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Vous trouverez une présentation très accessible des articles de vos "THEMES FAVORIS" dans le répertoire ci dessous.

De la voiture médiévale bâchée au carrosse moderne.

L’étude des voitures médiévales et post-médiévales se heurte à une difficulté majeure : la rareté et la , qu’il s’agisse d’enluminures ou de chroniques. Il apparaît donc plus pertinent d’aborder l’ de transport de passagers à partir des exemplaires encore conservés aujourd’hui, en s’appuyant sur leur description, leur histoire et leur usage.

Cette présentation sera introduite par une  l’utilisation des voitures au Moyen Âge.

Origine de l'utilisation des voitures de voyage au Moyen Âge :

La chute de l'Empire romain, les conflits prolongés et les migrations successives en Europe ont provoqué la fragmentation des pouvoirs économiques et politiques, entraînant ainsi la déstructuration du réseau routier. Certaines routes n'ayant plus d'usage sont abandonnées, et de nombreuses autres ainsi que leurs ouvrages d'art, comme les ponts, deviennent inutilisables par manque d'entretien. De plus, la multiplication des conflits et l'errance de bandes de mercenaires et de brigands insécurisent les voies de transport, qu'elles soient fluviales ou terrestres. Cette situation rend difficile l'utilisation des voitures à quatre roues et limite tout élan technique visant leur perfectionnement durant le haut Moyen Âge (V°-X° siècle).

Au cours du Moyen Âge central (XI°-XIII° siècle), le transport de marchandises par véhicules hippomobiles connaît une expansion significative, malgré l'état souvent précaire des voies de communication, la persistance du brigandage et les nombreux péages féodaux. Cette expansion s'explique en partie par la croissance du commerce, stimulée par l'essor des foires qui, dès la fin du XII° siècle, deviennent des lieux d'échange incontournables. Cette dynamique commerciale requiert des capacités de transport supérieures à celles offertes par les seuls animaux de bât, ce qui entraîne une augmentation notable de l’utilisation des charrettes à deux roues et des chariots à quatre roues.

Les voyageurs, quant à eux, se déplacent essentiellement à pied pour le peuple et à cheval pour les nobles. Les femmes voyagent peu, et pour beaucoup, leur plus long voyage, voire le seul, est celui qu'elles font pour se rendre à leur mariage. La culture courtoise, initiée par le monde de la chevalerie, réserve l'usage de la voiture et de la litière aux seules femmes de la noblesse.

 La première mention documentée d’un tel véhicule remonte à 1207 : Béatrice, fille du dernier roi de Provence, rejoint Naples pour épouser Charles I° d’Anjou dans une voiture recouverte de velours bleu et brodée de lys dorés. L’usage du chariot féminin est également adopté en Italie. Vers 1300, à Milan, un chariot richement décoré est spécialement créé pour le mariage de Galeazzo Visconti et de Béatrice d’Este.  À la fin du XIII° siècle, la femme du duc de Clermont possède un chariot d'une grande valeur, mais la voiture n'y participe qu'à hauteur d'un dixième. " À vrai dire, ce sont les garnitures, les carreaux d'écarlate, les tapis et les multiples détails de l'agencement et de la décoration qui représentent les neuf dixièmes du prix "- Joseph Jobbé, Au temps des cochers-.

Dès leur origine, les voitures privées sont donc à la fois un moyen de transport et un marqueur de position sociale. Les véhicules étaient initialement conçus de manière rudimentaire, proches de celle des chariots utilisés pour transporter les meubles et les effets personnels lors des voyages, ne se distinguant d'eux que par leur apparence et le confort limité procuré par des coussins ou des fourrures. L’illustration ci-dessous, bien qu’accompagnant une allégorie et ne pouvant être considérée comme un témoignage historique fiable, offre toutefois une vue d’ensemble de la structure générale des chariots médiévaux.

Cette enluminure de 1405 est extraite de La Cité des dames, un ouvrage écrit par la poétesse et chroniqueuse Christine de Pisan. Cet ouvrage est une allégorie dédiée à la gloire des héroïnes, en particulier antiques.

Cette enluminure de 1405 est extraite de La Cité des dames, un ouvrage écrit par la poétesse et chroniqueuse Christine de Pisan. Cet ouvrage est une allégorie dédiée à la gloire des héroïnes, en particulier antiques.

Au XIII° siècle, le " chariot de femme " se compose d'une caisse rectangulaire fixée directement sur le châssis supportant les essieux. Il est surmonté d'arceaux recouverts d'une toile pendant le voyage, toile  remplacée par des parements plus luxueux à l'arrivée sur les lieux de la cérémonie. Bien que l', ce chariot bâché — qu’il soit suspendu ou non — est désigné sous le nom de " Kobelwagen ". Selon R. H. Wackernagel, .

