atteint la grâce et le fini de la carrosserie de la France et de l’Angleterre : on reviendra de cette opinion, car ce qui est exposé peut rivaliser consciencieusement avec les produits de ces deux nations.

 

 N. 274. — Calèche de parc anglaise (forme cab).

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

En voyant cette délicieuse petite voiture, si charmante de simplicité, on sait bien que, légère comme un oiseau, elle ne doit s’ébattre qu’au printemps, ou dans ces beaux jours de soleil qui viennent jeter un sourire à nos hivers.
Traînée par un joli poney anglais, et montée par de blondes ladies à l’œil bleu, elle passe, fière et coquette, dans son déshabillé du matin, à côté des somptueux équipages de milords de la Chambre haute.
Cela vaut à coup sûr mieux qu’un cheval, si doux qu’il soit, pour aller le matin de très-bonne heure, faire à l’aurore sa cour parmi le thym et la rosée, comme le lapin de La Fontaine.
Allez donc, mes gentilles dames, dans cet élégant petit cab, humer les baumes de l’air matinal, et le soir vous enivrer des bruits mourants du crépuscule et des doux susurres de la foule.
La tête du train est mobile à volonté ; nous en espérons beaucoup de succès pour les promenades.

 

N° 378. — Cabriolet exhibé sous le n° 968, de la fabrique de MM. Bille et Brown, 83, Long-Acre.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Ce cabriolet est extraordinaire par sa forme gigantesque et fantastique, — Il est aux voitures ce que les vastes salons des châteaux du moyen âge sont aux salons de nos jours : il y a véritablement dans cette composition de la bizarrerie et de la noblesse en même temps : il semble que c’est une espèce de domicile pour y recevoir les dames de la cour de Louis XIV, paniers et falbalas logés largement. Ce cabriolet représente le pompeux, l’aristocratique, le colosse de Rhodes, les chûtes du Niagara, les pyramides d’Égypte. La main sur la conscience, c’est une œuvre excentrique, et cependant bien exécutée.
Cet équipage est monté sur huit ressorts, dont quatre à l’anse, et quatre à l’essieu avec jambes de force. Ce cabriolet est à flèche et col de cygne.

 

N° 315. — Cabriolet — Phaéton à 2 et 4 places, de M. I. Marshal et comp., rue du Canal, à Birmingham, exposant sous le N° 812.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Le mérite de ce petit cab est d’être d’une forme élégante et moderne, d’avoir à la caisse un dossier à charnière, lequel rabat sur les ferrures de parades qui ornent le derrière et tiennent une coquille relevée en forme de bouclier, coquille que l’on baisse en même temps que le dossier, et alors quatre places se trouvent très-bien disposées. Le montage à trois ressorts derrière est très bien compris pour la suspension, et rend un résultat convenable : les roues, d’un système analogue à celui de l’essieu, sont légères, mais ne font que rivaliser le système ordinaire ; cependant c’est de la nouveauté. Voilà nos appréciations, et il serait superflu d'en dire davantage ; la peinture de la caisse est marron et bleu-clair, il y en a de cannée ; ceci est très varié. Le petit dossier postiche est un large galon rembourré.

 

N° 373. — Demi-Cab, mode française.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Ce Demi-Cab n’est, à vrai dire, aussi qu’une américaine.
Monté sur des roues très-hautes et assez rapprochées, il ne peut manquer d’être léger et rapide. Le seul reproche que nous puissions lui faire, — c’est d’être trop élevé, pour qu’une dame puisse facilement y monter, quand bien même le marche-pied serait mieux calculé et descendrait plus bas.
Aussi, ne considérons-nous cette voiture que comme une voiture de garçon.
Les fauteuils peuvent se changer de place, — celui de devant peut se mettre derrière, et réciproquement. — Le devant inférieur est quelquefois plein au lieu d’être à jour. Les ferrures sont très ouvragées et en même temps très gracieuses.
Le panneau de brisement, où est adaptée une aile, est rayé de peintures, comme celui du devant, quand il s’y en trouve : ces divers détails réunis constituent le genre et la mode de ce Demi-Cab, qu’on ne trouve encore que dans peu de magasins, ceux, particulièrement, où la fashion est habillée à se fournir.
Nous croyons superflu d’en donner les mesures, puisque l’échelle de proportion est au bas du dessin, — disons seulement que, pour la largeur, qui n’est point indiquée, les assises ou parcloses sont larges d’un mètre, pour deux places par chaque assise.

