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Le saviez vous ?

 

 

Le saviez vous ?

Le saviez vous ?

 

 

En 1761, sous le règne de Louis XV, Louise Julie Constance de Rohan, épouse du comte de Brionne devint «  Madame la Grande, Grand écuyer du roi » !

Elle avait 27 ans, elle était mère de quatre enfants.

«  Monsieur le Grand », le comte de Brionne, son époux, petit neveu et successeur de Charles de Lorraine à cette charge si prestigieuse, régnait depuis 10 ans sur les Petites et les Grandes Écuries du roi.

Il venait d’être tué à la chasse. Il avait 36 ans.

Lourde charge, puisque les Grandes Écuries étaient affectées aux chevaux de selle, et les Petites, dévolues aux chevaux attelés, aux carrosses et aux chaises à porteurs. Le Grand écuyer gérait également les haras créés par Colbert et l’Académie d’équitation. De 5 heures du matin à minuit, il fallait être auprès des chevaux, auprès des pages, attelé aux devoirs de son administration, auprès du roi, à son lever, à son souper, à la chasse… mais il vivait dans un appartement somptueux ouvrant ses fenêtres sur le château de Versailles, avec des avantages que l’on n’imagine pas.

La charge était héréditaire.

Peut-être croyez-vous qu’il était nécessaire d’être un exceptionnel cavalier pour accéder à cette charge… que nenni ! Monsieur de Brionne ne la tenait que parce qu’il était le petit neveu de Charles de Lorraine, et la famille de Lorraine qui en avait hérité, se la transmettait depuis que le marquis de Cinq Mars, Grand écuyer et favori de Louis XIII avait été décapité pour trahison.

À la mort du comte de Brionne, son fils aîné, Charles Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, n’avait que 10 ans. Il en fallait 25 pour être titularisé.

Femme de caractère et amie intime du duc de Choiseul, premier ministre, Madame de Brionne prétendit conserver les charges lucratives de son mari en faveur de son fils.

Jamais on n’avait connu telle situation.

Le roi lui promit que son fils deviendrait grand écuyer, mais l’idée de voir la mère à la tête de ses écuries en attendant… même si la comtesse était spirituelle et belle comme le jour, et même si elle était à son goût, à ce que l’on en a dit… ne l’enthousiasmait pas.

Madame de Brionne se défendit bec et ongles prétextant que par le passé, d’autres femmes avaient remplacé leur mari à des charges importantes.

Alors, de guerre las, le roi laissa faire… mais on sait que ce que femme veut, Dieu le veut !

Chasseresse intrépide, montant admirablement à cheval, « Madame la Grande » sut tenir les rênes des Écuries, éleva son fils fort bien, tout en veillant à la turbulente « école des pages », les fils de famille… aux écuyers, valets, palefreniers, maréchaux-ferrants, au chirurgien, à l’apothicaire, à plus de 2000 chevaux, à leur magnifique sellerie, à leur ravitaillement et à l’entretien des bâtiments.

À 25 ans, comme prévu, le prince de Lambesc lui succéda.

 

Louise de Brionne eut réellement une destinée hors du commun.

Née sous le règne de Louis XV où son étoile étincela, elle fut mal en cour sous Louis XVI parce qu’elle était la cousine germaine du cardinal de Rohan dont on sait la regrettable histoire du collier et ses conséquences.

À la révolution, elle émigra en Autriche et mourut en Hongrie le 21 mars 1815, exactement comme Napoléon, revenant ventre à terre de l’île d’Elbe, reprenait des Tuileries dont Louis XVIII n’eut que le temps de s’échapper.

Amie de Voltaire et de Talleyrand…

Une héroïne de roman.

Elle avait 79 ans.

 

Julie Wasselin

 

 

 

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moreau denis 21/02/2018 09:46

Un régal comme d'habitude, chère Julie, éffectivement ce que femme veut.........On connait!!!

midolu 20/02/2018 16:47

Merci pour nous avoir si bien conté cette destinée hors du commun d'une femme " de tête " et de cheval !