 Ce terme figure dans un inventaire de voitures du duc de Munich datant de la fin du XVI° siècle, qui précise par ailleurs que le Kobelwagen est déjà considéré comme un modèle dépassé, mais conservé par tradition. A l'origine, cette voiture médiévale rustique, pouvant transporter jusqu'à une douzaine de personnes, ne dispose ni d'un avant-train tournant, ni de suspensions, ce qui la rend inconfortable, peu maniable et lente. Elle est équipée d'un brancard ou d'un timon et est attelée à des chevaux harnachés de colliers. Ceux ci sont menés par un cavalier ou par des hommes à pied lors des cérémonies officielles. L'entrée dans ces premières voitures, assez grandes pour abriter la " noble dame " et sa suite, s'effectue par l'arrière. Progressivement, les caisses se réduisent et deviennent accessibles par des ouvertures latérales.

Miniature anglaise de 1320

Miniature anglaise de 1320

Sainte Élisabeth se rend de Hongrie au château de Wartburg. Tableau du chœur des chanteurs de l'hôpital Heilig-Geist de Lübeck. Vers 1430.

Sainte Élisabeth se rend de Hongrie au château de Wartburg. Tableau du chœur des chanteurs de l'hôpital Heilig-Geist de Lübeck. Vers 1430.

L'utilisation de ce type chariot bâché perdure jusqu'au  XVI° siècle. Il bénéficie alors de quelques adaptations techniques au niveau du train et de l'évolution ornementale de sa caisse. En raison du manque de documentation fiable et de l'inexistence, à notre époque, de vestiges de voitures du XIII° au XV° siècle, il est difficile de reconstituer de manière exhaustive l'histoire et les caractéristiques précises de chaque évolution. Je me limiterai donc, dans un premier temps, à en citer les principales innovations techniques :

Les roues

Au haut Moyen Âge, les roues, bien que majoritairement à rayons, sont encore de conception rudimentaire. Par la suite, les charrons perfectionnent le carrossage des roues et pratiquent de plus en plus leur ferrage. Au Bas Moyen Âge, le métier de charron est reconnu et établi, avec la production de roues plus fiables et mieux adaptées à leurs différents usages.

L'avant train tournant:

Nous n'en trouvons sa première représentation qu'en 1415 dans une caricature de l'accident de voiture du pape déposé Baltazare Cossa. Il est également représenté à plusieurs reprises dans le "livre de maison" de la famille Waldburg- Wolfegg- Wadsee daté de 1470. Cependant, selon de nombreux auteurs actuels, l'utilisation de l'avant-train tournant serait plus ancienne et remonterait au moins, pour les voitures de transport de charges lourdes, à la fin du haut Moyen Âge.

Caricature de l'accident de Baltazare Cossa

Caricature de l'accident de Baltazare Cossa

Armée en mouvement: extrait du livre de maison de la famille Walburg. L'extrèmité des armons et de la sassoire les reliant (éléments constitutif du train avant tournant) apparaissent nettement à l'exterieur de la partie avant de la caisse.

Armée en mouvement: extrait du livre de maison de la famille Walburg. L'extrèmité des armons et de la sassoire les reliant (éléments constitutif du train avant tournant) apparaissent nettement à l'exterieur de la partie avant de la caisse.

Ce type de train avant tournant rudimentaire muni d'une cheville ouvrière est dit à sassoire. La sassoire est la traverse de bois qui relie les extrémités des armons d'un avant-train. Les améliorations de la maniabilité et de l'angle de braquage qu'il apporte sont limitées par les roues et les forces de frottement de la sassoire sur la caisse ou sur la flèche pour les véhicules suspendus.  

Suspension des voitures : 

Au XIV° siècle, des documents décrivant des cérémonies officielles (obsèques, cortèges royaux ou seigneuriaux entrant dans des villes, etc.) font état de la présence de voitures suspendues : " char branlant " du duc de Berry en 1374, " chariots branlants " accompagnant la reine Isabeau de Bavière lors de son entrée à Paris en 1405, etc. Le principe central de la suspension consiste à désolidariser la caisse du train de la voiture. Les deux éléments avant et arrière du train sont reliés entre eux par une longue pièce axiale en bois, droite ou courbée, appelée flèche.

 

Train à flèche avec avant train à sassoire. Extrait enluminure armes Francesco de carrera 1376. (Source BNF.)

Train à flèche avec avant train à sassoire. Extrait enluminure armes Francesco de carrera 1376. (Source BNF.)

La caisse est reliée au train par des suspentes; en chaînes, en cuir ou en corde, elles-mêmes fixés à des pièces de bois appelées moutons et situées au niveau des essieux. Cette enluminure présente un chariot suspendu faisant partie du cortège accompagnant Isabeau de Bavière lors de son entrée à Paris en 1405, Il se caractérise par la présence de potences incurvées dont l'extrémité est orientée vers l'extérieur. Ce modèle de mouton est également présent dans cette maquette d'une voiture agricole du Moyen Âge.   

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Les voitures plus récentes encore conservées présentent un autre positionnement des moutons : rectilignes et non incurvés, ils sont fixés de façon oblique grâce à des renforts métalliques reliés aux trains.