 

N° 319. — Cab, park, phaéton.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

De M. Ward, J., 41, Paris street, Exeter, exhibé à l’exposition de Londres sous le n° 990, avec cette explication : « A cab park phaéton, on springs, with leather robins and axles on Coltinge’s principle. » Ce qui veut dire : « Cabriolet de promenade, monté sur cinq ressorts devant et quatre en châssis derrière, pour tant un siège qui se retourne, — avant-train nouveau système. » ,
Ce cabriolet léger convient spécialement pour y loger les dames : sa construction, la facilité de s’y placer en font un véhicule de prédilection, et le beau si ce ne lui fait pas défaut.
Ce petit cabriolet se distingue par un avant-train des plus élégant, qui a le mérite de raccourcir beaucoup. Le siège que l’on aperçoit derrière peut se retourner quand on veut y faire monter des personnes avec lesquelles on désire causer et s’entretenir.
Le montage de ce cabriolet est excessivement doux, et des ailes élégantes de chaque côté ornent et complètent l’ensemble de ce joli petit véhicule.
La garniture est en maroquin vert, mode qui commence à s’étendre et qui doit avoir un grand succès.
En regard de la voiture, on donne ici, en plan de terre, l’élégant avant-train dont on a parlé plus haut.

 

N° 314. — Cabriolet-milord.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Ce cabriolet à jour, dit Milord, est des plus élégants, sa forme est des plus gracieuses : l’amateur de voitures, qui est homme de goût, ne peut manquer de l’avoir dans ses remises.
En offrant ce charmant modèle à nos lecteurs, nous sommes sûrs à l’avance qu’ils nous en sauront gré, car c’est véritablement le cabriolet de la haute fashion.
Nous n’entrons point dans les détails de sa construction, ni dans ce qui concerne son montage, la gravure en rend suffisamment compte, et nous craindrions de manquer à nos lecteurs, si nous pouvions douter un instant de leur intelligence à cet égard.

 

N. 323. — Compteur de l'espace.

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

L’essieu de derrière tourne et fait aboutir une chaîne sans fin à l’espèce de cadran, pareil à un compteur à gaz, et l’aiguille marque alors la distance parcourue. Les galets de chaque côté sont tout bonnement pour obvier aux inconvénients des ornières. 

 

N° 312. — Description du Cabriolet demi-Daumont de MM. Robinson et Comp., carrossiers de Sa Majesté la Reine, 12, Mount Street, Grosvenor Square. London.
 

Les 120 VOITURES du "Panorama universel" par Guillon en 1851: 3° série, cabriolets à 4 roues.

Cette caisse élégante, longue, est assez large pour que deux personnes y soient à l’aise. — Des ailes garnies de cuir verni garantissent l'intérieur de la boue ou de la poussière que les roues occasionnent habituellement dans ce genre d’équipage ; ces mêmes ailes ne font qu’un avec un large garde-crotte qui orne le devant de la caisse et l’accompagne parfaitement dans son ensemble.
Ce qui fait le grand mérite de cette voiture, c’est que l’avant-train, dont les roues de devant sont de première hauteur et très-rapprochées de la caisse, tourne sur place, et cela sans passage pratiqué exprès. Le motif existe dans l’avant-train, qui porte son centre à chaque côté d’armon, et d’une manière si simple qu’il faut le voir fonctionner pour s’en apercevoir. Du reste, le dessin d’avant-train accompagne celui du cabriolet et donne une idée meilleure que n’importe quelle explication.
On peut conduire soi-même du dedans, et, à cet effet, on a un coussin élevé qui se met du côté droit.
L’entrée du cabriolet demi-Daumont est très-facile, et convient parfaitement pour une dame.

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