Les caisses.

Progressivement, les voitures se différencient par leur fonction :

-les voitures  destinées aux membres de la suite de l'aristocrate, dont l'aspect de chariot bâché branlant semble peu évoluer jusqu'à la fin du XVI° siècle." deux chariotz branslans où vont partie des filles, damoiselles, femmes de chambre de madicte dame et des dames et des dictes damoiselles ".-passage des comptes de Marguerite de France pour l’année 1550- 

-la voiture dédiée à l'aristocrate et aux membres de sa maison les plus proches*, va bénéficier quand à elle d'un foisonnement d'améliorations artistiques et techniques*. Je vous propose de découvrir l'évolution de ces voitures d'apparat à travers la description de celles qui sont documentées ou encore conservées de nos jours.**

* En France, la litière jugée plus confortable est préférée à la voiture comme véhicule d'apparat. Elle était somptueusement décorée comme la litière de Marguerite de Valois lors de son voyage en Flandres vers 1570 " à piliers doublez de velours incarnadin d’Espagne, en broderie d’or et de soye nuée, à devise ". Cela explique en partie l'utilisation tardive et limitée de la voiture par l'aristocratie française. La mode en sera importée d'Italie que dans la deuxième partie du XVI°.

** Il faut cependant garder une certaine réserve dans les résultats de leur observation car ils ont pu être modifiés ultérieurement à leur première utilisation de par leur histoire ou de leurs éventuelles restaurations.

 

Evolution technique et artistique des voitures à travers la description, l'histoire et l'utilisation des exemplaires encore conservés de nos jours.

Le vestige de voiture le plus ancien encore conservé est une caisse de style gothique tardif dont on ignore si elle était suspendue ou reposait directement sur les essieux. Elle est actuellement exposée au musée Joanneum de Graz, en Autriche.

 

Caisse de la voiture de mariage d'Eléonore du Portugal avec l'empereur Frederic III.

Caisse construite dans le duché de Syrte: hauteur 1,24 m, longueur 2,58 m, largeur 1,68 m.

Cette voiture a été utilisée en 1452 par Éléonore du Portugal lors de son mariage avec l'empereur Frédéric III. Ce dernier l'a ensuite utilisée pour se rendre à la diète impériale de Francfort, en 1474. Cette utilisation est à souligner, car elle marque l'une des premières manifestations d'une nouvelle tendance dans l'utilisation des voitures. Jusqu'alors réservée aux femmes, la voiture d'apparat devient le symbole de la puissance et de l'autorité du souverain, et plus largement de l'aristocratie. 

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

À la différence des modèles initiaux évoqués précédemment, cette caisse ne comporte pas de soubassement rectangulaire. Elle se compose donc de simples et larges arceaux très bombés, reliés directement au plancher, ce qui lui confère une forme générale de tonneau coupé aux trois quarts. Les arceaux, décorés d'écussons sur leur face interne, sont solidarisés par des longerons dont les extrémités ornées sont absentes. Ces décorations en forme de boule ou de rose contribuent également au maintien des somptueuses tentures qui recouvrent le véhicule.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Les éléments décoratifs sculptés se concentrent principalement sur les panneaux avant et arrière. Leur particularité réside dans la transposition de principes architecturaux gothiques sur un objet artisanal, un phénomène également observable dans le mobilier liturgique ou la reliure. La face avant est composée de trois panneaux délimités par deux pinacles. Le panneau central présente les armoiries impériales soutenues par deux anges, tandis que les panneaux latéraux représentent des Maures tenant les armoiries d'alliance.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.
De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Avec la Renaissance, l’usage des voitures particulières s’étend donc au-delà de la noblesse féminine pour s'élargir à l'ensemble des membres des maisons princières, dont elles deviennent un des symboles de leur pouvoir. L'un des exemples les plus remarquables de cette progressive mutation est la caisse dite du " char d'or ", conservée à Cobourg jusqu'à la moitié du XX° siècle. Aujourd'hui disparue, il n'en reste que quelques rares photos, heureusement présentées et documentées par Heinrich Kreisel en 1927 dans son ouvrage "Prunkwagen und Schlitten".

 

Caisse de la voiture de mariage du prince électeur Jean Frédéric le Magnanime de Saxe avec Sybilla von Cleve en 1527.

Panneaux latéraux
Panneaux latéraux

Panneaux latéraux

Cette caisse dorée reprend les caractéristiques du Kobelwagen, avec une caisse surmontée d'arceaux reliés par des longerons. Les anneaux d'attache métalliques situés à ses quatre extrémités attestent qu'elle était suspendue. Ce véhicule aurait été fabriqué dans un atelier de Cobourg. 

"Cela est corroboré par la récurrence de certains motifs ornementaux, tels que les couples de dragons entrelacés observés dans l’architecture locale de l’époque de Jean Frédéric. De plus, la conception des charriots princiers était généralement confiée à un artiste de cour, chargé de la conception globale, tandis qu’un sculpteur de cour réalisait la partie ornementale et que le constructeur du charriot s’occupait de l’aspect technique. L’étude du charriot nuptial de la duchesse Renata de Lorraine confirme la coutume selon laquelle le marié offrait le carrosse à la mariée".-Kreisel op.cit-

Extrèmité de la caisse avec sa grille ornementale.

Extrèmité de la caisse avec sa grille ornementale.

L'ensemble de la caisse est richement sculpté:

 "Le cadre inférieur, divisé en panneaux, présente une ornementation en relief particulièrement riche et raffinée. Les panneaux latéraux affichent des motifs végétaux, tandis que les panneaux centraux associent éléments décoratifs et figuratifs : d'un côté, on y retrouve des scènes représentant la classe agricole (un paysan en train de semer et un autre en train de battre le grain), et de l'autre, des lansquenets arborant un drapeau et une hallebarde, symboles de la classe militaire. Les sculptures ornementales dorées sur fond sombre du char se démarquent à une époque où les formes gothiques tardives prédominent encore. Les armoiries des mariés figurent sur les panneaux étroits du Kobelwagen et l’ensemble est surmonté d’une grille ornementale. » -Kreisel op dj cité-

Le choix des motifs vise à illustrer les piliers du pouvoir princier : l'agriculture et l'armée, représentés de manière allégorique. Cette pratique d'orner les caisses de représentations symboliques du pouvoir du propriétaire restera la norme jusqu’à la fin du XVIII° siècle.

Cette influence grandissante de la Renaissance s'exprime également dans deux caisses familiales exposées en 1906 par le comte Serego degli Alighieri à l'exposition rétrospective de Milan. Il en a fait la description, accompagnée de reproductions graphiques, dans un texte qu'Attelage- patrimoine a précédemment publié sous le titre " Les caisses de Vérone "

Nous porterons plus particulièrement notre attention sur la deuxième caisse.

 

Caisse de la famille Serego Alighieri.

Caisse: longueur 1m80, Largeur 1m02, hauteur 1m10

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Cette caisse relativement courte, construite entre 1549 et 1572 est un témoignage de l'influence de la renaissance sur l'évolution des voitures en Italie. Elle est ainsi décrite par Kreisel 

"Elle illustre comment la Renaissance italienne a adapté le motif gothique, en conservant la forme du tonneau mais en renouvelant les détails avec des éléments courbes et décoratifs, tels que des pièces en lyre et des motifs d’acanthe. La porte présente une ornementation figurative et les côtés arborent des armoiries dans un décor de grotesques, soulignant une évolution stylistique vers l’allègement et la diversité des éléments."

 

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Progressivement, les voitures vont ainsi s'éloigner du style gothique pour adopter de nouvelles formes esthétiques inspirées de la Renaissance. Au début du XVI° siècle, de nouvelles voitures suspendues vont apparaître en Hongrie et en Italie. Tout en conservant le bas de caisse du kobelwagen, elles présentent une large séparation entre la caisse et le toit. Celui ci, plus ou moins courbé, nommé pavillon est soutenu par des montants richement sculptés et ornementés, appelés quenouilles.  L'espace ouvert entre le pavillon et les panneaux de caisse richement décorés est fermé par des rideaux suspendus fabriqués dans les plus beaux velours et les meilleures soies. La caisse est reliée par des suspentes en chaîne ou en cuir à des moutons en position inclinée, eux-mêmes renforcés par des contreforts métalliques. Ils diffèrent donc de ceux incurvés utilisés dans les premiers chariots branlants. Le train avant est toujours pourvu d'un angle de rotation réduit, limité par une flèche droite et de très hautes roues. Deux de ces voitures, assez tardives connues sous le terme générique de coche, sont conservées au musée de la forteresse de Cobourg.

Coche de mariage du duc Guillaume le jeune et de la princesse dorothée du Danemark.

À l'origine, en 1561, voiture de mariage du duc Guillaume le Jeune de Brunswick-Lunebourg et de Dorothée, princesse de Danemark, elle a été utilisée une deuxième fois en 1599 par leur fille Marguerite de Brunswick-Lunebourg lors de son mariage avec le duc Jean-Casimir. Le coche a été fabriqué dans la ville danoise de Kolding.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

La caisse de la voiture, entièrement dorée et ornée d'étonnantes décorations aux quatre angles, est suspendue par des cuirs à des moutons. inclinés et renforcés par des contreforts métalliques. Les moutons avant, sont couronnés de lions héraldiques. Les faces avant et arrière de la caisse portent respectivement les armes de Brunswick-Lunebourg et du Danemark. Les quenouilles sont inclinées ce qui donne à la caisse une forme trapézoïdale resserrée vers le bas; positionnement annonciateur des futurs coches baroques.  

L'angle inversé des roues n'est pas à tenir en compte (Il peut être du au vieillissement ou à l'adaptation ultérieure de roues provenant d'une autre voiture?)L'angle inversé des roues n'est pas à tenir en compte (Il peut être du au vieillissement ou à l'adaptation ultérieure de roues provenant d'une autre voiture?)

L'angle inversé des roues n'est pas à tenir en compte (Il peut être du au vieillissement ou à l'adaptation ultérieure de roues provenant d'une autre voiture?)

Les textiles recouvrant le pavillon ainsi que les rideaux suspendus coussins fauteuils amovibles n'ont pas été conservés.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

 

Voiture de mariage d'Anne de Saxe  avec duc Jean-Casimir de Saxe-Cobourg

Voiture de mariage en 1586 d'Anne, fille de l'électeur Auguste de Saxe, avec le duc Jean-Casimir de Saxe-Cobourg. Ce mariage fut dissous en 1591, et en 1599, Jean-Casimir épousa Marguerite de Brunswick-Lunebourg, en utilisant cette fois la voiture que nous vous avons précédemment présentée.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Jusqu'à présent, aucune information fiable ne permet de connaître l'origine de la construction de ce coche, qui présente globalement les mêmes caractéristiques que le précédent. Il se différencie toutefois par la présence en saillie d'étriers en fer gainés de cuir encadrant les ouvertures latérales de la caisse. Ils soutiennent des marchepieds qui s'étendent sous le niveau de la caisse permettant ainsi aux passagers de s'asseoir en y reposant leurs jambes. Cette particularité, qui permet d'ajouter des places supplémentaires au niveau des portières, est l'une des caractéristiques communes aux coches construits à la fin du XVI° siècle et au début du XVII° siècle. Des moutons richement sculptés et dorés portent des lions couronnés assis, les pattes écartées. Entre les paires de lions se trouve une grande plaque héraldique dorée sur laquelle sont représentées, à l'avant comme à l'arrière, les armes distinctives des époux.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.
De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Les panneaux de la caisse sont ornés de motifs végétaux et de fruits sculptés en relief dans un style déjà influencé par le baroque. Aux quatre coins, des quenouilles élancées supportent un pavillon à peine voûté dont la face intérieure est ornée de cœurs, de cartouches et d'entrelacs.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Le coche, voiture somptueusement décorée attelée et de distinction sociale indispensable dans la société itinérante qu'est devenue l'aristocratie à la renaissance. L'utilisation de ces voitures de prestige se vulgarise et se diffuse dans l'ensemble de l'aristocratie et de la grande bourgeoisie. Tout en gardant sa fonction de prestige, le coche va évoluer vers la recherche de plus de confort. A la fin du XVI°, adoucissant la structure verticale et étroite du style renaissance, émerge une nouvelle forme de voiture de style baroque. 

Le train présente un progrès notable grâce à l'allongement de la flèche, qui, associé à la diminution de la taille des roues avant, favorise quelque peu la manœuvrabilité. L’ajout le plus significatif reste néanmoins le siège du cocher, qui devient un élément distinctif dans la construction et l’ornementation des voitures d’apparat.

La caisse, sur laquelle est posé un pavillon soutenu par des quenouilles inclinées, confère à l'ensemble une forme trapézoïdale. Les côtés de la voiture ne sont toujours protégés que par des rideaux suspendus ou enroulables. On y accède par une large marche fixe encadrée d'un bâti en fer qui fait saillie sur les côtés et forme ainsi un coffre appelé " botte ". La botte fait également office de porte. Elle est fermée par une pièce de cuir ou d'étoffe clouée en bas de la marche et fixée en haut à une pièce de bois amovible maintenue à la ceinture de la voiture par des crochets. Les passagers assis aux ouvertures peuvent ainsi s'appuyer sur la barre, leurs jambes étant protégées par la botte. Ces différentes caractéristiques, en particulier la botte, apparaissent nettement sur ce dessin représentant un coche offert au tzar Boris Godounov.   

 

Présentation graphique datant de 1880 du coche du TzarPrésentation graphique datant de 1880 du coche du Tzar
Présentation graphique datant de 1880 du coche du Tzar

Présentation graphique datant de 1880 du coche du Tzar

Voici une présentation plus détaillée de cette voiture actuellement conservée au palais des armures du Kremlin.

Coche ayant appartenu au Tzar Godounov

Les archives du palais des Armures du Kremlin ainsi que les documents relatifs à la rénovation du véhicule en 1677-1678 attestent de son origine anglaise. Е.В. Когут. dans "Английская карета царя Бориса Годунова. (Le coche anglais du tsar Boris Godounov- 2015-). "  privilégie l'hypothèse de sa construction à la toute fin du XVI° siècle. Il aurait été spécialement réalisé pour être offert à la Russie en cadeau diplomatique au Tzar Boris Godounov par le roi d'Angleterre Jacques I°. Cette hypothèse s'appuie sur les bonnes relations commerciales entre les deux pays, la présence de deux bas-reliefs dorés représentant les armoiries de l’État russe sous le règne de Boris Godounov, l'étude de l'ornementation des panneaux de caisse et la liste des cadeaux offerts au tsar en 1604 par l'ambassadeur d'Angleterre Thomas Smith. Cette dernière inclut un véhicule garni de velours. 

Selon les archives, après la mort du Tzar Boris Godounov en 1605, ce coche a été utilisé jusqu’à la fin du XVII° siècle pour les déplacements des Tzars Michel Fiodorovitch et Alexis Mikhaïlovitch, notamment lors de la réception de l’ambassade polonaise de Kazimierz Sapieha et Michał Czartoryski.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

 Le style baroque de ce véhicule s’exprime particulièrement dans l’usage de cariatides et de grands cartouches ornementés, tandis que la fonction technique du bâti est masquée par un décor de rinceaux forgés. A noter que les moutons sont reliés par des entretoises formant ainsi des tiroirs* richement sculptés.

*Tiroir: Elément du train arrière constitué du lisoir ou de la planche de valet de pied, des deux moutons verticaux, de leurs arcs-boutants et de l'entretoise. Richement sculpté, il joue surtout un role décoratif"-Garsault-

Le véhicule est richement décoré de sculptures et de peintures, dont voici la description. 

Parti arrière de la caisse.

On peut admirer une sculpture représentant une bataille entre chrétiens et musulmans.  Cette planche en relief fait l'objet de plusieurs interprétations historiques. Selon l'une d'elles, elle représenterait la prise de Kazan par Ivan le Terrible en 1552 ou la défense de Moscou par Boris Godounov contre l'invasion du khan de Crimée Kazy Giray en 1591. Cependant, il convient de noter que le couvre-chef du meneur des chrétiens rend difficile son identification avec les tsars russes, car il est surmonté semble t il d'une fleur de lys.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Détail de la sculpture sur la face avant: Procession triomphale sous la bannière de l'aigle à deux têtes.

Les chercheurs n'ont donc pas encore réussi à déterminer si le char représente une bataille spécifique ou s'il s'agit d'une image symbolique de la lutte des Russes contre les Turcs, ou plus généralement des chrétiens contre les musulmans. Quoi qu'il en soit, un cadeau comportant de telles scènes témoigne d'une déclaration de l'Angleterre sur la nécessité d'unir les chrétiens pour lutter contre les musulmans, en particulier les Turcs.

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Détail des sculptures de chasse sur les panneaux latéraux.

Les panneaux latéraux représentent des scènes de chasse au lion, au sanglier, au léopard et à l'ours. Il est intéressant de noter que les chasseurs représentés sont à la fois des Européens (chasse à l'ours) et des Turcs (chasse au lion)

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.
De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Peinture sur le haut des panneaux:  

Les panneaux latéraux sont peints de paysages. La rangée supérieure représente des parcs ombragés avec des lacs et des étangs, des châteaux médiévaux avec des tours et des ponts, des scènes de genre (sorties à la chasse, bergers), des paysages marins. La rangée inférieure représente des scènes de chasse, y compris de créatures mythiques, comme le dragon.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Décors sculptés des quenouilles:

On trouve des représentations de licornes, d'éléphants, de serpents, de sangliers, de taureaux, de renards, de singes, de chevaux, de chevreuils, de cerfs, de léopards, de cygnes, de pélicans, de paons, de chouettes et d'autres créatures.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Splendeur des rideaux en velours et de leur doublure intérieure:

Le revêtement en velours de la voiture joue un rôle tout aussi important que les éléments sculptés et les peintures dans l'opulence de l'ensemble. Le velours cerise recouvre le pavillon de la voiture et sert de rideaux. À l'intérieur, contre la paroi arrière de la carrosserie, se trouve un fauteuil profond et moelleux avec des accoudoirs : la place du Tzar. Il est plus tardif et provient du traîneau de Mikhaïl Fedorovitch.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Au centre du ciel  se trouve la représentation d'un aigle à deux têtes, brodé de fils d'argent et orné de perles. Les chercheurs russes font l'hypothèse que cette broderie est plus tardive et qu'elle a été réalisée en Russie dans la seconde moitié du XVII° siècle.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Tiroir avant du train :  

La partie supérieure du tiroir est orné de sculptures représentant des fruits. Les moutons comportent deux figures allégoriques. L'une tient un bouclier orné d'un mascaron dans ses mains, l'autre une tête humaine. 

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.
De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Des figures héraldiques représentant un aigle et un griffon surmontaient les moutons, mais seule la figure du griffon a été préservée. Un aigle à deux têtes est représenté à la peinture noire sur le bouclier qu'il tient. " L'apparition si fréquente des armoiries de l'État russe confirme l'hypothèse selon laquelle ce carrosse aurait été spécialement commandé pour être offert en cadeau au tsar russe. " - Е.В. Когут-

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Tiroir arrière de la caisse:

 La traverse supérieure du tiroir est ornée, en haut, d'un bouclier représentant un aigle à deux têtes sous une couronne, tenu par deux guerriers appuyés sur des panthères : l'un tient une épée, l'autre un étendard.  Les moutons soutenant la traverse sont surmontés de figures héraldiques : un lion et une licorne tenant des boucliers."Les sculptures du lion et de la licorne ont une signification particulière, car ce sont elles qui soutiennent le bouclier sur les armoiries nationales de l'Angleterre. C'est pourquoi leur emplacement de part et d'autre des armoiries de la Russie renforce la déclaration de l'Angleterre sur les relations d'alliance et les liens d'amitié entre elle et la Russie."-Е.В. Когут-

Les moutons comportent deux figures allégoriques armées respectivement d'une épée et d'un fusil.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Représentation sculptée de Saint Georges terrassant le dragon, dans la partie inférieure du tiroir:

Dans la partie inférieure du tiroir se trouve un bouclier représentant Saint Georges terrassant le dragon. Le bouclier est soutenu par deux figures masculines à demi nues.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

 L'extrême luxe de cette voiture n'est pas une exception. Des matériaux précieux tels que le velours, l'or ou l'ivoire ornent ces véhicules. Il en va de même pour les harnais des chevaux, souvent recouverts de velours et ornés de riches boucleries et d'ornements précieux. 

"En 1609, Béatrice Bentivoglio, épouse du comte Ércole Pepoli, se rendit à la cérémonie nuptiale dans un carrosse entièrement doré, recouvert de velours bleu et noir. Lors d'un autre mariage de la même époque, Anna Maria Borromei parcourut la ville dans une voiture recouverte de velours cramoisi à l'extérieur et de brocart doré à l'intérieur. La caisse est ornée de garnitures en argent et surmontée de vases également en argent". -Marjorie Meiss Aven. Les Guise et le paraitre-.

La généralisation de l'usage du coche, objet de luxe et de représentation sociale, comme moyen de transport quotidien de la haute société, entraine la recherche de l'amélioration de son confort.

Vue du port de Messine par John William Baur (1607-1642)  ( Gouache sur vélin exposée à Paris au musée du Louvre)

Vue du port de Messine par John William Baur (1607-1642) ( Gouache sur vélin exposée à Paris au musée du Louvre)

Les tentures vitrées qui remplacent les rideaux du coche de voyage de Philippe II, conservé au musée de Lisbonne, en sont un exemple.  

Coche de voyage de Philippe II

Moins somptueuse que le coche de Moscou, cette voiture de voyage d'origine espagnole construite vers 1600 a été utilisée par le roi Philippe II d'Espagne pour son entrée à Lisbonne en 1619.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Même si elle sont légèrement plus petites que les roues arrière, les roues avant limitent encore, comme dans tous les coches, l'angle de braquage et donc la maniabilité du véhicule.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Contrairement aux coches présentées dans le tableau de Jean-William Baur, cette voiture n'est pas menée par un cocher, mais conduite en poste. Un coffre de voyage recouvert de cuir clouté, identique à celui de la caisse, remplace le siège du cocher.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

La caisse est reliée au moutons ornés de fleurons métalliques par quatre suspentes en cuir.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Des bottes recouvertes de cuir et velours permettent d'accéder à l'intérieur de la caisse.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Celle ci, garnie en velours écarlate brodé or est, autre signe de la recherche du confort, équipée de commodités.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Le pavillon est entièrement garni de cuir alors que le ciel est constitué d'un velours doublé d'un surprenant décors en bois doré entourant un fleuron central.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Les rideaux habituels des coches sont ici remplacés par des vitres fixées dans des rideaux en cuir à l'aide de baguettes de plomb, appelées came. Les vitres sont en verre soufflé en manchon, c'est-à-dire une boule de verre en forme de cylindre qui est ensuite ouverte et aplatie pour obtenir une plaque mince et fragile. Leur fixation sur un support souple limite les vibrations. 

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Différentes innovations visant à améliorer leur confort accompagneront l'évolution des voitures dans la première moitié du XVII° siècle:

- remplacement des rideaux par le prolongement des panneaux de caisse jusqu'au pavillon ; L'accès à la lumière est obtenu par le perçage de fenêtres. Je n'ai pas trouvé d'information vérifiée sur la date de création des premières obturations de ces fenêtres par des vitres montées sur châssis rigide. 

- les bottes vont être remplacées par des portières montant jusqu'en haut de la caisse.

En revanche, ces voitures ne gagneront pas en maniabilité durant cette période. À ce jour, je n'ai trouvé aucune représentation graphique ni aucun exemplaire encore conservé de ces véhicules nommés alors par un terme générique venu d'Italie : le carrosse.

Si l'usage de la voiture d'apparat ne se développe en France qu'à la fin du XVI° siècle, c'est dans ce pays pourtant que les carrossiers révolutionnent la construction des carrosses grâce à différentes avancées techniques, donnant ainsi naissance au carrosse moderne.

 " Ce nouveau carrosse a pour atouts une caisse entièrement fermée et vitrée avec des portières sur toute la hauteur, et un train dont la flèche axiale, qui réunit les deux essieux, comporte, à l’avant, des arcs en fer, dits en col de cygne, permettant aux roues antérieures, de petit diamètre, de passer dessous pour tourner à angle droit, ce qui était impossible avec l’archaïque avant-train à sassoires utilisé jusqu’ alors." - J.L.Libourel-

Cette invention augmente considérablement la mobilité des véhicules par de plus grandes possibilités de braquage et constitue un progrès décisif dans l’évolution technique des voitures. Elle est attribuée par R Wackernagel à Jean le Pautre qui l'aurait mise au point à Paris vers 1660-1665.  

Ce dessin plus tardif (1754) de Garsault  illustre cette évolution des flèches.

Ce dessin plus tardif (1754) de Garsault  illustre cette évolution des flèches.

Nous terminerons cet article par la présentations du modèle de carrosse moderne le plus ancien conservé à ce jour; celui de Marie Françoise de Savoie; Mademoiselle d'Aumale, cousine de Louis XIV, devenue reine du portugal en 1866 par son mariage avec Alfonso VI puis deux ans plus tard par celui avec Pedro II frère et héritier du .premier.

Carrosse moderne de Marie Françoise de Savoie Nemours.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Ce carrosse d'origine française, ramené de France par la Reine Marie Françoise, présente toutes les caractéristiques du carrosse moderne; caisse entièrement fermée par huit fenêtres vitrées et, grande innovation de la carrosserie moderne, le passage de roue ( col de cygne), autorisant les braquages courts. 

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Des "mains de caisse" situées aux quatre coins de la caisse permettent d'y fixer les soupentes la reliant aux moutons. Les panneaux sont entièrement recouverts de  motifs floraux, de diverses figures allégoriques, et d'écus aux doubles blasons du Portugal et de Savoie Nemours. 

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.
Armes royales du Portugal et de Savoie Nemours

Armes royales du Portugal et de Savoie Nemours

Portière décorée avec le monogramme de Mademoiselle d'Aumale inscrit dans une couronne de lauriers, fermée et tenue par deux figures féminines.

Portière décorée avec le monogramme de Mademoiselle d'Aumale inscrit dans une couronne de lauriers, fermée et tenue par deux figures féminines.

Le tiroir arrière est ornementé de motifs végétaux sculptés en bas relief et présente, dans sa partie supérieure, un mascaron à la tête anthropomorphe entouré de différents motifs.

De la voiture médiévale bâchée  au carrosse moderne.

Une autre caractéristique de ces carrosses est l'utilisation dés 1664 du fer dans la suspension par le biais de mains de caisse intégrant un ressort à deux coins. Ces mains de ressort "semblent avoir équipé la plupart des grands carrosses de la fin du XVII° siècle." -J.-L. Libourel-

Main de ressort de carrosse à deux coins, du prince Gunther von Schwarzburg-Sondershausen

Main de ressort de carrosse à deux coins, du prince Gunther von Schwarzburg-Sondershausen

Mains de ressort avec leur protection décorative  (Montage photos J.L. Libourel) Mains de ressort avec leur protection décorative  (Montage photos J.L. Libourel)

Mains de ressort avec leur protection décorative (Montage photos J.L. Libourel)

D'autre innovations suivent rapidement dans le dernier quart du XVII° dont l'ajout d'une deuxième fleche reliant les trains donnant ainsi naissance à la berline.

 

Texte:

Patrick Magnaudeix

Photos:

Courtoisie et collection auteur

Documentation:

Heinrich Kreisel "Prunkwagen und Schlitten"

Sylvana Bessone "Le musée des carrosses Lisbonne"

Laszlo Tarr "Chars, charrettes et charrois" 

J.J. Libourel. "Voitures hippomobiles, vocabulaire typologique.

Wilheim Treue "Asche und Wagen"

Joseph Jobé "Au temps des cochers"

Julian Munby "Les origines du coche"

Stephano Fronti "Chars et carrosses en Italie"

Axel Gelbhaar "Die Kobelwagen, karossen und Kutschen im Besitz der Kunstsammlungen der Veste Coburg"

Thomas Koppen " Die Schliten und Kutschen der Romanows"

Е.В. Когут. "Английская карета царя Бориса Годунова"

Marjorie Mess Even "Les guise et le paraître"

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J
http://modelCher Monsieur Patrick Magnaudeix, félicitations pour cet article passionnant sur l'évolution de ces voitures que j'apprécie tant. Merci pour vos connaissances sur le sujet et je vous souhaite une bonne année.isme-carrosses.blogspot.com/
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J
Cher Monsieur Patrick Magnaudeix, félicitations pour cet article passionnant sur l'évolution de ces voitures que j'apprécie tant. Merci pour vos connaissances sur le sujet et je vous souhaite une bonne année.
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